Rougemont, Cluny et le château

Rougemont (canton de Vaud), riche par son patrimoine architectural, n’est pas seulement l’un des plus beaux villages de Suisse. Il fait également partie du réseau millénaire de Cluny (France).

Le monastère roman construit vers 1080 se dresse à l’entrée du village. Malgré des travaux de rénovation, l’édifice a gardé son authenticité. Le château attenant date de 1569. A l’époque, le canton de Vaud n’existait pas.

Jusqu’en 1555, Rougemont appartenait aux comtes de Gruyère. Le dernier comte de la dynastie, plongé dans des dettes, fut déclaré en faillite. Rougemont changea alors de main, devint propriété des baillis bernois et le gardien résidait au château.

La même année, les Bernois imposèrent la Réforme à Rougemont. L’église devint ainsi un temple dédié au culte protestant.

Aujourd’hui, le château est une propriété privée et n’est pas ouvert au public. Cependant, la visite de l’intérieur de l’église, qui séduit par sa beauté et son histoire, compense largement ce désappointement.

Source et plus d’informations: www.rougemont.ch 

Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice.

Art’Rhena

Les régions de Bâle, du Pays de Bade et d’Alsace situées le long du Rhin supérieur (Oberrhein) partagent non seulement une langue alémanique commune, mais sont étroitement liées culturellement, socialement et économiquement depuis des siècles.

Ainsi, une coopération existe dans plusieurs domaines, notamment au sein de la plateforme RegioTriRhena dont le principal objectif est le renforcement de l’économie transfrontalière.

Breisach. Photo: TES

Le centre culturel et de coopération transfrontalière Art’Rhena a ouvert ses portes  en octobre 2021 sur l’île du Rhin à Vogelgrun, du côté français, qui se trouve en face de la ville européenne de Breisach sur la rive allemande.

Le 19 septembre 2022, des artistes ont partagé le fruit de leur travail dans les domaines de la sculpture, de la peinture, de la composition de poèmes et de chansons en langue alémanique, du cabaret, du music-hall, de l’art conceptuel et de l’orchestre franco-allemand Chüt.

Cette manifestation a été organisée par la RegioTriRhena et l’Eurodistrict Region Freiburg – Centre et Sud Alsace.

La nouvelle saison du centre culturel commence en octobre.

Pour plus d’informations : Art’Rhena (www.artrhena.eu)

Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice.

Le beau monde dans un village authentique

Gstaad fait partie de la commune de Saanen (canton de Berne). La grue qui orne les armoiries du village indique ses liens avec les comtes de Gruyère. A partir du XIème siècle, les comtes gouvernèrent un territoire allant de la source de la Sarine au lac de Gruyère.

En 1554, en raison de l’endettement du comte, la Diète prononça sa faillite et les villes de Fribourg, catholique et majoritairement francophone et Berne, protestante et germanophones, se partagèrent ses biens en 1555.

Berne obtint Gstaad et Saanen (Saanenland – Gessenay en français) ainsi que le Pays-d’Enhaut et Fribourg acquit le reste du comté.

En 1803 à l’époque française, suite à l’Acte de médiation et la création de la nouvelle Confédération suisse (1803-1813), le canton de Berne conserva le territoire de Saanen, tandis que le Pays d’Enhaut fut attribué au nouveau canton de Vaud.

La beauté de la nature avait déjà conquis les voyageurs du Grand Tour, long périple en Europe effectué par les jeunes hommes et plus rarement les femmes, surtout britanniques, des plus hautes classes de la société européenne, les poètes et écrivains allemands au XVIIIème siècle.

Après l’ère napoléonienne (1798-1813), peu de changements survinrent dans une existence essentiellement vouée à la paysannerie. Après 1860, le tourisme augmenta rapidement et devient la principale activité économique en l’espace de deux générations.

Gstaad Palace

Le Grand Bellevue

La construction du chemin de fer Montreux-Gstaad en 1904 attira de plus en plus de touristes. Ce fut l’époque des grands hôtels de Gstaad, dont le Gstaad Palace, le Grand Bellevue et plusieurs spas.

