Le Tribunal fédéral fête son 150ème anniversaire

En 2025, le Tribunal fédéral fête son 150e anniversaire. Il existait déjà une cour suprême dans l’État fédéral moderne de 1848, mais ses compétences étaient toutefois limitées.

Ce n’est qu’avec la Constitution de 1874, entrée en vigueur en 1875, que le Tribunal fédéral est devenu un tribunal permanent qui, en tant qu’autorité judiciaire suprême de la Confédération, était chargé de garantir les libertés individuelles et les droits fondamentaux des citoyennes et citoyens ainsi que l’application uniforme du droit fédéral.

Le siège du Tribunal fédéral a été attribué à Lausanne. Il s’agit d’un compromis: Berne est la capitale germanophone, Lausanne la capitale juridique francophone du pays. La Cour suprême siège dans le bâtiment néoclassique, construit en 1922, du parc Mon-Repos.

Le Tribunal fédéral connaît des recours déposés contre les décisions des cours suprêmes cantonales, du Tribunal pénal fédéral à Bellinzone, du Tribunal administratif fédéral à Lucerne et du Tribunal fédéral des brevets à Saint-Gall. Le Tribunal fédéral statue également sur des griefs de violation des droits fondamentaux, tels qu’on les trouve dans la Constitution fédérale ou la Convention européenne des droits de l’homme.

Le Tribunal fédéral est tenu d’appliquer les lois fédérales adoptées par le Parlement; il ne peut qu’en constater l’incompatibilité avec la Constitution.

(Source et plus d’informations: Tribunal fédéral )

Le Parc de Mon-Repos

Le Römervertrag et une coopération cantonale

Le 13 octobre 2025, les cantons de Bâle-Campagne, Argovie et Bâle-Ville ont célébré à Augusta Raurica (dans l’ancien fort romain de Kaiseraugst) le 50e anniversaire du Traité romain, marquant un demi-siècle de coopération intercantonale. Cet accord est considéré comme une étape majeure pour la protection, la recherche et le développement d’Augusta Raurica et de son musée.

Par la signature solennelle d’une nouvelle version du traité, les cantons ont réaffirmé leur engagement commun en faveur de l’avenir de ce monument culturel, soulignant la continuité d’une coopération exemplaire autour d’un patrimoine partagé. Parallèlement, près de 30 000 objets de collection provenant de Bâle-Ville sont passés en possession de la ville romaine d’Augusta Raurica.

Daniel Suter, directeur d’ Augusta Raurica

Les cantons ainsi que les deux autres parties contractantes, la Société historique et antiquaire de Bâle et la Fondation Pro Augusta Raurica, ont confirmé par le traité révisé la protection, la recherche et la médiation de la ville antique auprès du public. Le traité marque le début d’une nouvelle collaboration intercantonale de longue durée. Il entrera en vigueur le 1er janvier 2026.

Carine Bachmann, directrice de l’Office fédéral de la culture, a exprimé sa profonde reconnaissance envers les politiciennes et politiciens qui, il y a cinquante ans, ont fait preuve de clairvoyance et de courage en posant les fondations de la sauvegarde de ce patrimoine culturel d’intérêt national.

Le Musée historique de Bâle présente actuellement 25 trésors de la région de Bâle et des territoires voisins. Parmi eux se trouve l’un des trésors les plus précieux de la collection d’Augusta Raurica : le trésor d’argent de Kaiseraugst.

Le Traité romain de 1975 a jeté les bases pour que les fouilles, le musée et la recherche ne reposent plus uniquement sur des initiatives privées, jouant ainsi un rôle clé dans le développement d’Augusta Raurica. Collection, archives, documentation des fouilles et recherche ont été réunies pour la première fois. Des normes uniformes ont été introduites et les connaissances accumulées ont été rendues accessibles à la science et au public.

Cela a permis de nombreuses coopérations, par exemple avec les musées de Bâle, les archives d’État de Bâle-Ville, la bibliothèque universitaire, la recherche sur le sol de Bâle-Ville et avec des organisations touristiques régionales. Le Traité romain est encore aujourd’hui considéré comme un modèle exemplaire de coopération réussie au-delà des frontières cantonales.

