Une petite fenêtre et l’histoire de Rheinfelden

Au printemps 1802, le dernier commandant autrichien de la garnison quitta Rheinfelden. Plus de 450 ans de domination habsbourgeoise‑autrichienne prenaient ainsi fin. Les Confédérés avaient déjà conquis l’Argovie des Habsbourg en 1415, y compris le château de Habsbourg.

Le Fricktal en les Habsbourg

Le Fricktal resta toutefois sous domination habsbourgeoise jusqu’à son attribution au canton nouvellement créé d’Argovie dans la Confédération de 1803 (issue de l’Acte de Médiation de Napoléon et des anciens cantons, supprimés après l’occupation française de 1798 dans la République helvétique de 1798‑1803). À partir de 1803, il existait deux Rheinfelden: l’une dans le canton d’Argovie, sur la rive gauche du Rhin, et l’autre Rheinfelden allemande, sur la rive droite.

Le premier couvent des capucins a été construit et inauguré en 1598 à l’extérieur de la ville, puis reconstruit dans la ville en 1657. Le couvent a été supprimé en 1804 par le canton d’Argovie.

Malgré le départ des derniers militaires autrichiens en 1802, les armoiries de l’Autriche demeurent aujourd’hui encore bien visibles dans de nombreux endroits de Rheinfelden (et dans d’autres localités de la Confédération). C’est notamment le cas sur la façade de la maison du commandant (Commandantenhaus), résidence du commandant de la garnison autrichienne.

Gustav Kalenbach-Schröter (1821–1901), à droite, la maison du commandant, à gauche, l’église des Capucins.Collection: Fricktaler Museum, Rheinfelden

La Commandantenhaus

Les premières fondations de la maison du commandant datent de la première moitié du XIIIème siècle. Cet emplacement correspondait alors à l’extension urbaine de cette période, avec des maisons en pierre destinées à la noblesse et à la bourgeoisie aisée.

En 1613, la maison du commandant fit l’objet d’une importante rénovation, dont subsistent de magnifiques fresques et peintures de la fin de la Renaissance. Celles‑ci ont été mises au jour et documentées lors d’une rénovation en 2003. Les fresques et peintures de plafond ont été en partie conservées dans leur état d’origine et en partie restaurées.

Le plafond au rez-de-chaussée

Les spécialistes ont en outre pu démontrer que cette maison était à l’origine beaucoup plus vaste, avant d’être divisée en deux habitations au XIXème siècle. L’une des découvertes les plus remarquables fut cependant la fenêtre romane du XIIIème siècle.

Il existe probablement d’autres peintures murales, notamment à l’extérieur de la Commandantenhaus, c’est-à-dire sur un mur de la maison disparue. Elles sont toutefois conservées pour l’instant sous plusieurs couches de peinture et de chaux.

Cette fenêtre a été découverte lors de la rénovation du pilier de la maison du commandant. Ce pilier faisait à l’origine partie du mur d’une maison du XIIIème siècle, démolie ultérieurement (peut‑être à la suite des destructions causées par le siège de 1634). Seul le pilier avec la fenêtre a été conservé comme mur porteur de la maison du commandant.

Il s’agit de la fenêtre romane en arc la mieux conservée du canton d’Argovie. Elle présente des fleurs de lys ainsi que deux colonnettes ornées d’animaux fabuleux. Il est également intéressant de noter que la fenêtre ogivale gothique, ajoutée plus tard, peut‑être après le tremblement de terre de 1356, a recouvert l’arc roman. Plus tard encore, la fenêtre fut réduite à une fenêtre en fente.

La boulangerie de la garnison (Garnizonsbackhaus), située dans la même rue, a été construite en 1732.

L’emplacement de la maison du commandant est également intéressant pour une autre raison. Jusqu’en 1657, cette maison se situait dans la Neugasse, également appelée Neustadt, une extension de Rheinfelden. À partir de 1657, cette rue prit le nom de Kapucijnergasse en raison de la construction du couvent et de l’église des Capucins. L’ancien couvent avait été détruit lors du siège suédois de 1634, pendant la guerre de Trente Ans (1618-1648).

La Commandantenhaus aujourd’hui

La maison du commandant actuelle conserve, pour l’essentiel, l’aspect de sa façade du XVIIème siècle (à l’exception de la division en deux maisons), tandis que l’intérieur a été aménagé en atelier et en habitation moderne, tout en préservant les fresques et les peintures de plafond.

