Hommage au Val Müstair

Le Val Müstair est la vallée la plus orientale de Suisse dont la population, soit environ 1’600 habitants, s’est installée dans les villages de Tschierv, Fuldera, Lü, Valchava, Santa Maria Val Müstair, Müstair et dans quelques hameaux qui ont fusionné le 1er janvier 2009 pour former la commune de Val Müstair.

Les villages et leurs contextes historiques et culturels, notamment en relation avec les comtes du Tyrol, les Habsbourg, Bormio, La Valteline, Chiavenna situés en Italie (sujets des Trois Ligues des Grisons de 1512 à 1797), l’évêque de Coire et la Ligue de la Maison-Dieu sont abordés dans un autre article.

Vous trouverez ci-dessous un hommage – certaines photographies sans légende –  consacré à la beauté de la vallée et de ses villages.

Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice.

 

Sta. Maria

L’église Santa Maria

Tschierv et l’église San Nicolaus et Sebastian

Fuldera et l’église St. Rochus

Lü et l’église

Valchava

et l’église Nossa Duonna

et l’église St. Martin

Müstair et le couvent bénédictin Saint-Jean-des-Sœurs

Le car postal

Outre l’avènement du chemin de fer, exemple le plus connu, l’année 1848 fut également marquée en Suisse par le développement du car postal.

Dès le XVIIIème siècle, les diligences ou les voitures à étages, qui transportaient des passagers et du courrier franchirent les cols de montagne et sillonnèrent les différentes régions de la Suisse. Elles étaient gérées par des entreprises privées.

1906-1960

En 1849, le service du transport par diligence fut repris des cantons par la Confédération suisse.  La diligence, tirée par quatre ou six chevaux, fut le seul moyen de transport jusqu’en 1906.

Le premier trajet officiel d’un car postal eut lieu en 1906 entre Berne et Detligen. Les trois premiers cars postaux de Suisse parcoururent l’agglomération bernoise. En 1913, 2000 diligences furent encore en service.

A partir de 1919, CarPostal – principale entreprise de transport par car en Suisse – en reprit la gestion. L’armée mit à sa disposition 100 camions militaires, qu’elle transforma en cars postaux, ce qui incita l’entreprise à poursuivre le développement de ce moyen de transport.

Les principaux fabricants de cars postaux furent la société Saurer à Arbon (canton de Thurgovie) et plus tard la société FWB à Wetzikon (canton de Zurich).

Les cars postaux desservaient alors de plus en plus de régions – dont celles de montagne où le célébrissime klaxon à trois tons retentit pour la première fois en 1923 – et même les vallées reculées comme, par exemple, la vallée de Saas comprenant, entre autres, le village de Saas Fee qui attend toujours un raccordement au réseau ferroviaire.

Jusqu’en 1951, il n’y eut aucune route pour se rendre à Saas-Fee. Ainsi, le car postal roulait aussi loin que possible et le voyage se poursuivait à dos de mulet. Puis, une route fut construite entre Saas Grund et Saas Fee, ce qui a permis au car postal d’amener les passagers directement au village.

Jusque dans les années 1960, le car postal fut également un moyen de transport répandu pour effectuer des excursions. En effet, peu de personnes avaient la possibilité de s’offrir une voiture à cette époque et le car postal (car alpin) transportait de nombreux passagers sur les glaciers et les cols les plus élevés, ce qui contribua à sa grande popularité.

CarPostal SA

Aujourd’hui, CarPostal SA est une filiale de La Poste Suisse SA, société de service postal appartenant à la Confédération suisse. Environ la moitié des services de CarPostal SA sont fournis par des entreprises de transport privées. CarPostal SA assurait également des liaisons transfrontalières avec la France pendant des années. Elle s’est toutefois retirée du marché français.

CarPostal SA dispose d’un réseau routier d’environ 17 000 kilomètres, ce qui représente plus du double des voies ferrées des Chemins de fers fédéraux (CFF), pourtant le réseau ferroviaire le plus long et le plus dense du continent. Au total 936 lignes composent l’offre de CarPostal SA qui transporte au moyen de ses 2400 cars plus de 127 millions de voyageurs par an.

Les cantons commandent des services de transport à CarPostal SA, en définissent les itinéraires et les horaires. L’entreprise est subventionnée chaque année par la Confédération et les cantons à hauteur de 340 à 360 millions de francs suisses. Le reste des revenus est assuré par la clientèle.

Des activités supplémentaires, telles que le transport scolaire, les transports spéciaux (transport du personnel pour les entreprises, transport pour les activités sportives, etc.) font également partie des prestations de CarPostal SA.

Le trajet de 10 kilomètres entre Reichenbach et Griesalp, dans la vallée de la Kander (Oberland bernois) est spectaculaire, le car postal empruntant la pente la plus raide – 28 % – d’Europe.

La mission principale de CarPostal SA – qui a passé d’une entreprise de transport par car traditionnelle forte d’une histoire séculaire à un prestataire de mobilité globale – reste la même, malgré cette évolution : elle achemine aussi dans les régions les plus isolées voyageurs, colis et courrier.