Le trésor d’argent de Kaiseraugst

Il reste à espérer que ce monument national, emblème rare et fonctionnel de la démocratie directe, du fédéralisme, du principe de subsidiarité et de la décentralisation, bénéficiera d’une gestion aussi exemplaire que celle d’Augusta Raurica.

Espérons que ce monument national unique et relativement efficace de la démocratie directe, du fédéralisme, du principe de subsidiarité et de la décentralisation sera aussi bien géré qu’Augusta Raurica.

Ce qui est perdu est perdu, y compris au niveau démocratique et constitutionnel. Dans les années 60, à Augusta Raurica, le patrimoine romain, la construction de maisons et la construction de routes étaient des thèmes tout aussi actuels que les questions politiques contemporaines.

Et, comme le dit le proverbe nomen est omen, les cantons ont également joué un rôle décisif à Augusta Raurica ! La Constitution suisse est également claire: le peuple suisse et les cantons forment la Confédération suisse et sont souverains! Cependant, l’opportunisme politique s’impose parfois, même en Suisse, ce qui n’est pas de bon augure pour le pays et son futur!

 Révision: Andrea Zollinger, rédactrice

Le zoo archéologique romain

Théâtre romain d’ Augusta Raurica

L’empereur Auguste dans la jardin de la Clavel-Villa  à  Augst

La Birsig dans deux pays et trois cantons

Elle a deux mères ; elle a une grande sœur ; elle vit partiellement en surface, partiellement sous terre et elle voyage avec sa sœur aux Pays-Bas. Cela ressemble à une énigme du Sphinx, actuellement présent au Musée des Antiquités de Bâle, mais il s’agit de la Birsig, un diminutif de Birs, sa grande sœur.

La Birsig est une rivière d’environ 20 kilomètres, alimentée par des sources du Remelberg (canton de Bâle-Campagne) et près de Wollenswil (Alsace). Elle serpente en partie à travers la France et en partie à travers les cantons de Soleure, Bâle-Campagne et Bâle-Ville, pour finalement se jeter dans le Rhin à côté du Grand Hôtel Les Trois Rois. La Birs, à Birsfelden, est la rivière frontalière entre Bâle-Campagne et Bâle-Ville et se jette là dans le Rhin.

Le Remelturm 

Le Binnbach

Certes modeste par sa longueur, la Birs n’en a pas moins exercé, au fil des siècles, une influence considérable — tantôt bénéfique, tantôt néfaste — sur les activités humaines. Pour la ville de Bâle, qui a rapidement grandi au Moyen Âge et après, elle a longtemps été une source d’eau et de poissons, mais aussi une cause récurrente d’inondations, un dépotoir et un foyer de maladies. Non seulement l’ancien abattoir se trouvait sur ses rives, mais de petites entreprises et des habitations étaient également entassées sur ses rives.

La Birse coule toujours, mais désormais sous terre. La Barfüsserplatz avec vue sur l’ancien couvent Saint-Léonard

Elle coulait entre deux collines, d’un côté la cathédrale (Münster), de l’autre les remparts de la ville datant des XIe et XIIe siècles, ainsi que le monastère St. Leonhard (aujourd’hui l’église réformée francophone), le Lohnhof, le musée de la musique de Bâle, Centrepoint Basel, un hôtel et des appartements.

À la fin du XIXème siècle, en raison des inondations, de l’industrialisation et de la croissance explosive de la ville ainsi que des conditions hygiéniques déplorables et propices aux maladies, la Birs a été progressivement canalisée et recouverte à partir du centre-ville du XIXe siècle.

Là où circulent aujourd’hui des trams et des voitures, la Birs s’écoulait jadis librement.  Ce développement a également entraîné la construction de meilleures habitations, l’implantation de magasins et la création du Marktplatz.

La Suisse ne serait pas fidèle à elle-même si ce changement n’avait pas également contribué à promouvoir le transport d’énergie propre. Dès les années 1950, une partie de la Birs couverte est utilisée pour acheminer le chauffage urbain vers des milliers de consommateurs. Selon l’exploitant IBW, la capacité est d’environ 40 000 ménages.

 

L’embouchure du Rhin se situe à l’ancienne Schiffslände, autrefois point d’amarrage de la navigation commerciale.

