Romont et Moudon un destin scellé en 1536

L’antique centre de Romont (canton de Fribourg), ses remparts, ses tours, son château et la Collégiale Notre-Dame de l’Assomption (XIIIème siècle) sont situés sur la célèbre montagne ronde, le Mont Rond (rotundus mons).

 

Collégiale Notre-Dame de l’Assomption après sa rénovation (gothique) au XVème siècle.

Au pied de la montagne se trouve le monastère cistercien de la Fille-Dieu (fondé en 1268), comme son nom l’indique, un couvent de femmes (toujours existant).

Klooster de la Fille-Dieu

La ville se trouve sur les routes commerciales de Lausanne et Vevey (canton de Vaud) et des villes de Bulle et Fribourg. Que Romont soit dans le canton de Fribourg et non dans le canton de Vaud, elle le doit au destin de l’histoire qui s’est écrit en 1536.

Cette année-là, Berne a conquis le Pays de Vaud sur la Savoie. Romont appartenait depuis des siècles à la Savoie et les comtes de Savoie se faisaient même appeler « seigneurs de Moudon et de Romont ».

Les remparts de la ville et leurs tours s’étirent sur un kilomètre et demi et sont en grande partie intacts.

Les comtes de Savoie, à partir de 1416, ducs de Savoie, étaient des alliés des ducs de Bourgogne. 1476 sonna le glas de cette alliance. La Savoie, et donc Romont, se rangea aux côtés du duc Charles le Téméraire (1433-1477) dans sa guerre contre la Confédération. Après ses défaites à Grandson et à Morat (1476), les Confédérés s’emparèrent de Romont et la pillèrent.

Cependant, lors de la paix de Fribourg en 1476, la Savoie reprit le contrôle de Romont. D’autres villes (Orbe, Grandson, Morat et Echallens) du Pays de Vaud, administrées conjointement par Fribourg (membre de la Confédération dès 1481) et Berne, passèrent aux mains de la Savoie.

La joie de la Savoie fut (relativement) de courte durée. En 1536, la Berne protestante conquit l’ensemble du Pays de Vaud sur la Savoie. Romont chercha et obtint la protection de la ville catholique de Fribourg et la ville fit dès lors partie du canton de Fribourg.

Moudon

Moudon (à l’époque romaine, le petit vicus Minnodunum ou Minnidunum) est située entre les rivières de La Broye et de La Mérine. La Savoie a acquis la ville et son château en 1219. Les lieux furent régis par les tribus celtes (Helvètes), les Romains, les Francs, deux royaumes bourguignons, les comtes de Genève et les ducs de Zähringen.

La Broye

Comme Romont, la ville occupait une position centrale sur les routes commerciales et les voies de communication. La ville a prospéré après la prise de possession par la Savoie et est même devenue le centre administratif de la Savoie dans le canton de Vaud au XIVème siècle.

Maison des États de Vaud (XIVème siècle)

La défaite du duc de Bourgogne en 1476 et la prise de Moudon par les Eidgenossen ne marquent toutefois pas la fin de la domination savoyarde. La paix de Fribourg rétablit même l’autorité de la Savoie à Moudon.

C’est la conquête de Berne en 1536 qui marqua la fin définitive de la présence de la Savoie au pays de Vaud et l’introduction de la Réforme. Berne exerca le pouvoir jusqu’en 1798. Dès 1798, Moudon fit partie du canton de Vaud.

Conclusion

Les ducs de Savoie ne se firent plus appeler « seigneurs de Moudon et de Romont » à partir de 1536, Romont rest catholique dans le canton de Fribourg et Moudon devient protestante et, à partir de 1798, une commune du canton de Vaud.

(Source et informations complémentaires : F. Walter, Histoire de Fribourg, Une ville-État pour l’éternité (XVIe-XVIIIe siècle) Tome 2, Neuchâtel, 2002 ; Ville de Romont ; Commune de Moudon ; L. Hubler, Histoire du Pays de Vaud, Lausanne 1991).