(Source et plus d’informations : H. Leuzinger (éd.), Zeuge der Frühzeit von Rheinfelden und repräsentativer Bau der Spätrenaissance, Rheinfelden 2008)

Un modeste musée numérique des lanternes de la Fasnacht

Le Basler Fasnacht (le carnaval de Bâle) vient à nouveau de tirer le rideau. Les lanternes et les sujets (et les Schnitzelbängg) reflètent les préoccupations des citoyens.

Ils constituent un miroir de l’esprit du temps et de la société. Il est intéressant pour les historiens d’avoir un aperçu de la politique internationale et des thèmes locaux, régionaux et nationaux d’il y a 100 ans, voire plus tôt.

Ce modeste musée numérique offre un aperçu des thèmes abordés.

Bâle, ses basilics, sa mythe et le Pont de Wettstein

Le basilic (der Basilisk) est une créature mythologique de la Grèce antique et de Bâle, moitié coq, moitié serpent. Ces créatures sont détenteurs des armoiries de la ville et gardiens des ponts et des sources d’eau.

Der Gerberbrunnen

„In dieses Brunnens dunklem Grund haust‘ einst – die Sage tut‘s uns kund – der Basilisk, ein Untier wild. Heut hält er Basels Wappenschild. D‘rauf ward hier ein Gericht gehegt, auch Tanz und Minnesang gepflegt; vom Zunfthaus, das beim Quell dann stand, ward Gerberbrunnen er genannt. Nachdem versiegt er manches Jahr, strömt heut‘ er wieder voll und klar. Kein Drach‘ mehr sinnt in ihm auf Mord, doch lebt ein andrer Drache fort. O Basel, mach‘ von ihm dich frei: der Zwietracht tritt den Kopf entzwei!“

Les 39 sources Basilic, conçues en 1884 par Wilhelm Bubeck (1851-1890), sont d’une apparence remarquable.

Augustinergasse

Les armoiries de la ville, en bronze, et même un abreuvoir au pied de la base pour les chiens sont les caractéristiques de ce demi-coq, demi-serpent. L’eau de source vient de la bouche de la créature. Aujourd’hui il en reste 28.

Le pont de Wettstein et ses basilics

Le pont de  Wettstein (Wettsteinbrücke), nommé ainsi en hommage à Johann Rudolf Wettstein (1594-1666), bourgmestre  de Bâle en 1645, fut construit de 1877 à 1879. C’est le plus long pont de Bâle. La croissance importante du commerce et de la population du Grand-Bâle (Grossbasel) et du Petit-Bâle (Kleinbasel) nécessita alors la construction d’un second pont sur le Rhin car le Pont du milieu (Mittlere Brücke) ne suffisait plus à absorber le trafic.

Fasnacht 2023

En 1939, le pont de Wettstein dut être élargi en raison de l’augmentation de la circulation et le tramway fut étendu à deux voies. Avec cette rénovation, les quatre basilics qui gardaient les deux côtés du Rhin doivent être enlevés.   

Les animaux fabuleux ont trouvé refuge le premier dans la cour d’une propriété située à Schützenmattstrasse 35, à Bâle, le second dans le village de Meggen (canton de Lucerne), sur les rives du lac des Quatre-Cantons, et le troisième au bord du lac Léman, à Nyon (canton de Vaud).

Le quatrième basilic, issu du parc zoologique de Lange Erlen, a retrouvé sa place d’antan avec la construction du nouveau pont Wettstein en 1995.

Il se tient aujourd’hui gracieusement sur ce pont du Grand-Bâle et se souvient, avec nostalgie, du temps où il faisait partie d’un majestueux quatuor!

Die vergessene Legende von Basel de Damien Fontaine dans l’Elisabethenkirche (19 janvier– 18 février 2026).

Le Basilic, Fasnacht 2026

Les Romains, le Carnaval et le Musée des Antiquités de Bâle

Ce sont des temps bien déroutants pour les Romains. En 2023, Jules César a paradé avec ses légions dans les rues de Bâle, alors encore à peine identifiable — ou plutôt totalement inconnue — comme une colonie celte perchée sur la colline du Münster et une à proximité de l’ancienne usine à gaz. César (100–44 av. J.-C.) aurait fondé en 44 av. J.-C. la Colonia Augusta Raurica et la Colonia Julia Equestris (Nyon), ou du moins en avait-il donné l’ordre.

Augusta Raurica, autrefois l’une des plus grandes villes romaines au nord des Alpes, se compose aujourd’hui de deux villages, Augst et Kaiseraugst, situés dans deux cantons différents, Bâle-Ville et Argovie.

