Joyeux anniversaire et pas d’anniversaire sans gâteau au Zoo de Bâle

Le zoo de Bâle (Zoo Basel ou Zolli) a fêté son 150e anniversaire le 3 juillet dernier. Le premier zoo de Suisse a ouvert ses portes à Bâle le 3 juillet 1874. Le zoo de Bâle – également connu sous le nom de Zolli – a été fondé par la Société ornithologique de Bâle dans le but d’éveiller et de promouvoir l’intérêt de la population urbaine pour la nature et la faune locale.

Lors de l’inauguration, l’accent a été mis sur les animaux indigènes tels que le bouquetin, le chamois, le sanglier et les oiseaux. Les animaux de la maison des prédateurs, tels que le loup, le lynx, le blaireau, le renard et la martre, ainsi que le chenil des ours et le bassin des loutres et des castors, ont constitué une attraction particulière. Les différents représentants d’une espèce étaient présentés côte à côte dans de petites cages.

Aujourd’hui, les enclos thématiques du zoo rapprochent les hommes et les animaux, protègent les espèces menacées et favorisent la biodiversité.

Le 3 juillet, le zoo a ouvert ses portes au public avec diverses activités. Mais le zoo avait d’autres raisons de se réjouir. Un hippopotame pygmée est né le 11 mars 2024. La mère est Ashaki (19 ans), le père Napoléon (17 ans).

La mère Saada avec un(e) petit(e)

En plus, quatre guépards sont nés le 19 mai 2024. Les petits, deux mâles et deux femelles, ont passé leurs premières semaines dans un enclos. On peut maintenant les voir avec leur mère Saada (3 ans) dans l’enclos extérieur. Le père est Drogo (4 ans).

Pas d’anniversaire sans gâteau, dans ce cas financé par des sponsors. Un énorme gâteau d’anniversaire a été préparé le 3 juillet. Cette magnifique ferme animalière représentait non seulement les habitants du zoo, mais aussi le cycle de vie dans la nature. Même le zoo n’échappe pas à cette règle.

Photo: Guido Wasser, Bâle 

Photo: Guido Wasser, Bâle 

Après les discours d’Olivier Pagan, directeur du zoo, de Conradin Cramer, président du conseil de gouvernement du canton, et de Martin Lenz, président du conseil d’administration du zoo, les nombreux participants ont chanté à tue-tête un joyeux anniversaire, y compris aux quatre bébés guépards et à l’hippopotame nain. Le cycle de la vie a ensuite repris son cours.

Photo: Guido Wasser, Bâle 

(Source et plus d´informations: www.zoobasel.ch)

Impressions du Zoo de  Bâle

ETH Zurich and EPFL Lausanne

L’École polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ) (en allemand Eidgenössische Technische Hochschule Zürich, ETHZ ou ETH Zürich) est une université technique de renommée internationale. Elle est parfois surnommée « ETH » ou « Poly » d’après son nom original. Vingt lauréats du prix Nobel ont y été professeurs ou y ont étudié.

En 1854, la Confédération décida de créer une école polytechnique suisse. Ainsi, l’EPFZ fut fondée en 1855 sous le nom d’Eidgenössische Polytechnische Schule (École polytechnique fédérale) et porte depuis 1911 le nom d’Eidgenössische Technische Hochschule (ETH).

Elle comprenait à l’origine six départements : architecture, génie civil, génie mécanique, chimie, sylviculture, ainsi qu’un département générique qui comprenait les mathématiques, les sciences naturelles, la littérature et les sciences sociales et politiques.

L’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL). Photo: L’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL)

L’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) est une université technique spécialisée dans les sciences et la technologie. Elle est située sur le territoire de la commune d’Ecublens, à côté de Lausanne, capitale du canton de Vaud, en Suisse. Elle vit le jour en 1853 sous le nom d’École spéciale de Lausanne.