Révision: Andrea Zollinger, rédactrice

Impressions de Romont

Maison St.-Charles

Le château  (Grand Donjon) et le Vitromusée Romont (Musée suisse du vitrail et des arts du verre)

Révision: Andrea Zollinger, rédactrice

Impressions de Moudon

Maison neuve du Pont (1688)

 

Hôtel de Ville

Saint-Étienne de Moudon (XIIème-XVIème siècle)

Fontaine de la justice

La Grenette

Maison de Cerjat puis Tacheron ou Maison bernoise (XIVème siècle)

Château de Rochefort (Musée du Vieux-Moudon) et Maison de Denezy

Château de Carouge

Le village de Saint-Saphorin, son église et sa fortresse

C’est à partir du milieu du premier siècle ap. J.-C. qu’émerge l‘histoire de Saint-Saphorin (canton de Vaud) avec l’implantation d’une villa Gallo-Romaine non loin de l’agglomération de Vibiscum (Vevey).

Au Vème siècle alors que la villa fut abandonnée, une de ses salles, située à l‘emplacement même de l’église actuelle du XVIème siècle, fut transformée en mausolée établi selon des plans de catacombes romaines.

Le musée  de Saint-Saphorin

Un nouveau mausolée servit de chapelle funéraire au VIème sièle. Au VIIème siècle, le mausolée fut transformé en église dédiée au culte de Saint-Symphorien (Saint-Saphorin). L’église fut affectée au service paroissial au cours du VIIIème siècle.

Elle fut placée sous le patronage spirituel et politique des évêques et du chapitre de Lausanne jusqu’en 1536. Au XIIIème siècle, les évêques décidèrent de construire la forteresse de Glérolles.

À l’initiative du dernier évêque Sébastien de Montfaucon (1489-1560), la construction de l’église actuelle dura de 1517 à 1530. D’une facture gothique, l’édifice jouit d’une superbe verrière centrale en son chœur et c’est le plus important vitrail du canton de Vaud (après la rose de la cathédrale de Lausanne). Il représente l’évêque Sébastien de Montfaucon, la Vierge Marie,  l’Enfant et Saint Symphorien.

Saint-Saphorin en 1694, artiste inconnu. Archives de la commune. Photo: Claude Bornand. Musée de Saint-Saphorin

Vu de l’extérieur, l’édifice frappe surtout par son clocher avec son toit très aplati, car il était prévu (mais jamais realisé) que la tour soit coiffée d’une flèche en pierre.

En 1536, Sébastien de Montfaucon organisa la résistance face à la menace des protestants bernois. L’opposition fut si forte, que l’église pourtant transformée en temple protestant, réussit à préserver son vitrail.

Le village de Saint-Saphorin, niché au milieu des vignobles du Lavaux surplombant les Alpes et le lac Léman, a conservé son caractère médiéval jusqu’à ce jour.

(Source et plus d’informations: La commune de Saint-Saphorin)

Révision: Andrea Zollinger, rédactrice

 

Impressions de Saint-Saphorin et son musée

Plus que du fromage: Bulle joyau de La Gruyère

La Gruyère est mondialement connue pour son fromage, ses vaches et son château, mais qui, en dehors de la Suisse, connaît la ville de Bulle, chef-lieu depuis 1848 du district de La Gruyère dans le canton de Fribourg ? La première mention écrite de Butulum remonte à 855. Au long des siècles suivants, le lieu est cité sous les noms de Bollo, Bullo et Boll.

Héraldique du comté de Gruyère. Collection : Musée gruérien

Les comtes d’Ogo (plus connus sous le nom de comtes de Gruyère) et l’évêque de Lausanne étaient les principaux grands propriétaires terriens sur ces routes stratégiques allant vers Fribourg, Vevey, Romont, la vallée de la Jogne et le Pays-d’Enhaut.

L’évêque de Lausanne gouverna la ville jusqu’en 1536. Cette année-là, Berne conquit le territoire de l’actuel canton de Vaud et l’évêché de Lausanne.

