Seelisberg, site d’un gouvernement mondial, des conférences internationales et de la diète

Seelisberg (canton d’Uri) est un ancien village alémanique situé à la frontière du canton de Nidwald. Malgré sa petite taille, le village jouissait d’une autonomie importante au Moyen Âge, avec des droits de marché et de juridiction.

Seelisberg, à plus de 800 mètres d’altitude, soit 400 mètres plus haut que l’Urnersee, une partie du lac des Quatre-Cantons (Vierwaldstättersee), abritait le port de Treibhafen, une plaque tournante de la navigation sur le lac.

C’est peut-être aussi à cause de ce port et de cette liaison maritime que les représentants des Orte Unterwalden, Uri et Schwytz se réunissaient au Moyen Âge, par exemple sur le Grütli (Rütli en allemand).

Contrairement à ce que l’on prétend parfois, le Grütli n’est pas si improbable comme lieu de réunion (secrète), notamment en raison de sa situation isolée mais facilement accessible par voie d’eau. La navigation était le moyen de transport le plus rapide et le plus sûr en Europe au Moyen Âge.

Quoi qu’il en soit, plusieurs réunions de la diète fédérale (Tagsatzung) ont également eu lieu à Seelisberg aux XVIIème et XVIIIème siècles.

Seelisberg possédait également une chapelle de pèlerins nommée Maria Sonnenberg. Ce nom provient de la situation ensoleillée du village. L’air sain des montagnes, la situation au bord du lac et les nombreuses heures d’ensoleillement ont également été à l’origine de la création de la station thermale Grand Hôtel Sonnenberg au XIXème siècle.

Depuis 1972, le Sonnenberg est le centre de l’autoproclamé World Government of the Age of Enlightenment (le  gouvernement mondial du siècle des Lumières).

Le Treibhafen était déjà un port pour les bateaux à vapeur en 1854. La Seelisbergbahn est en service depuis 1916. Mais surtout, Seelisberg-Rütli est un site important sur la route historique « Wiege der Schweiz » (le berceau de la Suisse).

Cette route comprend 12 sites, dont le Grütli, des monuments et le Grand Hôtel Sonnenberg. La route offre une vue imprenable sur le lac et le Gothard.

En 1947, le Grand Hôtel Sonnenberg a également été le lieu de la conférence internationale et interconfessionnelle sur l’antisémitisme, toujours d’actualité.

(Bron en verdere informatie: Gemeinde Seelisberg)

l’ancien Grand Hôtel Sonnenberg 

La Chapelle Maria Sonnenberg

 

Impressions du paysage

Le couvent de Maria-Rickenbach, les pèlerins et l’Amérique

La première mention du nom de Rickenbach (commune d’Oberdorf/Niederrickenbach), dans le canton de Nidwald, remonte à 1314. La statue de la Vierge Marie avec l’Enfant Jésus date quant à elle de l’époque gothique (vers 1350).

Selon la légende, cette statue aurait été sauvée en 1528, pendant l’iconoclasme de la Réforme protestante dans l’Oberland bernois, et transportée à Rickenbach, où se trouve aujourd’hui l’autel de l’église de Maria-Rickenbach.

Le lieu est alors devenu un lieu de pèlerinage. La première chapelle y a été érigée en 1593. En 1798, de nombreux habitants de Nidwald, fuyant la violente invasion par les troupes françaises, se sont réfugiés à Niederrickenbach, puis dans la chapelle elle-même.

Une copie d’une image de 1799, visible dans l’église, commémore les habitants de Nidwald emprisonnés par les occupants français. L’original est accroché au monastère d’Einsiedeln.

Les premières bonnes sœurs sont arrivées à Rickenbach le 4 septembre 1857. Elles venaient d’Engelberg, où elles s’étaient préparées à la vie monacale dans le monastère bénédictin.

La Stäfelihaus

Elles s’installèrent dans une vieille ferme, la « Stäfelihaus », à côté de la porte du couvent, qui existe encore aujourd’hui. Les nonnes se montrèrent entreprenantes et savaient s’y prendre, puisque dès 1864 les premiers bâtiments du monastère étaient achevés. D’autres constructions suivirent, en 1897 et 1973.

En outre, en 1879, quelques nonnes partirent pour l’Amérique, où elles ont fondé plusieurs monastères.

