Disponible en allemand, néerlandais et anglais
Auteur/autrice : Maarten Koning
Le massif trinational du Mont-Blanc
Le massif trinational du Mont-Blanc constitue un monument alpestre dont la force symbolique tient autant à ses dimensions remarquables qu’à la variété de ses paysages. Cette image est encore renforcée par la biodiversité et la richesse naturelle des régions qui l’entourent.
L’Espace Mont-Blanc est un vaste domaine d’environ 3.500 km2 qui couvre des territoires appartenant à la Savoie et à la Haute-Savoie (France), à la Région Autonome Vallée d’Aoste (Italie) et au canton du Valais (Suisse).

Une grande partie de l’Espace Mont-Blanc – presque 80% – se situe en altitude, au-dessus de 1’500 mètres. L’homme occupe en permanence environ 20% de la surface de l’Espace Mont-Blanc consacrés à l’habitat et à ses activités agricoles, artisanales et touristiques.
Des superficies importantes sont soumises aux mesures de protection prévues soit par les bases légales nationales, régionales, soit par les programmes européens de sauvegarde du milieu naturel.
Les cols, lieux de passage, structurent le territoire traversé par quatre axes de communication routière : celui du Mont-Blanc, du Grand Saint-Bernard, du Petit Saint-Bernard et des Montets/Forclaz.

La Conférence Transfrontalière Mont-Blanc
La Conférence Transfrontalière Mont-Blanc, initiée en 1991, est une structure de concertation politique, associant les représentants des entités nationales, régionales et locales concernées par l’Espace Mont-Blanc.
Le canton du Valais, la Région Autonome Vallée d’Aoste et la Communauté de Communes de la Vallée de Chamonix-Mont-Blanc pour le compte des collectivités du Pays du Mont-Blanc et de Savoie adhérentes à cette démarche en sont les instigateurs à des échelles territoriales différentes.
La France
Le territoire concerné par l ‘Espace Mont-Blanc couvre les deux communautés de Communes Pays du Mont-Blanc, Vallée de Chamonix Mont-Blanc pour la Haute-Savoie et les communes de Bourg-Saint-Maurice, Beaufort et Hauteluce pour la Savoie. Chacune des trois entités est représentée au sein de la Conférence Transfrontalière Mont-Blanc.

L’Italie
La Vallée d’Aoste, la plus petite des vingt régions d’Italie, est une région autonome à statut spécial, ce qui lui attribue le pouvoir de légiférer dans différents domaines. Elle a deux langues officielles, l’italien et le français qui sont sur un pied d’égalité.
Cette vallée qui tire son nom de son chef-lieu, Aoste, est limitrophe, au nord, du canton suisse du Valais ; à l’ouest, des départements français de la Haute-Savoie et de la Savoie et au sud-est, du Piémont. Le territoire de l’Espace Mont-Blanc comprend les 5 communes de l’Unité des Communes valdôtaines Valdigne-Mont-Blanc et les 11 communes de l’Unité des Communes valdôtaines Grand-Combin.

La Suisse
Le canton du Valais partage une frontière commune avec l’Italie au sud et avec la France à l’ouest. Les langues officielles sont le français et l’allemand. Le territoire suisse de l’Espace Mont-Blanc comprend 17 communes valaisannes situées dans les régions de Martigny, de l’Entremont, de la Vallée du Trient et de la Vallée de l’Illiez.
(Source et plus d’informations : www.espace-mont-blanc.com).
Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice


Soleure, l’évêque et l’ambassadeur
La ville de Soleure, chef-lieu du canton du même nom, abrita le siège de l’ambassade de France en Suisse de 1530 à 1792.
Au sein de la Confédération des XIII cantons – tous germanophones, à l’exception de Fribourg qui était bilingue – le français était la langue de la diplomatie et de l’élite des cantons occidentaux, à savoir Berne, Soleure et Fribourg.
Les cantons francophones de Neuchâtel (principauté sous domination de la France, puis de la Prusse de 1504 à 1857), du Valais bilingue (membre associé de la Confédération), de Vaud (territoire occupé par Berne et Fribourg), de Genève (comté et évêché) et du Jura (principauté épiscopale de Bâle) n’étaient pas encore membres de la Confédération.

