Le Parc national suisse

Le Parc national suisse (PNS), situé dans le canton des Grisons, dévoile un paysage alpin impressionnant et recèle une grande richesse au niveau de sa faune et de sa flore. Avec ses 170 km2, il est la plus grande réserve naturelle du pays et, fondé en 1914, il est le parc national le plus ancien des Alpes et d’Europe centrale.

Une faune diversifiée

Le Parc national accueille une étonnante diversité d’animaux, tels que chamois, cerfs et marmottes. La flore alpine égaie les chemins de ses couleurs éclatantes qui éveillent les sens. De nombreux itinéraires pédestres de difficultés variables procurent aux randonneurs de multiples possibilités de randonnées.

Le Centre des visiteurs du Parc National Suisse offre quantité d’informations. En arpentant les quatre salles d’exposition vous découvrirez le Parc national, sa faune et sa flore, son histoire et l’ampleur infinie de la nature sous des aspects inattendus qui vous étonneront.

Le Parc national est depuis 1979 une réserve de biosphère de l’UNESCO et l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature l’a inscrit sur sa Liste verte en avril 2021, saluant ainsi le rôle de cette zone « dans l’arrêt des pertes dramatiques de biodiversité ».

En effet, la biodiversité a subi des pertes importantes dans tous les écosystèmes de la planète durant les dernières décennies, essentiellement dues à l’utilisation des ressources naturelles par l’homme.

Depuis 2010, la Biosphère Val Müstair et le Parc national suisse constituent la Réserve de biosphère Engiadina Val Müstair.

Source et plus’d informations: Home Page – Parc National Suisse (nationalpark.ch)

Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice.

La démocratie suisse

Le 98ème congrès de l’Organisation des Suisses de l’étranger (OSE) s’est tenu du 19 au 21 août 2022 à Lugano (canton du Tessin). Les thèmes centraux abordés étaient la démocratie et les évolutions européennes et mondiales ainsi que la place et le rôle de la Suisse et des Suisses de l’étranger.

 Les conférences

Quelques 400 participants ont assisté aux diverses conférences et ont eu la possibilité de côtoyer des personnalités suisses de la scène politique, économique et scientifique qui ont présenté leurs conclusions. Les discussions se sont portées sur le fonctionnement et l’adaptation du système démocratique suisse, les « fake news » et la démocratie, le droit de vote des jeunes de 16 ans et le vote électronique. Après l’intervention des experts, les participants ont pu débattre de ces sujets lors de quatre workshops.

Filippo Lombardi, président de l’OSE.

 Discours d’ouverture

Filippo Lombardi, président de l’OSE, a ouvert le colloque le 20 août 2022 en présence de représentants du canton et d’organisations de la société civile.

Dans son discours du 21 août, le président de la Confédération Ignazio Cassis a souligné le caractère unique de la démocratie directe en Suisse et ses défis. Après une brève introduction sur la démocratie européenne et mondiale de 1800 à nos jours, il a souligné que la démocratie était aujourd’hui sous pression. Mais, en dépit des nombreuses incertitudes et crises, il n’y a aucune raison d’être pessimiste à ce sujet.

Il voit cela comme un processus fluctuant avec des hauts et des bas. Aujourd’hui plus de personnes vivent sous des régimes dictatoriaux. Les démocraties libérales ont toutefois un avantage incontestable : elles permettent de corriger les développements erronés et offrent la capacité à s’adapter à de nouvelles circonstances. Il ajoute que l’une des plus grandes forces des démocraties libérales est le dialogue critique avec les citoyens.

Dans le monde global et ses problèmes transfrontaliers, la coopération multilatérale et européenne est aujourd’hui absolument nécessaire. Or, de nombreuses organisations internationales ont été créées à une autre époque et peinent à réformer et à matérialiser cette coopération.

Que cela signifie-t-il pour la démocratie en Suisse et donc pour la « Cinquième Suisse »(terme qui désigne les Suisses de l’étranger) ? La démocratie directe n’est pas tombée du ciel.

Elle est le fruit d’une histoire multiple et complexe, en lien direct avec d’autres aspects de la politique suisse, comme le fédéralisme et le sens du consensus. Elle doit être constamment entretenue et adaptée.

La démocratie n’est pas seulement une démocratie pour le peuple, mais aussi une démocratie par le peuple. Ainsi, bien qu’elle permette au peuple d’exercer directement le pouvoir, il appartient aussi au peuple de prendre soin d’elle.

C’est en s’appuyant sur ce précepte que les experts ont exprimé leurs opinions lors du 98ème congrès de l’OSE et que les participants ont traité ces différents thèmes.

