Riom danse à nouveau dans la nouvelle saison internationale de danse

La Legenda Nova de Kristian Lever ouvre la saison internationale de danse à Riom (canton des Grisons et pratiquement le village culturel principal du canton). Riom danse à nouveau du 17 juillet au 10 août. Les premières de danse commencent le 17 juillet à la Clavadeira.

Huit chorégraphes présentent leurs œuvres personnelles créées pour Origen sur les scènes du village de festival de Riom:

  • Legenda Nova de Kristian Lever
  • Vandalismo de Luca-Andrea Tessarini
  • Three Sisters d’Ilia Jivoy
  • Fiction de Nicola Wills
  • Lost Voices de Juliano Nunes
  • A House without Walls de Lucas Valente
  • Serum d’Andrey Kaydanovskiy
  • Ad Astra de Sébastien Bertaud

Les signatures artistiques vont de l’élégance classique des solistes de l’Opéra de Paris à la force éruptive des danseurs contemporains du Netherlands Dans Theater, en passant par la perfection acrobatique des artistes de mouvement chinois.

Tout tourne cette année autour des contes et légendes, ces matières littéraires qui ont marqué le ballet romantique. Les nouvelles chorégraphies explorent la tradition de la danse classique, donnent de nouveaux habits aux contes rhéto-romans, recherchent des motifs archétypaux, font apparaître le cercueil de verre de Blanche-Neige comme une capsule pour des chimères ou célèbrent une joyeuse assemblée des protagonistes littéraires.

(Source et plus d’informations : Nova Fundaziun Origen)

Le col du Simplon, Napoléon et de la diligence à la poste

 Les Romains, les muletiers et Napoléon l’ont utilisé : le col du Simplon. Depuis des siècles, les cols de montagne font de la Suisse une artère vitale au cœur de l’Europe. Carrefour du commerce, de la diplomatie et parfois théâtre de guerre, elle occupe une place centrale dans les enjeux stratégiques du continent.

 Les cols de montagne

En 218 av. J.-C., un grand chef militaire, Hannibal, a traversé les Alpes avec son armée et ses éléphants pour vaincre son ennemi romain sur son propre territoire. Bien qu’il n’ait pas atteint son objectif, malgré une série de victoires éclatantes, son expédition est entrée dans la légende.

Les historiens romains et grecs ne se sont jamais accordés sur le col qu’il a emprunté pour traverser les Alpes. Le col de Montgenèvre, le Mont-Cenis, le Petit ou le Grand St-Bernard sont souvent cités comme les options les plus probables. Nous ne le saurons probablement jamais avec certitude. Ce qui est certain, c’est que l’empereur Claude (10 av. J.-C. – 54 apr. J.-C.) a traversé le Grand St-Bernard en 43 apr. J.-C. avec ses légions en route vers la Bretagne, qu’il a effectivement conquise cette année-là.

Napoléon

Un autre chef militaire, Napoléon Bonaparte (1769-1821), est également connu pour avoir utilisé les cols de montagne suisses pour ses plans militaires. Après la conquête de l’ancienne Confédération des treize cantons en 1798 et la fondation de la République helvétique (1798-1803), il a ordonné en 1800 la construction d’une route sur le col du Simplon, « pour aider au transit des canons ». « Napoleoni magno viam istam pone fecit », peut-on lire sur une inscription dans le Gandertal.

Säumer vers 1890. Foto: Ecomuseum Simplon-Dorf

Schifffahrtmuseum Basel

Simplon-Dorf, Säumer reenactment. Photo: Ecomuseum Simplon-Dorf

La route se devait d’être large et solide pour transporter les canons ainsi que cent mille hommes, leurs chevaux et leur matériel. C’était la route la plus courte entre Paris, la Lombardie et Milan. Elle a longtemps appartenu à son ennemi autrichien. Le 9 octobre 1805, la route de Brig à Domodossola (63 km) a été mise en service : une réalisation de taille et un véritable exploit technique pour l’époque.

Le Valais était d’ailleurs une république « indépendante » de 1802 à 1810, c’est-à-dire sous la supervision de Napoléon. De 1810 à 1813, il faisait partie du département du Simplon dans l’Empire français.

Des siècles auparavant, le col était utilisé par les commerçants (les muletiers), les pèlerins, les diplomates et d’autres personnes, et à partir du XVIIème siècle par les diligences ou les voitures postales.

C’est Kaspar Jodok von Stockalper (1609-1691), « roi du Simplon », comme l’appelait le roi-soleil français Louis XIV (1638-1715), qui a réorganisé le commerce entre Milan et la France et a créé la première liaison de diligence sur le Simplon.

Stockalper Hospiz

Augustiner Hospiz

L’hospice de Stockalper du XVIIVme siècle et l’hospice des Augustins (construit sur ordre de Napoléon) du XIXVme siècle ne sont pas sans rappeler cet âge d’or du col, qui, en raison de sa relative faible altitude (2005 mètres), était parfois praticable même en hiver et l’est d’ailleurs de plus en plus aujourd’hui.

Napoléon n’en a pas profité bien longtemps (militairement). Les touristes, le village de Simplon et les transports locaux, jusqu’à la construction du tunnel du Gothard en 1882 et du tunnel ferroviaire en 1906, en ont profité bien plus !