Bulle faisait partie du territoire de l’évêché, mais refusa de se rendre à la Berne protestante. La ville se tourna alors vers la catholique Fribourg pour obtenir sa protection (comme Romont).

Le bailli a résidé au château de la ville de 1537 à 1798. 

Un bailli fribourgeois gouverna la ville jusqu’en 1798 à l’invasion française. L’administration fribourgeoise avait le caractère de l’administration d’un territoire sujet et de nombreux citoyens de Bulle y résistèrent. Le principal soulèvement (infructueux) eut lieu en 1781 sous la direction de Pierre-Nicolas Chenaux (1740-1781).

Pierre-Nicolas Chenaux (1740-1781)

Même dans la nouvelle Confédération de 1815, la ville a résisté à l’Ancien Régime (rétabli) du canton. Bulle joua même un rôle de premier plan dans la Régénération et dans la Constitution cantonale libérale de 1831. Après 1840, les forces conservatrices de la ville de Fribourg reprirent toutefois le dessus et le canton se rallia au Sonderbund.

Après la défaite du Sonderbund en 1847 et depuis la nouvelle constitution de 1848, Bulle est la capitale de la Gruyère, ce qui rend hommage au rôle économique (surtout le commerce du bétail, du bois et du fromage), historique et politique de la ville.

La chapelle de Notre-Dame de Compassion ou Notre-Dame-de-Pitié a été fondée vers 1350. Les Capucins s’y installèrent en 1665, soit 120 ans après l’établissement du premier monastère capucin sur le territoire suisse à Bigorio (canton du Tessin). Le jardin du monastère, le monastère et les capucins sont toujours présents en tant que voisins du château de Bulle.

Le musée gruérien présente un aperçu richement illustré de l’histoire, du présent et du passé de la ville et de l’ancien comté de Gruyère.

En outre, le musée présente des photographies uniques de Joseph-Philibert de Prangey (1804-1892). Celles-ci ont été réalisées d’après un daguerréotype, du nom de son inventeur et de l’artiste français Louis Daguerre (1787-1851) dans les années 1840-1850.

(Source et plus d’ informations: Ville de Bulle)

Révision: Andrea Zollinger, rédactrice

Le monastère et son jardin

Impressions de Bulle

   

Lavaux Vinorama

Lavaux Vinorama est le Centre de découverte des vins et du vignoble en terrasses de Lavaux, vignoble inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Les familles de vignerons-encaveurs ont, depuis des siècles, façonné le paysage de Lavaux.

L’édifice, au concept architectural original et respectueux de l’environnement, est parfaitement intégré dans un site naturel réhabilité, à côté d’une magnifique cascade.

Le centre illustre le travail du vigneron au fil des saisons dans ce vignoble exceptionnel et présente quelques 250 vins de l’ensemble du vignoble de Lavaux.

(Source et plus d’informations: www.lavaux-vinorama.ch).

La chapelle de la Motta

Près du village de La Tour-de-Trême (canton de Fribourg) se trouve une petite chapelle posée sur un tertre « La Mottaz ». Elle est dédiée à Saint-Sébastien et à Saint-Roch, tous deux protecteurs contre les maladies infectieuses et, en particulier, la peste.

La peste fit irruption en 1611 dans la petite cité médiévale de Gruyères. La chapelle de la Motta fut construite en 1635 par les paroissiens de La Tour-de-Trême après la grande peste pour rendre grâce à Dieu de les avoir épargnés.

L’aspect intéressant de cette chapelle est qu’elle doit son nom à son emplacement et non pas aux saints auxquels elle est dédiée. Son nom vient du mot celte mutta, qui signifie hauteur, qui est devenu le mot motte ou mote en français, donc lieu fortifié situé en hauteur. Ayant subi les outrages du temps, elle a été reconstruite et bénie en 1789.

L’environnement de cette belle petite chapelle – entièrement restaurée entre 1973 et 1976 et dont deux importants platanes marquent l’entrée – de forme traditionnelle simple, avec un grand clocher, est constitué de forêts, de bétail et de la silhouette des montagnes en arrière-plan.

