Le canton d’Obwald

Le canton d’Obwald, dont le chef-lieu est Sarnen, forme avec le canton de Nidwald la région d’Unterwald, située en Suisse centrale

Le canton d’Obwald s’étend sur le lac de Sarnen et partiellement sur celui des Quatre-Cantons (Vierwaldstättersee) et, bien que petit, il fut l’un des cantons fondateurs de la Confédération suisse. Il est entouré par les cantons de Lucerne, Berne, Nidwald et Uri.

Les Celtes, les Romains, le premier royaume des Burgondes (443-534), les Alamans, le Saint-Empire romain germanique.

Après la préhistoire, les Celtes, les Romains et le royaume des Burgondes (443-534), les Alamans s’installèrent dans la région.

En 900 après J.-C., l’allemand (alémanique) devint la langue principale. A partir de 1032, Obwald fit partie du Saint-Empire romain germanique.

Depuis l’Argovie, les comtes de Lenzbourg jouèrent un rôle dominant à Obwald en exerçant, jusqu’à leur extinction en 1173, leur influence sur le pays inter silvas (Unterwald).

Les abbayes de Beromünster et de Saint-Léger (St. Leodegar im Hof) dans le canton de Lucerne furent des seigneuries. En outre, des familles nobles de la région s’imposèrent à Obwald.

1291-1798

Au XIIIème siècle, la maison des Habsbourg avait accru son importante puissance. En 1291, le canton d’Obwald, alors partie d’Unterwald avec Nidwald, fut avec Uri et Schwytz l’un des membres fondateurs de la Confédération des trois cantons, première étape de la formation de la Suisse.

En 1309, l’empereur Henri VII de Luxembourg (1273-1313) accorda l’immédiateté impériale, non reconnue par les Habsbourg, aux Waldstätten : Uri, Schwytz et Unterwald (Obwald et Nidwald).

En 1315, le canton d’Obwald prit part à bataille de Morgarten et au Pacte de Brunnen et poursuivit son histoire avec la Suisse, son développement économique et l’extension de ses alpages et pâturages dans les cantons voisins.

Obwald conquit des territoires italiens situés de l’autre côté du col du Saint-Gothard, conquêtes qui s’inscrivirent dans le cadre de l’expansion des Confédérés (1403-1515) et de l’administration conjointe des territoires sujets (1515-1798).

La défaite des Confédérés lors de la bataille de Marignan (1515) marqua la fin de la politique d’expansion de la Suisse en Italie.

Obwald resta catholique lors de la Réforme protestante, appuya la Contre-Réforme après le Concile de Trente (1545-1563) et s’associa aux guerres de Kappel en 1529 et 1531, premières guerres de religion en Europe, et aux batailles de Villmergen en 1656 et 1712.

Les mercenaires obwaldiens participèrent aux guerres civiles religieuses et aux alliances avec les monarques catholiques en Europe.  L’activité mercenaire se poursuivit jusqu’en 1848.

La Landsgemeinde fut introduite dans le canton d’Obwald au XIIIème siècle. Elle fut supprimée en 1998.

1798-1803

Le canton d’Obwald s’opposa également fortement à la République helvétique (1798-1803).

Le canton d’Obwald partagea à la Diète fédérale une voix avec Nidwald. Les deux cantons durent accepter le partage d’une seule voix à la Diète fédérale (Tagsatzung) jusqu’au terme de la Confédération des XIII cantons et au début de la République helvétique en 1798. C’est seulement depuis là que chaque canton reçut une voix entière à la Diète fédérale.

La Constitution fédérale de 1999 officialisa la dénomination d’Obwald, appelé jusqu’en 1798 Unterwalden ob dem Wald et renonça au terme de demi-canton tout en maintenant la demi-représentation – un seul siège – au Conseil des Etats.

Le canton d’Obwald fut membre de la ligue de Sarnen (Sarnerbund) (1832), formée par les cantons catholiques conservateurs, de la ligue du Sonderbund (1845) et finalement, lors de la guerre du Sonderbund (1847), il fut du côté des perdants, les séparatistes catholiques ayant dû s’incliner face à la majorité réformée libérale. Le canton refusa largement la Constitution fédérale de 1848 et s’y soumit contre sa volonté.

Le drapeau du canton d’Obwald

Les éléments qui composent le drapeau du canton d’Obwald sont une clef et le fond coupé en deux, une partie rouge et l’autre blanche.

La clef vient du drapeau d’Unterwald. Le canton d’Unterwald fut sous les ordres de Saint Pierre, apôtre de l’église de Stans, dont l’emblème des armoiries est la clef. Lorsqu’en 1150, le canton d’Unterwald décida de former deux administrations distinctes, Obwald seul garda le drapeau et les sceaux. Ce n’est que depuis 1816 que le Canton d’Obwald est représenté par les armoiries actuelles.

Les cantons d’Obwald et Nidwald partagèrent le même drapeau jusqu’au XVème siècle : lors de la séparation du canton en deux, Obwald décida de garder la clef simple.

Toutefois, le drapeau du canton d’Obwald est proche de celui du canton de Nidwald, ce qui est également le cas pour les cantons de Bâle-Ville et de Bâle-Campagne ainsi que pour les cantons d’Appenzell Rhodes-Intérieures et d’Appenzell Rhodes-Extérieures.