Les Suisses à l’étranger

Selon les données de l’OSE, près de 780’000 Suisses sont établis à l’étranger et environ 450’000 d’entre eux vivent dans des pays de l’Union européenne. Il n’est donc pas surprenant que les relations entre l’UE et la Suisse aient été à l’ordre du jour de ce congrès. En effet, les Suisses de l’étranger craignent pour l’avenir de leur libre circulation au sein de l’Union européenne. Ils ont demandé au Conseil fédéral de définir une stratégie claire et transparente pour assurer son maintien. Selon Filippo Lombardi, ce thème figure en tête de liste des priorités. « Nous voulons que le Conseil fédéral fasse tout son possible pour trouver une solution » a-t-il dit.

Pour les Suisses de l’étranger, le vote par correspondance n’est pas toujours possible car la bonne réception dans les délais appropriés de l’enveloppe contenant le matériel de vote dépend des services postaux locaux et nationaux. Parfois, ce courrier arrive trop tard. Ce problème doit être réglé dans les meilleurs délais.

De plus, le mode d’émigration a changé. Jusqu’en 1960, les Suisses partaient définitivement ailleurs. Aujourd’hui, de plus en plus de Suisses passent un certain temps dans un pays étranger, avant de revenir. Dès lors, chaque année, environ 40’000 citoyens quittent la Suisse et 30’000 y reviennent.

Le vote électronique et les informations sur internet incitent les Suisses de l’étranger à s’engager activement pour leur pays.

 Les étrangers en Suisse

Un aspect intéressant est le parallèle établi par l’un des experts entre les Suisses de l’étranger et les étrangers en Suisse. La plupart des étrangers vivant en Suisse ne possèdent pas de passeport suisse et n’ont donc pas le droit de vote et d’éligibilité, ce qu’il y a cependant lieu de relativiser.

En effet, selon l’art. 37 de la Constitution fédérale « a la citoyenneté suisse toute personne qui possède un droit de cité communal et le droit de cité du canton ». Le droit de cité, depuis des siècles, est donc triple : nationalité suisse, indigénat cantonal et bourgeoisie communale, le citoyen suisse étant bourgeois d’une commune d’origine, éventuellement de plusieurs communes.

Le droit de cité n’est donc pas accordé d’emblée aux nouveaux arrivants, il s’acquiert soit par naturalisation, soit automatiquement quand les conditions prévues par la loi sont remplies. Au XIXème siècle, les citoyens suisses ne pouvaient pas voter dans le canton où ils étaient établis s’ils n’en étaient pas originaires.

Le parallèle a été fait avec le suffrage féminin, également évoqué : le droit de vote et d’éligibilité n’a été accordé aux femmes qu’en 1971, par un corps électoral encore exclusivement masculin. La principale raison de ce retard de la Suisse sur les autres pays européens était l’importance de la démocratie directe dans le système politique. Là aussi, il a fallu rappeler le contexte.

Il s’agit, en tout cas, d’un point important et d’actualité, tout comme le vote électronique, qui comporte également des risques encore imprévisibles et méconnus, la question des fake news et de la démocratie. Le droit de vote des jeunes dès 16 ans fait l’objet de débats nourris car il ne va pas de soi.

Ariane Rustichelli, directrice de l’OSE

Le mot de la fin revenait à Ariane Rustichelli et Filippo Lombardi, respectivement directrice et président de l’OSE. Ariane Rustichelli, a résumé les discussions intervenues. Les cantons sont traditionnellement les jardins expérimentaux de la démocratie – directe. En ce qui concerne le droit de vote passif et actif des étrangers au niveau communal et parfois cantonal, ce sont surtout les cantons francophones qui ont pris les devants.

Quant au vote électronique, il sera d’abord testé dans les cantons, puis la Confédération fixera les conditions dans lesquelles il sera possible de proposer le vote électronique dans le cadre d’un scrutin fédéral. Ainsi, déplore Ariane Rustichelli, l’année prochaine encore, de nombreux Suisses de l’étranger ne se rendront pas aux urnes, car après deux décennies de travail, aucun système de vote électronique n’a encore été introduit de manière pérenne.

Conclusion

Ce 98ème congrès de l’Organisation des Suisses de l’étranger (OSE), bien organisé, a été inspirant et fructueux. La ville de Lugano a également accueilli les 4 et 5 juillet dernier la conférence sur la reconstruction de l’Ukraine, qui s’est achevée sur un bilan positif. Lugano, capitale du canton du Tessin, avait élaboré en 1830 la constitution la plus démocratique de Suisse.

A Locarno, dans le même canton, s’est tenue les 15 et 16 octobre 1925, une conférence internationale qui réunissait les représentants de la France, de l’Allemagne, de la Belgique, de la Grande-Bretagne, de l’Italie, de la Tchécoslovaquie et de la Pologne. Les accords signés visaient à assurer la paix en Europe occidentale. Et avec succès jusqu’en octobre 1929, lorsque survint la crise boursière.

Pour terminer Filippo Lombardi s’est adressé non seulement aux 400 participants au congrès mais aussi aux plus de 780’000 Suisses de l’étranger qui n’endossent pas seulement le rôle d’ambassadeurs mais prennent également activement part à la démocratie directe de la Suisse par le biais des élections et des votations : un gage de leur attachement à leur patrie d’origine.