Fasnacht 2023

De plus, leur héritage ne porte pas le nom de César ou Kaiser, mais celui des empereurs Habsbourg, qui ont régné sur Kaiseraugst jusqu’en 1803, afin de la distinguer d’Augst, nommée d’après Auguste (63 av. J.-C.–14 ap. J.-C., successeur et fils adoptif de César). Augst appartenait au canton de Bâle jusqu’en 1833, puis est devenue partie du canton de Bâle-Campagne.

La légion romaine qui a traversé le pont du Midi (Mittlere Brücke) en 2025 ne comprenait rien à l’inscription alémanique « 800 Joor Rybrugge ». À leur époque, on parlait romain et il n’y avait en effet qu’un seul pont sur le Rhin, situé à Augusta Raurica !

Fasnacht 2025

Pour ajouter à la confusion des Romains, il s’est avéré que la mythologie grecque n’est pas seulement vivante à Bâle, mais que de nouveaux démons, héros et héroïnes apparaissent également au Musée des Antiquités de Bâle (Antikenmuseum Basel und Sammlung Ludwig).

Les Romains ont grandi avec la mythologie grecque, et les héros grecs étaient aussi leurs héros et héroïnes comme on peut le voir au Musée des Antiquités jusqu’au 29 mars. L’introduction d’une nouvelle héroïne au milieu de nouveaux démons leur aurait été étrangère.

Une nouvelle héroïne au Musée des Antiquités

Reste la question de savoir comment César jugerait aujourd’hui les présidents de l’Amérique et de la Russie, des contrées qui lui étaient alors parfaitement inconnues.

Quoi qu’il en soit, heureusement, l’historien de l’art Mike Stoll était présent au Musée des Antiquités pour expliquer plus en détail la relation entre les Romains et le Carnaval de Bâle. Grâce à son éloquence et à ses connaissances, il a réussi à établir un lien entre les Saturnales romains, le Concile de Nicée en 325 et le Carnaval de Bâle.

Vrai ou pas, son explication de la naissance et du développement du Carnaval de Bâle, aujourd’hui inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, ne s’est pas limitée à l’époque romaine : elle fut exhaustive, sous l’œil vigilant de Dionysos/Bacchus, de ses collègues de l’Olympe et de leurs héros et héroïnes.

L’événement du Carnaval au Musée des Antiquités de Bâle et à la Collection Ludwig a eu lieu dans le cadre du soixantième anniversaire du musée. Et ceci n’est pas un mythe.

(Source et plus d’informations: Antikenmuseum Basel und Sammlung Ludwig)

Un mandala sur le Rhin à Kaiseraugst

Le Musée d’art aborigène australien « La grange » à Môtiers (canton de Neuchâtel), la Fondation Opale à Lens (canton du Valais), le Musée cantonal d’archéologie et d’histoire au Palais de Rumine à Lausanne (canton de Vaud), le Musée Rietberg (canton de Zurich), le Musée Barbier-Mueller à Genève (canton de Genève), le Musée Tibet à Gruyères (canton de Fribourg) et le premier musée ethnologique d’Europe, le Musée des cultures à Bâle (canton de Bâle-Ville), ne sont que quelques exemples de l’attitude historiquement cosmopolite, de la curiosité scientifique et des nombreuses organisations de type « bottom-up » en Suisse.

Une autre caractéristique tout à fait helvétique est la discrétion, la modestie et la prudence, y compris dans la gestion de sa propre culture, de la démocratie directe et de la Constitution. Pourtant, en partie à cause d’un journalisme tendancieux, la Suisse est souvent perçue de l’extérieur de manière erronée, comme un peuple montagnard isolé qui profite des autres pays ou de l’Union européenne. En réalité, c’est précisément l’inverse qui est vrai.

La photo de deux moines bouddhistes du Népal sur la rive du Rhin en est la preuve. Des habitants de Magden (canton d’Argovie), inspirés par un voyage au Népal, ont fondé un projet typiquement suisse « bottom-up », baptisé Lo-Manthang.

Images du monastère et de l’école de Lo-Manthang et mandalas réalisés par des écoliers de Magden et Rheinfelden dans l’église réformée de Kaiseraugst

L’objectif est de soutenir les écoles de Namdo, Tsarang et Lo-Manthang (régions d’Upper Dolpo et Mustang) au Népal, près de la frontière tibétaine. Le monastère bouddhiste Choede à Lo-Manthang gère cette école. Depuis l’invasion communiste et l’occupation du Tibet en 1959 (avec environ un million de morts, d’innombrables assassinats, la persécution systématique des moines bouddhistes et la terreur ambiante), le Népal est devenu le véritable centre du bouddhisme.