Les missions des deux universités

Les missions conférées par la loi à l’ETH Zurich et à l’EPFL Lausanne consistent à assurer des activités d’enseignement et de recherche dans les sciences de l’ingénieur, les sciences naturelles, l’architecture, les mathématiques ainsi que dans les disciplines apparentées.

Les deux EPF proposent, dans ces disciplines, des cursus de bachelor, de master et de doctorat. Leur vaste offre de formation continue permet, en outre, d’effectuer des formations complémentaires dans d’autres domaines ou de suivre des programmes d’études postgradués.

L’industrialisation rapide, l’innovation, la compétitivité et le développement des réseaux ferroviaires et routiers suisses, ainsi que de leurs nombreux tunnels et ponts après 1850, n’auraient pas été possibles sans ces deux institutions.

Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice

Buochs, la démocratie et les Pays-Bas

Quel est le point commun entre le petit village de Buochs (canton de Nidwald), la démocratie et les Pays-Bas ? À première vue, pas grand-chose. Mais les apparences peuvent être trompeuses.

Louis Wyrsch ou Borneo Louis (1793-1858) et son fils Alois (Louis) Wyrsch (1825-1888) ont travaillé pendant de nombreuses années aux Pays-Bas et dans les Indes néerlandaises. L’autre fils de Borneo Louis, Jakob Konstantin Wyrsch (1842-1933), a également batti une carrière internationale.

Buochs, église protestante, pierre tombale de Louis Wyrsch (Borneo Louis)

Buochs, église protestante, pierre tombale d’Alois(Louis) Wyrsch

Buochs et ce qu’on nomme la «  Urschweiz «  (les cantons d’ Uri, de Schwyz, d’ Obwald et de Nidwald) sont aujourd’hui un miroir démocratique pour les Pays-Bas.

Buochs est le lieu de naissance et d’exécution du peintre Johann Melchior Wyrsch (1732-1798) par des soldats français en 1798, lorsque la France a envahi la Confédération suisse après avoir annexé une partie de l’ancien diocèse de Bâle en 1792.

Pfarrkirche St. Martin und Pfarrhof

Les troupes françaises conquirent Beckenried, Stans et Stanstad sans grande résistance, mais il y eut de violents combats à Buochs et de nombreux habitants furent tués par vengeance.

Johann Melchior Wyrsch, peintre reconnu à l’époque en Allemagne et à l’étranger, tenta de jouer les médiateurs, mais fut impitoyablement abattu. Le village lui rend hommage par une statue. Le Nidwalder Museum lui consacre une exposition jusqu’au 29 septembre 2024.

Buochs, Hans von Matt (1899-1985), statue de Johann Melchior Wyrsch

Les villages et les cantons jouxtant le lac des Quatre-Cantons ne sont pas seulement d’une grande importance pour le développement de la Suisse moderne mais aussi de sa démocratie directe unique en son genre.

La splendeur des villages et l’implication internationale de nombre de leurs habitants témoignent d’un passé économique, culturel et cosmopolite florissant. C’est encore le cas aujourd’hui. Une importante conférence internationale vient de se tenir sur le Bürgenstock.

Cette région est souvent qualifiée à tort de « nationaliste », « arriérée » ou « primitive » par certains milieux en Suisse.

Beckenried

Politiquement, ils ont certes tendance à être conservateurs, mais c’est un bon contrepoids à la pensée souvent opportuniste et (moralement) supérieure des cercles des cantons plus urbanisés.

L’Urschweiz, comme elle l’a prouvé depuis 1291, n’a pas eu peur des Habsbourg, ni de la Bourgogne, ni de la France, ni des ducs italiens ou des empereurs allemands et autres dirigeants. Ses habitants n’ont pas hésité à commercer, à étudier ou à guerroyer sous d’autres latitudes.

Sa boussole politique mérite plus de respect, même si les résultats de la démocratie directe et de la majorité des cantons ne plaisent pas à tout le monde. Après tout, il y a encore le Tribunal fédéral, qui peut corriger des cas évidents de « conservatisme » (par exemple, Appenzell Rhodes-Intérieures en 1990).