(Source : Thomas Maissen, Geschichte der Schweiz, Baden, 2010; Dictionnaire historique de la Suisse, Canton d’Obwald, https://hls-dhs-dss.ch/fr/articles/007410/2018-02-07)

Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice.

Le canton d’Uri

Depuis les époques celtique et romaine, le canton d’Uri connut un développement similaire sur les plans historique, économique et politique à celui des cantons de Schwytz et d’Unterwald.

Altdorf, chef-lieu du canton d’Uri, est notamment réputé grâce à Guillaume Tell, dont la statue avec son fils trône sur la place du village, et au général Alexandre Souvorov (1730-1800). En effet, en 1799, le général Souvorov traversa le Col du Gothard avec son armée et, en se frayant un chemin le long de la vallée de la Reuss, atteignit Altdorf.

Les événements marquants de l’histoire d’Uri furent l’octroi de l’immédiateté impériale (Reichunsmittelbarkeit) par l’empereur Frédéric II (1194-1250) en 1231, suite à l’intérêt qu’il porta à ce canton depuis l’ouverture du col du Gothard, et les relations et conflits avec les abbayes de Fraumünster, Engelberg et Wettingen, toutes trois sous la protection des Habsbourg.

Un canton souverain

Au XIVème siècle, Uri fut déjà un canton souverain et au XVème siècle il acquit la Léventine (canton du Tessin), qui resta pays sujet jusqu’en 1798, et accorda la combourgeoisie à l’Urseren dans la vallée uranaise de la Reuss. Le canton d’Uri devint ainsi maître du col du Saint-Gothard.

Les alliances

Les alliances d’Uri avec Schwytz et Unterwald, qui se prêtèrent mutuellement un soutien, en 1291 (Pacte fondateur de la Suisse), 1309 (l’empereur Henri VII de Luxembourg confirma l’immédiateté impériale, non reconnue par les Habsbourg, des trois Waldstätten) et 1315 (Pacte de Brunnen) n’étaient pas dirigées uniquement contre la maison des Habsbourg et Uri n’avait certainement pas pour principale ambition de devenir un canton indépendant.

L’Intérêt commun des trois cantons, de leurs localités et régions fut l’administration des forêts et des pâturages pour le bétail, la gestion des conflits et le maintien de la paix.

L’ouverture du col du Saint-Gothard (1220-1230) ne fut pas seulement le fondement de la prospérité économique, elle engendra aussi des conflits avec les Habsbourg et des rivalités avec des villes de la future Confédération suisse.

1403-1798

La conquête des territoires italiens situés de l’autre côté du col s’inscrivit dans le cadre de l’expansion des Confédérés (1403-1515) et de l’administration conjointe des territoires sujets (1515-1798).

La défaite des Confédérés lors de la bataille de Marignan (1515) marqua la fin de la politique d’expansion de la Suisse.

Uri gouverna également, avec d’autres cantons, les cantons d’Argovie (1415) et de Thurgovie (1460) ainsi que le comté de Neuchâtel (1512/1513-1529).

Le canton d’Uri avait déjà adopté la Landsgemeinde au XIVème siècle. Elle fut abandonnée en 1928.

Lors de la Réforme protestante (1520-1565), le canton d’Uri resta catholique et conclut des alliances avec d’autres cantons et monarques catholiques. Cela créa des tensions et des guerres civiles, des batailles éclatèrent : les guerres de Kappel en 1529 et 1531, premières guerres de religion en Europe et les batailles de Villmergen en 1656 et 1712. Toutefois, la Confédération suisse subsista.

1798-1848

Le canton d’Uri opposa une forte résistance à la République helvétique (1798-1803) et devint membre de la ligue de Sarnen (Sarnerbund) (1832), de la ligue du Sonderbund (1845) et finalement, lors de la guerre du Sonderbund (1847), il fut du côté des perdants, les séparatistes catholiques ayant dû s’incliner face à la majorité réformée libérale.

Le canton d’Uri fut l’un des vingt-deux cantons souverains unis par le Pacte fédéral de 1815 et par la Constitution fédérale de 1848.

Le drapeau du canton d’Uri

Le drapeau du canton d’Uri comporte sur fond jaune, une tête de taureau noire avec l’anneau et la langue rouge.

Déjà, en 1249, un sceau triangulaire cantonal représentait le taureau avec un anneau nasal qui exprime l’approvisionnement du taureau et de la terre. La tête de taureau est un blason parlant, car les premiers colons auraient appelé le pays « ur ».

(Source : R. Sablonier, Gründungszeit ohne Eidgenossen. Politik und Gesellschaft in der Innerschweiz um 1300, Baden, 2013; Dictionnaire historique de la Suisse, Canton d’Uri,  https://hls-dhs-dss.ch/fr/articles/007384/2021-01-15).

Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice.

   

Le canton de Schwytz

Schwytz – encore officiellement un village – a donné son nom au canton. Le canton de Schwytz et ses communes obtinrent une certaine autonomie au XIIIème siècle et au XIVème siècle.