Et si leur expérience à l’étranger pouvait contribuer à maintenir et, le cas échéant, à adapter et améliorer le système démocratique en Suisse et pourquoi pas inspirer le système politique de leurs pays de résidence ?

Ce qui vaut en Suisse vaut pour les Suisses de l’étranger : la démocratie pour le peuple, mais aussi par le peuple.

La langue romanche

Une petite remarque : la Suisse compte trois langues officielles (italien, allemand et français) et quatre langues nationales avec le romanche, langue la plus ancienne encore parlée dans les Grisons qui fait partie de l’identité suisse.

Les Grisons qui ont émigré à l’étranger aux XVIIIème et XIXème siècles ont gagné leur place dans l’histoire de la Suisse, de l’Europe et du monde, en raison de leurs innovations culinaires et du développement d’hôtels, de restaurants et de cafés de renommée mondiale.

En outre, en tant que canton dans lequel la Landsgemeinde fut jadis pratiquée, les Grisons sont un berceau de la démocratie directe. La langue romanche regroupe cinq idiomes encore parlés aujourd’hui. Une version standardisée du romanche, le rumantsch grischun, a été introduite en 1982 pour apporter aux Romanches une forme écrite commune.

Serait-il envisageable de rendre hommage à la langue romanche lors du prochain congrès de l’Organisation des Suisses de l’étranger ? Certes, une langue minoritaire, mais qui constitue un élément fondamental de l’identité helvétique.

(Plus d’informations: https://www.swisscommunity.org)

Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice.

Le bridge en Suisse

Respectivement jusqu’en 1795 et 1798, les Pays-Bas étaient une république constituée de sept provinces souveraines et la Suisse était une république qui comptait treize cantons souverains.

Lors du traité de Westphalie en 1648, tous deux ont été reconnus comme des États indépendants. Des relations diplomatiques, militaires et économiques étroites existaient entre les deux pays, leurs provinces et leurs cantons.

Des mercenaires suisses – protestants – au service de l’armée de la République des sept provinces unies ont découvert un jeu de cartes néerlandais : le klaverjassen.

La garde suisse aux Pays-Bas en 1752. Source: Cent suisses retousched – Schweizer Truppen in niederländischen Diensten – Wikipedia

Ils ont introduit ce jeu en Suisse sous le nom de jass avec le neuf d’atout (nell) et le valet d’atout (buur). Le jass est très populaire en Suisse où il est considéré comme le jeu de cartes national. Cependant, un nouveau jeu de cartes – le bridge – a vu le jour pendant l’entre-deux-guerres (interbellum), période allant de 1918 à 1939.

Des touristes anglais ou américains l’ont probablement apporté en Suisse dans les années 1925-1930. Où a-t-on joué au bridge pour la première fois ? Etait-ce dans les grands hôtels Kulm ou Badrutt’s Palace à Saint-Moritz, à l’hôtel Baur au Lac de Zurich, au Montreux Palace, à l’hôtel Val Sinestra, à Sent ou dans les résidences à Berne ? On ne le sait pas. Toutefois, on peut encore voir quelques traces du jeu de bridge de cette époque au musée de l’hôtel Belle-Epoque Waldhaus à Flims.

Ou alors était-ce au Suvretta House à Saint-Moritz où le bridge, avec lequel il a une longue histoire, y tient aujourd’hui encore une place de choix ? En effet, le premier tournoi international de bridge organisé en Suisse s’y est déroulé en 1941.

Suvretta House et la Chambre de bridge: Source:Suvretta House. Photo: TES

Quoi qu’il en soit, il est établi que l’Américain Harold Stirling Vanderbilt (1884-1970) a conçu le bridge contrat en 1925 lors d’une traversée de l’Atlantique. En 1930, une équipe anglaise dirigée par le lieutenant-colonel Walter Buller (1886-1938) a défié une équipe dirigée par l’Américain Ely Culbertson (1891-1955).

La rencontre s’est déroulée au Almack’s Club de Londres. Elle a eu un retentissement extraordinaire et a fait la une des médias avec des articles du célèbre bridgeur allemand Emanuel Lasker (1868-1941).

Georg Tafler, Bridge als Spiel und Kunst, Vienne, 1930.

Le bridge contrat de Harold Stirling Vanderbilt a été reconnu en 1935 comme système de bridge international par les principales organisations de bridge du monde : le Portland Club of London, le Whist Club of New York et la Fédération française de bridge.

Le célèbre détective belge Hercule Poirot jouait également au bridge (Agatha Christie, Poirot reprend la main. Poirot joue le jeu + Cartes sur table, Payot 2016. Agatha Christie Cards on the table, Londres 1936).

Pourtant, le bridge n’a connu la consécration en Europe et en Suisse qu’en 1947 avec la création de la Ligue européenne de bridge (European Bridge League – EBL), dont le siège est à Lausanne.