Non seulement l’embouchure à Bâle vaut le détour, mais aussi les villages d’Alsace et du canton de Bâle-Campagne. Les églises de Biel-Benken, Oberwil, Therwil, Bottmingen et Binningen, ainsi que leurs châteaux, font partie du bassin versant court mais particulier de la Birsig.

Révision: Andrea Zollinger, rédactrice

La première chapelle Saint-Martin est mentionnée en 1302, réformée en 1528, démolie en 1621 et une nouvelle église est consacrée en 1622.

Biel-Benken (Kanton Basel-Landschaft) et la frontière

Le paysage et le Klösterli

Le Laténium et La culture celtique

En septembre 2023, une découverte importante a été faite dans le lac de Neuchâtel: une pirogue en chêne de l’âge du Fer, vieille de quelque 2 500 ans, a été extraite des eaux à la hauteur de Grandson (canton de Vaud).

Cette embarcation avait été taillée entre 750 et 520 av. J.C., sur un tronc de chêne de 12 mètres de long et d’un diamètre d’environ 1 mètre. Ce genre de pirogue, particulièrement grande, était surtout utilisé pour le transport de marchandises et de personnes, ainsi que pour la pêche. Elle fait aujourd’hui partie des pirogues les plus grandes et les plus complètes jamais découvertes en Suisse.

Lac de Neuchâtel, le Mont Vully et La Tène (à gauche)

L’oppidum helvète du Mont Vully

La culture celtique

C’est en 1857 qu’un pêcheur a découvert, à l’embouchure de la Thielle, dans le lac de Neuchâtel, près de La Tène, un site palafittique réunissant de nombreux objets datant du jeune âge du fer (500-100 av. J.-C.).

Vers 1860, la culture celtique était déjà connue, mais généralement considérée comme celle d’une époque antérieure à l’âge du fer (850-500 av. J.-C.). Cette culture européenne, qui s’étendait de la Grande-Bretagne à l’Ukraine actuelle, est aujourd’hui connue sous le nom de période de Hallstatt (850-500 av. J.-C.), d’après la ville de Hallstatt, en Autriche. La découverte sensationnelle de La Tène devait donner son nom à la culture qui lui a succédé, de 500 à 100 av. J.-C.

Les changements climatiques et le réchauffement ont toujours existé. Les niveaux des lacs de Neuchâtel, de Bienne et de Morat ont fluctué au cours des derniers millénaires. Un millier d’années avant notre ère, ces lacs (aujourd’hui également appelés le Pays des Trois-Lacs) sont ainsi montés de plusieurs mètres, et les maisons sur pilotis ont été abandonnées. Comme elles étaient immergées, le bois et les objets ont été bien conservés.

La Tène 

Dans le Pays des Trois-Lacs, c’est surtout la période suivant la Correction des eaux du Jura, de 1868 à 1891, qui a accéléré les recherches. Ce projet a abaissé le niveau des lacs d’environ 3 mètres. Le long des rives, de plus en plus de maisons sur pilotis et d’objets sont remontés à la surface.

L’importance des découvertes de La Tène a été reconnue dès 1874. Le Congrès international d’anthropologie et d’archéologie préhistoriques, fondé à Neuchâtel en 1865, décida cette année-là de choisir La Tène pour désigner la culture celte du jeune âge du fer, tandis que Hallstatt désignait alors la période précédente.

Auguste Bachelin (1830-1890), La Tène, 1878. Collection: Laténium

Les sites palafittiques, ainsi que la culture et la société celtiques, font l’objet de plusieurs musées (en plein air), d’instituts de recherche et de fouilles actuelles, notamment en Allemagne, en Slovénie, en Italie, en Autriche, en France et en Suisse. Plus d’une centaine de sites ont été inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2011.

Le Laténium

À La Tène, les fouilles organisées et financées par le canton de Neuchâtel et la Confédération ont commencé au début du 20e siècle, sous la coordination de la Société d’histoire et d’archéologie de 1907 à 1917.