Buochs

Si l’éventuel nouveau traité avec l’Union européenne n’était pas soumis à un référendum obligatoire, la Suisse se retrouverait au même niveau politique (bas) que les Pays-Bas, avec toutes les conséquences que cela implique.

Lors d’un référendum sur l’Union européenne aux Pays-Bas en 2005, par exemple, une majorité écrasante (62 % contre 37 %) a voté contre la poursuite de l’intégration européenne.

Non pas parce que cette majorité est contre l’Union européenne, mais contre cette Union européenne là avec son absence d’un droit de regard pertinent sur les questions les plus importantes (notamment l’euro et l’union de transfert sans fond, un juge européen activiste et une Banque centrale européenne politique, une immigration incontrôlée et des frontières ouvertes…bref,  de plus en plus d’Eurocratie, de corruption et de dettes et de moins en moins de démocratie, de transparence et de responsabilité politique à l’échelle nationale et européenne).

Réferendum en Suisse (Genève), septembre 2022

En fait, il s’agissait du tout premier référendum national. Jusqu’alors, les citoyens n’avaient jamais eu l’occasion de s’exprimer sur le développement de l’Union européenne. L’Union européenne n’a jamais été et n’est jamais un enjeu dans les élections nationales et européennes, on prend seulement les décisions les plus importantes avec les conséquences qui en découlent.

Le taux de participation a été de près de 70 %, alors qu’il est normalement de 30 à 40 % pour les élections européennes. La réaction des politiciens, des médias, des universitaires et de la bureaucratie a été d’abolir le référendum et d’en ignorer le résultat.

Le fait d’être « Well educated » ne dit rien de la mentalité, de la sagesse et de l’intégrité et même des personnes prétendument « Lower educated » sont très educated dans leur domaine, en particulier en Suisse.

La démocratie directe en Suisse est moderne et adaptée à l’ère des développements internationaux, technologiques et sociaux. Elle est un bon indicateur et un baromètre des problèmes et des goulets d’étranglement de la société que les politiciens ne peuvent ignorer.

Cela ne signifie pas que la démocratie directe soit idéale. L’inflation d’initiatives populaires et certains résultats peuvent être erronés ou parfois même problématiques. Mais c’est précisément la force du modèle fédéral, qui repose sur la subsidiarité et le compromis: en fin de compte, il y a toujours une nouvelle discussion et le résultat est généralement bien fondé, même si le processus politique prend parfois un peu trop de temps.

Le Grütli

Conclusion

En guise de conclusion. En 1309, l’empereur Henri VIII (1278-1313) du Saint-Empire romain germanique a accordé aux cantons d’Uri, de Schwyz et d’Unterwald le statut d’une juridiction indépendante. Uri et Schwyz avaient déjà reçu le statut d’ immédiateté impériale au 13e siècle, Unterwald en 1309.

L’octroi d’une juridiction indépendante (c’est-à-dire sans l’intervention de « juges étrangers ») et d’une immédiateté impériale ou d’un statut libre aux villages de montagne ( !) était unique dans le Saint Empire romain germanique et un signe de leur prestige.

L’aspect urbain de ces villages correspondait à ce statut. En Suisse aussi, on pourrait peut-être faire preuve d’un peu plus d’estime pour ces communautés, même si leur horloge politique tourne différemment.

(Source et plus d’imformations: Gemeinde Buochs, Gemeinde Beckenried, Gemeinde Stansstad)

Impressions de Buochs

Hôtel Rigiblick am See (1912)

Impressions de Stansstad

Les artists Escher et Haas-Triverio ensemble en route en Italie (1922-1935)

L’artiste néerlandais Maurits Cornelis Escher (1898-1972) est mondialement connu. Mais qui connaît Giuseppe Haas-Triverio (1889-1963)?

Pourtant, entre 1929 et 1935, ces deux artistes sont des amis proches et partagent leur passion pour et leur séjour en Italie. Cependant, en raison de la dictature en Italie et de l’éclatement de la Seconde Guerre mondiale, leurs chemins se séparent après 1935.

