La Suisse dispose de peu de ressources naturelles : elle ne possède ni charbon, ni pétrole, ni métaux rares en quantité significative dans son sous-sol. En revanche, la Suisse bénéficie de ressources suffisantes en matériaux de construction, notamment divers types de pierre, du bois, de l’« énergie blanche », ainsi que des éléments nécessaires à la production de ciment et de béton, des exemples bien connus et largement exploités.

Beaucoup moins connu est le sel, appelé depuis des siècles « or blanc ». Le sel est indispensable, non seulement pour conserver et préparer les aliments, mais aussi pour la production de fromage et la nourriture des animaux.

Image: Saline Schweizerhalle
Jusqu’au XVème siècle, la Confédération devait importer du sel de France et d’Autriche (Salzbourg). Schaffhausen était pendant des siècles un important lieu de transbordement pour ce sel autrichien.

Saline de Bex
Lorsque l’on observe des moutons, le sel n’est sans doute pas la première chose qui vient à l’esprit. Et pourtant, au XVème siècle, ce sont eux qui révélèrent l’existence des gisements salins de ce qui deviendra la Saline de Bex, dans le canton de Vaud.
Leur berger, intrigué par leur attirance répétée pour une source, découvrit que l’eau y était exceptionnellement salée. Ce sel tient son origine d’une époque lointaine : il provient des vastes océans qui recouvraient la région il y a environ 200 millions d’années.

Image: Saline de Bex
Ensuite, à partir de 1554, l’extraction du sel commença à la Saline de Bex. Cette histoire est non seulement largement traitée dans le musée actuel en plein air et souterrain, mais elle peut également être vécue. Aujourd’hui, la mine produit encore environ 30 tonnes de sel par an, en partie de manière artisanale, en partie avec les techniques les plus modernes.

Au fil des siècles, on creusa environ 52 kilomètres de galeries. Même au cœur de cette mine, le train est au rendez-vous, comme il se doit en Suisse (presque) toujours ponctuel. Il parcourt plusieurs kilomètres à travers un dédale de couloirs, de galeries souterraines et de salles d’exposition, offrant une visite aussi insolite que typiquement helvétique.



Le sel est non seulement indispensable pour les moutons, mais aussi pour les humains. Il n’est donc pas surprenant que Bex, dans le pays des sources minérales et des stations thermales, soit rapidement devenu Bex les Bains.

Bex
Aujourd’hui, les mines de sel de Bex sont un énorme labyrinthe souterrain, dont quelques kilomètres sont accessibles aux visiteurs. Le labyrinthe compte 15 salles ou galeries sur deux étages, où le monde du sel est expliqué en mots et en images.






En raison de la température permanente de 18 degrés Celsius, il est également bon pour la maturation du fromage, la conservation du vin et quel meilleur endroit pour une saucisse que dans une mine de sel?



Saline Schweizerhalle et Saline Riburg
Jusqu’en 1837, Bex avait le monopole de l’extraction du sel en Suisse. Cependant, la production n’était pas suffisante pour tout le pays. En 1837, l’extraction du sel commença également à la Saline Schweizerhalle près de Pratteln (canton de Bâle-Campagne) et en 1848 à la Saline Riburg (canton d’Argovie).





Saline Schweizerhalle
L’installation de Riburg dispose de l’un des plus grands évaporateurs d’Europe. Le hall de stockage de sel Saldome 2 est la plus grande construction en bois en forme de dôme de Suisse.
L’exploitation de ces mines de sel est techniquement plus simple et moins coûteuse qu’à Bex. Aujourd’hui, les Saline Schweizerhalle et Saline Riburg produisent 620 000 tonnes de sel par an.



Saline Riburg
Environ la moitié de cette production est destinée au déneigement et au déglaçage des routes. L’utilisation domestique, l’industrie (alimentaire), les médicaments, les produits de nettoyage sont d’autres applications.


Applications du sel de déneigement et le réseau routier suisse. Image: Saline Schweizerhalle

Schweizer Salinen/ Salines Suisses
Depuis 2014, ces trois mines de sel sont réunies dans les Salines suisses. Les actionnaires en sont les 26 cantons et le Liechtenstein. L’objectif principal est de garantir l’approvisionnement en sel de la Suisse, ce qui n’est pas un luxe superflu en période d’incertitude. Ces trois mines couvrent en tout cas l’approvisionnement en sel du pays.

Saline de Bex et les drapeaux des trois cantons des Salines suisses.
Conclusion
Ce concept soulève l’interrogation suivante : l’Union européenne sera-t-elle prête à tolérer ce monopole dans le cadre de futures négociations, alors même qu’elle pourrait peser sur les orientations des CFF.
Le sel ne s’en souciera pas. La nature a toute ou aucune compréhension du temps. Les trois mines de sel suisses sont accessibles au public et montrent de manière impressionnante le monde de l’« or blanc ».
Révision: Andrea Zollinger, rédactrice



L’or blanc en tant que molécule et en pierre. Image : Saline Schweizerhalle
Impressions de la Saline de Bex











Impressions de la Saline Schweizerhalle







Impressions de la Saline de Riburg