Source : La Chapelle de la Motta

Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice. 

Deux villages, deux auberges, une cloche médiévale et la nature de l’Emmental

L’Emme prend sa source à 2197 m dans la région située entre les montagnes Hohgant et Augstmatthorn, à la frontière de l’Oberland bernois et du canton de Lucerne. La rivière se jette dans l’Aar à la frontière du canton de Soleure, près de Luterbach. Entre les deux se trouve l’Emmental, avec Langenthal comme centre régional du Haut-Emmental et Burgdorf comme la plus grande ville du Bas-Emmental.

L’Emmental est un district du canton de Berne, avec 98 000 habitants sur une superficie de 690 m². Il y a huit cantons qui comptent moins d’habitants et même dix cantons sont plus petits !

L’Emmental est réputé pour ses meringues à Kemmeriboden-Bad et son fromage (le roi des fromages). Qui dit fromage, dit aussi secteur agricole (environ 10 % de la main-d’œuvre de l’Emmental).

Les nombreuses fermes (en bois) de l’Emmental, pour la plupart de grande taille, leurs cultures et leur bétail, les tilleuls solitaires sur les collines et les ponts en bois caractérisent ce paysage très typé.

De Burgdorf à la source de l’Emme, plus de 30 ponts en bois enjambent la rivière, dont le célèbre Hasle-Brücke de 60 mètres de long près de Hasle-Rüegsau.

L’écrivain Albert Bitzius alias Gotthelf-Jeremias (1797-1854) connaissait bien la vie dans l’Emmental et ses habitants (Das Emmental ist ein Hügellland, düster aussehend von weitem, aber lieblich und heimelig in der Nähe), il la décrit dans ses textes comme personne. Il réussit à mettre en scène la beauté du paysage à une époque où les thèmes traités n’avaient rien d’idyllique.

Dürrenroth

Au milieu de l’Emmental se trouvent les villages d’Ursenbach et de Dürrenroth. L’histoire de Dürrenroth est aussi intéressante que son nom, sa cloche d’époque et ses deux auberges. En 1275, le village est mentionné dans un document sous le nom de « Rota », probablement en référence à la couleur rouge de l’eau du ruisseau. En 1326, le nom « Ze der Dürren Rot in dem Dorf » apparaît comme le Rot asséché (le nom du ruisseau). Aujourd’hui, le Rotbach coule à nouveau comme il l’a fait pendant des siècles.

Le village a longtemps appartenu à l’ordre des chevaliers teutoniques (Deutsche Ritterorde) et aux seigneurs de Sumiswald. Le puissant château de Sumiswald est toujours là. Berne a acheté le village aux seigneurs de Sumiswald en 1698.

Le centre du village compte un certain nombre de bâtiments caractéristiques. L’église de 1486 (une nouvelle version d’une église romane plus ancienne) possède l’une des plus anciennes cloches de Suisse. La cloche de Saint-Laurent datant de 1392 (apparemment de l’église romane) est l’une des cinq cloches du clocher.

Les auberges (Gasthäuser) « Bären » (1752) et « Kreuz » (1806) de style baroque tardif ont non seulement une taille colossale et un statut monumental, mais sont également des complexes dotés de magnifiques jardins, d’hôtel et de restaurant. Les deux bâtiments étaient déjà des tavernes au XVIe siècle.

Landgasthof Bären

Kreuz doit son nom au cloître érigé en ses murs : il est fermé sur quatre côtés par des portes en chêne et elles sont identiques au nord, à l’est, au sud et à l’ouest. L’axe nord-sud fait référence au porche de l’église situé en face.

Hotel Kreuz

À l’époque des diligences et jusqu’à l’arrivée du chemin de fer dans l’Emmental en 1908, les deux auberges étaient des lieux importants pour le changement de chevaux sur la route Lucerne-Berne. Dans le « Kreuz », les attelages pouvaient même entrer dans le « Kreuzstock » en cas de mauvais temps.  Le Landgasthof « Bären » et l’hôtel « Kreuz » sont aujourd’hui affiliés aux Swiss Historic Hotels.