Dolmen (hunebed), 3’000 av. J.-Chr., 1876 près d’Auvernier/Colombier. On a trouvé aussi un dolmen à Laufen (canton Bâle-Campagne) 

Les fouilles 1907-1917. Collection: Laténium

Le Laténium à Hauterive (canton de Neuchâtel) regroupe aujourd’hui le musée et le parc d’archéologie, l’Office cantonal d’archéologie et l’Institut de préhistoire de l’Université de Neuchâtel. Le Laténium, fondé en 2021, est une contraction des mots « La Tène » et « museum ».

L’exposition présente les époques du Neandertal (100’000 à 40’000 av. J.-C.), du Magdalénien au Mésolithique (13’000 à 5’500 av. J.-C.), de l’âge du Fer (800 à 15 av. J.-C.), des Romains (15 av. J.-C. à 476 ap. J.-C.) et de la période entre la Renaissance et le Haut Moyen Âge (476 à 1600).

Menhir, vers 3 000 av. J.-Chr.

Le parc expose les monuments, les sites et les paysages qui se sont succédés sur ce lieu au cours de plus de 15 000 ans. Les reconstitutions répondent aux objets mis en scène: un pont celtique, le moulage d’un sol préhistorique, une maison sur pilotis de l’âge du Bronze, un tumulus de l’âge du Fer, un chaland gallo-romain. Plusieurs objets sont originaux : pierre  à cupules, dolmen, menhir, puits celtique ainsi qu’une canalisation romaine.

Menhir néolithique, érigé il y a plus de 6’000 ans, découvert à Bevaix

Reconstruction du pont celtique

Tombeaux monumentaux. Aux âges du bronze et du fer, on réalise des tombeaux sous des tertres artificiels ; aujourd’hui, il ne reste plus que des petites collines couvertes de végétation (à gauche, réplique). Le monument de droite est authentique : il s’agit d’un tombeau du Bronze moyen (environ 1 500 av. J.-C.), découvert à Colombier/Plantée de Rive

Un puits celtique

Paysage d’il y a 15’000 ans, après la fonte du glacier du Rhône

Un champ de pieux évoque les ruines d’un village lacustre néolithique, découvert en 1984. Habité autour des années 3800 av. J.-Chr., le village comprenait six grandes maisons et de nombreuses petites annexes. Les pieux modernes ont été replantés là où se trouvaient leurs prédécesseurs.

La pirogue gallo-romaine de 20 mètres de long est le plus grand objet du musée.

La réplique d’une fouille sous-marine illustre les méthodes employées. Un mini-laboratoire initie les visiteurs aux techniques de préservation du bois par voie humide.

Reconstruction de la chasse celtique

(Source et plus d’informations : Laténium; Marc-Antoine Kaeser, La Tène, lieu de mémoire). Aux origines de l’archéologie celtique, Hauterive, 2022)

Révision: Lars Kophal, rédacteur et journaliste

Paul Vouga (1880-1940). Il est connu pour ses fouilles à La Tène et pour avoir établi la première chronologie stratigraphique du Néolithique en Suisse.

Les cent ans du Traité de Locarno e une bonne gouvernance

Ce mois-ci marque le centenaire du Traité de Locarno, conclu entre la France et l’Allemagne le 16 octobre 1925. Signé à Londres le 1er décembre de la même année, ce traité est entré en vigueur par la suite.

Le choix de Locarno (canton du Tessin) était basé sur sa bonne accessibilité pour les participants, sa langue italienne (donc ni allemande ni française), la neutralité de la Suisse et le fait que c’est une petite ville, offrant ainsi de grandes chances de rencontres spontanées et informelles, avec peu de distractions pour les participants.

Locarno, 1925. Les participants de la Conférence. Image: Commune de Locarno

Les gouvernements français et allemand ont dépassé leurs propres intérêts pour garantir la paix, la stabilité, le commerce et le développement économique, malgré l’opposition dans leur propre pays. La haine, la peur et la frustration étaient encore trop présentes parmi une grande partie de la population en Allemagne et en France pour envisager une réconciliation largement acceptée après la Première Guerre mondiale (1914-1918).

Pourtant, ce traité a ouvert la voie à une période de prospérité économique et de stabilité relative dans la République de Weimar (1919-1933) et en France. L’inflation en Allemagne s’est résorbée, les réparations allemandes envers la France (Traité de Versailles, 1919) ont été partiellement révisées et les « Années folles » ont atteint leur apogée à Paris comme à Berlin. C’était comme si l’élan de la Belle Époque, interrompu par la guerre, renaissait soudain.