Après 1935, débuta la construction des téléphériques et des télécabines. Les principales destinations sont encore le Wispile, le Wasserngrat et l’Eggli.

Aujourd’hui, le train Montreux-Oberland bernois (MOB) relie tous les jours Montreux à Château-d’Oex. Au fur et à mesure qu’il grimpe, la vue sur le lac Léman et les montagnes environnantes dévoile un panorama spectaculaire. Un décor qui, une fois le convoi passé de l’autre côté de la montagne, fait place à de magnifiques paysages verdoyants.

Malgré son image mondaine, le village de Gstaad a conservé son authenticité et la place du village avec la chapelle Saint-Nicolas (St. Niklaus Kapelle) qui date de 1402 ne laisse aucunement supposer que le beau monde y est omniprésent.

(Source et plus d´informations: www.gstaad.ch)

Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice.

La chapelle Saint-Nicolas 

La Wispile

La Gare de Bâle CFF

Le glacier d’Aletsch en mouvement constant

Le glacier d’Aletsch (Aletschgletscher), l’Eiger, le Mönch et la Jungfrau, situés dans les Alpes bernoises, constituent le site « Alpes suisses Jungfrau-Aletsch » inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2001.

Le physicien, mathématicien, glaciologue et alpiniste anglais John Tyndall (1820-1893) écrivit déjà en 1860 : « Le glacier d’Aletsch est le glacier le plus grandiose des Alpes : nous regardions de tout en haut ce puissant fleuve de glace généreusement alimenté par les montages avoisinantes ».

Le glacier d’Aletsch

La place Concordia un lieu-dit du glacier d’Aletsch doit son nom à un mot d’esprit d’un autre Anglais, J. F. Hardy qui compara le cœur du grand glacier à la célèbre place de la Concorde à Paris. A cet endroit vers 1937, l’épaisseur du glacier atteignait 900 mètres contre environ 800 mètres aujourd’hui.

Ce glacier et des centaines d’autres glaciers ont façonné le paysage d’une grande partie de la Suisse pendant des centaines de milliers d’années.

Mais l’imposant glacier d’Aletsch a subi au fil du temps des variations d’épaisseur périodiques – diminution ou augmentation – et sa longueur, aujourd’hui d’environ 22 kilomètres, recule de 50 à 70 mètres par an.

Il y a des millions d’années la Suisse, où régnait un climat subtropical, était encore en grande partie sous l’eau. Puis, au cours d’un long processus, le climat s’est progressivement refroidi. La plus grande extension des glaciers fut atteinte en Suisse lors de la culmination – passage d’un astre à son point culminant – de la dernière période glaciaire, il y a environ 24 000 ans.

La fin du glacier, juillet 2022

Recherche

Les glaciers d’Aletsch, de Fiesch et du Rhône s’étendaient jusqu’à Lyon au sud (France) et Soleure au nord et avaient une épaisseur de 1’700 à 500 mètres ! La température moyenne était inférieure de 14°C à celle d’aujourd’hui.

La recherche moderne est en mesure de vérifier avec une précision raisonnable l’évolution historique des glaciers jusqu’à il y a 24’000 ans. Les premières recherches scientifiques remontent à 1841.

Cette année-là, Arnold Escher von der Linth (1807-1872) émit une théorie sur la fonte du glacier d’Aletsch. La phase de recul du glacier débuta en 1860 et s’est accrue pour atteindre aujourd’hui plus de 50 à 70 mètres par an. Ainsi, depuis cette époque, le glacier d’Aletsch a perdu environ 4 kilomètres de longueur.

La fonte des glaciers n’est donc pas une nouveauté. De nombreux lacs sont le résultat de ce processus : du Blausee (canton de Berne) et du Märjelensee (canton du Valais) aux lacs de Neuchâtel, Morat ou Bienne. La fonte des glaciers a commencé il y a environ 12’000 ans. La température a augmenté de près de 2°C au cours des 50 dernières années.

