Sierre, Muzot et Rainer Maria Rilke

La ville de Sierre (Siders en allemand), située dans le canton du Valais et majoritairement francophone, conserve les empreintes de nombreuses civilisations depuis la préhistoire. Des chasseurs nomades aux premiers agriculteurs, des Ligures aux Celtes, des Romains aux Alémani, puis aux Francs, chaque époque a laissé sa marque.

S’y sont ensuite succédé l’essor du christianisme, l’intégration dans le Saint-Empire romain germanique, la République des Sept Dizains et, enfin, en 1815, son rattachement au canton du Valais à la Confédération suisse.

Comme petite sœur de la ville épiscopale de Sion (Sitten) et le long de la route commerciale vers et depuis l’Italie, elle a connu de grands conflits, une réforme protestante (ratée) au XVIème siècle et des activités commerciales au fil des siècles.

L’essor du tourisme a attiré non seulement les sportifs et les amoureux de la nature, mais aussi des artistes de premier plan. Rainer Maria Rilke (1875-1926) fut l’un des résidents les plus en vue à partir de 1921.

Le château de Muzot

Le musée de la Fondation Rilke retrace sa vie et son séjour à l’aide de documents, de photographies, d’autres illustrations et de récits. Sa résidence, un petit manoir, le château de Muzot, est toujours là, bien qu’il ne soit pas ouvert au public.

Bien que la région ait connu une densification marquée de son bâti au cours des cent dernières années, il n’est pas surprenant que ce grand poète ait choisi de s’y installer. Sa dernière demeure se trouve à Rarogne.

(Source et plus d’informations: Sandra Richter, Rainer Maria Rilke oder das offene Leben. Eine Biographie (Berlin, 2025); Ville de Sierre)

 Révision: Andrea Zollinger, rédactrice

Impressions de Sierre

Lac de Géronde

Le petit Lac

 

 

L’ église et le château de Venthône

Le remarquable monastère des Capucins à Sion

Selon un rapport récent des Nations Unies, la Suisse figure toujours parmi les pays les plus innovants sur le plan économique. Cela vaut également pour l’architecture et le design. Plusieurs musées, tels que le Vitra Design Museum à Weil am Rhein, le Museum für Gestaltung à Zurich ou la Plateforme 10 à Lausanne, en sont de bons exemples.

L’architecture et le design religieux suivent la même tendance. L’église Saint-Nicolas à Hérémence, l’église Saint-Antoine à Bâle ou le monastère des Capucins à Sion (canton du Valais) en témoignent, mais cet esprit novateur ne reflète pas nécessairement un renouveau spirituel au sein de l’Église catholique.

Le cloître, en rose l’ancienne maison de retraite et des malades

     

Peinture de Hans Ludolff, vers 1653, le monastère à gauche

Le monastère des Capucins a été fondé en 1643, en partie en réaction à la Réforme qui a également touché le Valais jusqu’en 1603. En 1603, les sept Dizains ont cependant définitivement opté pour l’ancienne foi lors de la Diète du Valais.

Le monastère a rapidement acquis une bonne réputation dans les domaines de l’éducation et des soins aux malades. La philosophie et la théologie étaient particulièrement connues dans la région et ce, jusqu’au XXème siècle.

La communauté monastique florissante a décidé dans les années 1920 et 1930 de moderniser et d’agrandir le complexe. Les premières rénovations de l’architecte Alphonse de Kalbermatten (1870-1960) datent de cette période.

L’ancien mur et les nouvelles décorations

Cependant, le tremblement de terre de 1946 a nécessité des réparations supplémentaires par, entre autres, Fernand Dumas (1892-1956).

L’intervention la plus remarquable a eu lieu entre 1962 et 1968, ironiquement quelques décennies avant la reprise du monastère par Sion. Aujourd’hui, il est géré par la commune.

Cela n’enlève rien à la créativité, aux innovations et à la capacité financière des Capucins. L’architecte vénitien Mirco Ravanne (1928-1991) a donné une interprétation originale à la rénovation du monastère.

L’ancienne construction a été largement préservée, mais avec l’ajout de matériaux modernes et surtout de magnifiques œuvres d’art contemporaines (Gesamtkunstwerk selon les mots de l’architecte et du père-gardien Darmien Mayoraz (1911-1980).