Vers 1450, suite à des conquêtes et des acquisitions, le territoire de Schwytz correspondait pour l’essentiel à celui du canton actuel. Aujourd’hui, le village de Schwytz est le chef-lieu du canton.

Forum Schweizer Geschichte 

Les Alamans

Les Alamans s’installèrent en Suisse centrale au VIème siècle et s’implantèrent progressivement dans la société gallo-romaine constituée après quatre siècles de domination romaine (15 avant J.-C. jusqu’à 410 après J.-C.). Ainsi, au Xème siècle l’allemand (alémanique) devint la langue d’usage.

Après les Francs, les Carolingiens et le duché souabe, le canton de Schwytz fit partie, dès le Xème siècle, du Saint-Empire romain germanique.

La région fut divisée entre plusieurs propriétaires terriens, tels que l’abbaye d’Einsiedeln, fondée en 934 et des souverains locaux, soit les comtes de Lenzbourg (éteints en 1173), de Kybourg (éteints en 1263), de Rapperswil (éteints en 1283), de Frohburg (éteints en 1367) et les Habsbourg.

Haus Bethlehem (1287)

Le col du Saint-Gothard

Jusqu’à l’ouverture du col du Saint-Gothard aux alentours de 1220-1230, le canton de Schwytz et les autres Waldstätten, Uri et Unterwald (Obwald et Nidwald), ne présentèrent pas un intérêt majeur pour les grandes puissances de l’époque sur les plans économique, politique et stratégique. Cela explique aussi l’indépendance dont bénéficièrent – très tôt – les localités dans cette zone difficilement accessible.

De plus, la rudesse du climat et l’éducation quasi spartiate des hommes, surtout pour assurer la protection du commerce du bétail, constituèrent une bonne base pour la défense et à partir du XVème siècle – jusqu’à la défaite de Marignan en 1515 – pour l’attaque.

Ital reding Haus (1609)

En 1240, le canton de Schwytz s’est vu accorder l’immédiateté impériale par l’empereur du Saint-Empire romain, Frédéric II (1194-1250). En 1294, la Landsgemeinde s’imposa dans le canton de Schwytz. Elle fut abandonnée en 1848.

Alors que l’agriculture, l’élevage et le commerce du bétail furent les principales activités économiques, le commerce du bétail s’intensifia après l’accès par le col du Saint-Gothard aux villes de Zurich, Zoug, Lucerne, Berne et à la région de la Lombardie.

1291 et la Confédération suisse

A la fin du XIIIème siècle et au cours du XIVème siècle, le canton de Schwytz conclut des traités avec des localités limitrophes ainsi qu’avec l’Europe centrale. Le Pacte fédéral du 1er août 1291, signé par Uri, Schwytz et Unterwald, fut choisi en 1891 comme pacte fondateur de la Suisse et bien que le plus connu, il ne fut pourtant pas le plus important. (Voire aussi le musée des chartes fédérales)

Le dessein ne fut pas tant de glaner l’indépendance vis-à-vis du monarque (maison de Habsbourg), que de maintenir la paix, conclure des accords sur le commerce du bétail, gérer et utiliser des terres, des forêts et des prairies, intensifier l’entraide militaire et la sécurité juridique.

Cependant, en ayant adopté la Landsgemeinde, ces cantons furent déjà de facto indépendants et donc susceptibles de défendre cette autonomie par les armes.

Le pillage en 1314 de l’abbaye d’Einsiedeln, alors sous la protection des Habsbourg, est à l’origine de la bataille de Morgarten en 1315. Les Confédérés remportèrent la victoire.

Au cours des décennies suivantes, d’autres villes et localités rejoignirent les vainqueurs Uri, Schwytz et Unterwald, la Confédération des III cantons : Lucerne (1332), Zurich (1351), Glaris et Zoug (1352) et Berne (1353), les intérêts économiques, la coopération et la solidarité passant avant tout. Et ce fut la constitution de la Confédération des VIII cantons (1332 -1481).

Il ne fut cependant pas question de se délier de la souveraineté de l’empereur des Habsbourg, ce concept politique n’existant pas à cette époque où l’empereur tirait sa légitimité de la volonté de Dieu. Et il y avait également des différences majeures entre les Confédérés, notamment sur le plan économique.

Il s’agissait d’une lâche alliance entre Etats souverains et nul, pas même le canton de Schwytz, n’avait prévu la Suisse de 1848.

L’église St. Martin (Kirche St. Martin), 730 premiere eglise-1774  renovation gothique

Territoires Italiens

Schwytz participa à la conquête des territoires italiens situés de l’autre côté du col du Saint-Gothard entre 1403 et 1512 et administra – avec les autres cantons – ces territoires sujets, dont le futur canton du Tessin, entre 1512 et 1798.

1515-1848

Le canton de Schwytz n’adopta pas la Réforme et resta catholique, comme les autres Waldstätten ainsi que le canton de Lucerne. Le canton de Schwytz résista farouchement à la République helvétique (1798-1803) imposée par les occupants français en 1798.

Le canton de Schwytz – les autres Waldstätten également – se considérait comme l’archétype de la démocratie directe moderne et de la souveraineté cantonale. Dès lors, il s’insurgea contre un Etat unitaire centralisé, qui ne laissa aucune autonomie aux cantons et abolit la démocratie directe.