Locarno, Via della Pace

Les grandes puissances – France, Allemagne, Royaume-Uni et États-Unis – ont trouvé leur intérêt commun et l’Allemagne a même rejoint la Ligue des Nations en 1926. « Locarno » était alors une sensation : il semblait possible d’éviter les conflits de cette manière et de regarder vers l’avenir plutôt que vers le passé. De plus, les pays se sont engagés à résoudre les conflits par l’arbitrage.

Le Traité de Locarno a même conduit au Pacte Briand-Kellogg de 1928. Tous les pays signataires, y compris les États-Unis qui n’étaient pas membres de la Société des Nations, se sont engagés à ne pas recourir à la violence lors de conflits avec d’autres pays.

Collection: Bernisches Historisches Museum

Les États-Unis sont rapidement devenus le plus grand investisseur dans la nouvelle Allemagne démocratique. Le chômage a rapidement diminué, une nouvelle classe moyenne s’est formée et les partis extrémistes ne représentaient pas encore une menace pour la démocratie.

Cependant, le krach boursier de Wall Street les 24 et 29 octobre 1929 a transformé cette période optimiste en cauchemar économique et donc politique. Les partis d’extrême gauche et d’extrême droite ont profité de la détresse économique, du désespoir financier et de la déception de nombreux citoyens.

La confiance dans les institutions politiques, économiques et démocratiques établies a disparu d’un coup, non seulement en Allemagne, mais aussi dans d’autres pays européens. Et la confiance des citoyens dans les institutions démocratiques est le ciment de la société.

L’extrémisme religieux, politique et nationaliste trouva un terreau fertile sur des ventres affamés, des comptes bancaires vides, un manque de perspective économique et démocratique et d’une « bonne gouvernance » politique et administrative (bonus ac diligens pater familias). C’est le cas encore aujourd’hui.

Cela reste vrai, même en Suisse, pays doté de l’un des meilleurs systèmes constitutionnels, politiques et démocratiques au monde, mais qui n’est pas à l’abri d’une perte de confiance et de l’influence des développements internationaux et sociaux.

Paul Troxler (1780-1866), vers 1840. Image: Wikipedia

Il est impossible de définir ce qu’est une « bonne gouvernance », mais l‘un des fondateurs de la démocratie directe en Suisse l’a formulé de manière pertinente : écoutez vos citoyens !

Cela n’a rien à voir avec l’exploitation politique de ce lien. Après tout, ils n’ont peut-être pas toujours raison, mais à long terme, c’est précisément grâce à cette base de confiance mutuelle que le système (démocratique, économique et politique) fonctionne le mieux.

(Source: Les 100 ans des Traités de Locarno)

Art’Rhena ouvrira ses portes pour la cinquième saison

Art’Rhena est un centre culturel franco-allemand transfrontalier soutenu par la Communauté de Communes Alsace Rhin Brisach du côté français, en collaboration avec la ville allemande de Breisach am Rhein, et situé sur l’île du Rhin, point de rencontre des deux pays.

Art’Rhena, qui a ouvert ses portes en 2021, propose un programme multidisciplinaire de spectacles vivants, combinant cirque, musique, danse, théâtre, marionnettes et cabaret.

La moitié du programme s’adresse à un public adulte, l’autre moitié aux enfants. Outre les différents spectacles, l’offre d’Art’Rhena est complétée par des programmes scolaires, diverses activités éducatives culturelles et des expositions multilingues.

Le centre culturel franco-allemand Art’Rhena ouvrira ses portes le samedi 11 octobre pour une cinquième saison avec un spectacle de danse.

(Source et informations complémentaires : Centre culturel Art’Rhena)

La plus haute montagne du canton de Zurich et la démocratie directe

Le Schnebelhorn (1292 m) est le sommet le plus élevé du canton de Zurich. La montagne se trouve dans le Val de Töss (Tösstal).

Le Schnebelhorn

La Töss, avec ses 60 kilomètres de longueur, donne non seulement son nom à la vallée, mais possède aussi une particularité qui, cette fois, n’a rien à voir avec le changement climatique : elle s’assèche parfois complètement.