La diligence et le car postal

La liaison de diligence entre Brig et Domodossola a connu son apogée entre 1850 et 1906, transportant des centaines de milliers de voyageurs dans des diligences et des coupés Landauer : rien qu’en 1876, pas moins de 28 190 ! Il y avait quotidiennement au moins quatre diligences dans les deux sens et nécessitant l’usage de 150 chevaux chaque jour.

Images: Ecomuseum Simplon-Dorf

Ces chiffres n’incluent pas les déplacements à pied, en traîneau ou par des moyens personnels. Cette énorme augmentation est due au fait que la nouvelle Confédération fondée en 1848 a nationalisé la diligence. Après la fin de l’ère des diligences en 1906, consécutive à la construction du tunnel ferroviaire, le célèbre car postal (Postauto) est né, héritier de cette tradition alpine de transport. En 1919, le premier car postal traversa le col du Simplon.

Images: Ecomuseum Simplon-Dorf

Le car postale en 2022: Photo: TES

En 1905, ce sont les premières voitures particulières qui se mirent à utiliser le col. En 1960, l’utilisation avait tellement augmenté que l’ancienne route de Napoléon fut totalement modernisée, malheureusement sans laisser de trace de son chef-d’œuvre.

Aujourd’hui, un grand aigle en pierre est le symbole du Simplon. On pourrait croire qu’il est romain/italien ou carrément allemand, et d’époque. Mais non, il a été érigé par la onzième brigade frontalière suisse en 1944. Il est peu probable qu’il ait été la figure décisive ayant dissuadé les dictateurs allemands ou italiens entre 1940 et 1945.

Il est par contre certain qu’ils n’ont pas tenté d’utiliser le col pour une agression, au grand bonheur des Suisses. Le col du Simplon faisait partie de la formidable ligne de défense du pays et du « Réduit ». D’ailleurs chaque col était à cette époque une forteresse de granit, de pierre et de roche.

Le col mène par la ville frontière de Gondo à Domodossola en Italie et de là au canton du Tessin. Sur le territoire italien, le trajet réserve quelques surprises, comme la majestueuse basilique du village de Re et les paysages alpins du Piémont.

(Source et plus d’informations: Ecomuseum Simplon-Dorf)

 Révision: Andrea Zollinger, rédactrice

La basilique est une église de pèlerinage portant le beau nom de Basilica della Beata Vergine Maria del Sangue di Re et rappelle celle de St. Pierre à Rome, et celle d’Oudenbosch (province du Brabant) aux Pays-Bas et même un peu la Hagia Sophia à Istanbul.

Le Basel Tattoo 2025

Après le Concours Eurovision de la chanson et le Festival européen des chœurs de jeunes, c’est au tour de l’annuel Basel Tattoo. Du 11 au 19 juillet 2025, le Basel Tattoo présente à nouveau la scène internationale de la musique et du spectacle dans la cour de la Kaserne (Kasernehof) à Bâle.

Pour la première fois, ce Tattoo intégret tous les classiques écossais au programme. Des tubes comme « Amazing Grace », « Highland Cathedral », « Scotland the Brave » et bien d’autres sont interprétés par 200 joueurs de cornemuse. Les Flings and Things Highland Dancers apporteront une touche visuelle aux hymnes populaires et enrichiront le spectacle de chorégraphies innovantes et de numéros de danse dynamiques et élégants. Les visiteurs pourront aussi découvrir les héros locaux du Top Secret Drum Corps. Les stars bâloises raviront leur public avec une nouvelle chorégraphie.

En plus de ces prestations, les visiteurs pourront admirer les Bands of His Majesty’s Royal Marines, la Jordanian Armed Forces Band, la Royal Honor Guard Silent Drill Team et la Circassian Honor Guard, la Musique centrale des forces armées suisses, la United States Air Force Band, le Dutch Crescendo Bicycle Showband, le Band of the Police Academy of the State of Qatar, le Marsa Scouts Pipes & Drums de Malte, le Pipes and Drums of the Royal Air Force, le Scotch College Pipe Band d’Australie, le Scots College Old Boys Pipes & Drums d’Australie, le Royal Guard of Oman Pipe Band, les Highlanders suisses, le Basel Tattoo Chor et la Basel Tattoo Garde.

Le Crescendo Bicycle Showband des Pays-Bas associe la musique au cyclisme artistique, et le Band of the Police Academy of the State of Qatar élargit le champ international des participants avec une musique de marche précise et des sonorités arabes.

Le Basel Tattoo 2025 réaffirme son caractère international et confirme l’ambition de réunir des traditions musicales du monde entier dans une même arène et de construire des ponts culturels. Le Cortège du Tattoo aura lieu samedi le 12 juillet.

(Source et plus d’informations: Basel Tattoo)

La Couronne impériale du val d’Anniviers, le petit Prince, Ella Maillart et Adeline Favre

Le nom « Valais » provient à juste titre du mot latin Vallis, signifiant vallée. À l’époque de l’occupation romaine, quatre tribus celtiques habitaient cette région : les Nantuates, les Veragri, les Seduni et les Uberi.

Le Rhône prend sa source dans cette région, au cœur des Alpes, et suit la vallée du Valais en direction de l’ouest jusqu’à Martigny, où il effectue un spectaculaire coude vers le nord. Ce virage n’est pas sans rappeler, en quelque sorte, le célèbre « coude » de Bâle, où le Rhin infléchit aussi son cours vers le nord.