Le jardin du monastère

Kengiro Azuma (1926-2016), Alberto Buri (1915-1995), Ángel Duarte (1930-2007), Marcel Feuillat (1896-1962), Jacques le Chevalier (1986-1987), Manfredo Massironi (1937-2011), Paul Monnier (1907-1982), Bernhard Mühlematter (1931-2001), François Ribas (1903-1979), Remo Rossi (1909-1982), Gino Severini (1883-1966) et Antoni Tapiès (1923-2012) ont apporté une contribution intemporelle au cloître, au jardin, au réfectoire, aux couloirs, aux salles de lecture et d’étude avec leurs œuvres d’art.

Ces artistes ont légué à l’ancien monastère une collection d’objets d’art unique en son genre. L’architecture de Ravanne, inspirée notamment par Le Corbusier (1887–1965), confère à ces œuvres un cadre où l’espace, le respect et la contemplation prennent tout leur sens.

Au-delà de la mise en valeur artistique, elle fait également écho à la vocation originelle du lieu — religieuse, sociale et éducative — en lui insufflant une nouvelle forme de sacralité contemporaine. Depuis 2014, la ville épiscopale de Sion possède un nouveau monument d’importance nationale.

(Bron: P. Cagna, P. Varone, R, Salvi, C. Schmid, F. Vannotti (Red.), Le Couvent des Capucins, Sion, 2017)

Gino Severini; les vitraux de Jacques le Chevalier

Antoni Tapiès et le traumatisme de la guerre civile espagnole (1936-1939) représenté par un bombardier

Kengiro Azuma

Belle van Zuylen ou Isabelle de Charrière aux Pays-Bas et en Suisse

Isabelle de Charrière (1740-1805) est connue à l’étranger, notamment aux Pays-Bas , sous le nom de Belle van Zuylen. Son lieu de naissance, ou plutôt son château natal, était Slot Zuylen dans le village de Zuilen, aujourd’hui Oud-Zuilen dans la commune de Stichtse Vecht (province d’Utrecht).

Comme son nom l’indique, le château est situé sur le Vecht et ses origines remontent au XIIème siècle. À l’époque de Belle, cette rivière était une voie commerciale importante entre Utrecht, Amsterdam et la Zuiderzee.

La Vecht

À l’origine, il s’agissait d’une motte, c’est-à-dire d’une tour fortifiée. Située stratégiquement sur la rivière Vecht, dans le puissant évêché d’Utrecht, sa position constituait une source de revenus non négligeable grâce aux péages qu’elle permettait de percevoir.

Au fil des siècles, l’endroit a été continuellement agrandi et adapté à de nouvelles utilisations, à des usages résidentiels avec des styles artistiques différents. La dernière grande rénovation a eu lieu au XIXème siècle.

Belle était la fille de Diederik Jacob Tuyll van Serooskerken (1707-1776) et de Jacoba Helena de Vicq (1724-1768). Elle a épousé Charles-Emmanuel de Charrière de Penthaz (1735-1808) en 1771, vivant au manoir Le Pontet à Colombier, dans la principauté prussienne francophone de Neuchâtel. Belle s’installe à Colombier et se fait désormais appeler Isabelle de Charrière.

Il était courant à l’époque (jusqu’au XXème siècle) que l’aristocratie européenne soit bilingue (ou trilingue) : la langue maternelle, le français et parfois le latin. Belle laisse un formidable héritage littéraire : correspondance, littérature, pièces de théâtre et de nombreux autres écrits, tous en français.

La chambre d’écriture d’Isabelle au château Zuylen

Des Pays-Bas à la Suisse, et notamment dans le canton de Neuchâtel, l’héritage littéraire d’Isabelle de Charrière est profondément chéri et célébré. Les Pays-Bas possèdent le musée de Slot Zuylen et le Genootschap Belle van Zuylen / Isabelle de Charrière. L’université de Neuchâtel a mis en place un projet Isabelle de Charrière.

L’œuvre littéraire complète d’Isabelle au château Zuylen

La Bibliothèque publique et universitaire de Neuchâtel possède environ 1 530 lettres sur un total de plus de 2’500 lettres conservées. La plupart des autres lettres se trouvent en Suisse, les autres dans quelques pays européens et aux États-Unis.