Le Blausee, Kandertal

Toutefois, la planète a subi une alternance de périodes froides et de périodes chaudes. Par exemple, entre 1300 et 1850, lors du petit âge glaciaire (PAG), le glacier d’Aletsch connut une de ses plus fortes progressions. Cette période est documentée dans les Alpes car des populations lettrées qui s’y étaient établies, ont laissé différents témoignages : peintures, gravures, documents, récits.

Au Moyen-Age, entre environ l’an 800 et l’an 1300, il y eut ce que l’on nomme « l’optimum climatique médiéval ». La température était alors d’un degré supérieur et le glacier d’Aletsch avait pratiquement sa taille actuelle. Cependant, à l’âge de bronze et du fer (de 1300 jusqu’à 100 avant J.-C.), il était plus petit qu’aujourd’hui.

Abraham Beerstraten  (1643-1666), village en hiver, 1660. Musée d d’art et d’histoire, Ville de Genève.

 Le glacier de Fiesch

Le glacier de Fiesch est le petit frère du glacier d’Aletsch. Au nord, ce géant d’une longueur de 16 kilomètres est limité par la paroi sud du Finsteraarhorn, plus haut sommet des Alpes bernoises, se situant à 4274 mètres d’altitude.

Au XVIIème siècle, lors des maxima glaciaires, le glacier de Fiesch était si menaçant pour les hameaux de Brucheren et d’Unnerbärg qu’en 1652 les habitants – catholiques – se rassemblèrent en une procession afin d’exorciser le « fantôme » qui vivait dans ce glacier. Et le glacier se calma. Puis, en 1676, ils demandèrent au Pape Innocent XI la permission de faire un autre vœu car certains n’avaient pas tenu leurs engagements.

Cela leur fut accordé en 1678 et ils jurèrent de ne plus danser en cachette et de ne plus laisser leurs femmes porter des tabliers rouges. Lors d’une nouvelle avancée du glacier en 1860, ils promirent de faire chaque année un pèlerinage à la chapelle de la forêt d’Erner, de laisser brûler continuellement un cierge dans l’église et de dire une messe une fois par an.

Et le glacier recula. Aujourd’hui, inquiets du recul du glacier, les habitants font une procession pour demander sa croissance.

John Tyndall

John Tyndall, mentionné ci-dessus, mérite une attention particulière. Non seulement, il était un glaciologue renommé et un alpiniste chevronné qui a entrepris, entre autres, les ascensions de la Jungfrau, du Weisshorn, de la pointe Dufour (Dufourspitze), du Finsteraarhorn et de l’Aletschhorn mais encore il aimait la Suisse, en particulier le Valais et surtout Belalp.

De 1861 à sa mort, il passa les mois d’été à l’hôtel Belalp, construit en 1857. La chapelle anglicane date de 1884. En 1877, il construisit au-dessus de l’hôtel une maison de campagne anglaise Alp Lusgen. Et en 1877 il devint bourgeois d’honneur de la commune de Naters. Après sa mort, en 1911, son épouse Louisa fit ériger un monument sur le Triembiel à Belalp pour honorer la mémoire de son époux et l’attachement qu’il portait au pays et aux habitants de la région.

Les Anglais

Ce n’est pas l’unique contribution des Anglais. Au pied de l’Eggishorn, le Valaisan Alexander Wellig construisit en 1856 avec le soutien d’un donateur britannique l’hôtel Jungfrau-Eggishorn, alors une simple auberge. Il fut ensuite transformé, sous la direction d’Emil Cathrein (1847-1916), pionnier du tourisme dans la région d’Alestch, en véritable complexe hôtelier.

En 1902, l’hôtel Jungfrau-Eggishorn comptait 102 lits et comprenait, entre autres, son propre bureau de poste, un kiosque, deux chapelles anglicanes et un court de tennis.