Val d’Anniviers

Non seulement le canton tire son nom de cette grande vallée alpine, mais il est également façonné par une multitude de vallées latérales, certaines célèbres, d’autres plus discrètes mais tout aussi riches en caractère.

À l’image de nombreuses régions suisses, le Valais est traversé par une frontière linguistique — ou plutôt des frontières linguistiques — si l’on prend en compte, au-delà du français et de l’allemand, les parlers locaux tels que le patois ou les dialectes walser.

L’Illsee

L’Illhorn

L’Illgraben 

Non loin du val d’Anniviers, francophone, et à proximité de l’Illsee, situé sur le territoire germanophone de la commune de Loèche (Leuk), se trouve l’une de ces frontières linguistiques invisibles mais bien réelles. L’Illsee est un lac de barrage au pied de l’Illhorn (2’717 m) et est accessible, entre autres, par le village francophone de Chandolin et son jardin botanique alpin à plus de 2’200 m d’altitude.

Le jardin botanique alpin de Chandolin

Chandolin abrite l’Espace d’Ella Maillart (1903-1997), l’une des nombreuses personnalités cosmopolites suisses.

Espace Ella Maillart

Cette femme, née à Genève, était non seulement navigatrice sur les océans et la mer Méditerranée, fondatrice de la première association féminine suisse de hockey sur gazon, participante aux épreuves de voile aux JO de 1924 (Paris), photographe, actrice, enseignante de français, globe-trotteuse (notamment en Asie, en Afrique et en Amérique), mais aussi, à un âge avancé, une écrivaine de récits de voyage mondialement connue. L’UNESCO a inscrit ses récits de voyage et ses photos en 2025 dans le registre « Mémoire du monde ».

Image: Espace Ella Maillart

Comme Chandolin fut son dernier lieu de résidence, le village lui rend aujourd’hui hommage à travers l’Espace Ella Maillart, un petit musée installé dans l’ancienne chapelle. Le village met également en valeur la faune locale dans le musée de la faune et l’observatoire de la faune.

Musée de la Faune

Seuls quelques kilomètres séparent Chandolin de St. Luc, pourtant l’histoire de St. Luc est bien différente de celle de sa voisine. Non seulement le parc des moulins témoigne d’un certain passé industriel et ce à 1’655 m d’altitude, mais aussi le planétarium et l’observatoire François-Xavier Bagnoud font preuve d’une curiosité dont « the sky is the limit » (le ciel est la limite).

Cela se reflète également dans une édition toute locale du Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry (1900-1944) avec chaque page écrite dans une langue différente : chinois, français, allemand, espagnol, anglais et diverses autres langues. Les raisons qui ont conduit à ce travail sont expliquées dans la préface: l’intérêt pour les planètes et l’univers dans ce petit village de montagne correspond au voyage de découverte du Petit Prince.

 

St. Luc a depuis longtemps abandonné son passé industriel. L’essor du tourisme aux XIXème et XXème siècles ont marqué l’avènement d’une ère nouvelle. Deux grands hôtels, plusieurs plus modestes, de nombreux nouveaux chalets, des possibilités de sports d’hiver et de randonnée et le funiculaire accueillent des visiteurs du monde entier.

Il y a même un chemin des planètes en altitude en direction de l’Hôtel Weisshorn et un parc des planètes (Tsigère de Planètes), qui commence dans le village. L’Hôtel Weisshorn est un grand hôtel qui respire cette atmosphère si particulière de la Belle Époque.

Le Weisshorn

Grand-Hôtel Weisshorn et son fondateur

Le premier jardin alpin d’Europe

Grand-Hôtel du Cervin

Grand-Hôtel Bella-Tola

Ce village a également su conserver son caractère authentique et ses traditions. La maison bourgeoisiale est non seulement le centre communautaire du village, mais aussi le lieu de l’ancienne école et il abrite la tradition de la cuisson du pain.

Maison bourgeoisiale et l’ancienne école de St. Luc

En contre-bas, dans le val d’Anniviers, se trouve le village de Vissoie avec son château et son centre médiéval. Si Vissoie possède un château, ce n’est pas par hasard.

 

Vissoie

Le village est en effet stratégiquement situé sur la Navisence, qui au nord mène à Sierre et au Rhône et à Zinal au sud, soit le dernier village de la vallée, aux Plats de la Lée et ses vaches d’Hérens réputées pour leurs combats de reines, à l’ancienne mine de cuivre et en altitude l’Alpage de Cottier, un jardin d’herbes et une entreprise spécialisée dans les produits à base de plantes.

L’Alpage de Cottier

Et l’herboriste Sandra Huber

Zinal

Le val d’Anniviers possède une autre particularité remarquable : Grimentz, charmant village situé sur la route menant au lac et au glacier de Moiry, est inscrit au registre des plus beaux villages de Suisse. Avec ses chalets en bois brunis par le soleil et ses ruelles fleuries, il incarne parfaitement l’architecture traditionnelle alpine.

 

Grimentz

Plus haut encore, le glacier de Moiry marque l’extrémité du val, offrant un paysage spectaculaire où la montagne semble toucher le ciel.