La chapelle attire encore aujourd’hui de nombreux pèlerins. Le monastère bénédictin est aussi religieusement, fonctionnellement et économiquement bien structuré. Le jardin d’herbes médicinales, l’atelier de tissage, l’hôtel et les milliers de pèlerins forment la base économique du monastère.

La vie spirituelle quotidienne est également parfaitement gérée par les sœurs. L’église et la maison des pèlerins sont visitées chaque année par des milliers de personnes. D’ailleurs, le paysage lui-même est une expérience spirituelle.

(Source et informations supplémentaires : Monastère Maria-Rickenbach)

Impressions du monastère, de l’église de pèlerinage et du paysage

Lars Kophal (Neuchâtel), rédacteur et journaliste 

  

 

Dallenwil et la téléphérique au monastère 

 

Riom, la capitale européenne de la danse

Riom (canton des Grisons) se transforme en été en capitale européenne de la danse. Nulle part ailleurs sur le continent, il n’y aura autant de représentations de ballet en un seul mois.

Les deux scènes emblématiques de Riom (le château et la Clavadeira) accueilleront des danseurs qui présenteront huit premières mondiales de ballets contemporains complets.

La recherche constante de Fundaziun Origen sur les origines des arts de la scène est à l’origine de l’élargissement du programme de danse de Riom. La danse rituelle remonte à la nuit des temps. Une deuxième motivation était le théâtre paysager : la danse se prête aux représentations en plein air comme aucun autre genre scénique.

Enfin, une troisième raison a motivé la danse : les anciennes routes vers les métropoles européennes, empruntées par les pâtissiers, reprennent vie. Le paysage  n’est pas un lieu d’ermites, mais un creuset de cultures depuis de nombreux siècles.

Le Surses a toujours été multiculturel et la région l’est encore. Par exemple, trois langues et plusieurs dialectes sont parlés dans la vallée, qui a toujours été un important axe de circulation et de commerce en Europe centrale.

Le programme de mi-juillet à mi-août propose deux représentations par jour du jeudi au dimanche, l’une en fin d’après-midi au château de Riom, l’autre en soirée à la Clavadeira.

Le programme de danse est encadré par des conférences de chorégraphes. Ces manifestations ont lieu à la Clavadeira.

(Source et plus d’informations: Fundaziun Origen)

Art Basel, Bruderholz, la nature et l’art

Art Basel (10 – 16 juin) présente l’art des 20ème et 21 ème siècles et est la principale foire mondiale du marché de l’art international. Plus de 250 galeries et 4 000 artistes du monde entier font de Bâle un musée d’art moderne et contemporain. La ville et ses environs comptent déjà plusieurs musées dans ce domaine.

Impressions de l’Art Basel

Art Basel est également présente avec ses satellites sur deux autres continents: à Hong Kong en mars, en Floride (également présente avec une exposition à Bâle) en décembre et, en outre, à Paris en octobre.

Impressions de DesignMiami. Basel

Pendant cette semaine, un certain nombre d’expositions parallèles se tiendront à Bâle et dans la région. L’Art Parcours dans le centre-ville est une présentation spéciale d’installations, de sculptures, d’interventions et de performances dans des espaces publics et des sites historiques de la ville de Bâle.

Mais Art Basel est plus qu’un simple lieu de rencontre pour les artistes, les galeristes et les marchands d’art. Elle ne fait pas que donner vie à l’art pour un public plus large, elle est elle-même art, créative et engagée. Elle fait entrer la nature dans la ville et met les visiteurs en contact avec la nature !

Impressions du Basel Social Club

 

Bruderholz

Impressions du Photo Basel 

Nestlé, la fourchette et l’Alimentarium à Vevey

Depuis 2014, la fourchette est enregistrée aux Guinness World Records en tant que plus grande fourchette au monde. Commandée au plasticien Jean-Pierre Zaugg (1928-2012) pour les dix ans de l’Alimentarium en 1995, l’œuvre d’art s’intitule « La Fourchette ».

Réalisée en acier inoxydable, elle représente une fourchette de table monumentale de 8 mètres de haut pour une largeur de 1,3 mètre à sa base, au niveau des dents.

L’Alimentarium et Charlie Chaplin

Le Musée Alimentarium obtient l’autorisation de la planter dans le lac Léman, à 5 mètres au large du Quai Perdonnet.