Avec son jaune légendaire, le car postal est une institution en Suisse. Connu pour sa ponctualité, son service et son confort, il fait partie du patrimoine national. Lien entre plaines et vallées, il contribue à l’identité culturelle helvétique.

CarPostal SA, partenaire fiable, sûr et maillon de la chaîne de la mobilité, participe à l’utilité sociale, économique et écologique des transports publics ainsi qu’au niveau élevé de la qualité de vie en Suisse.

Les musées

Les amateurs de cars postaux anciens et de l’histoire de cette entreprise de transport unique en son genre peuvent visiter différents musées, notamment le musée Saurer à Arbon, le musée FWB à Wetzikon, le musée de la communication à Berne, qui ne conserve que d’anciens véhicules.

Le dépôt de Schwarzenburg (canton de Berne) du musée de la communication – qui n’est pas ouvert au public – a été adapté pour abriter durablement les plus grandes pièces de la collection comme elles le méritent.

(Source : www.postauto.ch, www.mfk.ch).

Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice.

Le Val Müstair, symbole de l’unité

Depuis 2010, le Conseil fédéral tient séance une à deux fois par année hors du Palais fédéral, à Berne. Ainsi, le 12 octobre 2022, il a siégé à Müstair (canton des Grisons). Il s’agissait de la dix-septième séance extra muros du gouvernement.

A cette occasion, le gouvernement s’est entretenu avec la Regenza (gouvernement cantonal) dans l’enceinte du couvent bénédictin Saint-Jean-des-Sœurs (Claustra Son Jon/Kloster St. Johann), inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Cette séance a été suivie d’une rencontre avec la population grisonne au cœur de la commune de Val Müstair, en Basse-Engadine.

Lorsqu’il se réunit en dehors de ses propres murs, dans différentes régions du pays, le mercredi jour de ses réunions habituelles, le Conseil fédéral ne promulgue pas seulement la diversité du pays, mais entend aussi renforcer ses liens avec les différents cantons et leur population.

Müstair n’est pas un endroit quelconque. C’est ici que Charlemagne fonda le monastère Claustra Son Jon (Saint-Jean-des-Sœurs/Kloster St. Johann) en 774-775. Et non loin de là, éclata la bataille de Calven (Chalavaina en romanche) le 22 mai 1499.

La guerre d’Engadine

 Lors de la guerre de Souabe nommée aussi la guerre d’Engadine de 1499 qui opposa les Confédérés suisses à la Ligue de Souabe et à la maison de Habsbourg, l’empereur Maximilien 1er (1469-1519) envahit l’Engadine pour contrôler la vallée de Münster et le col de l’Umbrail.

 La bataille de Calven fut un épisode de la guerre d’Engadine, ou guerre de Souabe, au cours duquel se battirent les Trois Ligues – la Ligue de la Maison-Dieu, la Ligue des Dix-Juridictions, la Ligue grise – et les Confédérés suisses contre la ligue de Souabe et les forces de Maximilien 1er le 22 mai 1499. Les Suisses remportèrent la victoire et ainsi fut fondé l’Etat libre des Trois Ligues (Freistaat der Drei Bünde) en 1524 qui s’est maintenu jusqu’à l’invasion française en 1798. Le nouveau canton des Grisons, dont le nom fait référence à la Ligue grise, a été créé en 1803.

Vlag van Graubünden - Wikipedia

Suite à la paix de Bâle de 1499, qui marqua la reconnaissance de la Confédération suisse par le Saint-Empire romain germanique et la fin des guerres de Souabe, les Habsbourg disparurent définitivement du territoire suisse en tant que puissance séculaire, à l’exception de la Basse-Engadine et des centres de pouvoirs locaux. Et ils exercèrent encore une influence sur les monastères.

Les troubles des Grisons

Les derniers combats entre les Habsbourg d’une part et l’Etat libre des Trois Ligues d’autre part eurent lieu pendant les troubles des grisons (1619-1639), déclenchés suite à un conflit religieux, les territoires sujets italophones, majoritairement catholique, situés au sud des Alpes s’étant soulevés contre les baillis protestants des Grisons, dont l’administration ne servait souvent que leurs propres intérêts.

Ce fut la plus grande implication suisse dans la guerre de Trente Ans durant laquelle se déchirèrent les Habsbourg d’Autriche et les Habsbourg d’Espagne et leurs alliés grisons d’une part et la France et ses alliés grisons d’autre part dans un contexte d’antagonisme entre protestants et catholiques. Ce fut aussi une guerre civile.

Les Habsbourg gouvernèrent officiellement la Basse-Engadine jusqu’en 1652-1653. En 1652, la Basse-Engadine racheta – à l’exception de Tarasp et de Rhäzüns – les villages de cette région étroitement liés à la Ligue de la Maison-Dieu depuis 1367 et faisant déjà partie de l’Etat libre des Trois Ligues dont ils relevaient de la juridiction. En 1728, l’évêque de Coire vendit toute la vallée aux Habsbourg, les Trois Ligues forcèrent le rachat en 1762.