Glacier de Moiry 

fond de la vallée : le glacier de Moiry, le lac de Moiry et son barrage.

Conclusion

Ce qui rend les vallées du Valais si fascinantes, c’est qu’il y en a toujours une autre à découvrir, chacune avec son caractère propre. Dans le prolongement du val d’Anniviers, on trouve, côté francophone, les vallées d’Hérens et d’Hérémence, riches de traditions, d’histoire et de paysages préservés.

De l’autre côté, côté germanophone, s’étendent les vallées de Turtmanntal, Mattertal et Saastal, chacune offrant une culture alpine bien distincte. Cependant, il n’y a qu’un seul val avec la Couronne impériale, et c’est le Val d’Anniviers.

Révision: Andrea Zollinger, rédactrice

Impressions du val’Anniviers

Impressions de St. Luc

L’une des maisons en pierre a abrité Adeline Favre-Salamin (1908-1983), la sage-femme la plus célèbre de Suisse.

 Maisons en pierre et église, construites après les incendies dévastateurs de 1845 et 1848.

Impressions de Zinal

Dona nobis pacem dans la chapelle St. Barthélémy 

Plats de la Lée

Les vaches d’Hérens sont célèbres pour leurs (légères) luttes pour la hiérarchie, la gagnante devenant la reine (photo ci-contre). Pour les humains, les numéros inscrits sur la peau aident à la classification en cas de bagarre.

Impressions de Chandolin

 

CAS-cabane Illhorn

Impressions de St. Jean

Les moulins de St. Luc et le miracle économique suisse

La révolution industrielle, les réseaux commerciaux, l’industrie textile, les services (financiers), l’horlogerie, la construction de machines, le secteur alimentaire, les entreprises d’édition et d’imprimerie et d’autres secteurs caractérisent la Suisse depuis des siècles.

Même dans les petits villages d’aujourd’hui, il y avait parfois un petit parc industriel. Un exemple est St. Luc (canton du Valais). St. Luc est situé à une altitude de 1655 mètres dans la Val d’Anniviers, la vallée de la ‘Couronne Impériale’, les cinq montagnes de plus de 4000 mètres (Bishorn, Weisshorn, Zinalrothorn, Ober Gabelhorn et Dent-Blanche).

Le village compte aujourd’hui seulement 300 habitants permanents (mais 6000 touristes en saison hivernale), mais au début du XIXème siècle, il était plus grand que Sierre!

Le village avait alors pas moins de 7 moulins en activité. Deux moulins ont disparu au fil du temps, mais les cinq moulins restants sont après une rénovation utilisés comme musée en plein air et sont ouverts à la visite à certaines heures.

La plupart des habitants de St. Luc possédaient un pré ou un petit terrain agricole et une petite maison à Sierre. Ils y cultivaient du seigle, du froment, de l’orge, du maïs et des pommes de terre.

Après la récolte, ils transportaient les produits au moulin à maïs (moulin à maïs), deux moulins pour le seigle et le froment (moulins à seigle et froment) et un moulin pour l’orge et une presse à noix (foulon à orge et presse-noix) à St. Luc. De plus, il y avait encore un foulon à drap. Le meunier vivait dans la maison du meunier.

Maison du meunier

La maison bourgeoisiale présente encore aujourd’hui la méthode artisanale de cuisson du pain, avec une fête annuelle. À l’époque, tous les habitants participaient à la préparation de cette nourriture dans cette région montagneuse brute.

La maison bourgeoisiale de St. Luc

Un certain nombre de tâches, telles que la gestion des prés et des terres agricoles, la gestion de l’eau et, par exemple, la fabrication du pain, étaient effectuées en commun. Dans ce contexte, le terme de bourgeoisie ne désigne donc pas une couche sociale, bien que les plus riches aient été probablement particulièrement influents.

Les moulins à vent sont pratiquement inconnus en Suisse. Les moulins sont en revanche actionnés par la force hydraulique. Le Torrent des Moulins, tumultueux, assurait par un système aussi ingénieux que simple de canaux, disons une sorte des Bisses, l’approvisionnement en eau pour faire tourner la roue du moulin.

Le Torrent des Moulins

Ce système a fonctionné pendant des siècles dans tous les cantons de Suisse. Au XXème siècle, l’électricité a cependant pris le relais. Lors de la journée nationale annuelle des moulins suisses et dans de nombreux autres endroits (villes et villages), ce patrimoine national est encore visible. Mais une si grande concentration de moulins comme en St. Luc est exceptionelle ‘à’ une altitude de 1 655m.

(Source et plus d’informations: Commune d’Anniviers)

Maison du meunier

   

Les moulins de St. Luc vers 1900. Image: La maison bourgeoisiale

Barryland a rouvert le 26 juin

Fiers, resplendissants, bien toilettés et le poil impeccablement brossé, les Saint-Bernard étaient à leur avantage le 26 juin dernier, fraîchement manucurés, apprêtés de la truffe à la queue. C’est dans leur nouvelle demeure, le tout nouveau Barryland à Martigny (canton du Valais), qu’ils célébraient leur grande fête.

Connus pour leur tempérament doux, empathique et sociable, les Saint-Bernard avaient convié de nombreux amis et amies pour partager ce moment unique. L’inauguration de leur nouvelle maison n’était pas seulement un événement canin – c’était un véritable festival de tendresse et d’élégance.