Dans ces régions, le monastère offre à la population des perspectives, ainsi que la transmission de la culture et de la langue tibétaines, la pratique du bouddhisme, des soins de santé et l’accès à l’éducation. L’abbé Kungka Tenzing du monastère et le moine Nawang Funchok étaient en Suisse fin janvier/début février pour justement faire connaître leur projet.

 Les Mandalas

L’un des projets concrets consistait à réaliser un mandala de sable. Un mandala, à ne pas confondre avec la mandorle catholique, est une ancienne tradition bouddhiste. Les mandalas servent de forme de méditation, d’introspection, de détachement du monde matériel et de démonstration de l’impermanence. Ils s’accompagnent de rituels.

Un mandala est, dans sa forme de base, un cercle à l’intérieur d’un carré, avec une symbolique complexe du cosmos et de l’esprit humain. Un mandala est toujours représenté comme un palais avec quatre tours orientées vers l’est, l’ouest, le nord et le sud. Comme une carte géographique, ils servent de guide à ceux qui cherchent le noyau de l’être, le soi intérieur et la divinité au centre du mandala. On trouve des mandalas dans tous les grands monastères bouddhistes, présentant une disposition colorée et symbolique.

Un mandala de sable est une figure bien connue. L’acceptation de l’impermanence de l’homme et de la matière constitue également un motif essentiel du bouddhisme. C’est pourquoi le beau mandala, fait de grains de sable colorés et porteur de sa symbolique, a été rendu à la nature le septième jour.

« Tu retourneras à la poussière » est une citation biblique bien connue (Genèse 3:19). La célèbre « Danse macabre » du bas Moyen Âge, une horloge ou les crânes dans les tableaux des maîtres néerlandais et flamands du XVIIe siècle font également référence à ce motif.

L’église réformée de Kaiseraugst

Le Rhin à Kaiseraugst et le mandala

Du 31 janvier au 6 février, les deux moines ont travaillé sur le projet dans l’église réformée de Kaiseraugst (canton d’Argovie), non loin du palais du premier évêque du diocèse actuel de Bâle (depuis 1529 à Porrentruy, puis à partir de 1828 à Soleure – même le siège d’un diocèse est éphémère!).

L’abbé Kungka Tenzing (à gauche) et le moine Nawang Funchok (à droite).

Après un rituel bouddhiste (y compris des prières [mantras]) dans l’église réformée, la « poussière » du mandala a été jetée au Rhin selon la tradition bouddhiste. Le parallèle avec les « cendres » après une crémation est évident.

L’authenticité, la simplicité, l’ouverture et l’engagement de ces moines ont naturellement suscité beaucoup de sympathie parmi les habitants des petits villages et des villes avoisinantes, dans la soi-disant «campagne » de la Suisse multiculturelle.

L’église et la procession à travers Kaiseraugst ont suscité beaucoup d’attention ; les écoliers n’ont pas hésité à réaliser de nombreux mandalas. Les habitants, l’église et les communes ont généreusement soutenu le projet.

(Source et informations complémentaires : Association scolaire Lo-Manthang à Magden).

Le moine Nawang Funchok et l’abbé Kungka Tenzing devant le hangar à bateaux du club d’aviron Basler Ruderclub (BRC).

Le yodel unit les villes, la campagne et la Suisse 1924–2026

Dans le numéro actuel de NZZ-Geschichte (n° 62, février 2026), l’évolution économique, sociale et politique des paysans en Suisse est abordée en détail. Au XIXème siècle, la moitié de la population travaillait encore dans ce secteur, mais n’était pas représentée politiquement.

Fasnacht 2026

Dans ce contexte, il est également question de la guerre des paysans de 1653, aujourd’hui presque oubliée, contrairement à  la guerre des paysans allemands de 1525, À cette époque, 80 % de la population œuvrait dans ce domaine, mais ce sont les élites urbaines qui décidaient de la politique pour leurs « sujets ». Un fossé ville-campagne avant la lettre, même si la perspective politique est aujourd’hui inversée: conservatrice à la campagne, révolutionnaire dans les villes.