La tour de l’Horloge (Der Zeitglockenturm)
Plusieurs édifices rappellent l’influence française – royale – dans l’architecture de Soleure, tels que, entre autres, l’Hôtel de La Couronne, la cathédrale baroque Saint-Ours ainsi que les nombreux palais et autres bâtisses qui offrent un charme indéniable aux rues du vieux centre. C’est la raison pour laquelle Soleure est souvent appelée la « ville des ambassadeurs ».


Le Ambassadorenhof

Le Bastion de Soleure
L’un des bâtiments les plus prestigieux de Soleure est la cathédrale Saint-Ursus. Les premières fondations remontent au Moyen Âge. La cathédrale actuelle a été construite entre 1762 et 1773 par l’architecte Gaetano Matteo Pisoni (1713-1782). Il s’est principalement inspiré des églises baroques de Rome. Son cousin Paolo Antonio Pisoni (1738-1804) a conçu les escaliers avec les deux fontaines.


La cathédrale Saint-Ours
Les liens économiques avec la France étaient principalement basés sur la conclusion de lucratifs contrats car Soleure mit des mercenaires – des milliers d’entre eux périrent – au service du roi de France.

Non seulement les édifices, mais aussi la cuisine méditerranéenne, les nombreux restaurants, le savoir-vivre et la culture très présente, avec notamment des musées et des théâtres, témoignent de siècles d’influence française.
La ville de Soleure a même une Riviera, nommée ainsi par les habitants. Ce quai de quelques centaines de mètres appelé le Landhausquai et situé le long de l’Aar fait penser, par beau temps et avec un peu d’imagination, à la Côte d’Azur.
En effet, les parasols colorés, l’arôme du café frais, les savoureuses pâtisseries, les délicieuses glaces y font régner une ambiance de vacances.
Pour information, le Landhaus, bâtisse construite au bord de l’Aar, servit autrefois de point d’amarrage pour les bateaux et fut le pivot du trafic fluvial, du transport de marchandises, notamment le vin, et du commerce pendant plusieurs siècles.
Source et plus d’informations: Solothurn Tourismus





Le Bastion



Le plateau d’Aar (die Aare Ebene), ‘la Witi’ entre Soleure et Grenchen
Impressions de Soleure























Quelques chapelles, églises et monastères















Un hommage au Carnaval de Bâle 2025
Une sélection aléatoire d’impressions de Fasnacht 2025



Lundi, le 10 mars, 03.58 heure dans le matin





Le Morgenstraich

La nouvelle generation




















































































Le dernier ermite de l’ermitage de Sainte-Vérène à Soleure
Dans les lointaines contrées d’Égypte et de Syrie l’existence des premiers ermites remonte au deuxième et troisième siècle. Les premières communautés chrétiennes y avaient vu le jour au premier siècle, alors que ces régions étaient de prospères provinces romaines.
Les ermites étaient des ascètes qui se dédiaient à la foi chrétienne dans la solitude et la pauvreté. Ils sont considérés comme les premiers moines. Les premiers ordres monastiques ont également vu le jour en Égypte et en Syrie.
On a voué un véritable culte à certains ermites et leurs lieux de résidence sont devenus des lieux de pèlerinage. L’un des plus célèbres est Siméon le Stylite. Il n’a pas vécu dans une grotte ou une cabane construite de ses mains, mais sur une colonne. Ce n’était pas au cœur de la nature sauvage, mais le long de la route menant à Damas. Il a réuni de nombreux disciples ce Saint de la colonne et il a eu droit à un monument funéraire qui est devenu un lieu de pèlerinage.

Daniel le saint du pilier ou Daniel le Stylite (Vème siècle), artiste byzantin anonyme, XIème siècle. Image : Wikipédia
L’histoire de la Suisse croise également celle des ermites. Trouver un logement approprié à ce genre de vie ne leur était pas trop difficile dans ce pays en raison des montagnes (inaccessibles), des forêts, des formations rocheuses et des nombreuses grottes.
Les fondateurs des premiers monastères en Suisse ont également été une sorte d’ermites. Cependant en raison de la création du premier ordre monastique européen, les bénédictins, au VIème siècle, ils ont rapidement eu à cœur la propagation de la foi chrétienne. Leur lieu de résidence propice à la solitude a reçu le nom d’ermitage. Les abbayes de Saint-Gall et, par exemple, d’Einsiedeln ont vu le jour de cette manière.
En raison de la croissance rapide de la population, donc des villages et des villes, au cours des deux derniers siècles, certains des lieux historiques de résidence des ermites moins connus se trouvent aujourd’hui à l’intérieur ou juste à l’extérieur des zones urbaines bâties.