Ursenbach

À quelques kilomètres au nord se trouve le village d’Ursenbach (Ursibach dans une charte de 1139). Ce village appartient à Berne depuis 1414. Il se caractérise par son église et, en particulier, la lettre du 11 novembre 1515 de la ville de Berne.

La lettre du 11 novembre 1515

Berne a gentiment demandé aux habitants du village de financer la rénovation de l’ancienne église romane (12e siècle). La volonté de Berne a bien entendu force de loi et, peu après, la reconstruction dans le style gothique tardif a donc été achevée, en incluant les 14 fenêtres offertes par Berne, Lucerne, Soleure, Fribourg et Bâle.

L’église actuelle est le résultat de cette rénovation. Cependant, tout n’est pas resté inchangé depuis cette rénovation. Peu après la foi a emboîté le pas au protestantisme bernois.

Au cours des siècles, le paysage, les nombreuses fermes et l’importance du secteur agricole restèrent immuables.

Le Club Alpin Suisse

Le Club Alpin Suisse (CAS) organise régulièrement des randonnées dans cette région et dans d’autres belles contrées du pays.

(Source et informations complémentaires: www.emmental.ch)

Révision: Andrea Zollinger, rédactrice

Impressions de l’Emmental

  

       

    

Colonia Iulia Equestris ou Nyon, la plus ancienne ville de Suisse

La fondation de la Colonia Iulia Equestris en 45 av. J.-C., l’actuelle ville de Nyon (canton de Vaud), fut l’une des dernières décisions politiques de Jules César (100-44 av. J.-C.).

Ce général romain avait vaincu les Celtes à Bibracte, près de l’actuelle ville d’Autun en France, en 58 av. J.-C. Cette année-là, plusieurs tribus celtes, dont les Rauraciens et les Helvètes, s’étaient déplacées vers la Bourgogne pour s’y installer, loin des tribus germaniques. À cette époque, Rome n’occupait pas encore cette partie de la France (la Gaule) et elle était habitée par les tribus celtes.

Les Celtes « suisses » jouèrent ici de malchance, car l’ambition de César de conquérir la Gaule n’incluait pas dans ses plans les tribus celtes récemment arrivées en Gaule. Les Celtes « suisses » vaincus s’en retournèrent donc sur leurs territoires, tout en passant des traités avec les Romains.

César exigea des places fortes romaines à deux endroits stratégiques : la Colonia Iulia Equestris et Augusta Raurica (fondée vers 45 av. J.-C.) le long du Rhin.

La richesse de l’histoire romaine se manifeste au centre-ville de Nyon, au musée romain et sur tout ce site archéologique majeur, qui inclut entre autres les fondations d’un amphithéâtre, un forum, une basilique, un aqueduc, des thermes, des insulae (quartiers d’habitation) et le plan des rues.

Après le départ des Romains au Vème siècle, Augusta Raurica se divisa en deux petits villages de pêcheurs, Augst et Kaiseraugst, avec quelques centaines d’habitants. Par contre, la Colonia Iulia Equestris se développa pour devenir une ville régionale d’importance significative.

Place du Château

Ce sont les ducs de Savoie qui régnèrent sur Nyon pendant des siècles, utilisant le château (XIIème siècle) comme centre administratif. Nyon occupait une position stratégique importante au bord du lac Léman, entre Lausanne et Genève, et sur les routes commerciales.

Berne conquit le Pays de Vaud et Nyon en 1536. Le château devint la résidence des seigneurs (Leurs Excellences) bernois jusqu’en 1798 (invasion française). Aujourd’hui, le château abrite un musée.

Le Temple de Nyon

Un autre monument important de la cité est le Temple de Nyon, construit au XIIe siècle. C’est une église protestante depuis 1536.