Un article détaillé sur la vie d’Isabelle en Suisse et à Colombier sera publié dans la Nouvelle Revue neuchâteloise en septembre prochain. Le Swiss Spectator, pour sa part, consacre un article à sa vie au château Zuylen et aux Pays-Bas.

Ainsi, la vie néerlandaise et la vie suisse de cette femme emblématique de l’époque des Lumières se complètent. Belle van Zuylen, plus connue sous le nom d’Isabelle de Charrière, incarne à elle seule l’esprit de son époque.

La Suisse, avec ses nombreux visiteurs anglais, russes, allemands, italiens et français, immigrés ou réfugiés, ses sociétés, ses réseaux d’exportation et ses industries naissantes à cette époque, est surtout un foyer des Lumières injustement oublié.

Lord Byron, Edward Gibbon, Wolfgang von Goethe, Madame de Staël, Jean-Jacques Rousseau et Voltaire ne sont que quelques noms marquants des XVIIIème et XIXème siècles. Bâle a joué le rôle de centre intellectuel, humaniste, devenant le berceau de l’imprimerie et de l’édition aux XVème et XVIème siècles.

Literature: K. Verboeket, Slot Zuylen, Oud-Zuilen, Amsterdam, 2003; K. van Strien, Belle van Zuylen. Een leven in Holland, Soesterberg, 2019; J. Bujard et autres, ‘Le Manoir du Pontet à Colombier’, dans la Nouvelle Revue neuchâteloise, Hiver 2002, n° 76.

 Révision: Andrea Zollinger, rédactrice

Impressions du château Zuylen

L’église du château Zuylen

Le musée Slot Zuylen

Le monde de l’or blanc suisse et des Salines suisses

La Suisse dispose de peu de ressources naturelles : elle ne possède ni charbon, ni pétrole, ni métaux rares en quantité significative dans son sous-sol. En revanche, la Suisse bénéficie de ressources suffisantes en matériaux de construction, notamment divers types de pierre, du bois, de l’« énergie blanche », ainsi que des éléments nécessaires à la production de ciment et de béton, des exemples bien connus et largement exploités.

Beaucoup moins connu est le sel, appelé depuis des siècles « or blanc ». Le sel est indispensable, non seulement pour conserver et préparer les aliments, mais aussi pour la production de fromage et la nourriture des animaux.

Image: Saline Schweizerhalle

Jusqu’au XVème siècle, la Confédération devait importer du sel de France et d’Autriche (Salzbourg). Schaffhausen était pendant des siècles un important lieu de transbordement pour ce sel autrichien.

Saline de Bex

Lorsque l’on observe des moutons, le sel n’est sans doute pas la première chose qui vient à l’esprit. Et pourtant, au XVème siècle, ce sont eux qui révélèrent l’existence des gisements salins de ce qui deviendra la Saline de Bex, dans le canton de Vaud.

Leur berger, intrigué par leur attirance répétée pour une source, découvrit que l’eau y était exceptionnellement salée. Ce sel tient son origine d’une époque lointaine : il provient des vastes océans qui recouvraient la région il y a environ 200 millions d’années.

Image: Saline de Bex

Ensuite, à partir de 1554, l’extraction du sel commença à la Saline de Bex. Cette histoire est non seulement largement traitée dans le musée actuel en plein air et souterrain, mais elle peut également être vécue. Aujourd’hui, la mine produit encore environ 30 tonnes de sel par an, en partie de manière artisanale, en partie avec les techniques les plus modernes.

Au fil des siècles, on creusa environ 52 kilomètres de galeries. Même au cœur de cette mine, le train est au rendez-vous, comme il se doit en Suisse (presque) toujours ponctuel. Il parcourt plusieurs kilomètres à travers un dédale de couloirs, de galeries souterraines et de salles d’exposition, offrant une visite aussi insolite que typiquement helvétique.

Le sel est non seulement indispensable pour les moutons, mais aussi pour les humains. Il n’est donc pas surprenant que Bex, dans le pays des sources minérales et des stations thermales, soit rapidement devenu Bex les Bains.

Bex

Aujourd’hui, les mines de sel de Bex sont un énorme labyrinthe souterrain, dont quelques kilomètres sont accessibles aux visiteurs. Le labyrinthe compte 15 salles ou galeries sur deux étages, où le monde du sel est expliqué en mots et en images.

En raison de la température permanente de 18 degrés Celsius, il est également bon pour la maturation du fromage, la conservation du vin et quel meilleur endroit pour une saucisse que dans une mine de sel?