Giuseppe Haas-Triverio et M. C. Escher, randonnée de Scanno à Villetta Barrea, Abruzzen, 21. 5. 1929. Photo: M. C. Escher

Josef Haas est né à Sachseln (canton d’Óbwald) en 1889. Artiste autodidacte, il part très tôt pour Rome. C’est là qu’il développe ses talents, d’abord avec des peintures à l’huile, puis de plus en plus avec des gravures sur bois ou des xylographies. En 1919, il épouse l’Italienne Secondina Triverio et Josef se fait désormais appeler Giuseppe Haas-Triverio.

De plus en plus reconnu, il ouvre son atelier à Rome, où il enseigne à des artistes (débutants) de Suisse et d’Italie.

Impression de l’exposition. Photo: Christian Hartmann

Né à Arnhem, Escher étudia les techniques graphiques avec Samuel Jessurun de Mesquita (1866-1944) à Haarlem. Il a ensuite vécu en France et en Espagne avant de s’installer à Rome en 1922. Il y épousa la Suissesse Giulia (« Jetta ») Umiker (1897-1969) en 1924.

Escher et Haas vivaient et travaillaient à Rome à quelques pas l’un de l’autre et c’est ainsi que leur amitié s’est développée. Ils ont effectué cinq voyages en Italie et en Corse jusqu’en 1935.

Haas a tenu un journal à ce sujet et Escher a pris des photos et s’est servi de son journal pour enregistrer les voyages. Les artistes ont également effectué plusieurs voyages avec d’autres personnes ou seuls. Quoi qu’il en soit, ils ont tous deux été inspirés par l’Italie, ses habitants, son art et sa nature.

Les deux documents et les photos ont été conservés et constituent, avec les œuvres d’art des deux artistes, le point de départ de l’exposition « Gemeinsam Unterwegs. Giuseppe Haas-Triverio & M.C. Escher » au musée Bruder Klaus de Sachseln.

Giuseppe Haas-Triverio, Stilo, 1931, gravure sur bois, 60 x 70 cm / 36 x 47 cm, Stiftung Giuseppe Haas-Triverio, Inv. HS 29.

Maurits C. Escher, Cattolica von Stilo, Kalabrien, novembre 1930, lithografie, 22,6 x 29,7 cm (Escher 1986, Kat. 139), © The M. C. Escher Company, Baarn, Les Pays Bas

L’exposition présente notamment des gravures sur bois des deux artistes, ainsi que leurs différences et leurs similitudes. Celles-ci sont évidentes parce qu’ils ont souvent traité les mêmes sujets en même temps.

Haas écrit à ce sujet dans son journal : « Mit dem holländischen Künstlerkollegen Maurits Cornelius Escher, der zehn Jahre jünger was als ich und auch auf dem Monte Verde wohnte, unternahm ich bis 1935 jedes Frühjahr Reisen nach Korsika, Malta, Sizilien, Kalabrien und in die Abruzzen » (Avec mon collègue hollandais Maurits Cornelius Escher, qui avait dix ans de moins que moi et habitait également sur le Monte Verde, j’ai entrepris chaque printemps jusqu’en 1935 des voyages en Corse, à Malte, en Sicile, en Calabre et dans les Abruzzes).

Impression de l’exposition. Photo: Christian Hartmann

En raison de l’état de santé d’un de ses fils, Escher a déménagé avec sa famille à Steckborn (canton de Thurgovie) en 1935, puis à Château-d’Oex (canton de Vaud) en Suisse.

Après un séjour en Belgique, il est retourné aux Pays-Bas en 1941 et a vécu à Baarn.  Pour Haas aussi, le début de la Seconde Guerre mondiale signifie un retour à Sachseln, où il s’est tourné vers des sujets locaux et – à la différence d’Escher – est tombé de plus en plus dans l’oubli.

Cette exposition présente leur amitié en mots et en images à l’aide de photographies d’Escher et des journaux intimes de Haas. Leurs œuvres d’art de cette période forment la toile de fond artistique d’un artiste injustement oublié et d’un artiste justement acclamé.

