Übergabe des Wurms. Dr. Christian Kropf, Leiter Biowissenschaften, Naturhistorisches Museum Basel; Max Bär, Projektmitarbeiter Swiss TPH, Prof. Dr. Jennifer Keiser, Leiterin der Einheit «Helminth Drug Development», Swiss TPH. Photo/Foto: TES

Trichuris incognita et le Swiss Tropen- and Public Health-Institute

Le Musée d’histoire naturelle de Bâle (Naturhistorisches Museum Basel) s’installera en 2029 dans le quartier de St. Johann. Les préparatifs vont bon train pour accueillir les quelque 7 millions d’objets de sa collection dans le nouveau musee.

La Girafe déménage également, mais on ne sait pas encore si elle aura sa place dans le nouveau musée ou si elle devra se contenter d’une place dans le dépôt après un siècle de loyaux services au musée.

Les dernières acquisitions du musée déménagent aussi, notamment la découverte récente d’une nouvelle espèce de ver. Bien qu’un ver ne soit pas un sujet de conversation quotidien, environ 2 milliards de personnes dans le monde souffrent d’une forme ou d’une autre de maladie due aux vers.

Dans le corps humain, ce ne sont pas seulement des milliards de bactéries qui vivent, mais souvent des vers (indésirables). Les infections par les trichocéphales touchent environ 500 millions de personnes dans le monde, principalement des enfants vivant dans des pays à revenu faible ou intermédiaire. Ces infections, causées par le ver parasite Trichuris trichiura, peuvent entraîner des problèmes de santé importants.

Naturhistorisches Museum Basel, Max Bär de la Swiss TPH au 19 Juin 2025

Le Swiss Tropical- and Public Health-Institute (Swiss TPH) à  Allschwil en collaboration avec des partenaires en Côte d’Ivoire et à l’Université de Calgary (Canada), a découvert une nouvelle espèce parasitaire, nommée Trichuris incognita, dans le cadre de recherches menées sur la côte d’Ivoire.

Le 19 juin, le Swiss TPH a officiellement remis au Musée d’histoire naturelle de Bâle des spécimens mâles et femelles de Trichuris incognita, conservés dans de l’éthanol. Cette étape fait partie de la procédure formelle requise par le Code international de nomenclature zoologique pour enregistrer une nouvelle espèce.

Elle est désormais officiellement reconnue grâce au dépôt d’échantillons conservés au Musée d’histoire naturelle de Bâle, conformément aux protocoles internationaux de nomenclature scientifique.

Photos: © Max Bär/Swiss TPH

Cette découverte a des implications majeures pour le développement de médicaments et les outils diagnostiques, car cette espèce est visuellement indiscernable des trichocéphales déjà connus, tout en étant nettement moins sensible aux traitements standards.

Comme cette espèce est morphologiquement identique à Trichuris trichiura au microscope, les chercheurs ont d’abord suspecté une résistance aux médicaments.  L’analyse du génome a ensuite révélé que les patients étaient infectés par une autre espèce, inconnue jusqu’alors.

Cette avancée a été rendue possible grâce aux technologies de séquençage de nouvelle génération, qui ont permis aux chercheurs de reconstituer le génome complet du parasite. La découverte met également en lumière l’importance croissante de ces technologies dans la parasitologie et le diagnostic, car elles permettent de détecter des espèces.

Bien que la Suisse n’ait pas eu de colonies sous les tropiques, ses scientifiques (médicaux) n’en sont pas moins traditionnellement amateurs de voyages et curieux, en l’occurrence des maladies tropicales. Aujourd’hui, le TPH emploie 800 personnes et collabore avec 100 pays.

En effet, ce musée ne se limite pas à conserver des objets dans des réserves ou à les exposer dans des vitrines. Depuis sa fondation au XIXème siècle, il poursuit une mission scientifique et de recherche d’envergure.

Des plus minuscules insectes aux plus grands mammifères aujourd’hui disparus, il explore, étudie et transmet les connaissances sur la diversité du vivant et l’évolution du monde naturel.

Bien qu’un mâle et une femelle vers exposés soient prisonniers de l’eau et réduits au silence, nul doute qu’ils se sentiront chez eux dans leur abri et dès 2028, dans leur nouvelle demeure.

(Source et informations complémentaires: Swiss Tropical- and Public Health-Institute (Swiss TPH); Naturhistorisches Museum Basel)

Révision: Andrea Zollinger, rédactrice