La gorge de Vérène. La grotte de Madeleine et la grotte d‘Ölberg
Un exemple est l’ermitage de Sainte-Vérène (St. Verena) dans la gorge de Vérène près de la ville de Soleure. Vérène, selon la légende, était la fiancée de Victor, un soldat chrétien de la légion thébaine au IIIème siècle après J.-C.
Les soldats revenaient de la province romaine d’Égypte et se trouvaient à Agaunum (l’actuel Saint-Maurice, canton du Valais). C’est alors que forcés de reconnaître l’empereur romain Maximien (250-310) et les dieux romains ils ont fait le choix de l’insoumission. Toute la légion a été, selon la légende, exécutée, y compris le chef Maurice et Victor.

La chapelle de Saint-Martin (St. Martinskapelle)
Vérène s’est enfuie à Salodurum (Soleure) et a trouvé refuge dans les grottes de l’actuel ermitage. Elle a ensuite déménagé à Bad Zurzach, où se trouvent la dernière demeure et l’église de Sainte-Vérène.


La chapelle de Vérène (St. Verenakapelle)
L’ermitage près de Soleure a cependant acquis un statut de culte qui remonte au moins au XIIème siècle et la chapelle de Saint-Martin date du ce siècle. Vérène aurait habité la grotte derrière la chapelle. La chapelle de Vérène, située dans une grotte, date du XIIIème ou XIVème siècle. À côté de cette chapelle se trouvent encore d’autres lieux d’ermitages, la grotte de Madeleine et la grotte d’Ölberg.

Maison de l’ermite (das Eremitenhäuschen)
Ce qui est particulier à cet ermitage, c’est qu’un ermite y vit encore de nos jours. Celui-ci trouve refuge dans la soi-disant maison de l’ermite et a des conditions de vie beaucoup plus confortables que ses prédécesseurs. La commune de Soleure prend en charge son entretien.
Choix pas tout à fait désintéressé, car la gorge de Vérène est une attraction touristique bien connue, notamment grâce au réfugié français Baron Louis Auguste de Breteuil (1730-1807). En 1791 il a initié et financé le chemin à travers la gorge de Vérène. Soleure abritait alors le siège de l’ambassade française dans la Confédération. Le romantisme et l’essor du tourisme au XIXème siècle ont fait le reste.
(Source et plus d’informations: Gesellschaft der Einsiedelei St. Verena; Commune de Soleure)
Révision: Andrea Zollinger, rédactrice
L’Aar, ses villes, la nature et la correction des eaux du Jura
L’Aar est la rivière qui se jette dans le Rhin à Koblenz (canton d’Argovie). Sur son parcours de 295 kilomètres depuis sa source dans le glacier de l’Oberaar, elle traverse les gorges de l’Aar, les lacs de Brienz et de Thoune, la capitale Berne, le lac de Bienne, Soleure et divers lieux qui portent son nom, comme Büren an der Aare, Aarwangen, Wangen an der Aare, Aarburg et Aarau, la capitale du canton d’Argovie.
Au XIXème siècle, l’Aar a été régulée lors de la première correction des eaux du Jura (1868-1891). Ces travaux du delta suisse ont été faits un siècle avant l’équivalent néerlandais, les Deltawerken!
Par la suite, d’autres ajustements ont été effectués, notamment lors de la deuxième correction des eaux du Jura (1962-1973). Depuis lors, le fleuve le plus riche en eau du pays, avec plus d’eau que le Rhin, est « dompté ».
Les habitants des nombreux beaux villages et petites villes, des zones agricoles et des infrastructures sont ainsi épargnés des inondations, sauf en quelques circonstances exceptionnelles.

Wangen an der Aare
L’une de ces belles petites villes médiévales est Wangen an der Aare (canton de Berne). Au XIIème siècle, il y avait un prieuré bénédictin de l’abbaye de Trub. Les ducs de Zähringen sont les fondateurs de la ville. Les comtes de Kyburg ont acquis le lieu après l’extinction de la dynastie des Zähringen en 1218.
Après les dévastations causées par les Gugler, les mercenaires français pendant la guerre de Cent Ans franco-anglaise (1337-1453), Berne a acquis la ville. Comme il se doit, le bailli résidait dans le château du bailli (XIVème-XVIIIème siècle).