Le Säntis

La rivière prend sa source à Saint-Gall et se jette, comme tant d’autres rivières et ruisseaux, dans le Rhin.

La Töss

Le premier village qu’elle atteint sur son chemin vers le Rhin est Steg, dans le canton de Zurich. Près d’un pont sur la Töss se trouve une explication détaillée sur les causes naturelles séculaires du manque occasionnel d’eau dans la rivière.

Steg

Cela n’empêche pas que cette rivière ait aussi provoqué des inondations dans le passé. Cela a conduit à des canalisations et à d’autres mesures à la fin du XIXe siècle.

Steg

Steg est certes un petit village de la commune de Fischenthal, mais il se situe au pied de la plus haute montagne du canton et possède même (encore) une station de ski!

De plus, il se trouve sur l’ancien chemin de pèlerinage Via Jacobi ou le chemin de Saint-Jacques (aussi appelé Schwabenweg, de Constance à Einsiedeln), qui mène au monastère de Fischingen, à Rapperswil et au monastère d’Einsiedeln. L’auberge du Steg est depuis des siècles un lieu de repos pour les pèlerins et autres voyageurs.

Steg est aussi le lieu où, en 1532, le dernier ours de l’Oberland zurichois a été abattu (le dernier ours des Grisons a subi ce sort seulement en 1904 !).

Steg fait partie de la commune de Fischenthal, la plus grande commune rurale du canton. Cette région, appelée Fiskinestal dans un document du IXe siècle, a appartenu pendant des siècles au monastère de Saint-Gall. Après une courte période sous la possession des Habsbourg, Zurich a acquis Fischenthal en 1425.

Fischenthal a également appartenu, dans la nouvelle Confédération (1803–1813), pendant un certain temps au district d’Uster. Des habitants de Fischenthal et de Steg ont peut-être aussi participé aux soulèvements d’Uster en 1830/1831, qui ont conduit à une constitution libérale dans le canton.

Ainsi, ils ont aussi été les précurseurs de la constitution de 1848 et de la démocratie directe en 1874 et 1891. La Töss ne s’en soucie guère ; elle s’assèche lorsque les lois de la nature l’exigent.

(Source et plus d’informations: Gemeinde Fischenthal)

Impressions du Val de Töss 

    

 

Grand Hotel Les Trois Rois à Bâle

L’histoire du Grand Hôtel Les Trois Rois à Bâle trouve ses origines dans une auberge établie au XIe siècle, à l’époque où la cathédrale était en cours de construction.

La ville épiscopale a longtemps fait partie du royaume de Bourgogne (888-1032) et, à partir de 1032, du Saint-Empire romain germanique. L’empereur allemand Henri II (973-1024) et le dernier roi de Bourgogne Rodolphe III (970-1032) ont en tout cas visité la ville à plusieurs reprises, ce qui veut dire qu’il fallait de la place à leur importante suite, de l’espace pour manger et dormir.

L’hôtel a été mentionné pour la première fois dans un document en 1681: Gasthof zu den drei Königen. Les trois rois à la façade du bâtiment n’ont été installés qu’au XVIIIe siècle. Au fil des années, l’auberge a pris de plus en plus l’apparence et la fonction d’un hôtel.

Des visiteurs célèbres comme Napoléon, les membres de la famille impériale autrichienne et Goethe, par exemple, y ont passé la nuit. Le dernier descendant impérial des Habsbourg y a même vécu pendant près de 15 ans ! En 1844, l’hôtel s’est vu doter de la façade qu’il arbore encore aujourd’hui, avec notamment son élégant balcon à arcades surplombant le Rhin.

La légendaire photographie de Theodor Herzl (1860-1904) a été prise du balcon de cet hôtel lors du cinquième Congrès sioniste en 1901.

Theodor Herzl sur le balcon de l’hôtel Les Trois Rois à Bâle. L’ancien pont en bois Mittlere Brücke est encore visible. Photo: Wikipedia.

Le nom a également été changé en Hôtel Drei Könige am Rhein. Le nom officiel est aujourd’hui de nouveau Hôtel Les Trois Rois.