La Heiligkreuzkapelle (1645) 

Ensuite, le canton de Schwytz suivit l’histoire de la Suisse : 1803-1813 Acte de médiation, 1815-1848 Vers l’Etat fédéral et 1848 à ce jour Confédération suisse.

En tant que membre du Sonderbund, ligue composée de cantons catholiques conservateurs sécessionnistes, le canton de Schwytz fut indirectement à l’origine de la Constitution fédérale de 1848, après la guerre du Sonderbund en 1847. En effet, le nouvel Etat mit un terme au conflit entre les cantons libéraux et les cantons conservateurs catholiques.

En 1848, la Constitution cantonale ayant fait ses preuves à l’usage, le canton de Schwytz choisit la démocratie représentative plutôt que la Landsgemeinde.

Bâtiment du gouvernement

Le drapeau

Le drapeau de Schwytz est rouge avec une croisette blanche dans l’angle supérieur représentant la « Sainte-Image », à savoir la crucifixion du Christ. Ce drapeau date du XIVème siècle et depuis le XVIIIème siècle il est celui du canton de Schwytz.

(Source : B. Adler, Die Entstehung der direkten Demokratie. Das Beispiel der Landsgemeinde Schwyz 1789-1866, Zürich 2006 ; B. Mesmer (Redaktion), Geschichte der Schweiz und der Schweizer, Bâle, 2006 ; Dictionnaire historique de la Suisse, canton de Schwytz, https://hls-dhs-dss.ch/fr/articles/000736/2021-01-25).

Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice

Impressions de Schwytz

Place du village, le Petit Mythe et le Grand Mythe

Le canton de Jura

La première statue du canton, époque romaine

Délemont, Musée jurassien d’art et d’histoire

A partir de 999, l’actuel Jura, le Jura bernois et Bienne firent partie de l’Evêché de Bâle.

999-1792/97

Au cours des siècles suivants, notamment aux XVème et XVIème siècles, Berne gagna de plus en plus d’influence dans la partie sud du Jura, comme à La Neuveville (Neuenstadt), à Moutier et à Bienne (Biel).

Pendant la Réforme protestante l’empreinte de Berne fut ressentie dans la région : Moutier, Belprahon, Perrefitte, Sorvilier, La Neuveville, entre autres, devinrent protestants.

En 1792, après l’invasion française – la France s’empara des territoires de l’Evêché de Bâle et le dernier prince-évêque de Bâle dut quitter sa résidence de Porrentruy – la partie nord du Jura, catholique devint la République rauracienne.

En 1793, la République rauracienne fut annexée à la France et devint le département du Mont-Terrible.

En 1797 tout le sud de l’ancien Evêché de Bâle, occupé par les troupes françaises (Moutier, Malleray, Courtelary, Bienne et La Neuveville), fut intégré au Mont-Terrible. En 1800, le département du Mont-Terrible fut supprimé et annexé au département du Haut-Rhin.

La période française (1792/97-1813). Délemont, Musée jurassien d’art et d’histoire

1815-1979

En 1815, après la défaite de Napoléon à Waterloo, le territoire qui appartenait auparavant à l’Evêché de Bâle fut attribué, par décision du Congrès de Vienne (1814-1815), à la Suisse par rattachement au canton de Berne.

En 1994, le district de Laufon se sépara officiellement du canton de Berne pour rejoindre Bâle-Campagne.

Après les guerres de la Révolution française et les guerres napoléoniennes, il s’agissait de reconstruire l’Europe et d’établir un nouveau système international stable. Les négociateurs du Congrès de Vienne voulurent établir un équilibre réaliste entre les grandes puissances européennes et le renforcer par des structures juridiques. En 1815, une véritable diplomatie multilatérale fut mise en œuvre.

Délemont, Musée jurassien d’art et d’histoire

Par le plébiscite du 23 juin 1974, le peuple jurassien choisissait de se séparer du canton de Berne pour former le canton du Jura. Le peuple suisse accepta le 24 septembre 1978 la création du nouveau canton du Jura par 82,3 % de oui. La République et Canton du Jura vit le jour le 1er janvier 1979 et devint le vingt-sixième canton de la Confédération suisse.

Délemont, Musée jurassien d’art et d’histoire

Dès 1815, il y eut de nombreux conflits entre le canton de Berne, germanophone et protestant et le peuple jurassien, francophone, majoritairement catholique.

Délemont, Musée jurassien d’art et d’histoire

Les historiens font généralement remonter la Question jurassienne à 1947 alors que les conflits prirent parfois une tournure violente. En 1979, les communes de, entre autres, Moutier, Belprahon, Perrefitte et Sorvilier, protestantes, décidèrent de rester dans le canton de Berne.

Cependant, à l’issue d’un référendum historique, les habitants de Moutier ont décidé le 21 mars 2021, de quitter le canton de Berne pour rejoindre le canton du Jura.

Le drapeau du canton du Jura

Les éléments du drapeau du canton du Jura, créé en 1947, sont une crosse épiscopale rouge et des fasces rouges et blanches.