L’industrialisation aux XIX ème et XX ème siècles y est pour beaucoup. De moins en moins de personnes travaillaient dans l’agriculture et beaucoup ont migré vers les villes et leurs industries naissantes, y compris à Bâle.

Avec l’introduction du système proportionnel pour les élections au parlement national, sa composition a également changé. Rudolf Minger (1881–1955) fut le premier fils de paysan au parlement. Il était membre de l’ancienne Union suisse des Paysans, Artisans et Indépendants (PAI), aujourd’hui l’UDC.

Jodlerclub Echo Basel

Les traditions rurales ont également gagné les villes. De nombreux migrants venus de régions rurales ont, par exemple, apporté le yodel à Bâle. Le nombre de sociétés de yodel était si important qu’en 1924, le premier festival fédéral de yodel a eu lieu à Bâle. Après la Première Guerre mondiale (1914–1918) et les années agitées qui ont suivi, il y avait un besoin d’unité et de cohésion. Le yodel, typiquement suisse, a rapproché ville et campagne.

Il est donc hautement symbolique qu’un siècle plus tard, Bâle soit à nouveau la ville hôte de la Fête fédérale de yodel. Cette manifestation unit toujours la ville et la campagne et, en 2026, également les cantons de Bâle-Ville et de Bâle-Campagne.

Bien que le yodel existe aussi dans d’autres pays alpins, c’est en Suisse qu’il atteint le plus haut niveau musical en termes de nombre de pratiquants, de sociétés, de qualité et d’interprétations (modernes). En décembre 2025, l’UNESCO a inscrit le yodel suisse sur la Liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

La Fête fédérale de yodel aura lieu du 26 au 28 juin à Bâle, avec plus de 12 000 participants : yodleurs, lanceurs de drapeaux, joueurs de cor des Alpes et, bien sûr, des piccolos et des tambourins de Bâle. L’ouverture  de l’« année suisse du yodel » a eu lieu le 5 février à Bâle, auprès – comment pourrait-il en être autrement – de l’Helvetia assise.

(Source et plus d’informations: 32. Eidgenössisches Jodlerfest)

Baden, sources minérales, l’Inhalatorium et 150 ans de Kursaal

Les Romains, après la conquête du territoire de la Suisse actuelle en 13 av. J.-C., découvrirent rapidement les sources minérales à Aquae Helvetica, l’actuelle Baden (canton d’Argovie). Genève avait déjà été conquise en 120 av. J.-C., Nyon (Colonia Julia Equestris) et Augst/Kaiseraugst (Colonia Augusta Raurica) étaient des villes romaines dès 44 av. J.-C. J.-C., mais Baden fut la première ville à posséder des bains romains (thermes).

Bien que le départ des Romains ait été défavorable à la culture des bains romains, les sources minerals continuèrent de fonctionner. Au Moyen Âge, cette culture connut une renaissance et les effets curatifs de cette eau minérale devinrent de plus en plus connus.

Au XIXème siècle, les bains publics et l’utilisation des sources minerals furent progressivement remplacés par des établissements fermés pour la bourgeoisie et la noblesse. Des grands hôtels, des halls de dégustation, des fontaines thermales et d’autres stations thermales furent construits à Baden et le long de la Limmat.

Le point culminant fut l’ouverture du  Kursaal en 1875. Ce complexe était à la fois casino, salle de concert, salle de danse et surtout lieu de rencontre pour le « beau monde » suisse et international.

Cette histoire de Baden, en tant que station thermale de renommée internationale, est présentée en mots et en images dans l’ancien Inhalatorium, sur la promenade de la Limmat, jusqu’au 15 mars 2026.

De plus, des visites guidées de la ville auront lieu le 21 février et le 7 mars, au cours desquelles les sources minérales, les stations thermales, les (anciens) grands hôtels et le Kursaal seront au programme. L’Inhalatorium, qui a également sa propre histoire à raconter, est le point de rendez-vous.

L’inscription se fait auprès du Musée historique de Baden (Historisches Museum Baden), qui organise jusqu’au 5 juillet 2026 l’exposition ‘Mittendrin im Vergnügen. Kursaal-Stadtsaal- Stadtcasino’.

(Source et plus d’informations: Verein Bagni Populari)

Aquae Helveticae, Baden, la station thermale romaine et éternelle

À l’époque romaine, Baden (canton d’Argovie) était connue sous le nom d’Aquae Helveticae et était déjà une station thermale. Vers 850, l’église carolingienne fut construite à l’emplacement de l’actuelle église catholique.