Puis, ont été fondées le 18 mars 1950 la Fédération suisse de bridge (FSB) et en août 1958 la Fédération mondiale de bridge (World Bridge Federation – WBF), également basée à Lausanne et reconnue par le Comité international olympique (CIO).

Juan Antonio Samaranch (1920-2010), président du CIO de 1980 à 2001, a déclaré lors du lancement des compétitions pour le Grand Prix du CIO en 1998 que le bridge était un sport de réflexion et de compétition. Le Grand Prix du CIO, qui se déroulait jusque-là dans ses murs, à Lausanne, a été organisé lors des Jeux olympiques d’hiver de 2002 dans l’Utah (États-Unis).

La délocalisation de cette épreuve n’avait rien de fortuit : elle devait servir à la campagne menée par le bridge depuis plusieurs années pour accéder au programme olympique. Les sports de démonstration n’étant plus admis aux Jeux, il fallait trouver des occasions de se montrer auprès de la famille olympique.

Le bridge occupe une place importante dans la vie sociale en Suisse. La FSB compte environ 3’500 membres et 52 clubs.

Les équipes suisses de bridge participent aux championnats d’Europe et du monde, aux World Mind Sports Games, une sorte de jeux olympiques pour les bridgeurs, aux championnats nationaux, régionaux et locaux ainsi qu’à des tournois au sein des clubs et dans les villes.

   

European Bridge League, Lausanne. Photo: Headquarters | European Bridge League (eurobridge.org) et le logo de la Fédération mondiale de bridge.

Les bridgeurs suisses Gerry Link et Max Saesseli ont remporté le championnat d’Europe seniors par paires en 1993. Lors des championnats européens par équipes en 2016, les équipes suisses ont atteint la troisième et la cinquième place.

Allschwil, Bridgeclub Quodlibet

Championne du monde

Et la Suisse est même devenue deux fois championne du monde en 2022 : en avril, l’équipe suisse a remporté le championnat du monde et en août, une équipe helvético-grecque a remporté le championnat du monde des moins de 31 ans.

La FSB a en compétition pour les clubs la Série A – la plus haute – et la Série B avec huit équipes chacune. Celles-ci jouent deux week-ends en novembre, Round Robin (toutes les équipes jouent les unes contre les autres), le troisième week-end a lieu les finales et les matchs de barrage.

Cercle de Bridge du Littoral Neuchâtelois 

Les ligues inférieures I-IV sont, quant à elles, réparties géographiquement (est, sud, nord-ouest, nord-est et Suisse centrale). Ces ligues sont divisées en équipes qui jouent lors de deux week-ends sur la base d’un tournoi à la ronde avec possibilité de promotion et de relégation.

Le multilinguisme du pays joue également un rôle dans le bridge. Dans la plupart des clubs de bridge et certainement lors des tournois régionaux, les enchères et la communication se font souvent dans les trois langues nationales, allemand, français, italien et en anglais, même parfois en romanche. Par exemple, pique : pik, picche, palas et spades; cœur : herz, cuori, cours et hearts; carreau : karo, quadri, pizs et diamonds et trèfle : kreuz,  fiori, cruschs et clubs.

 

Basler Bridge Gesellschaft

Le nom de la Fédération suisse de bridge est en français, mais son siège est à Zurich, ville germanophone. Les conventions et les techniques de jeu ne sont pas particulièrement différentes de celles des autres pays. L’âge moyen des bridgeurs – environ 72 ans – est également le même, soit en majorité des personnes âgées mais tout de même aussi quelques jeunes.

Les tournois internationaux les plus prestigieux ont lieu chaque année à Saint-Moritz, Crans-Montana, Genève et Zurich.

Source: Fédération Suisse de Bridge, Zurich; Kulm Hotel et Suvretta House, Saint-Moritz, Belle-Époque hotelmuseum Waldhaus, Flims.

Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice.

La vie d’une vache en Suisse

Au Pays-Bas, la question de l’élevage qui suscite consternation et polarisation a quasi atteint son point culminant. A cet effet, voir ce qui se passe de l’autre côté de la frontière, notamment en Suisse, est toujours utile.

L’initiative populaire

Grâce au grand engagement des citoyens suisses, le pays est à l’avant-garde en ce qui concerne les exigences en matière de bien-être des animaux au sein des élevages, notamment l’accès à l’air libre, le nombre, l’alimentation, les stalles, le transport et l’abattage.

Le nombre maximum d’animaux autorisé est déjà fixé par la loi. Ainsi, les exploitations peuvent détenir jusqu’à 300 bovins, 1’ 500 porcs, 18’000 poulets et 27’000 poulets de chair, jusqu’à 28 jours d’engraissement.

Le 25 septembre 2022, dans le cadre de votations fédérales, les citoyens s’exprimeront sur une initiative populaire qui veut interdire l’élevage intensif en Suisse, quand bien même la législation sur l’élevage en Suisse est considérée comme la plus sévère au monde.