La crosse rappelle celle de l’évêque de Bâle qui, fuyant la cité rhénane passée à la Réforme protestante, se réfugia à Porrentruy (Pruntrut) de 1528 à 1792.

Source : J.-C. Rebetez, D. Bregnard, Le Jura et Berne, Porrentruy, 2014.

Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice.

‘Der Dicke Fritz’, le Col des Rangiers

Délemont, Musée jurassien d’art et d’histoire

Architecture contemporaine à Bâle

Outre les cabinets d’architecture bâlois renommés, de nombreux architectes suisses et internationaux tels que Le Corbusier, Mario Botta, Bernard Tschumi, Jacques Herzog & Pierre de Meuron, Renzo Piano, Frank Owen Gehry, Quintus Miller & Paolo Maranta, Richard Meier ont laissé à Bâle leur empreinte sur le paysage urbain et ses abords.

En effet, Bâle abrite de nombreuses découvertes architecturales, l’atmosphère créative offrant aux architectes un terrain propice au développement d’idées fascinantes et innovantes.

Aucune autre ville que Bâle n’arbore autant de bâtiments remarquables, reconnus dans le monde entier, harmonieusement intégrés dans une structure historique qui a défié les siècles. D’ailleurs les simples amateurs d’architecture, les architectes et les historiens de l’art apprécient la diversité de l’architecture contemporaine à Bâle.

Et douze architectes, lauréats du prestigieux prix d’architecture Pritzker, ont œuvré à Bâle en y créant des bâtiments qui attribuent à cette ville une densité unique au monde de réalisations architecturales de grande envergure et de qualité.

Au moment de leur réaménagement, les grandes zones urbaines de Bâle bénéficient également de cet environnement architectural de classe.

Aujourd’hui, lors de la réalisation d’un projet architectural, l’attention est portée non seulement aux bâtiments individuels mais également au contexte urbain.

Les bâtiments de la société pharmaceutique Roche, le Musée Tinguely, le campus Novartis, la Messeplatz, la Fondation Beyeler et le Vitra Design Museum sont quelques exemples de cette architecture moderne et contemporaine qui est l’image de marque de Bâle.

Le mot de la fin : la ville de Bâle est considérée comme la capitale architecturale de la Suisse.

Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice. 

Le canton de Vaud

La région de l’actuel canton de Vaud fut habitée dès la fin de la dernière période glaciaire, qui s’est terminée il y a environ 10 000 ans. La région devint connue en 58 avant J.-C. lorsque Jules César mentionna la tribu celtique des Helvètes dans le De Bello Gallico.

Les Helvètes

Les Helvètes s’installèrent également dans le canton de Vaud durant la période de 450 à 58 avant J.-C. Des nécropoles celtiques ont été découvertes à Saint-Sulpice, Vevey et Lausanne-Vidy.

Jules César évoque les Helvètes dans la Guerre des Gaules.  En effet, en 58 avant J.-C., Jules César vainquit les Helvètes lors de la bataille de Bibracte, à Autun.

Vers 45 avant J.-C., peu après la conquête des Gaules, les Romains fondèrent la Colonia Iulia Equestris, colonie romaine dont le centre urbain, le bourg helvète de Noviodunum (nouvelle ville), fut situé sur le territoire de l’actuelle ville de Nyon.

L’époque romaine

Vers 25 avant J.-C., Rome s’empara du territoire des tribus celtes des Nantuates dans le Chablais vaudois et le Bas-Valais et des Véragres dans la région de Martigny.

Aventicum (Avenches), un oppidum celtique, devint la capitale des Helvètes. En 71 après J.-C., Aventicum fut nommée Colonia Pia Flavia Constans Emerita Helvetiorum Foederata sous l’empereur Vespasien (39-81). Le territoire fut d’abord rattaché à la province de la Gaule belgique (Gallia Belgica) puis, en 85 après J.-C., à la Germanie supérieure.

La romanisation débuta dans les villes et les élites gallo-romaines – notables Gaulois issus de la romanisation des Gaules – y adhérèrent rapidement. Plus tard, le reste de la population adopta également la culture romaine.

A cette époque, le canton de Vaud fut une importante voie commerciale avec le Rhône, le lac Léman et le col du Grand-Saint-Bernard (anciennement appelé col du Mont-Joux) et la liaison entre l’Italie et le nord-ouest de l’Europe.

Le premier royaume de Bourgogne

Vers 401, les Romains quittèrent la région, abandonnant ainsi le territoire à la tribu germanique des Burgondes. Ils fondèrent le premier royaume de Bourgogne (443-534). Cependant, cette tribu germanique parla le gallo-roman, ancêtre de la langue française.

Les Francs

Vers 534, les Francs occupèrent le Pays de Vaud (Pagus Waldensis). À ce moment-là, ce fut l’avènement des premiers évêques : Marius d’Avenches fut d’abord évêque d’Avenches, puis devint le premier évêque de Lausanne.

Le monastère de Romainmôtier fut fondé au Ve siècle et le monastère de Baulmes – disparu depuis lors – au VIIème siècle. Des monastères et des églises furent également édifiés à Payerne, Lutry, Vevey, La Tour-de-Peilz, Saint-Prex, Cheseaux-sur-Lausanne et Saint-Saphorin.