Au XIème siècle, le château de Stein fut construit. Il appartenait aux comtes de Nellenburg, de Lenzburg et, au XIIIème siècle, aux Habsbourg. Le pont en bois a été construit au XIIIème siècle.

Les thermen a l’époque romaine. Collection: Historisches Museum Baden

Baden obtint le statut de ville sous le règne des Habsbourg. Mais en 1415, Baden fut occupée et devint un territoire sujet de la Confédération suisse, composée de huit cantons. Le château de Stein fut détruit. Les cantons souverains se réunissaient avec leurs représentants lors de la Tagsatzung à Baden pour discuter d’affaires communes, notamment de l’administration de l’Argovie.

Le château de Stein à une époque plus prospère. Collection: Historisches Museum Baden

La salle du conseil, située au premier étage de l’hôtel de ville, servit de salle de réunion jusqu’en 1712. Ce bâtiment de la Rathausgasse fut mentionné pour la première fois en 1368.

Rathausgasse et Rathaus

Vers 1500, chacun des dix membres de la Confédération de l’époque fit apposer sur le bâtiment une représentation de ses armoiries (Bâle et Schaffhouse ne devinrent membres qu’en 1501, et Appenzell en 1513).

Le pont en bois a été construit au XIIIème siècle.

En 1714, Baden accueillit le troisième et dernier congrès de paix consacré à la guerre de Succession d’Espagne. Au cours des cinq mois que durèrent les négociations, plus de 60 délégations venues de toute l’Europe séjournèrent à Baden.

Le château (Landvogteischloss) arborant les armoiries des huit cantons

La rue des Tagsatzungen, la chancellerie municipale, et, au coin, l’arsenal

La Stadtkanzlei

La maison Berner (1678), qui a servi de résidence aux délégués de Berne à la Tagsatzung

Après la création de la nouvelle Confédération suisse en 1815, Baden a connu un nouvel essor. Les stations thermales ont été rénovées et modernisées, et de gigantesques hôtels, notamment le Grand Hôtel (démoli en 1944), le Verenahof, le Limmathof, l’Ochsen et le Bären, ont été construits.

La Lambrecht-Wettersäule

En 1847, Baden devint le terminus de la première ligne ferroviaire suisse Zurich-Baden (Spanischbrödlibahn). Après la création de la Confédération en 1815, ce n’est pas Baden, la ville de la diplomatie, de la Tagsatzung et des traités de paix, mais Aarau qui devint la capitale du canton d’Argovie.

Au XIXème siècle, la ville a connu une industrialisation et un renouveau, notamment grâce à la société Brown Boveri & Cie en 1891, l’actuelle multinationale ABB. Cette entreprise a été la première à introduire l’éclairage électrique (public) en Suisse.

En 1847, Baden est le terminus de la première ligne ferroviaire suisse, Zürich-Baden (Spanischbrödlibahn).

(Source et plus d’informations: Historisches Museum Baden;  www.baden.ch).

Poggio Bracciolini (1380-1459), « Lettre sur les bains de Baden » (mai 1416). Poggio Bracciolini fut l’un des humanistes les plus importants de la Renaissance italienne. Il fut secrétaire de huit (antipapes) au total. Il dénonça la violence religieuse en recourant à l’art de la satire, du burlesque et de l’univers littéraire alternatif. Le 6 juillet 1415, Jean Hus fut brûlé pour hérésie à Constance; le 30 mai 1416, ce fut le tour de Jérôme de Prague. Il fut témoin de ces deux bûchers. Il lui était toutefois impossible de critiquer ouvertement ses seigneurs papaux. La lettre « Les bains de Baden » constituait son contre-monde.

Poggio Bracciolini (1380-1459), ‘Brief over de baden van Baden’ (mei 1416). Poggio Bracciolini was een van de belangrijkste humanisten van de Italiaanse renaissance. Hij was secretaris van in totaal acht (tegen) pausen. Hij schreef over het religieuze geweld met behulp van de kunst van de satire, de burleske en de literaire tegenwereld. Op 6 juli 1415 werd Johannes Hus in Konstanz als ketter verbrand, op 30 mei 1416 Hieronymus van Praag. Hij was getuige van beide verbrandingen. Openlijke kritiek op zijn pauselijke heren was voor hem echter onmogelijk. De brief ‘De baden van Baden’ was zijn tegenwereld.

Baden le médecin Dr. Johann Alois Minnich (1801-1885)

L’Inhalatorium

L’armorie

La chapelle St. Sebastian et l’ancien Beinhaus