Le nom de Barry fait référence au plus célèbre Saint-Bernard, Barry I. Il vécut avec les chanoines capucins au Grand-St-Bernard de 1800 à 1812. Il aurait sauvé plus de 40 personnes dans le froid, la neige et le brouillard dans le région du Grand-St-Bernard.

Cette histoire, mélange de faits historiques, de légendes et de mythes, façonne encore l’image du Saint-Bernard comme compagnon fidèle, courageux et sauveteur. Pendant des générations, ces chiens ont aidé les voyageurs, en particulier ceux qui erraient en haute montagne dans le froid, la neige et le brouillard.

Barryland

Barryland a la forme d’une empreinte de patte de chien Saint-Bernard et s’étend sur 2 400 m² dans un parc de 22 000 m².

Dans cinq zones thématiques différentes, les visiteurs peuvent explorer l’histoire et les mythes entourant les Saint-Bernard grâce à des expositions interactives et découvrir leurs traits de caractère uniques.

  

Les visiteurs ont également l’occasion d’observer les chiens et leurs soins quotidiens.  Barryland remplace l’ancien musée, qui était situé dans l’arsenal voisin et qui sert maintenant de café-restaurant.

Fondation Barry

Depuis janvier 2005, la Fondation Barry est responsable de l’élevage et des soins des célèbres Saint-Bernard. Auparavant, ces tâches étaient assurées depuis 300 ans par la Congrégation des chanoines de l’Hospice du Grand-St-Bernard.

Napoléon au col du Grand Saint-Bernard, mai 1800

D’ailleurs, une douzaine des chiens de la fondation séjournent encore au col du Grand St-Bernard de juin à octobre. Le musée du col explore non seulement cette tradition séculaire, mais aussi l’histoire des chanoines, de leur Hospice et l’importance du col du Grand-St-Bernard depuis l’époque romaine.

Le Musée de l’Hospice du Grand-Saint-Bernard

La Fondation Barry s’attache à perpétuer une tradition d’élevage vieille de plus de 300 ans. L’essentiel de son travail consiste à offrir à ces chiens une vie saine, spécifique à leur espèce et équilibrée.

Aujourd’hui, les chiens ne sont plus utilisés pour secourir des personnes en détresse sur le col du Grand-St-Bernard ou ailleurs, mais comme amis des humains, par exemple auprès des personnes âgées et des enfants.

En même temps, la fondation veut promouvoir la relation entre l’homme et l’animal en permettant au public de rencontrer ces animaux légendaires. Le parc à thème Barryland est donc un lieu de rencontre et d’échange entre les Saint-Bernard et les enfants, les adolescents et les adultes.

(Source et plus d’informations: Fondation Barry)

Impressions de Barryland

 

Impressions de la cérémonie d’ouverture 

 

De gauche à droite: Mélanie Glassey-Roth (Directrice de la Fondation Barry), Damian Constantin (Président de Valais/Wallis Promotion), Alain Dubois (Chef du Service de la culture du Valais), David Martinetti (Vice-Président de Martigny), Patricia Constantin (Présidente du Grand Conseil du canton du Valais), Jean-Maurice Tornay (Président du conseil de la Fondation Barry)

Image: Fondation Barry

La ville épiscopale de Sion, ses églises, ses châteaux et sa nature

Sion (canton de Valais) est l’un des sites archéologiques préhistoriques les plus importants d’Europe. Le bassin de la Sionne, le Rhône et les collines de Valeria et de Tourbillon ont été continuellement habités depuis la préhistoire.

À la fin du 1er siècle avant J.-C., Sion devient la capitale Sedunes, l’un des quatre peuples celtes du Valais. Les autres tribus étaient les Nantuates, les Verager et les Uberer.

L’église Saint-Théodule

Saint-Théodule 

Hans Bock l’Ancien (1550-1624), 1596, le triptychon sur la vie de Saint-Théodule 

Les Romains s’installèrent principalement dans le secteur de l’actuelle église Saint-Théodule et sur le versant ouest de la colline de Valeria. De grands thermes romains ont été découverts sous l’église. Ils ont été partiellement fouillés. Au milieu du IVème siècle, le christianisme était déjà la religion principale.

L’ancien centre de la ville

Le siège de l’évêque a été déplacé de Martigny à Sion à la fin du 6ème siècle. La première cathédrale date également de cette époque. La donation du comté du Valais à l’évêque de Sion par le roi de Bourgogne Rodolphe III (977-1032) en 999 faisait de la ville épiscopale la capitale du comté.

La cathédrale

Après 1032, le prince-évêque du Saint Empire romain germanique avait la juridiction et administrait le comté par un Meier (maior), en tant que juge, par un Viztum (vicedominus) en tant qu’administrateur et pas des Weibel (salterus)comme fonctionnaires.

Le château Majoria abrite le musée d’art du Valais aujourd’hui

Suite au déclin de l’ordre  féodal et aux concessions de l’évêque, les citoyens de Sion deviennent de plus en plus indépendants. Un document datant de 1217 peut être considéré comme le premier document de liberté de la ville et ses citoyens.

