Le nom « Valais » provient à juste titre du mot latin Vallis, signifiant vallée. À l’époque de l’occupation romaine, quatre tribus celtiques habitaient cette région : les Nantuates, les Veragri, les Seduni et les Uberi.

Le Rhône prend sa source dans cette région, au cœur des Alpes, et suit la vallée du Valais en direction de l’ouest jusqu’à Martigny, où il effectue un spectaculaire coude vers le nord. Ce virage n’est pas sans rappeler, en quelque sorte, le célèbre « coude » de Bâle, où le Rhin infléchit aussi son cours vers le nord.


Val d’Anniviers
Non seulement le canton tire son nom de cette grande vallée alpine, mais il est également façonné par une multitude de vallées latérales, certaines célèbres, d’autres plus discrètes mais tout aussi riches en caractère.
À l’image de nombreuses régions suisses, le Valais est traversé par une frontière linguistique — ou plutôt des frontières linguistiques — si l’on prend en compte, au-delà du français et de l’allemand, les parlers locaux tels que le patois ou les dialectes walser.

L’Illsee

L’Illhorn

L’Illgraben
Non loin du val d’Anniviers, francophone, et à proximité de l’Illsee, situé sur le territoire germanophone de la commune de Loèche (Leuk), se trouve l’une de ces frontières linguistiques invisibles mais bien réelles. L’Illsee est un lac de barrage au pied de l’Illhorn (2’717 m) et est accessible, entre autres, par le village francophone de Chandolin et son jardin botanique alpin à plus de 2’200 m d’altitude.





Le jardin botanique alpin de Chandolin
Chandolin abrite l’Espace d’Ella Maillart (1903-1997), l’une des nombreuses personnalités cosmopolites suisses.

Espace Ella Maillart
Cette femme, née à Genève, était non seulement navigatrice sur les océans et la mer Méditerranée, fondatrice de la première association féminine suisse de hockey sur gazon, participante aux épreuves de voile aux JO de 1924 (Paris), photographe, actrice, enseignante de français, globe-trotteuse (notamment en Asie, en Afrique et en Amérique), mais aussi, à un âge avancé, une écrivaine de récits de voyage mondialement connue. L’UNESCO a inscrit ses récits de voyage et ses photos en 2025 dans le registre « Mémoire du monde ».

Image: Espace Ella Maillart
Comme Chandolin fut son dernier lieu de résidence, le village lui rend aujourd’hui hommage à travers l’Espace Ella Maillart, un petit musée installé dans l’ancienne chapelle. Le village met également en valeur la faune locale dans le musée de la faune et l’observatoire de la faune.

Musée de la Faune
Seuls quelques kilomètres séparent Chandolin de St. Luc, pourtant l’histoire de St. Luc est bien différente de celle de sa voisine. Non seulement le parc des moulins témoigne d’un certain passé industriel et ce à 1’655 m d’altitude, mais aussi le planétarium et l’observatoire François-Xavier Bagnoud font preuve d’une curiosité dont « the sky is the limit » (le ciel est la limite).

Cela se reflète également dans une édition toute locale du Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry (1900-1944) avec chaque page écrite dans une langue différente : chinois, français, allemand, espagnol, anglais et diverses autres langues. Les raisons qui ont conduit à ce travail sont expliquées dans la préface: l’intérêt pour les planètes et l’univers dans ce petit village de montagne correspond au voyage de découverte du Petit Prince.



St. Luc a depuis longtemps abandonné son passé industriel. L’essor du tourisme aux XIXème et XXème siècles ont marqué l’avènement d’une ère nouvelle. Deux grands hôtels, plusieurs plus modestes, de nombreux nouveaux chalets, des possibilités de sports d’hiver et de randonnée et le funiculaire accueillent des visiteurs du monde entier.
Il y a même un chemin des planètes en altitude en direction de l’Hôtel Weisshorn et un parc des planètes (Tsigère de Planètes), qui commence dans le village. L’Hôtel Weisshorn est un grand hôtel qui respire cette atmosphère si particulière de la Belle Époque.

Le Weisshorn




Grand-Hôtel Weisshorn et son fondateur


Le premier jardin alpin d’Europe



Grand-Hôtel du Cervin

Grand-Hôtel Bella-Tola
Ce village a également su conserver son caractère authentique et ses traditions. La maison bourgeoisiale est non seulement le centre communautaire du village, mais aussi le lieu de l’ancienne école et il abrite la tradition de la cuisson du pain.


Maison bourgeoisiale et l’ancienne école de St. Luc


En contre-bas, dans le val d’Anniviers, se trouve le village de Vissoie avec son château et son centre médiéval. Si Vissoie possède un château, ce n’est pas par hasard.



Vissoie
Le village est en effet stratégiquement situé sur la Navisence, qui au nord mène à Sierre et au Rhône et à Zinal au sud, soit le dernier village de la vallée, aux Plats de la Lée et ses vaches d’Hérens réputées pour leurs combats de reines, à l’ancienne mine de cuivre et en altitude l’Alpage de Cottier, un jardin d’herbes et une entreprise spécialisée dans les produits à base de plantes.




L’Alpage de Cottier


Et l’herboriste Sandra Huber



Zinal
Le val d’Anniviers possède une autre particularité remarquable : Grimentz, charmant village situé sur la route menant au lac et au glacier de Moiry, est inscrit au registre des plus beaux villages de Suisse. Avec ses chalets en bois brunis par le soleil et ses ruelles fleuries, il incarne parfaitement l’architecture traditionnelle alpine.



Grimentz
Plus haut encore, le glacier de Moiry marque l’extrémité du val, offrant un paysage spectaculaire où la montagne semble toucher le ciel.


Glacier de Moiry


fond de la vallée : le glacier de Moiry, le lac de Moiry et son barrage.
Conclusion
Ce qui rend les vallées du Valais si fascinantes, c’est qu’il y en a toujours une autre à découvrir, chacune avec son caractère propre. Dans le prolongement du val d’Anniviers, on trouve, côté francophone, les vallées d’Hérens et d’Hérémence, riches de traditions, d’histoire et de paysages préservés.

De l’autre côté, côté germanophone, s’étendent les vallées de Turtmanntal, Mattertal et Saastal, chacune offrant une culture alpine bien distincte. Cependant, il n’y a qu’un seul val avec la Couronne impériale, et c’est le Val d’Anniviers.

Révision: Andrea Zollinger, rédactrice
Impressions du val’Anniviers











Impressions de St. Luc














L’une des maisons en pierre a abrité Adeline Favre-Salamin (1908-1983), la sage-femme la plus célèbre de Suisse.

Maisons en pierre et église, construites après les incendies dévastateurs de 1845 et 1848.


Impressions de Zinal





Dona nobis pacem dans la chapelle St. Barthélémy




Plats de la Lée



Les vaches d’Hérens sont célèbres pour leurs (légères) luttes pour la hiérarchie, la gagnante devenant la reine (photo ci-contre). Pour les humains, les numéros inscrits sur la peau aident à la classification en cas de bagarre.



Impressions de Chandolin







CAS-cabane Illhorn
Impressions de St. Jean