Le Conseil fédéral et le Parlement qui regroupe le Conseil national et le Conseil des Etats ont édicté leur recommandation à ce sujet et proposent de rejeter l’initiative considérant que les animaux de rente sont déjà très bien protégés. La décision finale appartiendra au peuple. Le Conseil fédéral a proposé un contre-projet à cette initiative qui, cependant, n’a pas trouvé de soutien au Parlement. Il ne sera donc pas soumis au vote.

Kanton Neuchâtel, La Sagne. Foto: TES.

La vie de la vache suisse

La vie de la vache suisse même sans initiative mais avec des subventions des cantons et de la Confédération est, en général, digne. Du fait de la structure de ses exploitations agricoles et de sa législation, la Suisse dispose de troupeaux de très petite taille, ce contribue à la santé de l’être humain et de l’animal, à la conservation de la nature, à la protection de l’environnement, à la réduction du taux d’implication de l’agriculteur et à son indépendance vis-à-vis des banques.

Cela ne signifie pas pour autant que la situation est idéale. En Suisse aussi, l’élevage industriel se développe et engendre un conflit d’intérêts entre la nature et l’économie, l’agriculteur et le citadin, sans compter les nuisances, les dangers sanitaires et la pollution de l’environnement. L’utilisation d’antibiotiques dans les élevages et de pesticides dans l’agriculture font également l’objet de discussions et d’initiatives populaires.

La politique

Comment faire face à ces problèmes en apportant une réponse politique, telle est la question. Le dialogue permanent entre les agriculteurs, les citoyens et le gouvernement (communal, cantonal et fédéral), le respect, l’engagement et l’intérêt des citadins pour l’agriculture et la nature en général caractérisent l’approche suisse.

Le citadin se rend également compte que les agriculteurs nourrissent la population depuis des siècles, qu’ils ont toujours fourni un dur labeur dans des conditions souvent difficiles sans rouler sur l’or. En été, par exemple, le bétail des régions de montagne accompagne le fermier ou la fermière dans les pâturages alpins où l’herbe est tendre, parfois jusqu’à la limite des arbres ou même au-delà, que le temps soit clément ou pas, ce qui n’est pas toujours idyllique à 2’000 mètres d’altitude en été.

L’agriculteur loge dans un chalet, petite construction en bois, devenu un terme générique pour les maisons en bois édifiées dans le pays au XIXème siècle, grâce aux touristes.  Lors de leur retour en plaine nommé la désalpe, tradition ancestrale qui s’est transformée ces dernières années en une grande fête populaire qui attire une foule dense, le fermier et ses vaches sont accueillis en héros.

L’arrivée des agriculteurs et ses vaches, Bâle, le 15 juillet 2022

 ‘le ranz des vaches‘ pour les agriculteurs et ses vaches.

Et le départ, le 15 juillet 2022. 

Conclusion

Il est vrai que, finalement, le même sort attend la vache en Suisse et celle des Pays-Bas, à savoir l’abattoir puisqu’elles sont destinées à la consommation. Cependant, la vache suisse vit plus longtemps et dans de meilleures conditions que ses congénères dans d’autres pays : telle est la volonté des citoyens – souverains – et du gouvernement.

L’agriculture fait aujourd’hui partie des débats politiques au même titre que l’énergie, les soins de santé, les transports publics ou l’éducation. Ainsi, la vache – ou la poule – participe de façon significative au fonctionnement d’un pays tant sur les plans constitutionnel que politique.

Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice.

Impression d’une désalpe 

Le val Bregaglia et ses pâtissiers

Le canton des Grisons est le seul canton trilingue de Suisse (allemand, italien et romanche). L’allemand est la langue parlée par la plupart des habitants. La langue romane a été peu à peu remplacée par l’allemand au cours des siècles.

L’italien est principalement utilisé dans quatre vallées du canton : la Mesolcina, la Calanca, la Bregaglia et le Val Poschiavo, qui forment ainsi les Grisons italiens. Plus de 60’000 personnes emploient encore le romanche.

La majeure partie du val Bregaglia se situe dans le district de Maloja dans le canton des Grisons et la partie inférieure dans la province de Sondrio en Italie. La vallée comprend les anciennes communes suisses de Vicosoprano, Stampa, Bondo et Castasegna, maintenant regroupées dans la commune de Bregaglia, et les municipalités italiennes de Villa di ChiavennaPiuro et Chiavenna.

Patrimoine suisse a décerné le Prix Wakker 2015 à la commune de Bregaglia. Cette vallée grisonne s’est distinguée en mettant l’accent sur une architecture de qualité tout en préservant un paysage intact. Le col de la Maloja n’est pas particulièrement haut puisqu’il se situe à 1800 mètres d’altitude, mais ses pentes sont une formidable frontière naturelle.