Source: www.alimentarium.org)

Nestlé 

Le manoir de Ban et le monde de Chaplin surplombent le Léman

Le 6 juin 1944 (jour J ou D-Day) n’a pas été seulement le jour de délivrance pour les citoyens des pays occupés d’Europe occidentale. Ce fut également un moment d’espoir pour l’acteur et réalisateur Charlie Chaplin (1889-1977). Bien qu’il n’ait que quatre jours de plus que le dictateur allemand, il lui a survécu de plus de 32 ans.

Le dictateur aimait les films (américains) de l’entre-deux-guerres (période comprise entre 1918 et 1939) et Chaplin était l’artiste le plus célèbre de l’époque.

Le discours final du Le Dictateur (The Great Dictator) 

On ne sait pas si le dictateur a également vu le film Le Dictateur (The Great Dictator 1940). Ce film n’a pas été projeté dans les territoires occupés ou contrôlés par le Reich, mais il a été projeté en prime-time au Royaume-Uni, au Canada et aux États-Unis en 1940.

Il vivait et travaillait en Amérique à partir de 1912 et, après le 22 juin 1941 (l’attaque allemande contre l’Union soviétique, l’ancien allié des nazis), il s’engagea à soutenir l’effort de guerre soviétique.

Dans ses films, il s’est surtout montré aux côtés des « marginaux » et a critiqué la société de consommation et le capitalisme débridé. Son soutien à l’Union soviétique n’était pourtant pas un soutien au communisme, mais il fut plutôt dirigé contre l’Allemagne. Winston Churchill a également fait ce choix («If Hitler invaded hell (Soviet-Union) I would make at least a favorable reference to the devil in the House of Commons »).

Pour Chaplin, cependant, la guerre froide d’après 1945 signifiait qu’il devait rendre compte de ses opinions politiques. Le maccarthysme, provoqué par l’agression communiste mondiale, ne fit aucune place à la nuance en Amérique après 1948 et Chaplin quitta le pays en 1952.

Il s’installa avec sa femme Oona O’Neill (1925-1991) et ses enfants (de plus en plus nombreux) au Manoir de Ban à Corsier-sur-Vevey (canton de Vaud) au bord du lac Léman.

Des familles impériales, royales et aristocratiques, des artistes, des interprètes, des scientifiques, des exilés politiques et d’autres célébrités firent de même depuis des siècles. L’attrait de la Suisse ne réside pas seulement dans sa démocratie, mais aussi sa tolérance (intellectuelle), sa nature, son paysage, son système monétaire et fiscal.

Chaplin, comme bien d’autres avant et après lui, a particulièrement apprécié la vie discrète menée en Suisse, le respect de l’autre, le comportement et le fonctionnement de la société… bref la qualité de vie.

Il appréciait son parc et le lac Léman, ainsi que l’hospitalité qu’il y trouvait. Par exemple, il aimait déjeuner à Saint-Saphorin ou dans d’autres villages alentour. Bien qu’il parla à peine le français, ses rencontres avec les habitants furent toujours cordiales.

Chaplin a toujours été fasciné par le cirque et il lui a consacré plusieurs films. Dès 1952, il assista aux représentations du Cirque Knie en tant qu’invité d’honneur.

Aujourd’hui, le manoir est ouvert au public. Il présente la vie privée de Chaplin de 1952 à 1977. Le studio explore les coulisses de la création cinématographique de ses films.

Le musée donne une image multiple et variée de sa vie et de son évolution en tant qu’individu, artiste et humaniste, depuis ses premières années en Angleterre, son apogée en Amérique jusqu’à ses derniers projets et les années passées en Suisse.

(Bron en verdere informatie: Chaplin’s World)

Révision: Andrea Zollinger, rédactrice

Impressions du Manoir de Ban et son parc

 

Impressions du Musée de Chaplin’s World

Le scène après le film d’introduction, une réplique de la maison et de la rue de Charly Chaplin à Londres

Une réplique du film ‘City Lights’ (1931)

Un studio de cinéma et le film ‘Modern Times’ (1936) 

Le Centre Albert Anker à Anet a rouvrit

Le Centre Albert Anker a rouvrit le 7 juin après 12 ans de rénovation. Le centre permet de découvrir l’univers artistique et social d’Albert Anker (1831-1910) dans le cadre authentique de sa maison et de son extension avec le Pavillon d’art contemporain.

L’entrée et la réception. Photo: ©Alexander Jaquemet

L’homme et l’artiste sont aussi bien présentés dans son village bernois d’origine, Anet, que dans le contexte national et international du XIXème et du début du XXème siècle.