Das schreckliche Trümmergebilde, Vue d’Eggishorn

Das schreckliche Trümmergebilde (terrible formation de débris), pyramide rocheuse faite de roche meuble, à l’époque le point de vue le plus célèbre des Alpes, était une grande attraction et une destination touristique bien connue des nombreux alpinistes dont l’hôtel Jungfrau-Eggishorn constituait le point de départ. L’hôtel prospéra jusqu’en 1968, puis la construction du téléphérique vers l’Eggishorn signa la fin d’une certaine époque : celle des pionniers du tourisme et celle de l’hôtel qui, de surcroît, brûla en 1972.

Sir Ernest Cassel (1852-1921), banquier d’affaires, mécène, collectionneur d’art et éleveur de chevaux britannique, choisit  la Riederfurka pour en faire sa résidence d’été et construisit en 1902 une maison de trois étages et de vingt-cinq pièces dans le style victorien, la Villa Cassel. La villa, située à côté de l’hôtel Riederfurka  édifié en 1882, est aujourd’hui le site du centre Pro Natura d’Aletsch, réserve naturelle de la forêt d’Aletsch (Naturschutzzentrum Aletschwald).

Avec le début de la Première Guerre mondiale (1914-1918), l’agitation enjouée qui entoura la Villa Cassel, sorte de précurseur du Forum économique mondial de Davos, prit fin. Sir Winston Churchill (1874-1965) fut l’un des nombreux visiteurs issus du monde politique, économique, culturel et financier à y séjourner.

Conclusion

Le glacier d’Aletsch est l’élément central d’une région classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. D’un âge vénérable, son histoire est faite de hauts et de bas, soit de croissance et de déclin. C’est l’un des premiers glaciers ayant fait l’objet d’une étude scientifique. Il a été le berceau du tourisme britannique de 1850 à la Première Guerre mondiale.

Cela démontre aussi que les glaciers d’aujourd’hui, ainsi que les montagnes, les lacs, les rivières, la flore et la faune, ne sont pas le fruit du hasard, mais le résultat de processus naturels qui se sont déroulés sur plusieurs millions d’années.

L’impact négatif de l’homme sur la nature a évolué rapidement depuis les années 1950 et se fait de nos jours plus ressentir que jamais. Mais la nature reprenant toujours ses droits, la Terre continuera de tourner pendant un certain temps, comme elle le fait depuis quatre milliards d’années.

Toutefois, cela ne change rien au fait qu’il incombe à chaque être humain de respecter la nature et, partant, le plus grand site du patrimoine mondial qu’est la planète.

Source et informations complémentaires Accueil – Alpes suisses, patrimoine mondial de l’UNESCO Jungfrau-Aletsch (jungfraualetsch.ch)

Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice.

La Suisse et le Saint-Siège

La Confédération et le Saint-Siège entretiennent des liens historiques étroits. Le 1er octobre 2021, le Conseil fédéral a décidé d’établir l’Ambassade de Suisse auprès du Saint-Siège, à Rome, ville éternelle.

La célébration, reportée d’un an en raison de la pandémie actuelle, marque le centenaire de la reprise des relations diplomatiques entre la Confédération et le Saint-Siège. Elles avaient été interrompues pendant près d’un demi-siècle entre 1873 et 1920.

Apostolische Nuntiatur, Berne. Photo: Nonciature – Conférence des évêques Suisses (eveques.ch)

Établie en 1586 à Lucerne, la nonciature apostolique en Suisse est la plus ancienne représentation permanente du Vatican au nord des Alpes. En 1873, les événements du « Kulturkampf » (combat pour la civilisation), un conflit culturel et religieux, fermement condamné par le pape Pie IX, a entraîné la rupture des relations diplomatiques entre la Suisse et le Saint-Siège, qui n’ont été rétablies qu’en 1920.

La Suisse est connue pour sa tradition historique, remontant au XIVème siècles, d’hommes servant dans des armées étrangères comme mercenaires. Le mercenariat, autrefois une pratique largement acceptée, a été interdit par la Constitution de 1848 et abandonné au XIXème siècle avec l’institutionnalisation de la neutralité en tant que principe de la politique étrangère suisse, principe toujours en vigueur aujourd’hui.

Actuellement, la seule exception est la Garde suisse pontificale (Pontificia Cohors Helvetica), fondée en 1506 par le pape Jules II (1443-1513). Elle est chargée de protéger le Pape et son palais officiel dans la Cité du Vatican. La Garde est une institution du Saint-Siège et pas du Vatican comme état souveraine (les accords de Latran du 11 février 1929).

Andrea Aacchi, Jan Miel, Filippo Gagliardi, L’ église Il Gesù  Rom, 1640. Collection Nazionali d’Arte Antica di Roma. Exposition ‘Baroque. Époque de contrastes’ Musée national Zurich

Détail: la Garde suisse

Le 15 février 1929 à la suite des accords de Latran, signés le 11 février 1929, entre l’Italie et le Vatican, le Conseil fédéral indique que « quiconque pourra y prêter service, comme c’est le cas actuellement, sans l’autorisation du Conseil fédéral » car la Garde suisse n’est pas considérée par les autorités suisses comme un corps d’armée étranger.

Raphael (1483-1525), Julius II, 1511. Foto/Photo: Wikipedia

La Garde suisse pontificale se renforce. Elle passe de 110 à 135 hallebardiers qui s’engagent pour au moins 26 mois à protéger le pape et le Vatican, hallebarde à la main, revêtus d’une cuirasse, d’un casque à plumes rouges et de leur célèbre uniforme bouffant.

La plus petite et plus ancienne armée du monde cherche de nouvelles recrues, ce qui n’est pas facile à trouver de nos jours car les conditions pour devenir garde suisse sont nombreuses.

Pratteln, Galerie Beyeler, L’exposition ‘La Garde suisse’, 2019. Photo: TES.

Pour être engagé, il faut être un homme – ou une femme dès 2027 – de nationalité suisse, catholique pratiquant, avoir entre 19 et 30 ans, jouir d’une santé et d’une réputation irréprochables, mesurer au moins 1,74 mètre, être en possession – au minimum – d’un certificat fédéral de capacité (CFC) ou d’un diplôme de maturité et avoir terminé l’école de recrues.

Pratteln, Galerie Beyeler, L’exposition ‘La Garde suisse’, 2019. Photo: TES.

Le musée de la Garde suisse de Naters présente une exposition permanente. Selon une ligne chronologique, nous retrouvons les portraits des commandants des 500 dernières années – la Garde reste et perdure. En face des portraits, on peut suivre l’évolution à travers des évènements sportifs, politiques ou la mode.

Les commandants des 500 dernières années en portrait. Le musée de la Garde, Naters.

Dans des chambres reconstituées de 1500, 1900 et 2000, les explications nous aident à comprendre pourquoi des jeunes hommes de l’époque et d’aujourd’hui entreprennent le voyage vers Rome.

La salle des trésors des gardes contient des objets personnels que les gardes et leurs proches ont transmis au musée : entre autres, des albums photos, des médailles, le disque d’or de la fanfare de la Garde, des souliers de mariage, des cartes d’identité du Vatican, des figurines en uniforme.

Les visiteurs découvrent l’histoire des objets dévoilée par leurs propriétaires. Des documents en plusieurs langues accompagnent les visiteurs tout au long de leur parcours.

Source et plus d’informations : Le musée de la Garde suisse  de Naters

et:Le monument du Lion de Lucerne   – The Swiss Spectator (swiss-spectator.ch)

La Fondation pour la Rénovation de la Caserne de la Garde Suisse 

L´objectif de la Fondation est la rénovation des bâtiments de la caserne et des autres infrastructures de la Garde.

Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice.

La  Garde suisse. Galauniform. Collection Musée national Zurich

Galauniform, c. 1820. Collectiion: Rätisches Museum, Coira.

La Garde Suisse. le 20 août à Lugano. Photo: TES.