 

Saline Schweizerhalle et Saline Riburg

Jusqu’en 1837, Bex avait le monopole de l’extraction du sel en Suisse. Cependant, la production n’était pas suffisante pour tout le pays. En 1837, l’extraction du sel commença également à la Saline Schweizerhalle près de Pratteln (canton de Bâle-Campagne) et en 1848 à la Saline Riburg (canton d’Argovie).

Saline Schweizerhalle

L’installation de Riburg dispose de l’un des plus grands évaporateurs d’Europe. Le hall de stockage de sel Saldome 2 est la plus grande construction en bois en forme de dôme de Suisse.

L’exploitation de ces mines de sel est techniquement plus simple et moins coûteuse qu’à Bex. Aujourd’hui, les Saline Schweizerhalle et Saline Riburg produisent 620 000 tonnes de sel par an.

Saline Riburg

Environ la moitié de cette production est destinée au déneigement et au déglaçage des routes. L’utilisation domestique, l’industrie (alimentaire), les médicaments, les produits de nettoyage sont d’autres applications.

Applications du sel de déneigement et le réseau routier suisse. Image: Saline Schweizerhalle

Schweizer Salinen/ Salines Suisses

Depuis 2014, ces trois mines de sel sont réunies dans les Salines suisses. Les actionnaires en sont les 26 cantons et le Liechtenstein. L’objectif principal est de garantir l’approvisionnement en sel de la Suisse, ce qui n’est pas un luxe superflu en période d’incertitude. Ces trois mines couvrent en tout cas l’approvisionnement en sel du pays.

Saline de Bex et les drapeaux des trois cantons des Salines suisses.

 Conclusion

Ce concept soulève l’interrogation suivante : l’Union européenne sera-t-elle prête à tolérer ce monopole dans le cadre de futures négociations, alors même qu’elle pourrait peser sur les orientations des CFF.

Le sel ne s’en souciera pas. La nature a toute ou aucune compréhension du temps. Les trois mines de sel suisses sont accessibles au public et montrent de manière impressionnante le monde de l’« or blanc ».

Révision: Andrea Zollinger, rédactrice

L’or blanc en tant que molécule et en pierre. Image : Saline Schweizerhalle

Impressions de la Saline de Bex

   

Impressions de la Saline Schweizerhalle

Impressions de la Saline de Riburg

Le lac Souterrain de St-Léonard

Non seulement l’homme construit des tunnels. La nature sait aussi le faire, par exemple à Saint-Léonard (canton du Valais), Vallorbe (canton de Vaud) ou Baar (canton de Zoug).

Saint-Léonard est même le site du plus grand lac souterrain d’Europe, le lac souterrain de Saint-Léonard. Ce lac de 300 mètres de long, 20 à 30 mètres de large et de plusieurs mètres de profondeur se trouve à environ 60 mètres sous les montagnes et s’est formé au cours de milliers d’années.

L’eau des sources, la fonte des neiges et des glaces ainsi que l’eau de pluie ont déplacé la roche tendre du gypse. Les autres types de roches (marbre, schiste et anhydrite) forment aujourd’hui le décor.

Au début, il y avait de nombreuses salles séparées, mais peu à peu, le lac souterrain actuel s’est formé. Les habitants et les spécialistes connaissaient ce lac depuis longtemps, mais comme l’eau atteignait le plafond de la grotte, aucune étude n’a pu être réalisée pendant longtemps.

Leur bateau de recherche est aujourd’hui une pièce de musée.

Deux spéléologues ont examiné et documenté le lac pour la première fois en 1943. La percée n’a cependant été réalisée qu’à la suite du tremblement de terre de 1946 : il a provoqué des fissures dans les parois, permettant à l’eau de s’écouler jusqu’au niveau actuel.

La scène pour les artistes

Avec un verre de vin du lac souterrain de St-Léonard

 Le lac est navigable en bateau, des représentations musicales y ont même lieu, et le vin prospère également grâce à la température constante de 15 degrés Celsius.

Même les premiers stalactites ont commencé à se former après 1946. Jusqu’alors, il n’y avait ni air ni oxygène, seulement de l’eau. Cela montre aussi combien de temps il faut aux stalactites pour atteindre le niveau de Vallorbe ou de Baar.

