Le cor des Alpes, une petite histoire
20 juillet 2025
Le cor des Alpes (Alphorn) fait partie de la Suisse (ainsi que de l’Autriche et du sud de l’Allemagne), tout comme le fromage, le chocolat et la fondue. Le lieu et la période de son origine sont inconnus. Étant donné que ces cornes n’ont pas de trous de doigt, de touches, de valves ou de glissières, seule la gamme naturelle peut être jouée.
Pour pouvoir souffler dans cette gamme un registre musicalement utilisable (intéressant), la corne doit avoir une longueur minimale d’au moins 340-360 cm et un diamètre maximal proportionnel.

Adelheid Risi, Alphorn, 2024. Collection: Textilmuseum St. Gallen
Sur des cornes très courtes (par exemple un cor de chasse), seules une à deux notes de hauteurs différentes peuvent être soufflées. Tout le monde aux Pays-Bas connaît la corne de Roelant du Roelantslied.
Avec des cornes très longues, comme le cor des Alpes, il n’y a plus de séparation claire entre les hauteurs de notes. Lorsque l’on parle d’un « cor des Alpes », on entend une longue corne droite en bois qui est courbée en bas.

Dans certains écrits d’avant 1500, il est déjà question d’un « Alphorn ». Les rapports et les histoires ont cependant été écrits longtemps après les événements et les noms varient également. Des noms tels que bucina, tuba, litui, lituum alpinum, cornua alpinum et d’autres désignations ont été utilisés. Il n’est pas certain que cela désigne également le cor des Alpes.
La première mention écrite figure dans le livre des comptes annuels de l’ancien monastère de St. Urban (canton de Lucerne) en 1527, « einem Walliser mit Alphorn ».
La plus ancienne description est celle de Conrad Gessner (1516-1565) dans son « De raris et admirandis herbis » de 1556. Il écrit que les instruments sont constitués de deux morceaux de bois courbés et creusés qui sont solidement assemblés avec des tiges de saule et mesurent 330-340 cm de long.
Le retable de la chapelle de montagne de Rohrmoos près de Tiefenbach (Allgäu, Bavière) de 1568 montre un « joueur de cor des Alpes » avec un instrument dont la longueur correspond à peu près à celle mentionnée par Gessner.

Les mentions et les illustrations ultérieures ne donnent pas une image plus claire. De plus, les termes cor des Alpes, corne de chasse ou corne de berger, plus courts, sont utilisés de manière interchangeable.
Les joueurs de cor des Alpes suisses ont été enrôlés comme musiciens dans des services militaires étrangers au XVIIème siècle. En hiver, les bergers des Alpes se rendaient en ville pour gagner de l’argent en jouant du cor des Alpes, ou du cor de chasse et de berger, dans les rues. Les cornes courtes étaient mieux adaptées aux voyages que les longs cors des Alpes.
Les cors des Alpes sont fabriqués de différentes manières. Autrefois, chaque instrument était taillé sur place dans un sapin avec une courbure à la fin. Aujourd’hui, ils sont fabriqués dans des ateliers spécialement conçus à cet effet. Les derniers processus de fabrication utilisent des machines contrôlées par ordinateur.
En tout cas, on les entend toujours régulièrement, en ville, sur la montagne, dans les vallées et dans les villages.
(Source: Hans-Jürg Sommer, Die Geschichte des Alphorns, www.alphornmusik.ch).
Révision: Lars Kophal (Neuchâtel), rédacteur et journaliste