Le parc du Bourg de Rive, au bord du lac et au pied des anciens murs de la ville, arbore fièrement les colonnes romaines. Le couvent des Frères mineurs situé dans le parc date du XIIIème siècle et il s’est mué en hôpital en 1537. Le Musée du Léman s’est installé dans ses murs situés juste en face du port de plaisance.

Musée du Léman

Nyon reste surtout une ville de promenade et un excellent point de départ permettant de visiter l’Arboretum et Aubonne, Lausanne, Genève, Rolle, Morges et d’autres villes et villages alentour. Elle offre en outre une vue époustouflante sur les Alpes et le lac Léman.

(Source et plus d’informations www.nyon.ch)

Révision: Andrea Zollinger, rédactrice

  

Tour de l’Horloge

Parc du Bourg de Rive

 

Place du Château

La Garde suisse pontificale avec des femmes?

Le 22 janvier 1506, le pape Jules II (1443-1513) fonda la Garde suisse. Durant cette période, l’Europe subit de nombreuses guerres, que les princes menèrent bien souvent avec des mercenaires venus de territoires étrangers.

A l’époque de la création de la Garde suisse, la Confédération suisse était une superpuissance militaire, réputée pour ses victoires sur les plus puissantes maisons royales : Habsbourg (1315-1499) et Bourgogne (1476 et 1477). Ses soldats se distinguaient non seulement par leur puissance militaire, mais aussi par leur loyauté et leur bravoure.

C’est pourquoi ce pape belliqueux, très impressionné, décida d’établir également la Garde suisse en tant que garde rapprochée chargée de veiller à sa sécurité. Non seulement lors du Sacco di Roma le 6 mai 1527, mais aussi le 10 août 1792 lors de la défense du palais des Tuileries du roi Louis XVI (1754-1793), la Garde suisse s’est montrée à la hauteur de sa réputation.

Pratteln, Galerie Beyeler, exposition la Garde suisse pontificale, 2019. Photo: TES.

La Garde suisse existe encore aujourd’hui. Institution unique en son genre, elle est composée de 135 hommes tous de nationalité suisse, catholiques, célibataires et âgés de 19 à 30 ans au moment de leur engagement. Leurs rôles sont variés, allant de tâches militaires à des fonctions de représentation.

Ils jouent également un rôle dans le contrôle des frontières, en surveillant les abords de la Cité du Vatican, un État souverain depuis 1929. La durée minimale du service est de 25 mois, avec la possibilité de quitter ou de se réengager par la suite.

En vertu de la Constitution suisse de 1848, les citoyens suisses ne sont plus autorisés à faire du service militaire à l’étranger, à l’exception de la Garde suisse. C’est ainsi qu’ont pris fin plusieurs siècles de service mercenaire suisse.

Gala-Uniform de la Garde suisse pontificale. Musée national Zurich

Le 6 mai 2024, 34 nouveaux gardes ont été incorporés à Rome dans la cour Saint-Damas du Palais apostolique. Les femmes n’en font pas encore partie, mais cela va changer. Si tout se passe comme prévu et avec l’approbation du pape, la nouvelle caserne de la garde accueillera également des femmes en 2030.

Les travaux de construction d’une nouvelle caserne, y compris les chambres pour les femmes, sont en cours. La Fondation pour la Rénovation de la Caserne, établie en 2016, a été créée justement pour son financement et ce après le succès en 2000 de la Fondation pour la Garde Suisse Pontificale. Alors prochaine étape : le sacerdoce pour les femmes et la fin du célibat?

(Source et plus d´informations: Musée de la Garde; Garde Suisse Pontificale)

Révision: Andrea Zollinger, rédactrice

L’île monastique de Reichenau 724-2024

L’île monastique de Reichenau (Bade-Wurtemberg) est l’un des lieux les plus historiques du lac de Constance et fêtera un anniversaire important en 2024.

Il y a 1 300 ans, en 724, le moine Pirmin fonda le monastère, qui est devenu une source d’inspiration importante pour l’art, la culture et la politique au Moyen Âge.