En 1338, l’évêque a reconnu les droits des citoyens par une « lettre de liberté » (Freiheitsbrief). En 1339, l’empereur du Saint Empire romain germanique Louis le Bavarois (1282-1347) accorda à la ville le statut de ville impériale (Limmédiateté impériale ou Reichsunmittelbarkeit) .

L’évêque ne pouvait plus ignorer l’accroissement de la richesse et du pouvoir des citoyens, comme dans la plupart des villes du Saint-Empire romain germanique. Sion était auss l’un des sept dizains du Haut-Valais et donc un acteur politique puissant.

Le musée d’histoire du Valais 

Au XIVème siècle, la ville épiscopale fut impliquée dans une lutte de pouvoir entre la Savoie et le Haut-Valais, l’affaire de Rarogne de 1414-1418. Pendant les guerres de Bourgogne (1474-1477), la Savoie conquiert à nouveau la ville en 1475. Mais le succès de la Savoie fut cependant de courte durée, car les dizains du Haut-Valais battirent les troupes savoyardes la même année et conquièrent Unterwallis. Les sept dizains  gouvernèrent alors la région comme un territoire sujet (Untertanengebiet) jusqu’en 1798.

La ville connut ensuite une période relativement paisible jusqu’en 1798. Même la Réforme n’a pas touché la ville, bien qu’il y ait eu une importante communauté de protestants au milieu du XVIème siècle. Les dizains du Haut-Valais ont cependant choisi pour l’ancienne foi.

Mais la période de la France révolutionnaire à partir de 1789 a conduit Valais et Sion au bord de la guerre civile. Les partisans des idéaux révolutionnaires français et les représentants de l’Ancien Régime se polarisèrent rapidement.

Après l’invasion française de 1798 et la fondation par Napoléon de la République helvétique (1798-1803), la situation resta instable. En 1799, le Haut-Valais entama même une rébellion armée et Sion, ville gouvernementale de la République helvétique, fut pillée.

La Salle du Grand Conseil, la 145e assemblée annuelle de la Société d’Histoire de l’Art en Suisse (SHAS) à  Sion le 14 juin 2025

Napoléon intervint en 1802 et déclarit le Valais République indépendante (c’est-à-dire ne faisant pas partie de la République helvétique, mais sous contrôle français).

Zinal, Val d’Anniviers, drapeau de la République helvétique, juin 2025

En 1810, l’apparence d’indépendance fut terminée et Napoléon annexit le Valais en tant que nouveau département du Simplon de l’Empire de France.

Le musée de la nature du Valais

Les troupes alliées mirent fin à l’ère française en 1813 et, en 1815, Sion devint le chef-lieu du nouveau canton du Valais. La paix n’est cependant pas revenue. Les partisans de l’Ancien Régime et les réformistes furent toujours aussi irréconciliablement opposés.

Cela aboutit à la bataille du pont de Triente en 1844, à l’affiliation du Sonderbund et à la guerre perdue en 1847.

Le siège du gouvernement

La nouvelle Constitution du canton du Valais est entrée en vigueur en janvier 1848, la nouvelle loi communale en 1851. Après plusieurs modifications de la Constitution, le projet d’une nouvelle Constitution pour le canton a été rejeté le 3 mars 2024 par les citoyens du canton.

Le gouvernement local a également subi plusieurs changements à partir de 1851 dans le cadre d’une démocratisation accrue. Aujourd’hui, la ville est majoritairement francophone.

 Sion et sa nature

Les collines de Valère et de Tourbillon sont inscrites dans l’inventaire fédéral des paysages d’importance nationale. Elle offre un refuge à une foule de plantes et de petits animaux parfois très rare.

Une grande partie de la colline est répertonée dans l’inventaire fédéral des paysages, sites et monuments naturels. Les pelouses steppiques renferment de nombreuses plantes d’origine méditerrranéenne ou orientale adaptées à la sécheresse.

L’intérêt faunistique principal de Valère réside dans la présence de nombreux insectes des milieux secs et des oiseaux particuliers.

Des pelouses steppiques, d’aspect jaunâtre et extrêment sèches, tapissent les flancs de la colline. Elles sont structurées par des affleurements rocheux de quartzites, des roches très anciennes. Des traces d’anciennes cultures sont encore observables sur les replats au sol plus profond.

(Source et plus d’informations: Commune de Sion; Sion, Dictionnaire historique de la Suisse)

Impressions de Sion

Le jardin du Couvent des Capucins

L’Hôtel de Ville

Le siège de la diète de la République des Sept Dizains 1698- 1702

Le Jardin de la Préfecture

La maison la plus ancienne de la ville

Maison du Diable

Maison de Riedmatten

Maison de Georges Supersaxo

la

La Sionne

Les bisses du Valais

La région de Viège, de Rarogne (Bietschtal), du Lötschberg (Steg-Hohtenn et Niedergesteln) et du Baltschiedertal est une zone sèche dans la vallée du Rhône.

Le climat sec et doux crée les conditions nécessaires à la viticulture, à l’agriculture et à l’élevage. Toutefois, l’irrigation est assurée artificiellement depuis des siècles par ce que l’on appelle des « bisses » (Suonen en allemand).