Ce qui est valable pour le sel à Bex, l’est aussi à Saint-Léonard : la nature ne connaît pas le temps ou prend son temps.

Révision: Andrea Zollinger, rédactrice

St. Léonard

Programme de traduction pour la langue romanche

La Lia Rumantscha a établi une collaboration à long terme avec la linguistique informatique de l’Université de Zurich. Le premier projet de cette coopération est le développement d’un programme de traduction qui prend en charge les cinq idiomes romanches, le Rumantsch Grischun et l’allemand.

En mars de cette année, la Lia Rumantscha a publié sa stratégie de transformation numérique. L’objectif de cette stratégie est de rendre le romanche plus visible dans l’espace numérique et ainsi de faciliter l’utilisation de la langue dans la vie quotidienne.

Le programme de traduction doit être opérationnel un an après le début du projet. L’objectif est que le logiciel de traduction soit librement accessible à toute la communauté romanche et à d’autres personnes intéressées, et également disponible pour une utilisation professionnelle via des interfaces (API). Radiotelevisiun Svizra Rumantscha (RTR) soutient le projet avec son savoir-faire, ses textes et ses contributions.

Les projets de la stratégie de transformation numérique sont coordonnés selon la gouvernance entre les institutions Radiotelevisiun Svizra Rumantscha, Fundaziun Medias Rumantschas, Dicziunari Rumantsch Grischun et la Lia Rumantscha.

(Source et plus d’informations: Lia Rumantscha; Radiotelevisiun Svizra Rumantscha)

L’interdiction des voitures dans les Grisons 1900-1925

Outre sa belle nature, la Suisse possède de nombreuses particularités historiques, politiques et culturelles. L’ancienne interdiction de circuler en voiture dans les Grisons entre 1900 et 1925 en est toutefois une très particulière.

Le canton des Grisons comptait environ 135 voitures de tourisme en décembre 1925, 24000 voitures de tourisme en 1967 et 115000 voitures de tourisme en 2020 (le canton compte aujourd’hui environ 200 000 habitants).

Le faible nombre en 1925 était dû à l’interdiction des voitures entre 1900 et 1925. Le trafic motorisé, le « monster luxus » ou le « dubius vehichels », était interdit. Les touristes venaient soit en train, soit devaient laisser leur voiture aux frontières du canton et continuer en calèche. Il arrivait même que la voiture soit tirée par des chevaux.

Cela n’était pas bon pour le tourisme et le développement économique. Lors des dix votations populaires qui eurent lieu à cette époque (1900-1925), les émotions bouillonnèrent.

Les opposants considéraient l’automobile comme une menace pour la voiture traditionnelle, le commerce de chevaux, le transport de marchandises par bêtes de somme et comme une concurrence pour les chemins de fer nouvellement construits. Les partisans voyaient surtout les avantages économiques.

Dans tous les cas, les opposants ont eu le dessus lors de cinq votations populaires jusqu’en 1918. Cinq autres référendums ont suivi entre 1918 et 1925. Cent ans plus tard, la réduction du trafic automobile et de transit est à nouveau au centre des préoccupations.

(Source: Felici Maissen, Der Kampf ums Automobil in Graubünden, Automobilklub der Schweiz, Sektion Graubünden, 1968).

L’ancienne ville épiscopale de Loèche, la Pfynwald et le parc naturel Pfyn-Finges

Loèche, Susten, Erschmatt (canton du Valais) et quelques hameaux forment la commune de Loèche, qui compte environ 4000 habitants.

La ville de Loèche était l’une des sept Zenden ou Zehnden/Dizains ou communes qui ont gouverné le Haut-Valais pendant des siècles avec le Bas-Valais comme territoire soumis. La commune se trouvait à la frontière entre le Haut-Valais et le Bas-Valais, le Valais francophone et le Valais germanophone.

Ce n’est qu’en 1798 que cette situation prit fin avec l’invasion française et la création de la République helvétique (1798-1803) et des confédérations successives (1803-1813, 1815-1848 et 1848 jusqu’à aujourd’hui).

La ville de Loèche se trouve à plus de 700 mètres d’altitude, au milieu de vignobles, de formations rocheuses et d’un paysage de steppe sèche, avec pas moins de 3500 heures d’ensoleillement par an. La ville offre une vue imprenable sur la vallée du Rhône et le parc naturel de Pfyn-Finges.