L’île fut habitée avant le VIIIème siècle. Cependant, avec la fondation du monastère, l’île a commencé à prospérer. Après le monastère, deux autres églises ont été construites : Saint-Pierre et Saint-Paul et, au IXème siècle, Saint-Georges.

L´église Saint-Georges

L´église Saint-Pierre et Saint-Paul

L’île et le monastère ont bénéficié de leur situation favorable sur les routes commerciales entre le Rhin et les principaux passages alpins de l’époque. Charlemagne (738-814) visita le monastère en 780, l’éleva au rang d’abbaye royale et le plaça sous sa protection.

L’abbaye de Reichenau était un centre d’édition de livres. Les moines étaient très habiles dans l’utilisation du parchemin, de l’encre et des sceaux, y compris pour forger des documents qui étaient corrigés ou entièrement réécrits pour des mécènes. On parle d’ailleurs de « l’école de Forgerie de  Reichenau ».

Les écrivains ne travaillaient que dans une mesure limitée pour les besoins du monastère. La plupart des livres étaient commandés par des princes et des rois. La bibliothèque de Reichenau était l’une des plus importantes de l’empire carolingien. L’île a été un centre de connaissances pendant des siècles avant l’apparition des universités.

Liber Viventium Fabariensis, 810-820, Stiftsarchiv St. Gallen

Le musée archéologique d’État de Constance est consacré à l’histoire du monastère et de l’île, de sa fondation à sa dissolution au XVIIIème siècle.

L’exposition « Moines, Mission, Aventure, Archéologie & Playmobil » présente de nombreux manuscrits, sculptures, autels, objets du quotidien, ustensiles d’écriture, carnets de notes et l’histoire du monastère et de l’île, entre autres. Il donne un aperçu de la vie monastique et montre que le monastère et le monachisme disposaient à l’époque d’un vaste réseau en Europe.

Dès le début du IXème siècle, le livre des confréries a été tenu avec les noms des moines. Il comprenait plus de 50 monastères et les listes ont fini par contenir 38000 noms de moines en Europe !

Le monde des moines et des abbayes était très européen à l’époque. Le monastère de Saint-Gall en faisait également partie. En 2000, l’île monastique de Reichenau a été inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.

(Source et plus d´informatons: Archäologisches Landesmuseum in Konstanz)

Le Wohlensee, Niederried-Oltigenmatt et la Cour européenne des droits de l’homme

Un grand nombre de 1 500 lacs suisses sont des réservoirs. Le pays a été le premier à produire de l’électricité écologique, ou « énergie blanche », au XIXe siècle. Même les trains fonctionnent avec cette énergie depuis les années 1920.

La Suisse est également un précurseur en matière de chauffage urbain. Dans les années 1950, à Bâle par exemple, cette installation pouvait alimenter 40 000 logements et entreprises. Les entreprises et les institutions gouvernementales traitent également le patrimoine naturel et les ressources naturelles avec respect.

Cependant, les citoyens constituent l’atout le plus important pour le respect de la nature et des ressources naturelles. Même les mégots de cigarettes finissent (encore) souvent dans les poubelles appropriées. Le secteur agricole (principalement à petite échelle) laisse autant que possible de l’espace au bétail, à la flore et à la faune dans ce pays densément peuplé.

Le secteur agricole est également subventionné en Suisse, mais de manière plus efficace, sélective et restrictive que le budget de l’Union européenne (environ 40 %). L’Union européenne torpille également les investissements respectueux de l’environnement des pêcheurs néerlandais  (pêche à impulsion) électrique ou pêche au chalut électrique de Puls fishing, l’ancienne méthode danoise de Snurrevod pour maintenir des pêcheries nuisibles à l’environnement dans d’autres pays.

L’agriculture néerlandaise est également décimée en raison de politiques nationales et européennes dogmatiques, ignorant le contexte d’une des régions les plus densément peuplées du monde et faisant preuve d’un manque de respect pour le secteur agricole, qui a également été subventionné par l’Union européenne, pour être décimé.