Le catalogue de Beat Stutzer, Gemeinsam Unterwegs. Giuseppe Haas-Triverio & M.C. Escher » (Sachseln, 2024) est une ressource unique sur cette amitié entre deux artistes et leur vie en Italie entre 1922 et 1935.

Impressions de l’exposition

Obwald, Sarnen et Sachseln, centre (géographique) de la Suisse, au milieu de l’Europe

Sarnen est le village principal et la capitale (Hauptort) du canton d’Obwald. Le village est situé sur les rives du lac de Sarnen (Sarnersee), lui-même relié au lac des Quatre-Cantons (Vierwaldstättersee). Avec les cantons d’Uri, de Schwyz, de Lucerne, de Zoug et de Nidwald, Obwald fait partie de ce que l’on appelle la Suisse centrale ou l’Innerschweiz.

Avec Nidwald (sous le nom d’Unterwalden), Uri et Schwyz, Obwald est un membre fondateur de la Confédération (Eidgenossenschaft), qui tire son nom allemand du serment du Grütli (1291) sur les rives de l’Urnersee (une partie du lac des Quatre-Cantons).

Ce premier pacte ratifie l’alliance entre ces trois Orte. Cette alliance sera ensuite renouvelée en 1315, juste après la première victoire sur les Habsbourg (bataille de Morgarten).

Le centre de Sarnen

Sarnen est de petite taille mais a néanmoins, comme Stans, l’aspect d’une ville. Une place avec des bâtisses monumentales, plusieurs bâtiments (publics) remarquables, un musée relativement important et des monastères (dissous) témoignent d’une vie (catholique) riche et d’une histoire intéressante.

Le couvent St. Andrea

Le couvent bénédictin de St. Andreas pour les nonnes a été fondé en 1120 à Engelberg, en même temps que le monastère bénédictin d’Engelberg pour les moines. Cependant, le couvent de St. Andreas (Wallfahrtsort Sarner Jesuskind), qui est également un lieu de pèlerinage, a déménagé à Sarnen en 1615. Les deux monastères ont célébré conjointement leur 900e anniversaire en 2020.

La St. Martinskirche (1966) est une icône dans l’histoire de la construction des églises suisses et de l’architecture moderne. Elle ressemble à l’église de pèlerinage de Notre-Dame-du-Haut à Ronchamp (Alsace) de Le Corbusier et à l’église Saint-Nicolas à Hérémence.

L’Älggi-Alp, dans le canton, n’est pas seulement le centre géographique de la Suisse. La petite ville de Sarnen, dans le petit canton d’Obwald, montre une fois de plus que la Suisse est au centre de l’Europe et qu’elle fait partie intégrante de l’histoire européenne.

En effet, l’église St. Martinskirche appartient au monastère bénédictin de Muri-Gries à Bolzano (l’Italie). Le  » Professorenheim », le bâtiment principal du complexe, et le Kollegium Sarnen, une ancienne école latine jésuite, dépendent également de l’ordre.

Muri (canton d’Argovie) tire son nom du monastère bénédictin de Muri, fondé par les Habsbourg au XIème siècle, et dissous en 1841. Les moines se réfugièrent alors à Sarnen et au monastère bénédictin d’Engelberg.

L’abbé du monastère dissous de Muri contacta l’empereur autrichien Ferdinand Ier (1793-1875) et son chancelier Klemens von Metternich (1773-1859) pour obtenir que les moines puissent s’installer dans le monastère bénédictin abandonné de Gries, à Bozen.

Et en effet, les moines ont déménagé à Gries en 1845, mais le monastère est resté formellement rattaché à l’ordre suisse des bénédictins. L’ancien collège latin des jésuites devint même un collège bénédictin, das Benedictiner-Kollegium

Après 1919, la ville autrichienne de Bozen devint Bolzano, en Italie, et les liens avec la Suisse restèrent compliqués jusqu’en 1945.