Wangen était alors un important centre de transbordement pour la navigation sur l’Aar. Le sel était alors l’une des marchandises les plus précieuses. Il venait de Bavière, du Tyrol et de Lorraine. La maison du sel (1775) rappelle encore cette époque de prospérité.

La Salzhaus



Le pont en bois sur l’Aar a été construit en 1552. Le riche passé de l’endroit se manifeste également dans l’hôtel de ville, la tour de l’horloge (Zytgloggeturm) et un centre monumental.


(Source et plus d’informations Gemeinde Wangen an der Aare)

Aarwangen
Aarwangen est si petit qu’on peut aisément la louper. Cependant, Aarwangen vaut également une visite. Les Celtes, les Romains, les Alamans et les Bourguignons connaissaient déjà ce lieu sur l’Aar en raison du centre de transbordement pour les marchandises entre l’ouest et l’est de la Suisse. La première mention écrite date de 1212.

Les seigneurs d’Aarwangen habitaient le château sur les rives de l’Aar. Leurs successeurs étaient les seigneurs de Grünenberg, qui étaient au service des Habsbourg. Après la conquête de l’Argovie, Berne a acquis le lieu en 1432.
Le bailli résidait dans le château jusqu’en 1798. Au total, 75 baillis ont gouverné Aarwangen jusqu’en 1798 et la création de la République helvétique (1798-1803).
Les armoiries de ces 75 baillis sont exposées dans une galerie de château. Depuis 1803 et la création de la nouvelle Confédération (1803-1813), Aarwangen est la capitale du district du même nom.
(Source et plus d’informations: Gemeinde Aarwangen)
Révision: Andrea Zollinger, rédactrice






Le Rhin comme voie de migration, d’énergie, de commerce, de culture et de frontière
Du côté du Petit-Bâle et du Mittleren Brücke, Helvetia regarde vers l’ouest, en aval du Rhin, avec nostalgie et mélancolie. À quoi pense-t-elle ? Au bon vieux temps du Rhin, lorsque ce fleuve s’appelait encore Renos (le nom celte) ou Rhenus (le nom romain) et qu’il était le maître des lieux, qu’il coulait où il voulait et aussi haut qu’il pouvait ?
Au paysage fluvial sur les deux rives du Rhin sans construction ni intervention humaine ? À la Petite Camargue Alsacienne à quelques kilomètres de là ? Aux saumons qui habitaient le Rhin, nombreux et bien nourris ? Ou bien a-t-elle trouvé le repos dans l’ancienne ville épiscopale de Bâle ?
Helvetia pourrait toutefois aussi tourner son regard vers l’amont. Il n’y a plus guère de saumons, les constructions sont d’autant plus nombreuses et le Rhin est « dompté » et partiellement canalisé avec un fort trafic fluvial. Et pourtant, le Rhin actuel connaît encore de nombreuses réserves naturelles et même l’intervention humaine a parfois sa beauté.

Le Rhin près Rekingen
D’ailleurs, le Rhin n’est pas partout le fleuve frontière entre l’Allemagne et la Suisse. L’Helvétie se trouve en effet sur la rive droite du Rhin. La ville d’Eglisau (canton de Zurich) se situe également sur la rive droite du fleuve. Les cantons de Schaffhouse (sans l’enclave allemande de Büsingen) et le canton de Bâle-Ville (la ville de Bâle en partie, Riehen et Bettingen en totalité) s’étendent aussi en partie, voire en grande partie, sur la rive droite.

Le Rhin près Eglisau
Le Rhin est certes « dompté », mais à différents endroits, des réserves naturelles donnent encore un aperçu de la situation avant l’intervention humaine à partir du 19e siècle.


Centrale hydroélectrique d’Eglisau


Centrale hydroélectrique de Rekingen
La Suisse ne serait toutefois pas la Suisse si le courant du Rhin n’était pas utilisé pour produire de l’énergie. L’hydraulique couvre environ 50 % des besoins en électricité du pays. Sur une distance d’un peu plus de 20 kilomètres entre Eglisau et Bad Zurzach, on trouve par exemple deux centrales hydroélectriques. Celles-ci ne facilitent évidemment pas la vie des saumons, même si des échelles à poissons pourraient offrir des perspectives à long terme.