A l’époque romaine, la vallée de Bregaglia était déjà un important lieu de stockage pour le commerce nord-sud et elle l’est restée jusqu’en 1798. La Lombardie – qui dépendait de l’Empire autrichien – et les villes de Bergame, Brescia, Crémone, Vérone, Trévise et Padoue, le duché de Milan, Venise, le duché de Savoie, le royaume de Sardaigne et la Confédération suisse des XIII cantons furent ses voisins immédiats.

Le canton des Grisons – qui a perdu des territoires italiens – rejoignit la Confédération suisse en 1803. En effet, de 1512 à 1797, la frontière des Grisons se trouvait plus au sud : Chiavenna, la Valteline (Valtellina) et Bormio furent des territoires occupés par la Confédération. Napoléon Bonaparte créa la République cisalpine en 1797, qui devint en 1802, en englobant ces régions, la République italienne.

L’architecture italienne et les voies de passage du Val Bregaglia escortent le randonneur le long d’un parcours de vingt kilomètres, du col de la Maloja à la frontière italienne, à Chiavenna.

Le spectaculaire paysage de montagne et la vue sur des villages pittoresques et authentiques donnent au randonneur motivation et courage, loin d’être superflus, pour affronter des pentes raides et rocheuses.

Il n’est pas étonnant que cet itinéraire européen constitue la genèse de la vocation de grandes personnalités européennes, à l’instar du célèbre sculpteur, peintre et graphiste moderniste Alberto Giacometti (1901-1966), né à Stampa. Toutefois, aux environ de ce chemin, d’autres villages peuvent s’enorgueillir d’avoir connus de beaux succès économiques et culturels.

Non seulement les marchands ou les mercenaires au service des rois et des princes européens, mais surtout les pâtissiers et confiseurs (Zuckerbäcker) et les fondateurs de restaurants et d’hôtels de renom établis dans diverses capitales européennes ont raconté l’histoire de l’émigration qu’a connu le canton des Grisons aux XVIIIème et XIXème siècles.

L’un des témoins les plus marquants de cet épisode est le Palazzo Castelmur, qui se trouve à Coltura, près de Stampa, dont Giovanni Redolfi (1658-1742) et Giovanni de Castelmur (1800-1871) furent les bâtisseurs.

Aujourd’hui, la maison patricienne de la famille Redolfi, appartient à la commune de Bregaglia qui, en 1961, l’a achetée aux derniers descendants de la famille Castelmur et l’a transformé en musée, ouvert au public durant la saison estivale.

Le musée présente une exposition permanente sur le succès rencontré par les pâtissiers et confiseurs grisons ainsi que l’ameublement et l’intérieur historiques des XVIIIème et XIXème siècles. La Stampa est située à mi-chemin sur le sentier de randonnée qui relie le col de la Maloja à Chiavenna.

Source et plus d’informations: Home – Bregaglia Engadin Turismo

Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice.

Le Piz Amalia en concert

À l’occasion du baptême de la princesse Amalia, princesse héritière des Pays-Bas, en 2004, la commune de Scuol et l’office du tourisme de Basse-Engadine (canton des Grisons) ont donné le nom de la princesse à une montagne jusqu’alors sans nom.
Le nom de Piz Amalia est un symbole de l’amitié entre la Suisse et les Pays-Bas. Dans cet esprit, un festival annuel pour les jeunes musiciens est organisé dans divers lieux des alentours du Piz Amalia depuis l’automne 2015.
De jeunes musiciens du Conservatoire royal de La Haye, sous la direction de Thomas Herrmann, ainsi que du Conservatoire de Winterthur, sous la direction de Valentin Gloor, donneront plusieurs concerts autour du Piz Amalia, à Winterthour et à La Haye.
Le directeur artistique du festival est Anthony Zielhorst. Deux pièces musicales ont été composées spécialement pour le festival.
Programme du concert 2022 :
• Mercredi 14 septembre, 19h00 Conservatoire de Winterthour ;
• Vendredi 16 septembre, 17h30, Bergkirche S-Charl ;
• Samedi 17 septembre, 20h00, École de musique Scuol ;
• Dimanche 18 septembre, 11 heures, Fundaziun Nairs, Scuol ;
• Vendredi 11 novembre, 20 h 15, Paleiskerk, La Haye.
Le vendredi 16 septembre à 6 heures du matin, une randonnée guidée en montagne sera organisée au Piz Amalia.
Pour plus d’informations sur la musique, les billets et l’organisation :

Le suisse allemand et les quatre langues de la Suisse

L’un des aspects fascinants de la Suisse est qu’une histoire qui dure depuis mille cinq cents ans a créé tant de frontières linguistiques, d’identités et de cultures.

La langue allemande

Les Alamans ont introduit la langue allemande dans une grande partie de la Suisse orientale, septentrionale et centrale après le retrait des légions romaines vers 410 après J.-C. Les six siècles qui suivirent la chute de l’Empire romain d’Occident en 476 après J.-C. ont été déterminants pour la frontière linguistique entre l’allemand et le français.