La Suisse est un modèle de gestion de l’information pragmatique, de la nature et de l’environnement en Europe. Les randonneurs, les sportifs d’été et d’hiver, les pique-niqueurs et les autres touristes qui longent les lacs, les ruisseaux et les rivières nettoient généralement (encore) leurs déchets. Dans le cas contraire, les services de nettoyage sont prêts à intervenir.

De ce point de vue, il est également erroné de qualifier la Suisse de « pécheur environnemental » (Cour européenne des droits de l’homme, affaire 53600/20 Verein of Klimaseniorinnen Schweiz et autres contre Suisse, 09-04-2024). En fait, c’est la Cour européenne des droits de l’homme et Greenpeace & co contre la Suisse qui ont été à l’origine de cette décision.

La première tâche d’un juge est de prouver les faits. Ce juge ne l’a pas fait, ni en termes de mesures gouvernementales (historiques) aux niveaux national, cantonal et municipal, ni en termes d’engagement et d’implication des citoyens, sans parler de l’absence et de l’utilisation arbitraire de motifs juridiques et l’ignorance concernant la démocratie directe et les initiatives des citoyens. Dans tout le pays, il existe de nombreux musées (privés) et bureaux d’information.

La Erlebniswelt für die Energiewende et le Science- und Erlebniscenter Primeo Energie Kosmos für Klima und Energie, Primeo Energie, Münchenstein

Le Wohlensee dans le canton de Berne n’est pas conscient de cette mauvaise gestion juridique au niveau européen. Ce lac est de facto une Aar élargie sur 12 kilomètres. Il alimente la ville de Berne et les villages environnants.

La centrale de Mühleberg est non seulement un ouvrage impressionnant, mais la région est aussi une belle réserve naturelle, tout comme l’autre centrale de l’Aar, à Niederried, quelques kilomètres en amont.

La première grande centrale hydroélectrique d’Europe a été construite en 1898 à Rheinfelden (canton d’Argovie). Deux ingénieurs (suisses), Agostino Nizzola (1869-1961) et Charles E.L. Brown (1863-1924), ont ensuite développé un réseau mondial d’installations électriques et mécaniques (l’actuelle ABB).

La Suisse a également été l’un des pionniers de la création de réserves naturelles protégées, et la partie habitable densément peuplée compte de nombreuses réserves naturelles, petites et grandes.

Le Fonds mondial pour la nature (WWF) a rédigé son manifeste à Morges (canton de Vaud). La Suisse a d’ailleurs été l’un des premiers pays à créer des parcs nationaux.

L’ église de Dürrenroth. Dans ce pays, même la nature décomposée est traitée avec respect.

Conclusion

Ce juge peut désormais également se prononcer sur la sécurité routière, l’utilisation des ordinateurs et la criminalité, la politique de santé ou les domaines présentant des risques pour les personnes âgées.

De plus, les personnes âgées ne meurent pas non plus à cause de la chaleur, mais en raison de problèmes de santé sous-jacents liés à l’âge, tout comme dans le cas d’une grippe ordinaire. Cela montre à quel point ce jugement est populiste, arbitraire sur le plan factuel et juridique

L’arrêt de la Cour européenne des droits de l’homme est non seulement une insulte d’un point de vue juridique, mais il est également basé sur l’activisme plutôt que sur les faits.

Un conseiller fédéral qui est en faveur de cette décision est lui-même (encore) un activiste et n’est pas (encore) prêt à agir en tant que conseiller fédéral.

“Fremde Richter” matter, aussi concernant le rôle politique de la Cour de la Justice de l’Union Européenne.

Même l’arbre de Noël du ratshaus de Bâle est illuminé par une dynamo de vélo !

Le Wohlensee et la réserve de Niederried-Oltigenmatt ne prennent pas cet arrêt au sérieux.

Révision: Andrea Zollinger, rédactrice

Impressions du Wohlensee et sa région

L’église de Wohlen bei Bern, XIIIème siècle

Le Barrage dans l’Aar et la réserve de Niederried-Oltigenmatt