Le pont près Eglisau

Jusqu’aux conquêtes françaises par Napoléon (1769-1821) à partir de 1798, le Rhin n’était pas tant un fleuve frontalier qu’une route commerciale et une artère pour le transport de personnes. Les grands radeaux en bois, longs de 300 à 400 mètres et parfois larges de 50 mètres, en témoignaient également.

Museum De Bastei, Nimwegen
Ils naviguaient ou dérivaient avec le courant jusqu’au delta à Rotterdam. De nombreux passagers suisses utilisaient également ces radeaux en bois comme moyen de transport et le commerce de marchandises, notamment de bétail, de bois et de sel, se faisait en grande partie sur le Rhin, avec Schaffhouse, Rheinfelden et Bâle comme centres de transbordement importants.
Les radeaux en bois ont depuis longtemps laissé place à la navigation motorisée, mais le Rhin reste une artère importante. Une petite ville comme Kaiserstuhl (canton d’Argovie) montre comment, dans les temps anciens déjà, la situation au bord du Rhin a conduit à la prospérité.
Les relations économiques et politiques séculaires entre le comté de Baden (canton d’Argovie), l’évêché de Constance et l’ancienne Confédération en sont également l’expression.
Aujourd’hui, le pont sur le Rhin relie à nouveau Kaiserstuhl à Hohentengen (Bade-Wurtemberg) sans obstacle, comme il l’a fait pendant des siècles, jusqu’à ce que la création des États-nations au XIXème siècle et les périodes de guerre du XXème siècle entraînent la fermeture (hermétique) des frontières.

Les poètes et les écrivains ont également pris goût au Rhin. L’un des écrivains suisses les plus connus, Gottfried Keller (1819-1890), a même un chemin riverain qui porte son nom.

Pourtant, le Rhin n’a pas toujours été un lieu d’inspiration poétique. De nombreux bunkers sur les rives suisses donnent une idée des installations de défense dans les années 1940.

Kaiserstuhl fait aujourd’hui partie de la commune de Zurzach, avec entre autres Bad Zurzach et sa célèbre culture balnéaire, Sainte-Vérène, le château et les villages de Rekingen et Rümikon.

Château Bad Zurzach

Le Club Alpin Suisse (CAS) organise régulièrement des randonnées dans cette région et dans d’autres contrées du pays.
Révision: Lars Kophal (Neuchâtel), rédacteur et journaliste
Impressions de la région





Mellikon, Meieried






La Petite Camargue Alsacienne
En préparation. Disponible en néerlandais et allemand
Le carnaval de Bâle, ses lanternes et ses sujets
Le lundi 10 mars à 4 heures du matin, l’église Saint-Martin donne le coup d’envoi du carnaval de Bâle avec le Morgenstreich (Morgestraich). Ce patrimoine culturel de l’UNESCO (depuis 2017) a connu de nombreux changements au cours des siècles et continue d’évoluer.

Collection: Museum der Kulturen Basel
Le Musée des cultures de Bâle (Museum der Kulturen Basel), le Fasnachtcomité (comité du carnaval et son édition annuelle Rädäbäng) ainsi que diverses autres publications fournissent des informations complètes sur ce bien culturel séculaire, mais néanmoins contemporain.

Le mot allemand pour ce carnaval est Fasnacht. Il est intéressant de noter que le vocabulaire utilisé lors de ce carnaval est composé en grande partie de mots français (cortège, clique, chaise, répertoire, accessoire, sujet par exemple), mais que le mot Fasnacht n’existe pas en français. Hormis l’influence française, le carnaval (écrit aussi Fastnacht jusqu’en 1924) a même connu le Prinz Karneval, originaire d’Allemagne, et des mots allemands jusqu’en 1909. Depuis lors, les cliques accueillent Frau Fasnacht.
Dans la deuxième moitié du XIXème siècle sont apparues les lanternes (Ladäärne/Lampe) avec le sujet (Süschée) des cliques. La lanterne est une sorte de grande lampe rectangulaire avec le thème ou le sujet d’une clique. Ces lanternes sont devenues entre-temps de véritables œuvres d’art.