Le Centre Albert Anker ne présente pas les œuvres connues, qui sont dans les musées, mais permet une rencontre avec l’artiste, son époque, son cadre de vie et des œuvres, des documents et des objets.

Une visite comprend l’exposition permanente, l’atelier de l’artiste et l’appartement historique ainsi que l’exposition temporaire dans le Pavillon d’art.

L’atelier d’artiste est le cœur du Centre Albert Anker. Il a été conservé intact par la famille depuis 7 générations et son état de conservation est unique en Suisse..

L’appartement historique donne un aperçu de la vie de la famille Anker. L’exposition permanente, qui constitue l’offre centrale, présente en 15 thèmes le cadre de vie et de travail de l’artiste dans son environnement.

Le Pavillon d’art est le lieu des expositions temporaires qui présentent la collection de la Fondation Albert Anker-Haus Ins de manière thématique.

La première exposition temporaire est consacrée aux voyages d’Anker dans le Sud entre 1861 et 1891. Sous le titre « Lumière du Sud », plus de vingt aquarelles de voyage uniques et peu connues, de petit format et de style impressionniste, ainsi que de petites peintures à l’huile sont présentées.

On peut également y voir des copies d’Anker provenant de musées célèbres ainsi que ses cartes géographiques et dix de ses « carnets » uniques.

Le Musée des Beaux-Arts de Berne présente aujourd’hui de sa collection «Albert Anker. Les filles lisent» (jusqu’au 21.7.2024).

(Source et plus d’informations: Centre Albert Anker)

Echallens, le pain quotidien et la tolérance religieuse

Tout le monde connaît le ble et le pain . Mais qui connaît le Musée du blé et du pain à Echallens (canton de Vaud) ?  Echallens est situé dans l’une des régions de Suisse (la région s‘appele ‘le Grenier de la Suisse’) et sur les routes commerciales d’Yverdon-les-Bains, Lausanne, Romont, Moudon et Fribourg.)

Le musée a ouvert ses portes en mai 1988. Il est situé dans l’ancienne ferme du Panchaud (pain chaud ou métier de boulanger, ou peut-être « panchaud » qui signifie grande fenêtre en patois) près de l’hôtel de ville.

Le 16 avril 1989, des délégations des 26 cantons ont livré leurs céréales au musée. La Fête du blé, qui a lieu chaque année, souligne encore son importance. Par conséquent, une grande partie de la population active est encore employée dans le secteur céréalier.

Musée du blé et du pain

Le commerce céréalier et sa culture à Echallens ont une tradition séculaire qui remonte aux marchés et à la fonction régionale au Moyen Âge dans ce qu’on appelle aujourd’hui le quartier du Gros-de-Vaud. Cette région, située sur la rivière du Talent, fut aussi longtemps le territoire de l’évêque de Lausanne et des ducs de Savoie. Son château (1273) date de cette époque.

La défaite du duc de Bourgogne et de ses alliés savoyards et de l’évêque de Lausanne en 1476 marque la fin d’une époque pour Echallens. Berne et Fribourg gouvernent alternativement le district d’Orbe-Echallens par un bailli de 1484 à 1798.

Hôtel de Ville (1781)

Tout se passe bien jusqu’en 1536 et la réforme de Berne. Fribourg, en revanche, reste catholique. Comme dans d’autres cantons (Appenzell, Glaris et les Grisons par exemple), le modèle de la consultation et du compromis a permis d’éviter l’escalade.

Berne et Fribourg fournissent le même nombre de conseillers protestants et catholiques (24 au total, 12 par canton), il y a un bailli catholique et un bailli protestant, et l’égalité des religions  a été  établie dans la loi.

Les deux religions partagent la même église (l’église Saint-Jean l’Évangeliste/Jean Baptiste),dite le Simultaneum. La ville a construit  même une nouvelle église pour les deur religions en 1727! Depuis 1798 (République helvétique) et 1803 (Acte de médiation de la Confédération), Echallens est une commune du canton de Waadt.

Au XIXème siècle, les protestants (1865) et, à leur suite, les catholiques (1883) ont construit leurs propres églises.

(Source et plus d’informations: Commune de Echallens)

Impressions d’Echallens

 

 

L’église de Curtilles et la diversité culturelle de la Suisse

Plusieurs siècles forgèrent la diversité linguistique de la Suisse, pourtant les frontières francophones et germanophones actuelles sont majoritairement fixées dès l’an 800.