La langue romanche

A cette époque, la langue romanche était encore la langue prédominante dans les Grisons, bien que les Alamans à partir du VIIème siècle et les Walser dès le XIIème siècle eurent germanisé de nombreuses régions. Aujourd’hui, 60’000 personnes parlent encore le romanche, dont 35’000 d’entre elles en tant que première langue Pour relativiser, ce chiffre est encore supérieur à celui de la population du nouveau canton en 1803 !

Le Plaz Grond de Müstair

Le canton des Grisons est toujours trilingue : allemand, italien et romanche. Le romanche compte cinq idiomes. Dans le Val Müstair, on parle même le jauer, dialecte qui présente de nombreuses similitudes avec le vallader, l’un des idiomes, mais qui a toutefois sa propre identité et sa propre histoire. Les Grisons symbolisent la diversité de la Suisse par excellence. D’ailleurs, la forme géographique du canton ressemble à celle de la Suisse !

Le Val Müstair, symbole de l’unité suisse

Après la rencontre de la Regenza avec le Conseil fédéral, Markus Caduff, président du gouvernement grison et Gabriella Binkert Becchetti, présidente de la commune de Val Müstair ont accueilli le président de la Confédération Ignazio Cassis sur la place du village.  Cette rencontre avec les habitants rappelle quelque peu la Landsgemeinde, organisée jadis aussi dans les Grisons.

Markus Caduff, président du gouvernement grison et le président de la Confédération Ignazio Cassis

Dans son discours, Ignazio Cassis a mentionné le multilinguisme et la diversité de la Suisse. En tant que participant à un cours de langue romanche à Scuol en 2021 et chef du département fédéral des affaires étrangères (DFAE), il souhaite promouvoir une meilleure connaissance de la langue et de la culture romanches. C’est donc tout naturellement qu’il a commencé son discours en langue romanche.

Donna Leon, qui à vit Sta. Maria et le président de la Confédération Ignazio Cassis.

Le président de la Confédération a également souligné l’importance pour le Conseil fédéral de connaître les réalités de toutes les régions du pays. Etant lui-même Tessinois, il a aussi rappelé son attachement aux régions périphériques, les distances entre Genève et le Val Müstair ou entre Lugano et Bâle n’étant aucunement un obstacle.

Mosaïque de vingt-six cantons autonomes, la Suisse, nation de volonté, maintient solidement son unité. Elle permet au citoyen, qui a toujours le dernier mot, de participer à tout, tout le temps. Cela fut le cas en 1815, en 1848 et c’est encore ainsi en 2022.

Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice.

 

Le Rhin et 38 expositions

Le réseau des musées présente le plus grand cycle d’expositions transfrontalier sur le Rhin connu à ce jour. Entre l’automne 2022 et l’été 2023, le plus vaste cycle transfrontalier d’expositions dans 38 muées présente l’histoire du fleuve sous diverses perspectives.

Tous les quatre ans, le réseau des musées organise un cycle transfrontalier d’expositions. Y sont engagés les musées de la région du Rhin supérieur. Ceux des régions voisines peuvent également y participer.

Ces cycles d’expositions abordent un thème commun sous différentes perspectives nationales, locales et thématiques.

Les expositions se dérouleront dans le nord et le sud du pays de Bade, dans les départements du Haut-Rhin et du Bas-Rhin et dans le nord-ouest de la Suisse.

Elles mettront en lumière des approches très différentes sur le grand fleuve européen. La nature, l’écologie et la navigation sur le Rhin seront des thèmes abordés tout comme ceux de l’histoire de l’art, de la culture ou de la technologie.

Coordination et plus d’information:  Musée des Trois Pays  in Lörrach

Le découpage dans la région du Pays-d’Enhaut

C’est au milieu du XIXème siècle, dans le Pays-d’Enhaut, qu’est né cet art populaire, traditionnel et si fascinant, encore bien vivant dans cette région des Préalpes vaudoises : le découpage (Scherenschnitt). Johann-Jakob Hauswirth (1809-1871) et Louis Saugy (1871-1953) en sont les deux Grands Maîtres.

Facteur à Rougemont, Louis Saugy, doué pour le dessin et l’observation, admirait les œuvres de Johann-Jakob Hauswirth qu’il voyait dans les chalets lors de ses tournées et décida d’en faire autant.

A 40 ans, il vendit ses premiers découpages et devint rapidement célèbre ; il reçut chez lui des personnalités internationales. Son talent éclata dans des compositions pleines de vie et de malice, véritables chroniques du Pays-d’Enhaut. Nombre d’œuvres égaient des chalets ou sont détenues par des collectionneurs avisés.

Une très belle collection se trouve au Musée du Vieux Pays-d’Enhaut, à Château d’Oex, devenu au cours des ans l’un des principaux musées d’art populaire de Suisse.

Source et plus d’informations: www.balade-rougemont.ch

Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice.