Samnaun, ses stations de ski et sa zone hors taxes et sans Vallader

Le village de Samnaun (Basse-Engadine, canton des Grisons) bénéficie d’un statut particulier. Proche de la frontière autrichienne, ce village ne pouvait à l’origine être atteint par la route que depuis l’Autriche.

En conséquence, le village fut exclu en 1892 du territoire des douanes suisses. Cette exemption fut maintenue jusqu’en 1912, bien qu’une route fut construite en 1907 vers la Basse-Engadine. Aujourd’hui encore, la commune est une zone hors taxes.

Cette histoire remonte à mille ans. Samnaun fut mentionné pour la première fois en 1089 dans un document des seigneurs de Tarasp.

Les agriculteurs des villages de Ramosch et Vnà en Basse-Engadine s’installèrent dans la vallée de Samnaun car un climat propice et des terres fertiles rendaient possible l’agriculture à plus de 1 800 mètres d’altitude.

Puis, ils ont fondé les villages de Compatsch, Laret, Plan, Ravaisch et Samnaun, bourgs dotés d’églises catholiques, baroques ou modernes, car contrairement aux autres villages de la Basse-Engadine, la vallée est restée catholique (Rhäzuns et Tarasp, en tant que propriété des Habsbourgs).

 Samnaun partage son histoire politique avec la Basse-Engadine. Il a appartenu au comté du Tyrol jusqu’à ce qu’il fut repris par les Habsbourg en 1363.

En 1652, la Basse-Engadine racheta aux Habsbourg tous les villages qui appartenaient déjà à l’État libre des Trois Ligues (Freistaat der Drei Bünde) alors allié à la Ligue de la Maison-Dieu dirigée par Coire (Gotteshausbund).

Ainsi, la Basse-Engadine retrouva un statut analogue à celui de la Haute-Engadine au sein de la République des Trois Ligues.

Les deux autres ligues furent la Ligue grise (Grauer Bund) et la Ligue des Dix-Juridictions (Zehngerichtenbund). Pour l’histoire, la Ligue grise, dont le nom provenait de la couleur des vêtements portés par l’homme du peuple, s’est alliée entre 1471 et 1524 à la Ligue des Dix-Juridictions et à la Ligue de la Maison-Dieu pour former les Trois Ligues.

A partir de 1803, la vallée de la Basse-Engadine fit partie du nouveau canton des Grisons qui rejoignit la Confédération helvétique.

Martina

Samnaun fut une ville frontalière avec le Tyrol durant des siècles. Mais en 1848, le poste de douane fut déplacé d’abord à Vinadi, puis à Martina.

Depuis Samnaun, on ne pouvait rejoindre la Basse-Engadine que par les cols alpins. Ainsi, en hiver, les contacts se limitaient au Tyrol, raison pour laquelle la Confédération suisse a accordé le statut de zone franche pour les marchandises en provenance du Tyrol.

En dépit de la route construite de 1907 à 1912 qui a permis une liaison directe entre Samnaun et le reste de la Suisse, cette situation n’a pas changé, essentiellement pour des raisons pratiques.

Saumnaun est toujours le « petit paradis du shopping des Hautes Alpes », comme il se présente lui-même. En effet, de nombreux frontaliers autrichiens visitent également cette « zone franche » située à 1 800 mètres d’altitude.

Environ 20 000 touristes séjournent à Ischgl et ses environs. Ils font souvent leurs courses à Samnaun, village quasi voisin.

Mais Samnaun mise sur un autre atout. Alors que dans d’autres régions de Suisse, les stations de ski ouvrent désormais pour des périodes plus courtes ou ferment même par manque de neige, le village agrandit ses installations de ski.

La plupart des pistes se trouvent à une altitude (relativement) sûre, entre 1 800 et 2 900 mètres, et la région est en outre reliée à Ischgl.

Le domaine skiable offre ainsi plus de 240 kilomètres de pistes, ce qui en fait l’un des plus grands domaines skiables des Alpes, mais les quelque 850 habitants parlent le dialecte tyrolien et l’ancien vallader n’est plus parlé !

(Source et Plus d’informations: www.samnaun.ch)

Révision: Andrea Zollinger, rédactrice

Les châteaux de Vufflens, de Vullierens et de L’Isle

Le féerique château de Vufflens, près de Morges (canton de Vaud), nous vient tout droit de la fin du Moyen Âge en Suisse romande.

Contrairement à de nombreux autres châteaux dans cette région, il n’a pas été construit dans le style savoyard, du nom des souverains du Pays de Vaud de l’époque. Sa principale caractéristique est l’utilisation de la brique et d’un style architectural piémontais, des choix pour le moins incongrus dans la région.

Château de Morges, le style savoyard

L’édifice a été construit vers 1415 sous le règne d’Henri de Colombier (1368-1437). Il y avait probablement déjà un château à cet endroit au XIe ou XIIe siècle. Henri de Colombier a cependant fait construire un tout nouveau château. Il était alors au service du duc de Savoie et commandant d’armée en Italie. C’est là qu’il a trouvé l’inspiration pour son château.

Très élaboré à l’origine, ce château ne garde aujourd’hui que sa partie centrale intacte. Les murs extérieurs et les défenses médiévales ont disparu. Le château actuel se compose d’une partie résidentielle, d’une puissante tour de guet entourée de quatre tours d’angle et d’une cour fortifiée.

Ce château grandiose est absolument unique dans la région. Il allie la recherche du confort résidentiel, de la défense, du prestige, de la présentation de soi et de l’exclusivité.

Le château est la propriété de la famille De Saussure depuis 1860. Son descendant le plus célèbre est certainement le scientifique et alpiniste à l’origine de la première ascension du Mont-Blanc,  Horace-Bénédict de Saussure (1740-1799). Auparavant, la famille féodale de Senarclens, originaire du village de Senarclens, en fut propriétaire de 1641 à 1860.

La baronnie néerlandaise de Senarclens 

En 1822, Onno de Senarclens (1780-1836) obtint le titre de seigneur de Haanwijk, Boxtel et Liempde aux Pays-Bas en raison de ses mérites dans l’armée néerlandaise et peut-être en relation avec le rôle prépondérant de Hendrick Jan van Oyen (1750-1821) dans le canton de Vaud et à Morges en particulier.

Le château n’est pas ouvert au public. Cependant, les vignobles qui l’entourent et les villages de Vufflens-le-Château et de Denens offrent une vue imprenable sur ce château de contes de fées, avec à l’arrière plan le lac Léman, les Alpes et, par temps clair, le Mont-Blanc.

Le château aurait-il inspiré les châteaux de Vullierens et de L’Isle ?

Ou bien :

“Vufflens n’est pas un château. C’est un conte de fées. C’est Chillon en plus ciselé, c’est Neuschwanstein en plus raisonnable. C’est un rêve, une carte postale. Avec la silhouette élancée de son formidable donjon, son vignoble sereinement étalé plein sud au pied du colosse de brique, il symbolise le Pays de Vaud : tradition sans rigueur malgré sa facture piémontaise, élégance débonnaire, sagesse souriante. Oui, ce château apparaît comme un phare luxueux veillant paternellement sur l’océan de vignes qui déferle sur les hauteurs morgiennes” (Source: Editions 24 heures, Les Châteaux viticoles du Pays de Vaud, 1990).

Révision: Andrea Zollinger, rédactrice

Le village de Praz, les Celtes et l’histoire de la Romandie

Le petit village vigneron de Praz (commune de Mont-Vully, canton de Fribourg), au bord du lac de Morat (Murtensee), se trouve à proximité de l’oppidum celtique – datant du temps des Helvètes – situé au Mont-Vully, commune dans laquelle ont aussi été retrouvés des vestiges datant du mésolithique (environ 6000-5000 avant J.-C.).

Le Mont Vully depuis le lac de Neuchâtel et à Praz

Le Château de Praz

Praz participa à l’histoire mouvementée de la Suisse romande et donc  francophone. Des habitations sur pilotis datant du néolithique (5 000 – 1 800 avant J.-C.) ont été découvertes dans cette région.

Puis vinrent l’époque romaine (15 avant J.-C. – vers 400 après J.-C.), les invasions des Alamans, le premier royaume de Bourgogne (443 – 534), les rois et empereurs francs (534-843), le royaume de Lorraine ou de Lotharingie, fondé suite au traité de Verdun en 843 et le second royaume de Bourgogne (888-1032).

Praz fit ensuite partie du Saint-Empire romain sous le duc de Zähringen, puis de la maison de Savoie jusqu’à la conquête de Fribourg et de Berne en 1476. Le village de Praz a été rattaché au canton de Fribourg en 1803 suite à l’Acte de médiation écrit sous l’impulsion de Napoléon Bonaparte.

Lac de Morat et la ville de Morat

En 1850 a été constituée la commune de Bas-Vully – avant 1831 « Commune générale des quatre villages de La Rivière » – suite à la fusion des communes de Sugiez, Nant, Praz et Chaumont, cette dernière étant désertée depuis le XIXème siècle.

Le Bas-Vully a fusionné en 2016 avec le Haut-Vully pour former aujourd’hui la commune de Mont-Vully.

Le canal de la Broye et le pont de Sugiez

Impressions de la région et Praz

Vullierens, son église et son abbaye

Vullierens (canton de Vaud) était déjà habité à l’époque romaine. Au Moyen Âge, elle relevait de la baronnie de Cossonay. Berne a conquis et occupé le Pays de Vaud (à peu près le territoire du canton actuel) sur le duché de Savoie dès 1536.

Dès lors, le village relevait du district de Morges et de l’autorité de Berne. Berne gouverna la région jusqu’en 1798. Cette année-là, la France conquit l’ancienne  Confédération des XIII cantons germanophones (seul Fribourg/Freiburg était bilingue) et leurs territoires sujets (Untertanengebiete), y compris le Vaud francophone.

Après l’échec de l’expérience d’un État unitaire sur le modèle français (la République helvétique 1798-1803), Napoléon restaura l’ancienne structure des cantons (sous supervision française) en 1803, avec six nouveaux cantons souverains, dont Vaud.

Cette Confédération n’a pas duré longtemps non plus, à savoir jusqu’en 1813 et la défaite de Napoléon. Elle fut suivie en 1815 d’une nouvelle Confédération avec trois nouveaux cantons et enfin de la Confédération actuelle en 1848.

L’abbaye de Vullierens

Pendant tout ce temps, Vullierens n’a pratiquement pas changé. Seulement la religion catholique a cédé la place au protestantisme sous l’influence de la Berne protestante après 1536.  L’église (mentionnée pour la première fois en 1228 et reconstruite en 1733) et l’ancienne abbaye (début du 16e siècle) sont pourtant toujours là.

(Source: F. Béboux, Vullierens, Dictionnaire historique de la Suisse)

Révision: Andrea Zollinger, rédactrice

La ville de Fribourg, ses ponts, ses monastères, sa cathédrale, son port et sa nature

Fribourg ou Freiburg, la Sarine ou die Saane, francophone ou germanophone, la ville était fidèle à la foi catholique pendant et après la Réforme durant la première moitié du XVIème siècle. Il y avait alors une diversité des ordres monastiques et des abbayes à foison.

La Sarine, die Saane, ou le Röstigraben 

La cathédrale gothique, dédiée à Saint-Nicolas, fut achevée en 1490 après une période de construction de deux siècles. Aujourd’hui, la ville est le siège du diocèse de Lausanne, Genève, Neuchâtel et Fribourg.

La ville fut fondée en 1157 par le duc germanophone Bertold IV de Zähringen (1125-1186) dans la région majoritairement francophone de l’ancien royaume de Bourgogne (888-1032). Son successeur fonda la ville de Berne en 1191. Les comtes de Kyburg acquirent Zähringen en 1218. En 1277, la ville passa aux mains des Habsbourg jusqu’en 1452.

Der rote Turm/la tour rouge

La ville fut mêlée aux guerres entre les Habsbourg et le duché de Savoie et elle se rangea du côté de la Savoie de 1452 à 1477. Cependant, la Savoie fut également un allié du duc de Bourgogne.

L’ancienne muraille de la ville, XIIIème siècle

Après les trois défaites du duc Charles le Téméraire (1433-1477) contre la Confédération (Eidgenossenschaft) en 1476 (Grandson et Morat) et en 1477 (Nancy), la ville rejoignit la Confédération en 1481 après avoir considérablement agrandi son territoire au détriment de la Savoie.

Malgré la Réforme installée à Berne, la catholique Fribourg conquit et partagea Vaud avec ce canton en 1536. Fribourg acquit la Gruyère en 1555 et atteignit ainsi sa taille actuelle. Par la suite, le canton a suivi le cours de l’histoire de la Confédération.

Après 1530, la ville fut  un bastion de la Contre-Réforme et de l’influence des Jésuites, qui culminea avec le Sonderbund et sa guerre perdue en 1847.

L’ancien collège jésuite Saint-Michel

Les plus grandes abbayes existantes sont Notre-Dame de la Maigrauge (monastère cistercien pour femmes, fondé au XIIIe siècle), l’abbaye de Montorge (monastère franciscain pour moines, fondé en 1621) l’Abbaye d’Hauterive (monastère cistercien pour moines, fondé en 1138), le monastère des Capucins (fondé en 1617), les Franciscains-Minorites (ou Couvent de Cordeliers, fondé en 1256) et un certain nombre d’ordres plus modestes.

Les Jésuites et les Augustins ne sont plus représentés dans la ville depuis 1848 (après la guerre perdue du Sonderbund). Les Dominicains sont toujours présents, mais principalement en tant qu’institution de théologie.

La riche vie catholique a également été à l’origine de plusieurs églises et œuvres d’art et  à ne pas en douter d’une ville animée.

Une histoire presque oubliée est celle du port de Fribourg. Dans la vieille ville se trouve une zone qui, pendant des siècles, a servi de lieu de stockage et de commerce pour la navigation. De nombreux bâtiments témoignent de ce passé.

Comme dans toutes les grandes villes de Suisse (Zurich est la plus grande avec 400 000  habitants, Fribourg compte environ 80 000 habitants), la nature n’est jamais loin. Le bétail profite également chaque jour de la vue sur la cathédrale Saint-Nicolas. Où cela est-il (encore) possible dans le monde ?

(Source et plus d’informations: Ville de Fribourg)

Révision: Andrea Zollinger, rédactrice

La Sarine

Centrale d’Oelberg

Le barrage de la Maigrauge

L’ancienne Commanderie Saint-Jean (aujourd’hui un restaurant)

La cathédrale (et le Chasseral) et la basilique de Notre-Dame

La basilique de Notre-Dame

Les abbayes et les monastères

Le couvent de Cordeliers

Le couvent des Capucins Montorge

L’abbaye d’ Hauterive

Porte de la Maigrauge

L’abbaye Notre-Dame de la Maigrauge

Les ponts

Pont du Gottéron

Pont de la Madeleine

Viaduc de Grandfey

Pont de la Poya

Pont de Zaehringen

Le pont de Saint-Jean, le pont du Milieu et le pont de Berne sont les trois plus anciens ponts de la ville (13e siècle). Ils étaient à l’origine en bois, mais au XVIIIème siècle, le pont Saint-Jean et le pont du Milieu ont été reconstruits en pierre. Seul le pont de Berne est resté en bois pour des raisons stratégiques. En cas d’attaque venant de l’est, les Fribourgeois enlevaient les planches du pont afin de retenir les envahisseurs de l’autre côté de la Sarine.

Pont de Berne 

Pont du Milieu 

Pont de Saint-Jean

Le château de Bourguillon et la chapelle de Lorette  

La chapelle de Lorette  

La chapelle St. Jost (1684), appartenant au monastère de Montorge

L’ancien centre et le port

Impressions de la ville

Le funiculaire (1899)

Le musée d’art et d’histoire

L’Hôtel de Ville

Espace Jean Tinguely et Niki de Saint Phalle 

 

L’ancien moulin à Richterswil

Le Pont de Sainte-Apolline à Villars-sur-Glâne

L’existence du Pont de Sainte-Apolline à Villars-sur-Glâne près de l’abbaye d’Hautrive  (canton de Fribourg) est attestée antérieurement à 1243. Un premier pont en pierre fut construit vers 1508 pour remplacer l’ancien pont en bois.

La chapelle est mentionnée pour la première fois en 1147. Sainte Apolline fut brûlée en Alexandrie en 248 après qu’on lui eût arraché les dents; c’est elle qu’on deplore dans les cas de maux de dents. De nombreuses dents cariées ont été retrouvées aux abords de la chapelle!

Le Pont de Sainte-Apolline est emprunté par les pèlerins vers Saint-Jacques de Compostelle.

(Source et plus d’informations: www.fribourgtourisme.ch)

Le Pont de Sainte-Apolline. Vignette ornant la carte communale de 1851

 

Le château de Vullierens, ses jardins et son parc

Chaque ville, village, voire hameau de Suisse possède une ou plusieurs particularités historiques, culturelles ou naturelles. Ce qu’ils ont aussi en commun, c’est  l’image d’Epinal fleurie qu’ils offrent.

La ville de Morges (canton de Vaud), au bord du lac Léman, est connue, entre autres, pour sa fête annuelle des tulipes, le mariage en 1969 d’Audrey Hepburn et le général néerlandais Hendrick Jan van Oyen (1750-1821) au service de la France puis de la Suisse.

Les rives du lac Léman sont en fait une grande fête des fleurs, de Montreux à Genève, avec en point d’orgue son magnifique jardin botanique au bord du lac.

À l’intérieur des terres, à quelques kilomètres de Morges, se trouve le château de Vullierens. Il tire son nom du village de Vullierens. A l’époque romaine, une villa s’élevait à l’emplacement du château.

En 1712, le propriétaire a construit un nouveau château sur le modèle français. La cause directe en fut la construction d’un « Petit Versailles » dans la ville voisine de L’Isle. Le château appartient toujours aux mêmes propriétaires et n’est pas ouvert au public.

En revanche, les jardins et le parc adjacent sont publics. Ils offrent non seulement une vue imprenable sur les Alpes, le Mont-Blanc et le lac Léman, mais sont également une destination pour les passionnés de fleurs, d’arbres et de plantes, d’architecture et de sculpture.

Outre l’une des plus grandes collections d’iris d’Europe avec plus de 400 espèces différentes, quelque 110’000 fleurs créent une magnifique mosaïque de couleurs dans d’impressionnantes roseraies, des champs de tulipes, des rhododendrons et diverses autres espèces.

(Source et informations complémentaires : Château de Vullierens)

Révision: Andrea Zollinger, rédactrice

Le château

 

Ses jardins et son parc

 

 

 

La vue des Alpes et la nature

Portes des Iris

Laupen, une histoire suisse

Non seulement la Suisse peut s’enorgueillir d’une histoire intéressante, mais elle la cultive soigneusement tant par diverses organisations nationales ou cantonales, que par des initiatives locales. Ainsi, chaque voyage donne lieu à une ou plusieurs rencontres culturelles et historiques intéressantes.

Les petites villes ou les villages, par exemple, ont souvent un grand passé, qu’il s’agisse d’une république souveraine vieille de plusieurs siècles, de la plus petite ville épiscopale ou abbatiale ou d’une importante ville fortifiée médiévale comme Laupen.

La ville de Laupen (canton de Berne) incarne l’histoire de la Suisse en miniature. Les Romains utilisaient déjà la route près de Laupen pour traverser la Sarine et la Sense. Il s’agissait d’une voie de communication importante entre l’importante ville romaine d’Aventicum (aujourd’hui Avenches) et l’ancienne colonie celte de la presqu’île de l’Enge (Engehalbinsel), près de Berne.

Après le départ des Romains (début du Vème siècle), des Alamans et des Celtes romanisés (Gallo-Romains) ont habité la région. Après les Mérovingiens et l’Empire carolingien, les Burgondes ont régné sur la région de 888 à 1032. Le roi burgonde Rodolphe II (880-937) construisit la première forteresse sur la colline en raison de sa position stratégique sur la route et le pont de la Sarine et de la Sense. Cette forteresse s’est transformée en château au 12e siècle.

Après les Bourguignons, les souverains se succédèrent. En 1275, le roi Rodolphe Ier de Habsbourg (1218-1291) accorda au village situé au pied du château le statut de ville libre par l’immédiateté impériale (Reichsunmittelbarkeit).

Bien que la population fut peu nombreuse (250 habitants) au cours de ce siècle, son importance stratégique et son prestige furent d’autant plus grands. Laupen avait le même statut que Berne, Soleure, Bâle, Fribourg ou Morat, cités toutes proches et bien plus grandes.

Les souverains locaux et européens s’intéressèrent à son acquisition et le château changea souvent de mains. Les ducs de Zähringen et les Habsbourg, les comtes de Kybourg et de Savoie, les seigneurs de Grandson et de Thurn en furent les propriétaires pour des périodes plus ou moins longues.

Johann Ludwig Nöthiger (1719-1782), le château et la ville de Laupen, 1744. Collection: Zentralbibliothek Zürich

Mais en 1324, Berne a fait ce qu’elle savait faire de mieux: elle a acheté la seigneurie de Laupen et l’a transformée en bailliage. Les autres souverains furent moins enthousiastes et une large alliance (Fribourg, Habsbourg, Kybourg, les évêques de Bâle, Lausanne et Sion) déclara la guerre à Berne en 1339.

Soutenue par Soleure et les villes de Suisse centrale (l’Innerschweiz), Berne remporta la Laupenkrieg menée par Rudolf von Erlach (1299-1360).

Berne, Rudolf von Erlach (1299-1360)

Le château et la ville ont continué à se développer au cours des siècles suivants. Le château devint la résidence du bailli (Vogt) de Berne, avec une salle des chevaliers et d’autres caractéristiques d’une résidence contemporaine.

La ville comptait trois tours, des remparts, des places et des palais. Plusieurs bâtiments des XIIIème et XIV ème siècles subsistent dans la vieille ville, et le centre-ville médiéval est encore en grande partie intact.

Cependant, avec la construction des nouveaux ponts en bois de Gümmenen et de Neuenegg au XVème siècle, l’importance économique et stratégique de la ville diminua. De plus les rivières inondèrent régulièrement la ville et la région. De nombreux habitants émigrèrent.

Ce n’est qu’au début du XXème siècle que la ville a recommencé à prospérer. Le Schlossmuseum présente cette histoire fascinante.

(Source et plus d´informations: Gemeinde Laupen)

Révision: Andrea Zollinger, rédactrice

Impressions de Laupen

   

Une vue des Alpes à Laupen

Le lac de Schiffenen, sa nature, ses châteaux, son ermitage et son histoire

Le lac de Schiffenen est un lac de barrage situé près de la ville de Fribourg, dans la vallée de la Sarine, nommée d’après la rivière Sarine (Saane en allemand) qui y coule.