La pasteure accueille Frau Fasnacht dans l’église Elisabethen le dimanche matin avant le, carnaval, carnaval de Bâle 2024.
Le carnaval actuel, avec son vocabulaire Baseldütsch a pris forme notamment après la création du Fasnachtscomité (Faasnachts-Comitée) en 1910. Ce comité (également un mot français) est également issu de l’association Quodlibet, fondée en 1858. Quodlibet existe toujours, mais il n’a aujourd’hui plus qu’une seule activité : le bridge !

Lanterne ‘Das Quodlibet den Schweizer Turnern’ , Quodlibet, vers 1885. Collection: Museum der Kulturen Basel

Lanternen anciennes de la clique Verschnuuffer
Chaque année, les membres des cliques choisissent leurs sujets. La commission spéciale élabore ensuite un projet. Les sujets se rapportent généralement à des événements locaux et nationaux, à la politique et aux manifestations (cette année, par exemple, le Concours Eurovision de la Chanson ESC) à Bâle et à la politique internationale, à des personnalités ou à des sujets d’actualité.




Les lanternes sont si grandes qu’elles sont généralement fabriquées dans des ateliers. Des membres, mais aussi des artistes et des ateliers spécialisés, y collaborent.
D’autres attributs du carnaval, comme les masques (larves), les costumes et autres objets, sont également fabriqués par des membres ou des tiers. Les cliques financent ces projets avec le soutien du comité du carnaval par la vente de plaquettes de carnaval, les Blaggedde.

Mise en scène d’un atelier. Collection : Museum der Kulturen Basel
Le dimanche après-midi avant le Morgenstreich, les cliques présentent leurs lanternes aux membres dans le local de l’association. Ensuite, elles sont dissimulées et transportées au son des fifres de la clique au lieu de départ du Morgenstreich.


Quelques minutes avant 04.00 heures, les lanternes sont illuminées. Le mardi soir, des centaines de lanternes et leurs sujets sont exposés et admirés sur la Münsterplatz. Puis le jeudi matin, à 4 heures, le carnaval et ses lanternes entrent irrémédiablement dans l’histoire de l’art.
(Source et plus d’informations: Museum der Kulturen Basel)
Révision: Andrea Zollinger, rédactrice
Impressions des Lanternen, Münsterplatz













L’évêque de Bâle à Istein et Schliengen dans Bade
La principauté épiscopale de Bâle, à ne pas confondre avec le diocèse (pouvoir religieux) de l’évêché, s’étendait sur les territoires actuels de France, de Suisse et d’Allemagne, de l’an 1000 jusqu’à l’invasion française de 1792. En fait, c’était l’un des évêchés les plus grands et les plus puissants du nord des Alpes.


Istein
La grandeur de Bâle, de Porrentruy (à partir de 1529) et d’Arlesheim (à partir de 1678) en témoigne, mais aussi des lieux situés en France et en Allemagne d’aujourd’hui. L’évêque était un allié fidèle des Habsbourg (contrairement à l’évêque de Constance !) et diverses possessions, châteaux et palais résidentiels de l’évêque ou de ses alliés étaient pendant des siècles leurs résidences ou leurs positions défensives.


Schliengen, le château Entenstein de l’évêque
Le roi français Louis XIV (1638-1715) a été le premier Français à vouloir limiter ce pouvoir. Mais c’est son compatriote Napoléon (1769-1821) qui a mis fin de manière bien plus catégorique au pouvoir séculier de l’évêque (et du Saint Empire romain germanique).

L’armoire de Schliengen
Néanmoins, des traces du séjour prolongé de l’évêque de Bâle sont encore reconnaissables en divers endroits d’Allemagne, par exemple à Schliengen, Altingen, Mauchen, Steinenstadt, Istein et Huttingen (Baden-Württemberg), toutes des possessions du prince-évêque de Bâle pendant des siècles.
(Source et plus d’informations: Gemeinde Schliengen; Istein (Gemeinde Efringen-Kirchen)
Révision: Andrea Zollinger, rédactrice



Istein, le Isteiner Klotz, la fortresse et la chapelle de St. Veit (St. Veits-Kapelle).

La Barre et le Rocher d’Istein (Isteiner Schwellen)