Les bisses sont des systèmes d’irrigation en bois ou en pierre qui conduisent l’eau de sa source (glaciers et ruisseaux) à travers les régions viticoles et agricoles. Jusqu’à l’apparition des méthodes d’irrigation modernes, le système de bisses s’étendait sur des milliers de kilomètres, (le paysage de bisses du Valais ) et était souvent construit dans des endroits difficiles d’accès, près des sources, des ruisseaux et au pied des glaciers.

L’eau des glaciers est riche en minéraux.  Il en résulte des terres agricoles et viticoles fertiles et une grande diversité de flore. Aujourd’hui, l’irrigation a été en grande partie reprise par des méthodes modernes telles que les canons à eau et autres systèmes d’arrosage. Cependant, quelque 2 000 kilomètres de bisses traditionnels sont encore utilisés pour irriguer le pays.

 

La plupart d’entre eux sont préservés par le canton du Valais en tant que patrimoine culturel. Plusieurs sentiers de randonnée suivent les traces des bisses dans des régions magnifiques.

Aujourd’hui, les bisses ont une fonction supplémentaire : la production d’énergie pour les maisons et les villages.

(Source et plus d’informations: Die Suonen und Bisses des Wallis)

Trichuris incognita et le Swiss Tropen- and Public Health-Institute

Le Musée d’histoire naturelle de Bâle (Naturhistorisches Museum Basel) s’installera en 2029 dans le quartier de St. Johann. Les préparatifs vont bon train pour accueillir les quelque 7 millions d’objets de sa collection dans le nouveau musee.

La Girafe déménage également, mais on ne sait pas encore si elle aura sa place dans le nouveau musée ou si elle devra se contenter d’une place dans le dépôt après un siècle de loyaux services au musée.

Les dernières acquisitions du musée déménagent aussi, notamment la découverte récente d’une nouvelle espèce de ver. Bien qu’un ver ne soit pas un sujet de conversation quotidien, environ 2 milliards de personnes dans le monde souffrent d’une forme ou d’une autre de maladie due aux vers.

Dans le corps humain, ce ne sont pas seulement des milliards de bactéries qui vivent, mais souvent des vers (indésirables). Les infections par les trichocéphales touchent environ 500 millions de personnes dans le monde, principalement des enfants vivant dans des pays à revenu faible ou intermédiaire. Ces infections, causées par le ver parasite Trichuris trichiura, peuvent entraîner des problèmes de santé importants.

Naturhistorisches Museum Basel, Max Bär de la Swiss TPH au 19 Juin 2025

Le Swiss Tropical- and Public Health-Institute (Swiss TPH) à  Allschwil en collaboration avec des partenaires en Côte d’Ivoire et à l’Université de Calgary (Canada), a découvert une nouvelle espèce parasitaire, nommée Trichuris incognita, dans le cadre de recherches menées sur la côte d’Ivoire.

Le 19 juin, le Swiss TPH a officiellement remis au Musée d’histoire naturelle de Bâle des spécimens mâles et femelles de Trichuris incognita, conservés dans de l’éthanol. Cette étape fait partie de la procédure formelle requise par le Code international de nomenclature zoologique pour enregistrer une nouvelle espèce.

Elle est désormais officiellement reconnue grâce au dépôt d’échantillons conservés au Musée d’histoire naturelle de Bâle, conformément aux protocoles internationaux de nomenclature scientifique.

Photos: © Max Bär/Swiss TPH

Cette découverte a des implications majeures pour le développement de médicaments et les outils diagnostiques, car cette espèce est visuellement indiscernable des trichocéphales déjà connus, tout en étant nettement moins sensible aux traitements standards.

Comme cette espèce est morphologiquement identique à Trichuris trichiura au microscope, les chercheurs ont d’abord suspecté une résistance aux médicaments.  L’analyse du génome a ensuite révélé que les patients étaient infectés par une autre espèce, inconnue jusqu’alors.

Cette avancée a été rendue possible grâce aux technologies de séquençage de nouvelle génération, qui ont permis aux chercheurs de reconstituer le génome complet du parasite. La découverte met également en lumière l’importance croissante de ces technologies dans la parasitologie et le diagnostic, car elles permettent de détecter des espèces.

Bien que la Suisse n’ait pas eu de colonies sous les tropiques, ses scientifiques (médicaux) n’en sont pas moins traditionnellement amateurs de voyages et curieux, en l’occurrence des maladies tropicales. Aujourd’hui, le TPH emploie 800 personnes et collabore avec 100 pays.

En effet, ce musée ne se limite pas à conserver des objets dans des réserves ou à les exposer dans des vitrines. Depuis sa fondation au XIXème siècle, il poursuit une mission scientifique et de recherche d’envergure.

Des plus minuscules insectes aux plus grands mammifères aujourd’hui disparus, il explore, étudie et transmet les connaissances sur la diversité du vivant et l’évolution du monde naturel.

Bien qu’un mâle et une femelle vers exposés soient prisonniers de l’eau et réduits au silence, nul doute qu’ils se sentiront chez eux dans leur abri et dès 2028, dans leur nouvelle demeure.

(Source et informations complémentaires: Swiss Tropical- and Public Health-Institute (Swiss TPH); Naturhistorisches Museum Basel)

Révision: Andrea Zollinger, rédactrice

Les Alpes dans une perspective naturelle

Les catastrophes dans la région alpine et en Suisse en particulier sont presque quotidiennement dans les nouvelles. Avalanches, glissements de terrain, fonte des glaciers,  pergélisol alternent avec des périodes trop sèches et trop humides. Il est depuis longtemps établi que le climat change et cela a des répercussions sur de nombreux domaines pour l’humanité.