Kleinbösingen, L’église St. Jacob et colonnes romaines

Le barrage érigé près des villages de Kleinbösingen et Gurmels a été achevé en 1963, date marquant une nouvelle ère pour les habitants de la région, avec la création du nouveau lac artificiel.

Le barrage

En aval du barrage, la Sarine se jette dans l’Aar à Oltigen (canton de Berne). Le célèbre pont du Viaduc (1862) marque l’autre extrémité du lac.

Si la longueur du lac s’étire sur environ 13 kilomètres, sa largeur maximale est inférieure à 500 mètres et souvent plus étroite dans la plupart des endroits, ce qui lui donne des airs de fjord.

Plusieurs autres villages sont nichés sur les rives du lac, notamment Barberêche, Düdingen, Granges-Paccot et La Sonnaz, l’un plus charmant que l’autre. La Sonnaz abrite le club d’aviron Société d’Aviron Fribourg.

Barberêche donne aussi le nom au plus grand des trois châteaux perchés sur les falaises du lac. Avant la création du lac, ces châteaux se trouvaient en surplomb d’un canyon idyllique. Les deux autres châteaux sont le Grand-Vivy et le Petit-Vivy.

Dès le XVème siècle, cette région jouissait d’une culture des bains et des eaux thermales. Le village de Bad Bonn était célèbre pour ses sources d’eau minérale et ses bains. Malheureusement pour le village, il était construit au fond de la vallée et 1963 sonna le glas de son histoire séculaire. Un nouveau complexe du même nom que le village englouti a été construit sur les rives du lac.

Le Magdalene Einsiedelei (Ermitage de la Madeleine) à Räsch, près de Guin (Düdingen), a été pendant des siècles un lieu de contemplation (religieuse) et abrita des ermites. L’ermitage se compose d’une chapelle et de salles de séjour en pierre.

Connu depuis le XVe siècle, il a été consacré le 8 juillet 1691 par l’évêque Pierre de Montenach (1633-1707) en l’honneur de Sainte Marie-Madeleine.

L’Ermitage a une longueur totale de 120 m. Les dunes de sable fossiles prouvent l´existence d´une mer à Fribourg il y a de cela environ 20 millions d´années (Voire aussi le jardin des glaciers de Lucerne).

Les ermites ont disparu depuis longtemps, mais le site et son histoire géologique (y compris les fossiles) restent intéressants et sont ouverts au public.

Révision: Andrea Zollinger, rédactrice

L’Ermitage de la Madeleine

Le Viaduc de Grandfey (1862)

 

Barberêche

La nature

Journée suisse des moulins le 11 mai 2024 à Flüh

L’ Association suisse des amis des moulins organise chaque année la Journée suisse des moulins le samedi suivant l’Ascension. Pendant cette manifestation nationale, des moulins historiques ouvrent leurs portes dans toutes les régions du pays, y compris le Flühmühle à Hofstetten-Flüh (canton de Soleure) à partir de 11h00.

A 13h00 et 15h00, deux courtes conférences seront données sur le contexte historique,  l’architecture et la fonction du moulin.

Entre-temps, il sera possible de visiter le moulin avec son installation de broyage partiellement conservée, des images historiques et des objets d’usage courant de l’époque.

En même temps, le moulin invite à s’attarder sur la place du moulin (en cas de pluie, dans la Stube). Du café, du thé, des boissons froides et des délices sucrés et salés seront proposés à partir de 11h00.

La journée se terminera à 16h00 par une prestation en solo de Christine Lauterburg. Christine a réinterprété le yodel et l’a rendu accessible au plus grand nombre. Sa musique réunit des éléments de musique populaire, de pop, de chanson et de world-music.

Le nombre de places pour le concert étant limité, il est nécessaire de s’inscrire ([email protected]).

Collecte (montant indicatif : CHF 20).