L’hôtel Les Trois Rois et le pont provisoire près du Pont du Milieu (Mittlere Brücke) en 1903. Le Pont du Milieu médiéval a été remplacé par le nouveau pont en 1905. Exposition en plein air à la Mittlere Brücke. Collection privée. Photo : TES

Le Grand Hôtel abrite deux établissements gastronomiques réputés : la Brasserie et le prestigieux Cheval Blanc, distingué par trois étoiles Michelin. Depuis le 12 septembre, un nouveau lieu d’exception a rejoint cette offre culinaire : le restaurant Banks. Imaginé par le cabinet Herzog & de Meuron, il occupe l’ancienne salle de bal et les espaces d’un ancien bâtiment bancaire.

Avec ce nouvel établissement, le Grand Hôtel propose aux Bâlois des menus abordables et originaux. L’intérieur marie un mélange du style classique du Grand Hôtel à l’image colorée, mais élégante, du restaurant Banks.

Restaurant Banks, situé dans l’ancienne salle de bal et le bâtiment de la banque.

Dans le cadre du concept du Grand Hôtel, le nouveau restaurant allie modernité, confort et vivacité. Cette approche se retrouve également dans le menu asiatique-européen, enrichi de touches venues d’autres continents et conçu autour du concept convivial du “Sharing”, où les plats sont pensés pour être partagés.

(Source et plus d’informations: Hôtel Les Trois Rois).

Impressions du Grand Hotel Les Trois Rois

Le restaurant Banks

 

Les Fleurs des Rois

La bibliothèque

La chambre de fumée

Le bilinguisme de Bienne

Après les époques des Celtes et des Romains, le Seeland se trouva dans la région des Trois-Lacs, à la frontière du royaume de Bourgogne (443-534).

Au Vème siècle, le territoire fut envahi par les Bourguignons. Au cours des VIème et VIIème siècles, les Alamans, de langue allemande, arrivés dans la région s’installèrent autour du lac de Bienne créant ainsi la frontière linguistique qui existe aujourd’hui.

Ce n’est qu’au VIIIème siècle que l’élément culturel germanique prédomina. Biel/Bienne est aujourd’hui une ville bilingue allemand/français.

Aux XIème et XIIème siècles, les évêques de Bâle cherchèrent à étendre leur domination dans le Jura et se heurtèrent aux comtes de Neuchâtel, à ceux de la maison de Fenis puis à ceux de la branche de Nidau.

La sphère d’influence de ces dynasties s’étendait des rives du lac de Bienne et des hauteurs du Jura jusqu’à Granges (canton de Soleure) et Büren an der Aare (canton de Berne). Les comtes possédaient probablement encore au XIIe siècle et au début du XIIIe siècle le château de Nidau, construit vers 1140.

Entre 1225 (domum de Bilne) et 1230 (in urbe mea de Beauna), l’évêque de Bâle  Heinrich II. Von Thun fonda la ville de Bienne (et la Mittlere Brücke/le pont-du-milieu sur le Rhin) comme point d’appui contre le bastion de Nidau (maison de Neuchâtel-Nidau, famille noble issue de la maison de Neuchâtel). En 1275, le roi Rodolphe de Habsbourg (1218-1291) accorda à Bienne le statut de ville.

L’alliance avec Berne, perpétuelle dès 1352, fit de Bienne un membre de la Confédération.

Artiste inconnu, Bienne 1830. Nouveau Musée Bienne

Au XVème siècle, la ville de Bienne renforça sa position. En tant qu’alliée de Berne, Fribourg et Soleure, la ville fut désignée comme alliée (Zugewandter Ort). Elle ne fit toutefois pas partie de la Confédération – comme les XIII cantons – mais était liée par un traité à un ou plusieurs de ses membres tout en restant autonome. Bienne passa à la Réforme protestante en 1528.

La Révolution française fut à l’origine d’une nouvelle situation politique pour Bienne. Le 6 février 1798, les troupes françaises entrèrent dans la ville. Bienne et les communautés environnantes furent alors intégrées au « Canton de Bienne » qui appartint d’abord au département du Mont-Terrible, puis de 1800 à 1813 au département du Haut-Rhin (France).