Les régions italophones sont partiellement le résultat des conquêtes de 1512/13 (Le Tessin), en partie des alliances avec le Gotteshausbund (Poschiavo (1486) et Bergell (1367)) ou le Grauer ou Oberer Bund (Misox (1496) et Calanca (1496).

Le Gotteshausbund, le Grauer/ Oberer Bund et le Zehngerichtenbund ont formé le Freistaat der Drei Bünde en 1524 et le canton des Grisons en 1803.

Jusqu’au 19e siècle, la région linguistique romanche était beaucoup plus étendue qu’aujourd’hui. Cependant, le nombre de personnes parlant le romanche, environ 50 000, était aussi important que la population des Grisons vers 1800 !

Un autre aspect de cette petite Union européenne (qui fonctionnait bien) au niveau microéconomique est sa grande diversité culturelle. L’architecture des églises romanes (vers 1000-1300) en est un exemple.

Les fresques de l’église de Curtilles

Le livre Romanische Schweiz/Suisse romane donne un aperçu exhaustif de ce patrimoine culturel, généralement bien entretenu, qui s’étend sur l’ensemble des 26 cantons et des 4 régions linguistiques.

L’un des nombreux exemples est l’église du petit village de Curtilles sur la rivière La Broye (canton de Vaud). Ce petit village à la riche histoire (Curtilia en 860, Curtilis (1160) ou Curtiliis (1453) possédait dès 1055 une église romane, reconstruite en 1231 toujours d’une facture romane par l’évêque de Lausanne, après avoir été détruite. Quelques rénovations (gothiques) ont eu lieu aux XIVe et XVe siècles, notamment dans le chœur.

Outre ce patrimoine, ce petit village abrite également le château datant de 1542, après la destruction de son prédécesseur de 1190 par le duc Berthold V de Zähringen (1160-1218).

(Source et plus informations: Hans-Rudolf Meier, Suisse romane, Würzburg 1996; Commune de Curcilles)

Révision: Andrea Zollinger, rédactrice

Lucens, Meiringen et Sherlock Holmes

Sir Arthur Conan Doyle (1859-1930), le père spirituel de Sherlock Holmes, a habité le château de Lucens (Canton Waadt) en 1965. Quelques années plus tard, le fils de l’écrivain a ouvert un musée. Aujourd’hui, le musée Sherlock Holmes est installé dans la « Maison Rouge ».

Image: Commune de Lucens. Photo: TES

Le château, ou plutôt les deux châteaux, ont eu d’autres illustres prédécesseurs. L’évêque de Lausanne construisit et habita le premier château au XIIIème siècle, puis des modifications aux XIVème siècle, et XVème siècles lui ont donné un aspect gothique.

L’évêque, allié des ducs de Savoie, y résida souvent. La première occupation par les troupes confédérées eut lieu en 1476, après la bataille de Morat. Les Eidgenossen y défirent (ainsi qu’à Grandson la même année et à Nancy en 1477) le duc de Bourgogne Charles le Téméraire (1433-1477) et ses alliés savoyards et l’évêque de Lausanne.

Le château de Lucens, à gauche de l’annexe de Berne (onderschrift foto)

La paix de Fribourg rétablit l’ancienne situation, mais en 1536, c’en fut définitivement fini de l’évêque. Cette année-là, Berne conquiert le Pays de Vaud et Lucens.

L’évêque de Lausanne, Sébastien de Montfaucon (1489-1560), avait organisé une autre réception glorieuse pour le duc de Savoie Charles III (1486-1553) à Lucens encore en 1532! 1536 marque également la fin du catholicisme à Lucens et la Réforme fait son apparition.

De 1536 à 1798, le bailli de Berne a résida dans le château, ou plutôt dans l’annexe du château, le deuxième château. À partir de 1801, le complexe appartenait à plusieurs nouveaux propriétaires et occupants, dont Sir Arthur.

Il existe cependant un autre musée Sherlock Holmes en Suisse, à Meiringen (canton de Berne). C’est à cet endroit, comme il l’avait prévu, que Sir Arthur a écrit son dernier Sherlock Holmes à travers le combat fatal à deux entre Sherlock et son ennemi juré, le professeur Moriaty, à la chute du Reichenbach. Cependant, Sir Arthur écrivit plusieurs autres aventures de ce détective et de Watson.

(Source et informations complémentaires : Commune de Lucens)

Lucens