Le château de Landenberg (XIème siècle), entièrement rénové en 1711-1752, abritait autrefois la Landsgemeinde (supprimée en 1998) et l’armurerie.

Outre son musée, sa place de village impressionnante et ses bâtiments publics, Sarnen est également la porte d’entrée de Sachseln. Cette commune, outre sa situation au bord du lac Sarnersee et son paysage montagneux, offre diverses attractions culturelles et historiques.

Museum Obwalden

De plus, le lieu de naissance et la résidence du « père de la nation » Nicolas de Fluë ou Bruder Klaus (1417-1487) se trouvent à quelques kilomètres seulement. On peut d’ailleurs visiter à Sarnen le musée qui lui est dédié, ainsi que sa dernière demeure.

(Source et plus d’informations: Gemeinde Sachseln; Gemeinde Sarnen)

Lars Kophal (Neuchâtel), rédacteur et journaliste 

Impressions de Sarnen

La chapelle Maria Lauretana  (1556, renovations en 1662 et 1856)

Benedictiner-Kollegium

Kapucinerkirche (1642) 

St. Peter et Paulkirche (1742)

Siege du gouvernement du canton

Le Professorenheim

Le Sarnersee

Impressions de Sachseln

 

La Wallfahrtskirche

Museum Bruder Klaus

La place du village

Sammlung (Collection) Christian Sigrist

Frère Nicolas, la Confédération et un père de la nation

L’existence de Guillaume Tell peut être remise en question, même si cette histoire s’inscrit dans le contexte historique, politique et religieux de la résistance à un souverain et de la formation d’alliances locales.

L’autre héros suisse, Nicolas de Flue (1417-1487), est cependant un personnage historique dont la personne, le mode de vie et les actions (politiques) ont été reconnus et enregistrés de son vivant.

Dans ses jeunes années, rien ne laissait pourtant présager une vie de Frère Nicolas (Bruder Niklaus). Nicolas est né à Flue, un petit village près de Sachseln, une localité située dans l’actuel canton d’Obwald, également appelé Unterwald à l’époque, avec Nidwald.

Flueli-Ranft et la chapelle de Flueli (1618), dédiée à Saint Borromée.

La Confédération de l’époque se composait alors de huit villes et Orte (Uri, Schwyz, Unterwald, Lucerne, Zurich, Zoug, Glaris et Berne). Mais elle ne constituait pas une unité (politique). Au contraire, des intérêts économiques et géographiques divergents provoquaient régulièrement des tensions et des conflits.

Sur le plan religieux et international, les discussions, les conflits et les divergences d’opinion étaient tout aussi importants, comme le montrent le Concile de Constance (1414-1418) et les mouvements de réforme religieuse.

Nicolas était un enfant de sa région et de son époque. Il était paysan et participait aux conflits armés. À l’âge de vingt-neuf ans, il épousa Dorothea Wyss (1430-1495). Jusqu’à l’âge de 50 ans, il fut non seulement père et paysan, mais également actif en politique.

Maison d’habitation de Nicolas et Dorothea (vers 1446)

Vers l’âge de 50 ans, le paysan Nicolas devint toutefois Frère Nicolas. Il se retira du monde et commença une nouvelle vie d’ermite sur les rives de la Melchaa dans les Gorges du Ranft (Ranftschlucht) à quelques centaines de mètres seulement de son domicile à Flue.

Le pont Hohe Brucke, sur les  Gorges du Ranft et la Melchaa.

Il ne rompit pas le contact avec sa famille, ni avec ses proches. Au contraire, Dorothea continua à le soutenir, lui et son nouveau mode de vie. Les habitants de Flue lui offrirent même une cellule en bois et une chapelle (la chapelle supérieure du Ranft/obere Ranftkapelle).

L’évêque de Constance consacra cette chapelle en 1469, signe de la grande renommée dont jouissait Frère Nicolas dès le début de sa nouvelle étape de vie.

La cellule en bois de Frère Nicolas avec sa chapelle supérieure (en haut à gauche), au premier plan un centre d’information.