Le second Royaume de Bourgogne

Après l’Empire carolingien (751-888), la région fit partie du second Royaume de Bourgogne (888-1032). En 1033, Conrad II, roi de Bourgogne, fut couronné à Payerne.

Le Saint-Empire romain germanique

À partir de 1032, le Pays de Vaud fut rattaché au Saint-Empire romain germanique puis devint la propriété des comtes de Savoie au XIIème siècle après avoir été disputé, outre par les comtes de Savoie, par les comtes de Genève, l’évêque de Lausanne et le duc de Zähringen.

Les abbayes – surtout celles de Lausanne et de Romainmôtier – jouèrent un rôle politique et militaire important lors de l’installation des comtes de Savoie dans le Pays de Vaud.

Maison de Savoie

De 1207 à 1536, les comtes et ducs de la maison de Savoie gouvernèrent le Pays de Vaud. Les carrés savoyards — châteaux édifiés en terre vaudoise, caractéristiques de cette période — et le Château de Chillon datent de cette époque.

Les guerres de Bourgogne (1474-1477) furent la première grande bataille, menée par Berne et Fribourg, opposant la Savoie aux Confédérés.

La Savoie se rangea du côté du duc de Bourgogne, Charles le Téméraire (1433-1477). Charles le Téméraire perdit la bataille de Grandson opposant l’armée bourguignonne aux Confédérés suisses. Il fut tué lors de la bataille de Nancy, soulageant l’Europe de l’inquiétude suscitée par ses ambitions.

La Savoie dut céder des territoires du Pays de Vaud à Berne et Fribourg : Orbe, Aigle, Ollon, Bex, Les Ormonts, Échallens, Montagny-près-Yverdon, Grandson et Morat. C’est alors que se développa le bilinguisme.

Dès 1536, le Pays de Vaud, à l’instigation des autorités du canton de Berne, adopta la Réforme protestante. Toutefois, quelques villes et villages restèrent catholiques et le Pays de Vaud appréhenda la tolérance confessionnelle.

Berne

En 1536, les Confédérés conquirent le Pays Vaud, sans affrontement, alors possession de la Savoie. Leurs Excellences de Berne administrèrent le territoire jusqu’à la fin du XVIIIème siècle.

La région fut découpée en bailliages et l’administration bernoise du Pays de Vaud fut structurée ainsi : les gouvernements d’Aigle et de Payerne et les bailliages d’Aubonne, d’Avenches, de Bonmont, de Gessenay, de Grandson, de Lausanne, de Morges, de Moudon, de Nyon, d’Orbe-Echallens, d’Oron, de Romainmôtier, de Vevey, d’Yverdon.

L’administration des bailliages était confiée aux seuls baillis et aux secrétaires baillivaux bourgeois de Berne, ainsi qu’aux notables locaux.

L’époque française

Napoléon Bonaparte envahit le Pays de Vaud en novembre 1797 et le 24 janvier 1798, le Pays de Vaud accéda à l’indépendance. Au matin du 24 janvier, le comité central proclama la République lémanique et fit flotter le drapeau vert et blanc avec l’inscription « République lémanique, Liberté, Égalité ». Le terme de « République lémanique » ne s’imposa cependant pas. Ce fut la fin de l’ère bernoise en pays vaudois.

La domination française exercée après l’invasion de 1798, réforma la Suisse en la transformant en un Etat unitaire – tous les citoyens sont soumis au même et unique pouvoir – appelé République helvétique jusqu’en 1803.

Le canton de Vaud

Le 19 février 1803, par l’Acte de médiation rédigé à l’instigation de Napoléon Bonaparte, une nouvelle constitution fut attribuée à la Suisse, après l’échec de la République helvétique.

La Suisse – avec le Pays de Vaud – redevint une confédération d’États, chacun des dix-neuf cantons disposant de sa Constitution et beaucoup recouvrèrent leurs droits de souveraineté de l’époque antérieure à 1798.  Cette confédération fut dissoute en décembre 1813 à la suite de l’arrivée des troupes autrichiennes, qui y restèrent jusqu’en mai 1814.

Le Grand Conseil et le gouvernement du canton du Vaud

1815-1900

La Diète constitua la nouvelle Confédération, établie par le Pacte fédéral (Bundesvertrag) de 1815 qui unit les vingt-deux cantons souverains de la Confédération suisse – dont le canton de Vaud – et servit de loi fondamentale entre 1815 et 1848.

Le canton de Vaud adhéra, de fait, au système politique de la Confédération suisse. Les innovations politiques de 1830-1848, période de la Régénération, progressèrent, notamment avec le suffrage universel masculin, le droit de vote en matière communale, cantonale et sur le plan fédéral avec l’initiative et le référendum.

En 1874, lors de la première révision de la Constitution fédérale, fut ajouté le droit de référendum facultatif. En 1893, l’initiative populaire fédérale a été adoptée : elle permet de provoquer un changement constitutionnel sans devoir consulter ni obtenir l’approbation des autorités fédérales.

Lors de son centenaire en 1903, le canton de Vaud était une région industrialisée avec diverses multinationales comme, par exemple, Nestlé, à Vevey, et la région viticole de Lavaux. À cette époque, le canton comptait environ 300 000 habitants. En 2021, la population du canton de Vaud s’élève à 800 000 habitants.