Après la défaite finale de Napoléon Bonaparte en 1815, l’espoir de former un propre canton, déjà émis à l’époque de l’occupation napoléonienne, resta vain. La même année fut signé l’Acte de réunion rattachant Bienne et les territoires de l’ancien évêché de Bâle au canton de Berne.

(Source: Dubler, Anne-Marie; Kästli, Tobias : Bienne, dans Dictionnaire historique de la Suisse (DHS) et le Forum du bilinquisme/Forum für die Zweisprachigkeit)

Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice.

Nouveau Musée Bienne

Bienne Boujean (Bözingen en allemand), le plus grand quartier de Bienne, a été une commune indépendante jusqu’en 1917

Une journée spéciale pour Les Amis de l’Alsace Bâle à Ungersheim

L’Alsace, le Bade et la région de Bâle et du nord-ouest de la Suisse entretiennent depuis des siècles des liens économiques, sociaux, culturels et politiques étroits. Cette histoire a été abordée dans divers articles précédents.

Malgré les frontières nationales, diverses organisations et projets transfrontaliers ont vu le jour depuis 1945. Il n’est pas exagéré de dire que cette région du Rhin supérieur est même un modèle de coopération européenne efficace.

Il est remarquable que la région de Bâle ait joué un rôle de pionnier dans l’émergence de cette coopération. L’une de ces organisations est l’association culturelle Les Amis de l’Alsace Bâle, fondée il y a 40 ans.

Ungersheim

L’occasion était symbolique pour le patrimoine commun: faire connaître l’Écomusée d’Alsace, ouvert en 1984, à Bâle et ses environs. L’initiateur de l’Écomusée d’Alsace, l’architecte Mard Grodwohl, et son collègue, l’architecte bâlois Jürg-Peter Lienhard, ont pris l’initiative. L’association culturelle Les Amis de l’Alsace Bâle a été fondée le 25 avril 1985 à Ungersheim, près de l’Écomusée.

Pour cette raison, quarante ans plus tard, des habitants de Bâle et d’Alsace parlent encore ou toujours le dialecte alémanique-allemand local à Ungersheim! L’association florissante symbolise non seulement des liens séculaires, mais surtout l’avenir: la coopération et les échanges au niveau régional.

Pour confirmer cette amitié et cette connexion, Vivienne Gaskell, présidente de l’association, et Jean-Claude Mensch, maire d’Ungersheim, ont planté un tilleul sur le site de la « Maison des Natures et Cultures » à Ungersheim. Planter des arbres, surtout en cette période, c’est penser à l’avenir, et la feuille en forme de cœur du tilleul correspond au logo de l’association.

La Maison des Natures et Cultures in Ungersheim

L’événement à la « Maison des Natures et Cultures » était déjà un voyage de découverte à travers la nature, l’agriculture biologique et l’engagement de la population locale. L’Écomusée jouit désormais d’une réputation qui dépasse largement Bâle. L’association joue désormais également un rôle dans la promotion de la « Maison des Natures et Cultures », qui est spéciale à bien des égards.

Le Cor des Alpes

La journée s’est terminée en style avec un concert de l’Orchestre d’harmonie Vogésia sous la direction de Valérie Seiler. Non seulement la Marche bâloise (Basler Marsch) de Willy Haag, Accents alsaciens de Benoît Bilger, Europe de Santana et Happy Birthday to you de Stevie Wonder, mais même une Mélancolie de cor des Alpes alsacienne de Lothar Pelz ont été interprétés, parmi d’autres arrangements.

Valérie Seiler est née en 1969 à Mulhouse et entretient un lien musical et artistique étroit avec cette région des trois pays, ayant même terminé ses études de direction d’orchestre à Bâle. Peut-être que le statut séculaire d’un pays allié/zugewandter Ort (jusqu’en 1798) de la Confédération joue encore un rôle inconscient.

Quoi qu’il en soit, l’association et d’autres projets régionaux croissent et prospèrent, tout comme le tilleul le fera encore longtemps.

Basé sur des images provenant de Peter Gaymann 

(Source et plus d’informations: Kulturverein Elsass-Freunde Basel/ l’association culturelle Les Amis de l’Alsace Bâle)

Impressions d’Ungersheim

Impressions de la Maison des Natures et Cultures