Castelmur et les pâtissiers grisons

Le Palais de Castelmur à Coltura (Canton des Grisons) appartient à la comune de Bregaglia qui l’achète en 1961 aux derniers descendants de la famille Castelmur et le transforme en musée, ouvert au public durant la saison estivale.

L’édifice représente une sorte d’hybride, Giovanni Castelmur (1800-1871) ayant agrandi la demeure patricienne de la famille Redolfi, construite en 1723, en la fortifiant de tours de style lombard/vénetien.

Bron: Gian Andrea Walther, David Wille, Palazzo Castelmur, Stampa 2015

Les travaux de transformation s’achèvent en 1854. L’alliance très réussie unissant ancien et moderne ainsi que le fastueux rééquipement de tout l’aménagement sont l’oeuvre de divers spécialistes milanais. Quant aux autres artisans, ils sont en majeure partie également originaires de la proche Lombardie.

La réalisation intérieure du château se marie harmonieusement avec l’extérieur du château. Le décor des pièces est en revanche beaucoup plus luxueux.

A l’exception d’une seule pièce, les espaces habitables du complexe principal de l’ancienne Casa Redolfi sont ornés de lambris verni et de papier peint.

Dans la nouvelle annexe, on peut admirer la salle à manger, le salon, les chambres tapissées en rouge et vert ainsi que les quatre petites chambres dans la tour. Les murs et les plafonds des pièces les plus représentatives sont ornés de peintures murales dont on remarque tout particulièrement les peintures en trompe-l’oeil.

Source et plus d’informations: Home – Palazzo Castelmur (palazzo-castelmur.ch) et les migrants et pâtissiers grisons.

Coltura, Palazzo Castelmur et l’église Nossa Dona: Foto: TES

Chur, Rhätisches Museum. Photo: TES

Le col de l’Albula et son histoire

Le col de l’Albula (der Albulapass), dans le canton des Grisons, était une importante route commerciale et un passage stratégique après que la Confédération eut conquis les territoires italiens de la Veltina vers 1500. Des marchands, appelés Säumer, transportaient le vin d’Italie ainsi que le sel, les céréales et le riz du Tyrol avec des ânes, des chevaux et des mules. Au sud, ils apportaient du bétail, des produits laitiers, des minerais et des métaux de Bergün (Bravuogn en romanche) et de Filisur.

En 1548, un service postal est mis en place, qui transporte également des personnes dans des diligences, de grands chariots tirés par six ou huit chevaux, à travers le col. Le roi de France, qui était un allié de la Confédération des XIII cantons et de leurs propres alliés, dont le Freistaat der drei Bünde, les Grisons d’aujourd’hui, initie (inaugure ?) cette année-là le service postal vers la République de Venise.

Bien que les cols du Splügen et du Septimer aient également gagné en importance, le col de l’Albula est longtemps resté une voie de communication essentielle pour les personnes, le courrier et les marchandises. En 1866, la route de quatre mètres de large entre Bergün et Le Punt en Haute-Engadine est achevée. Le voyage de Coire à St. Moritz ne dure plus « que » quatorze heures. Cela s’avérera très bénéfique pour le tourisme.

Le chemin de fer de l’Albula, en 1903, raccourcit encore le voyage de quelques heures. En raison de l’interdiction des voitures dans le canton, ce n’est qu’en 1925 que celles-ci pourront emprunter le col.

 

Landwasserviaduct, Filisur. Photo: TES

L’Albulabahn, le célèbre viaduc de Landwasser à Filisur et le tunnel de l’Albula, long de près de six kilomètres, sont inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2008. Aujourd’hui, le col de l’Albula n’est plus une grande route, mais principalement une route touristique et un col pour les déplacements locaux.

Le col de l’Albula faisait partie de la ligne défensive dans les Alpes, le Réduit, pendant la Seconde Guerre mondiale (1939-1945) sous le nom de Sperre Albula. Pendant cette période, chaque col du canton était une forteresse de rochers, de bunkers et d’obstacles en pierre.

Révision:Lars Kophal, journaliste et rédacteur