Plusieurs villes – cosmopolites – telles que Montreux, Vevey, Lausanne, Morges et Nyon ont acquis une renommée internationale et ont ainsi gagné en habitants.  Entre 1850 et 1890, les lignes de chemin de fer reliaient tous les lieux importants et les grands hôtels se sont développés de manière spectaculaire.

L’un des plus anciens clubs de golf du pays, fondé en 1900, est situé à Aigle, mais il est cependant appelé Golf Club Montreux parce que les joueurs y avaient leur hôtel ou leur résidence.

Le drapeau

Dès le 24 janvier 1798, un drapeau entièrement vert flotta au 21, place de la Palud, à Lausanne. L’Assemblée provisoire proposa, en 1803, de son côté, le drapeau vert et blanc, avec la devise du canton de Vaud « Liberté et Patrie » inscrite dans le champ supérieur.

Le 14 avril 1803, l’une des toutes premières décisions du Petit Conseil (exécutif) fraîchement élu fut de définir le drapeau.

(Source : L. Hubler, Histoire du Pays de Vaud, Lausanne 1991).

Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice.

Le canton de Genève

La région de l’actuel canton et de la ville de Genève fut habitée vers 10 000 avant J.-C. Au 9ème siècle avant J.-C., le niveau du lac Léman augmenta de 5 mètres et les habitants quittèrent la région. Au 2ème siècle avant J.-C., la tribu celte des Allobroges s’installa sur les rives du lac et la colline de la ville actuelle.

L’époque romaine

En 121 avant J.-C., les Romains conquirent Genève et ses environs qu’ils intégrèrent à la Gaule transalpine (Gallia Transalpina), puis, en 22 avant J.-C. à la Gaule narbonnaise (Gallia Narbonensis) de l’empereur Auguste (63 av. J.-C. -14 apr. J.-C.).

Pendant la Pax Romana, le vicus de Genava continua de s’étendre, surtout sur la rive gauche. Le nom lac Léman provient du latin Lacus Lemanus.

Genève fut déjà une importante voie commerciale reliée à l’Italie, à l’est de la France et au nord de l’Europe. Le lac Léman, le Rhône et d’autres routes commerciales permirent de rejoindre Avenches (Aventicum), Augst (Augusta Raurica), Nyon (Noviodunum) et Lausanne (Lousonna).

Le christianisme

Les fondements du christianisme apparurent au IIIème siècle. La première mention d’un évêque date du IVème siècle et le premier évêque attesté au début du siècle suivant, soit vers 400, se nomma Isaac.

La première cathédrale remonte à la fin du IVème siècle (350-375).  (voir aussi le site archéologique : www.site-archeologique.ch).

Le royaume des Burgondes

Au Vème siècle, Genève fut déjà une importante cité épiscopale. A cette époque, la ville fit partie du royaume burgonde (443-534). Son territoire s’étendait d’Avignon au sud à Langres au nord, jusqu’au Rhin à l’est et jusqu’à la Loire à l’ouest.

Genève fit partie de la région appelée Sapaudia – le pays des sapins qui donnera plus tard le nom de Savoie – comprise entre le Jura et les Alpes, soit l’espace situé entre l’Ain, le Rhône, la région du Léman, le Jura et le bassin de l’Aar jusqu’au Rhin, à savoir la plus grande partie du plateau suisse actuel.

En 534, le royaume burgonde fut capturé par les Francs.

En l’an 563, un pan d’une grande montagne en Valais, le Tauredunum, située dans le massif du Grammont s’écroula, détruisant plusieurs villages alentour. Il s’ensuivit un tsunami dévastateur qui balaya le lac Léman et inonda Genève.

Les Mérovingiens, les Carolingiens et le Saint-Empire romain germanique

Les royaumes des Mérovingiens (534-751) et des Carolingiens régnèrent jusqu’en 888. De 888 à 1032, l’évêché de Genève fit partie du second royaume de Bourgogne.

En 1032, le dernier roi Rodolphe III (970-1032) mourut sans descendance et légua ses possessions, dont Genève, au Saint-Empire romain germanique. Toutefois, le pouvoir resta aux mains du seigneur local, le comte.

En 1124, à la faveur du traité de Seyssel, le comte de Genève reconnut l’indépendance du pouvoir temporel sur la cité de Genève à l’évêque.

En 1162, l’empereur Frédéric Barberousse (1122-1190) accorda à Genève l’immédiateté impériale (Reichsunmittelbarkeit), soit le statut de « ville libre d’Empire ».

Savoie

En 1250, le comte de Genève dut céder au comte de Savoie, entre autres, le Château du Bourg-de-Four. Cependant le comte de Genève continua à résister et fut à nouveau en guerre contre Savoie.

1477-1798

Impliquée par son évêque aux côtés du duc de Bourgogne dans la guerre de Bourgogne, Genève fut menacée par les Suisses après leur victoire et condamnée en 1475 à payer une forte amende.

L’évêque se tourna alors vers les vainqueurs et conclut le 14 novembre 1477 un traité de combourgeoisie – traité temporel – avec les villes de Berne et Fribourg. Il s’agit du premier acte officiel entre Genève et les cantons suisses.