À cette époque, frère Nicolas n’était d’ailleurs pas le seul à vivre en ermite. Un peu partout dans le monde chrétien, des hommes et des femmes se consacraient à une vie d’isolement, de pauvreté, de contemplation et de prière.

Cette tradition remonte aux premiers siècles du christianisme au Proche-Orient. Parmi les prédécesseurs de Frère Nicolas en Suisse, on trouve Saint-Gall à Saint-Gall, St. Wiborada  St. Georgen  et Saint-Meinrad à Einsiedeln; parmi ses successeurs, on trouve l’ermitage de Sainte-Marguerite à Räsch (canton de Fribourg).

La chapelle inférieure (die untere Ranftkapelle, 1501)

Mais Frère Nicolas s’est distingué par son engagement politique. De ce point de vue, il avait les deux pieds dans le monde civil.

Il était parfaitement au courant de la politique et des débats locaux, fédéraux et internationaux. Comme l’exprimait Bernardo Imperiali, diplomate au service du duc de Milan, lorsqu’il rencontrait Frère Nicolas, alors très demandé: « l’ho trovato informato di tutto » (je l’ai trouvé au courant de tous les sujets).

Ce diplomate d’un puissant duc ne l’a pas consulté en vain. Frère Nicolas était depuis des années une référence dans les conflits locaux, régionaux et internationaux. Il était ce que nous appelons aujourd’hui un « médiateur » ou un « arbitre ».

Riches et pauvres, paysans ou politiciens de Sachseln, Stans ou Flue, représentants de régions ou des villes de la Confédération, évêques, ducs et autres diplomates le consultaient.

Frère Nicolas veille sur la Suisse en 1940

Son rôle de médiateur dans le conflit entre les membres de la Confédération fut toutefois son apogée diplomatique. Selon une chronique de 1507 (la chronique lucernoise de Diepold Schilling (1460-1515), Frère Nicolas fut l’un des principaux acteurs du Convenant de Stans du 22 décembre 1481.

Après les victoires sur le duc de Bourgogne Charles le Téméraire (1433-1477), les huit membres de la Confédération étaient au bord de la guerre civile dans les années suivantes.

Frère Nicolas a servi de médiateur, dit-on, et c’est lors de la diète de Stans que le compromis de Stans a été conclu. Fait ou légende, il est depuis lors considéré comme une sorte de « père de la patrie ».

Bien que le prix Nobel de la paix n’ait pas pu lui être décerné, Frère Nicolas a été béatifié en 1649. Il a ensuite été canonisé par le pape Pie XII (1876-1958) le 15 mai 1947, mais les citoyens d’Obwald et des quatre continents avaient déjà reconnu ses mérites bien plus tôt.

Visite du pape Jean-Paul II en 1986.

L’église paroissiale, le pèlerinage de Sachseln et de nombreux documents temporels et sources écrites parlent de mysticisme, de piété, de jeûne et de son rôle de « médiateur » et de pacificateur. En Suisse et sur quatre continents, des centaines d’églises, de chapelles et d’écoles sont dédiées à Frère Nicolas.

Le poète suisse Heinrich Federer (1866-1928) l’a formulé en 1921 comme suit :“Bruder Klaus ist viel zu gross, um nur Schweizer zu sein. Er gehört der ganzen Welt“ (Frère Nicolas est bien trop grand pour n’être que suisse). Il appartient au monde entier.

La dépouille de Frère Nicolas est enterrée dans l’église de pèlerinage de Sachseln, qui date de 1684.

Le musée de Frère Nicolas à Sachseln et le village de Flueli-Ranft lui sont dédiés, à lui et à sa femme Dorothea.