Les causes et conséquences à grande échelle ne sont pas abordées ici ; l’accent est mis sur une perspective de développement structurel qui dépasse largement la brève existence humaine, s’inscrivant dans des échelles de temps de plusieurs milliers, voire dizaines de milliers ou millions d’années.

Moiry Glacier

Le Gornergletscher

L’humanité a réussi en relativement peu de temps, disons en10 000 ans depuis la fin de la dernière période glaciaire, à utiliser presque toute la région alpine suisse pour le tourisme, l’agriculture, les zones résidentielles, l’industrie, les routes et les chemins de fer, les tunnels et les hôtels et restaurants jusqu’à une altitude de 3 883 mètres.

Ces réalisations (technologiques) grandioses ont pris un essor considérable surtout depuis le milieu du XIXème siècle. Cependant, pour la nature, 10 000 ans ne représentent même pas une seconde à l’échelle de l’histoire de la Terre de plus de 4 milliards d’années.

Matterhorn Glacier Paradise

Pour concrétiser cette histoire : il y a environ 100 millions d’années, le territoire qui correspond aujourd’hui à la Suisse était encore englouti sous les eaux d’un vaste océan, la Téthys. Pendant des millions d’années, des sédiments marins se sont lentement déposés sur le fond, formant peu à peu une mosaïque de roches différentes.

Il y a environ 30 millions d’années, cet océan a progressivement disparu laissant place à un autre processus: les plaques continentales d’Afrique et d’Europe sont entrées en collision et, dans un long processus, elles ont permis aux Alpes d’émerger il y a environ 20 millions d’années.

Depuis lors, la Terre a toujours connu de grands changements climatiques. Il y a environ 100 000 ans, la dernière grande période glaciaire a commencé. De grands glaciers couvraient presque toute la Suisse, seuls les plus hauts sommets, dont le Cervin, en émergeaient à peine. Le Cervin doit sa forme pyramidale à ces glaciers qui ont poli les roches pendant des dizaines de milliers d’années.

Près de 90 000 ans plus tard, ces glaciers avaient en grande partie fondu et ce n’est qu’entre 1500 et 1800, pendant le petit âge glaciaire, qu’ils ont de nouveau atteint une plus grande extension. Avant l’époque romaine et jusqu’à la fin du Moyen Âge, les glaciers n’existaient qu’au-dessus de 3 500-4 000 mètres.

Gletschertöpfe, Gletschergarten Dossen (Zermatt)

Il est un fait que les changements se produisent beaucoup plus rapidement de nos jours et que l’homme y joue un rôle. Depuis 1800, la population de la Suisse (et du monde) a très rapidement augmenté, tout comme l’utilisation des régions alpines. Jusqu’à l’industrialisation au XXème siècle, les impacts dans la région alpine étaient relativement faibles. Depuis 1900, l’utilisation et la colonisation sont devenues de plus en plus intensives.

Ainsi, des phénomènes naturels sont devenus, au fil du temps, des tragédies humaines de plus en plus fréquentes. Mais qui, aujourd’hui, peut encore témoigner de l’éboulement de Flims (Flimser Felzsturz), survenu il y a environ 10 000 ans ? Du tsunami sur le Léman provoqué par l’effondrement du Tauredunum en 563 après J.-C. ? Du séisme de Bâle en 1356, ou des multiples catastrophes survenues à Vals (die Lawinechronik), dans les Grisons ? Seule la nature en garde la mémoire, elle seule traverse les siècles intemporellement.

Quiconque visite le Gornergrat (3 089 m), le Jungfraujoch (3 463 m), le Matterhorn Glacier Paradise (3 883 m) ou l’Aiguille du Midi (3 842 m) profite du moment, de la vue, du panorama et des randonnées.

Il est cependant aussi utile de visiter les salles d’information et les musées. Ils offrent non seulement des aperçus des prouesses technologiques, mais mettent surtout la nature au centre.

Le Trockener Steg

Le Gornergrat

Conclusion

Cette prise de conscience est importante non seulement pour la perspective et le contexte du développement de la Terre mais aussi des Alpes en particulier. Elle montre que la nature et donc la Terre sont constamment en mouvement et le resteront. La question est alors de savoir comment l’humanité y fait face.

En fait, les Alpes sont aujourd’hui un grand musée d’histoire naturelle en plein air, partiellement reconnu par l’UNESCO comme patrimoine mondial. Le jardin des glaciers Dossen  près de Zermatt ou le jardin des glaciers à Lucerne, les pentes et les glaciers du Gornergrat ou du Cervin n’ont pas ce statut, mais ce n’est qu’une mesure prise à l’échelle humaine.

Cela ne diminue en rien la grandeur de la nature. Un proverbe néerlandais dit : «La mer donne et la mer reprend.» Il en va de même pour les Alpes : la montagne donne, la montagne reprend.

 Révision: Andrea Zollinger, rédactrice

Impressionen du Gletschergarten Zermatt

   

Le Gornergrat

La chapelle Bernard d’Aost

Le Alpine Garden