En 1536, Genève, annexée par les Suisses au détriment du duc de Savoie, adopta la Réforme protestante. L’évêque quitta la ville et le diocèse fut supprimé.

En 1536, Jean Calvin, né Jehan Cauvin (1509-1564) fut appelé à Genève pour y renforcer la Réforme. La petite république va dès lors devenir le siège européen du calvinisme.

En 1602 se déroula l’Escalade qui vit la victoire de la république protestante de Genève sur les troupes du duc de Savoie Charles-Emmanuel 1er (1562-1630) lors de l’attaque lancée dans la nuit du 11 au 12 décembre. La célébration annuelle de cet événement fait partie des traditions genevoises.

Jusqu’à l’annexion de Genève à la France en 1798, il y eut plusieurs conflits militaires et traités de paix – rompus – avec la Savoie. En effet, le roi de France, l’Espagne des Habsbourg, la Confédération des XIII cantons furent engagés dans une situation internationale compliquée.

L’époque française

Genève connut une période sans conflits armés pour des motifs religieux, ce qui fut remarquable dans l’Europe des XVIIème et XVIIIème siècles. Une exception : les batailles de Villmergen qui opposèrent les cantons protestants aux cantons catholiques de la Confédération des XIII cantons le 24 janvier 1656 et le 24 juillet 1712 sur le territoire de la commune de Villmergen (canton d’Argovie).

Du 26 avril 1798 au 31 décembre 1813, Genève fit partie du département du Léman, ancien département français comprenant notamment des territoires de l’actuel canton de Genève et des actuels départements de l’Ain et de la Haute-Savoie en France. En 1815, le canton de Genève rejoignit la Confédération suisse.

1815-1860

Bien que le canton de Genève, francophone, soit situé à l’extrême ouest de la Suisse et presque entièrement entouré de territoires français, il n’a jamais fait partie de la France, excepté durant la période de 1798 é 1813 lorsqu’il fut intégré au département du Léman.

En mars 1815, le Congrès de Vienne et les puissances européennes reconnurent la neutralité perpétuelle de la Suisse et lui attribuèrent, outre les cantons de Neuchâtel et du Valais, le canton de Genève.

Lors de la dissolution du royaume de Sardaigne (1720-1861), la Suisse romande et Berne voulurent rattacher les régions françaises du Chablais et du Faucigny à la Confédération. Par le traité de Turin du 24 mars 1860 et un plébiscite (les 22 et 23 avril 1860), le Chablais et Faucigny furent attribués à la France.

Le drapeau

Les éléments du drapeau du canton de Genève sont une demi-aigle noire, couronnée sur fond jaune et une clé jaune sur fond rouge. L’aigle, éployée et couronnée, symbolise le pouvoir impérial de l’évêque et fait référence à l’aigle des armoiries du Saint-Empire romain germanique.

La clé est un attribut de l’apôtre saint Pierre, patron de l’Eglise de Genève et de la cathédrale de la ville.

La révolution genevoise, qui éclata en décembre 1792, amena l’adoption de trois couleurs : le rouge et le jaune séparés par un filet noir.  Lorsque la République de Genève devint un canton suisse en 1815, les couleurs jaune et rouge, le drapeau avec la demi-aigle et la clé furent confirmés par le Grand Conseil de la République et canton de Genève.

Sources : G. Andrey, La Suisse Romande. Une histoire à nulle autre pareille, Pontarlier,2012 ; M. César, Histoire de Genève. Tome I, Neuchâtel 2014) ; C. Barbier, P.-F. Schwarz, Atlas historique du pays de Genève, La Salévienne, 2014).

Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice.

(English) Grand-Hotel Giessbach

Le Grandhôtel Giessbach est un bijou, dominant le lac de Brienz, à proximité des légendaires chutes du Giessbach.

Le plus ancien funiculaire d’Europe et le propre débarcadère de l’hôtel constituent également une attraction unique.

Nombreux étaient alors les visiteurs dès les années 1800 qui traversèrent le lac de Brienz en bateau afin de se faire conduire jusqu’aux cascades. Celles-ci furent éclairées à partir de 1840 et le premier hôtel y fut érigé en 1857.

La dynastie hôtelière Hauser fit construire le Grandhôtel de Giessbach par l’architecte Horace Edouard Davinet (1839-1922).

L’hôtel disposait alors de sa propre centrale au gaz, d’une importante buanderie, de plusieurs salles de bains et toilettes, ainsi que d’un passage couvert construit dans un style «forestier-rustique».

L’accessibilité au site fut ensuite améliorée avec l’inauguration en 1879 d’un funiculaire qui permit à la clientèle de rejoindre directement l’hôtel depuis le débarcadère. L’hotel ferme ses portes en 1979.

La fondation Giessbach a pu ainsi acheter en 1983 le domaine de Giessbach et le Grandhôtel de Giessbach, après avoir été restauré avec le soutien des services des monuments historiques (Denkmalpflege), rouvrit ses portes l’année suivante. Depuis, le funiculaire, le plus ancien de Suisse, a été lui aussi restauré.

(Source et plus d‘informations: https://swiss-historic-hotels.ch).