La langue française

Le maintien de la langue française en Suisse romande est, dans une certaine mesure, dû aux royaumes de Bourgogne situés en Europe occidentale de 443 à 534 et de 888 à 1032. Ainsi, après l’occupation du Pays de Vaud par les cantons de Berne et Fribourg en 1536, en grande partie germanophones, le français demeura la langue commune dans cette région.

Fribourg/Freiburg, seule ville de Suisse officiellement bilingue avec Bienne/Biel (canton de Berne), est restée bilingue. La langue française, très appréciée par les occupants germanophones, n’a jamais été interdite. L’élite bernoise s’exprimait et communiquait également en français. En effet, la langue française faisait partie de l’identité de ces cantons sur les plans culturels, diplomatiques et économiques, leur histoire étant liée au Royaume de France.

Le Valais est l’un des trois cantons bilingues de la Suisse, les deux autres étant Berne et Fribourg. Le bilinguisme du Valais remonte à l’époque de l’expansion des villes germanophones, toutefois sans les Walser qui se sont établis dans les Grisons et, à partir de 1200, à l’immigration d’autres germanophones. L’issue des affrontements entre la Maison de Savoie francophone et les évêques germanophones du diocèse de Sion après 1400 traça également la voie.

La langue romanche

Avec l’avancée des Alamans et des Walser (400-1400) en Suisse orientale et méridionale, l’utilisation du romanche dans les Grisons s’amenuisa. La langue romanche a des racines réthiques, mais a subi un processus de romanisation à l’époque romaine de 15 avant J.-C. jusqu’à 410 après J.-C.

De nombreux germanophones se sont installés dans le canton des Grisons après 1815 en raison du développement du chemin de fer, des infrastructures, du tourisme, de l’industrie et du commerce.

Le romanche est la langue la plus ancienne encore parlée en Suisse. Belle et intéressante, elle jouit d’une certaine popularité et pourtant 60’000 sur presque 200’000 habitants du canton des Grisons la possède encore.

En 1938, le romanche est devenu la quatrième langue nationale à l’issue d’une votation qui devait raffermir la cohésion nationale à l’orée de la Deuxième Guerre mondiale et dont le résultat était sans appel : 91,6% des votants – les femmes n’avaient pas encore le droit de vote – ont approuvé l’accès du romanche au statut de langue nationale.

Ce fut un signal clair de la Suisse et du peuple suisse contre l’irrédentisme italien – Irredentismo – dont l’objectif principal était d’inclure dans les frontières politiques de l’Italie toutes les communautés italophones autochtones et contre le slogan allemand Heim ins Reich qui signifiait que tous les Allemands d’origine devaient habiter en Allemagne.

L’italien

L’italien, langue officielle parlée dans le canton du Tessin et dans les Grisons italiens, partie la plus méridionale du canton, provient du latin originel de l’Empire romain. Même après la conquête des territoires du nord du duché de Milan par les Suisses au XVème siècle, l’italien resta la langue de cette région.

Le suisse allemand

La République helvétique (1798-1803) et l’Acte de médiation de Napoléon Bonaparte (1803) ont promulgué la reconnaissance formelle de l’égalité des langues. Selon la Constitution fédérale de 1848 les trois principales langues parlées en Suisse, à savoir l’allemand, le français et l’italien sont les langues nationales de la Confédération. Elles en sont également les langues officielles.

La Fédération

Dans la loi fédérale sur les langues nationales et la compréhension entre les communautés linguistiques du 5 octobre 2007, il est stipulé, à l’art. 2 « renforcer le quadrilinguisme qui caractérise la Suisse » et à l’art. 3 « la Confédération veille à accorder un traitement identique aux quatre langues nationales ».

Ce que la Constitution n’avait pas prévu, c’est la forte augmentation de l’utilisation des dialectes suisses allemands (Schwyzertütsch ou Schwyzerdütsch) dans le domaine public.  D’une région à l’autre, les différences entre les dialectes sont considérables, par exemple entre les régions de Schaffhouse, d’Appenzell, du Haut-Valais, de Bâle, Zurich ou Berne.

Ces dialectes sont parfois difficiles à comprendre pour les Suisses francophones ou italophones et même pour les germanophones issus d’autres cantons du fait des différences entre les divers dialectes.

Le suisse allemand ne s’écrit pas formellement, hormis pour les échanges régionaux et informels comme les messages personnels. C’est donc l’allemand standard qui est utilisé pour la communication écrite, toutefois avec quelques variantes : par exemple, en Suisse, l’usage du ß (appelé eszett) a été totalement supprimé et remplacé par le double ss durant la première moitié du XXème siècle. Les enfants commencent à apprendre l’allemand standard dès qu’ils entrent à l’école.

En outre, la connaissance d’une autre langue nationale ayant considérablement diminué au cours des dernières décennies, les jeunes suisses privilégient souvent l’anglais comme langue de communication.