Cette ville médiévale historique abrite plusieurs monuments, des mazots, l’hôtel de ville, le château de l’évêque, l’église Saint-Étienne de style gothique tardif (1497) et sa tour romane des XIème et XIIème siècles avec son Beinhaus (maison des os), la chapelle Ringacker de style baroque tardif et d’autres bâtiments d’architecture médiévale et de la Renaissance.

Lower Susten (650 mètres) se trouve à la limite de la réserve naturelle de Pfynwald et du parc naturel de Pfyn-Finges.

 

L’église supérieure St Theresia domine le paysage urbain. Le village apparaît dans un document dès 1302 sous le nom de « Sust ».

(Source et plus d’informations: www.leuk.ch)

Douze points pour Bâle et la Confédération, unis par la musique

A Bâle, un événement musical est à peine terminé qu’un autre se profile déjà à l’horizon. Le Concours Eurovision de la Chanson (10-17 mai) cède la place au Festival Européen des Chœurs de Jeunes du 28 mai au 1er juin.

Le slogan de l’ESC, « United by Music » (Unis par la Musique), a résonné au-delà des scènes et des écrans. Les médias ont largement couvert cet événement, mais c’est dans la rue, loin des projecteurs, que ce slogan a véritablement pris tout son sens.

En premier lieu, les forces de police des cantons, du Liechtenstein, du Bade (Allemagne) et de l’Alsace étaient « Unis par la Musique ». Police, Gendarmerie, Police, Polizia dans les rues de Bâle, qui aurait pensé cela dans le pays de l’esprit « Kantonli »!

C’est aussi une partie du système de milice qui s’est impliquée, comme ce fut le cas par exemple lors du « camp fédéral (Bundeslager) pour les scouts », de la « Fête des Vignerons », du concours de « Schwingen » ou le Basler Tattoo.

En marge, des centaines d’artistes ont également été « Unis par la Musique » dans la ville, se produisant sur des scènes spécialement aménagées ou dans d’autres lieux pour le plus grand plaisir des enfants et des adultes.

Des centaines de bénévoles étaient « Unis par la Musique » et ont également rendu possible cet événement accessible, amical et organisé de manière originale sur le plan musical. Ils sont peut-être candidats pour le Schappo 2026 !

Ce que l’ESC a surtout montré, c’est la manière discrète dont non seulement Bâle, mais tout le pays, gère de tels événements. Pas d’hystérie, de battage médiatique ou de tapage exagéré. Non seulement les mesures de police et de sécurité méritent une attention positive, mais aussi l’attitude et la conduite des nombreux visiteurs.

Les Festins du Vendredi du 16 mai dernier

Depuis 2020, par exemple, tous les troisièmes vendredis du mois au centre communautaire Bachletten/Holbein à Bâle, des événements organisés par Alain Moirandat ont lieu. Il combine un court concert avec un dîner basé sur la musique interprétée : « Les Festins du Vendredi ».

Les musiciens sont généralement issus de la Schola Cantorum Basilienis et les concerts et dîners sont axés sur la musique et les menus antérieurs à 1800, avec quelques incursions dans le XXème siècle.

Jean-Sébastien Bach a ainsi déjà rencontré le « Leipzig Cookery Book » de Susanne Eger en 1745, la musique italienne du début du baroque de Mealli a été combinée avec des plats d’un banquet pour la reine Christine de Suède, et le « Accomplished Cook » de Robert May en 1685 a fourni les recettes pour la musique de Dowland, Gibbons et Simpson.

Cela confirme également la tradition musicale séculaire au niveau local et cantonal du pays. Outre divers bâtiments de concert de classe mondiale (par exemple à Lucerne, La Chaux-de-Fonds ou Genève), de nombreux événements musicaux de premier plan (par exemple à Gstaad, Montreux, Bâle, Tschlin ou St. Moritz), c’est surtout la base musicale qui stimule la création.

De nombreux petits et grands concerts, des festivals ont lieu quotidiennement dans tous les coins du pays et dans les endroits les plus divers. Le pays vit réellement le slogan « Unis par la Musique » et cela seul rend l’ESC inoubliable et mémorable.

Révision: Andrea Zollinger, rédactrice

Impressions du Concours Eurovision de la Chanson

  

 

Lanterne sur l’ESC, Fasnacht 2025