La langue est un fait social. Le déclin des compétences linguistiques en Suisse est donc une source d’inquiétude pour la cohésion de ce pays plurilingue. Cette situation retient l’attention du Conseil fédéral qui entend, en y participant financièrement, renforcer la connaissance des langues en Suisse.

Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice.

Chapeau bas pour la Suisse

Le lac de Brienz (Brienzersee) se prépare pour la Fête nationale suisse du 1er août 2022, par analogie avec “Le Berceau de la Confédération”, une grande fresque de Charles Giron (1850-1914), réalisée en 1901, qui orne la salle du Conseil national, à Berne.

1291-1848

Charles Giron avait à l’esprit le Grütli, la prairie du lac d’Urner (Urnersee), partie du lac des Quatre-Cantons (Vierwaldstättersee) où, selon la tradition, les trois premiers Confédérés d’Uri, de Schwytz et d’Unterwald y ont prêté serment (Le Serment du Grütli) et ont entériné leur coopération dans différents domaines : il en est résulté un accord, la conclusion et signature du Pacte fédéral de 1291.

Monument de Guillaume Tell, Altdorf. Photo: TES.

Peu importe qu’il s’agisse d’un fait ou d’une légende tout comme pour Guillaume Tell, Romulus et Remus, les jumeaux fondateurs de Rome ou Athéna, patronne et protectrice d’Athènes.

Au cours de cette période, des traités similaires ont souvent été conclus entre les villes et les communes. Ce qui rend la Suisse unique, c’est que ce premier pacte et les suivants ont non seulement survécus mais ont abouti à la  Confédération des XIII cantons en 1513 et à la Confédération en 1815 et 1848.

Les 26 cantons. Source: Les 26 cantons suisses. Foto: www.jeretiens.net

La Suisse

La Suisse est une nation créée au cours d’un processus compliqué de plusieurs siècles, avec quatre langues, quatre cultures et des religions différentes.

Mais en 2019, le pays est la meilleure démocratie, le pays le plus innovant et le plus compétitif, avec une des meilleures universités européennes, la meilleure infrastructure dans des circonstances souvent très difficiles, l’un des pays les plus hospitaliers pour les demandeurs d’asile (20 000 à 25 000 d’entre eux sont officiellement admis chaque année) et une intégration relativement réussie.

L’ouverture de la Suisse

L’ouverture de la Suisse sur le monde et l’Europe se reflète également dans la science, la culture et les musées, les premiers musées d’ethnographie y ayant ouverts leurs portes.

Le pays est un exportateur mondial avec la meilleure politique monétaire (comme en témoigne la rupture formelle avec la mauvaise gestion – illégale – de la Banque centrale européenne (BCE) et avec une vision critique de l’Union européenne actuelle.

Mont Terri Laboratoire. Photo: TES.

L’Union Européenne

Il est à espérer que ses citoyens et en particulier ses femmes et hommes politiques sauront préserver ce qui a été construit au fil des siècles.  Ce qui est transféré à l’Union Européenne (UE) ne sera jamais restitué à un pays, même si l’UE ne respecte pas les traités et si ses ambitions (mégalomaniaques) ne sont pas réalisées. L’UE n’est pas une démocratie parlementaire, il n’y a pas de base dans ce sens.

L’euro en le franc suisse 2002-2022.

L’UE et la BCE sont principalement des distributeurs d’euros qui maintiennent ces structures chancelantes. De fait, la Suisse accueille 20% d’étrangers de nombreux pays résidant de manière permanente en Suisse. De surcroît, ils sont plus de 300’000 frontaliers issus des  pays voisins à passer quotididennement la frontière pour travailler en Suisse.

L’engagement, l’innovation et la démocratie directe

L’engagement, l’innovation et la démocratie directe caractérisent la Suisse, ses citoyens et ses entreprises. De Riom ou Scuol dans les Grisons à Môtier ou La Chaux-de-Fonds dans le canton de Neuchâtel, les citoyens et les entreprises utilisent les initiatives et projets locaux pour construire leur environnement immédiat, leur emploi et leur industrie.

Dans quel autre pays de nombreux citoyens suivent-ils des cours de langue – de leur propre initiative – afin de mieux maîtriser une autre langue de leur propre pays ?

La véritable Union européenne

La Suisse est la véritable Union européenne, mais elle indique aussi les limites de ce qui est faisable.

Le journal allemand Die Welt a publié  (27 juillet 2019) un article sur le Parlement européen. A l’arrière-plan, on peut lire « Kommt, wir bauen das neue Europa« , traduit librement « Rejoignez-nous, nous construisons la nouvelle Europe ».

C’est non loin de l’idéologie du communisme : créer une Europe nouvelle, un homme nouveau. Il faut espérer que d’ici dix ans, les nuages blancs au-dessus du lac de  Brienz seront encore visibles.

Suisse, veille à tes affaires, ta démocratie, ton système monétaire et économique et à ta société unique.