(Source et plus d’informations: Bruder Klaus Museum; W. Signer, G. Appius, Niklaus von Flüe , ein politischer Mystiker, Bâle 1989)

Révision: Andrea Zollinger, rédactrice

Hommage aux courageux habitants de Budapest et à leur rôle dans l’insurrection hongroise (1956) dans les Gorges du Ranft

Industrialisation, catholiques, protestants et monastères à Saint-Gall

La ville, le canton et l’abbaye de Saint-Gall sont depuis des siècles, avant la Réforme de 1526 mais aussi après, le symbole de la division de la Confédération. Il en va de même pour les relations entre les gouvernements des villes de Coire, Constance, Bâle et Genève et leurs évêques.

Jusqu’à la Réforme, ces divisions n’avaient rien à voir avec la religion, mais avec des intérêts économiques, dynastiques et politiques. Cette division n’a rien de particulier en soi, ce qui est particulier, c’est que la Confédération et les cantons y ont survécu, avec la Constitution de 1848 comme base de l’actuelle Confoederatio Helvetica des républiques souveraines (sauf si la Constitution en dispose autrement).

Canton, ville et abbaye de Saint-Gall

Ce n’est qu’après la Réforme que ces divisions ont pris une dimension religieuse. Mais les motifs économiques et politiques ont également joué un (grand) rôle dans le choix de l’autre foi.

L’accès à de riches abbayes, monastères et propriétés épiscopales était attractif et le rôle politique de l’évêque dans la ville était fini. (Bâle, Constance et Genève) ou moins important (Coire). Sion était également une ville épiscopale, avec des relations tendues entre l’évêque et les sept dizains du Haut-Valais, mais il n’y avait pas de Réforme.

Les relations entre l’économie, la politique et la religion ont donc joué un rôle important dans la ville et le canton de Saint-Gall pendant des siècles. Le canton et la ville de Saint-Gall sont surtout connus pour leurs textiles, leur célèbre abbaye et leur bibliothèque.

L’histoire industrielle, entre autres du chocolat, et le long schisme entre les communautés catholiques et protestantes dans la ville et le canton de Saint-Gall sont beaucoup moins connus.

La ville de Saint-Gall

L’industrialisation et le clivage religieux sont étroitement liés à Saint-Gall. La ville de Saint-Gall s’est convertie à la nouvelle foi (protestante) en 1526. L’abbaye et la ville ont ensuite vécu littéralement séparées pendant des siècles.

Un mur séparait l’abbaye de la ville, et les moines et l’abbé ne pouvaient franchir ce mur que dans des conditions très strictes, un mur de Berlin avant la lettre.

Pourtant, jusqu’en 1798 (invasion française et fondation de la République helvétique (1798-1803)), l’abbaye était le principal propriétaire terrien de la région. De nombreux villages et villes, même s’ils ne l’étaient pas tous, sont donc restés catholiques.

St. Georgen

St. Georgen

Cela n’a changé qu’avec l’expropriation du monastère en 1805 et le début de l’industrialisation en dehors de la ville. L’actuel quartier de St. Georgen, qui fait partie de l’ancienne commune de Tablat, en est un bon exemple.

Ce village est situé dans les gorges de la Mülenen, à quelques kilomètres du centre et de l’abbaye de Saint-Gall. Georgen s’est développé, comme souvent au Moyen Âge, autour de l’église St. Georgen (fondée au IXème siècle) et du couvent St. Wiborada (dissous en 1834).

Jusqu’en 1798, Tablat (et St Georgen) était un territoire soumis à l’abbaye princière de St Gall et donc catholique. Dès le Moyen Âge, de nombreux moulins assuraient l’entraînement mécanique et l’approvisionnement en eau des forgerons, boulangers et autres petits artisans. L’industrie textile ne s’est développée dans le village qu’après 1800.

La Müleggweier vers 1900

La Müleggweier, le marais sur Dreilinden, la Steinach et d’autres petites sources assuraient un approvisionnement permanent en eau, même en période de sécheresse.

En 1885, le chocolatier Maestrani ouvrit également une usine à St-Georges, après avoir commencé à fabriquer du chocolat dans la ville de St-Gall dès 1849. Maestrani est resté à St. Georgen jusqu’en 2003, date à laquelle la fabrique a déménagé à Flawil (canton de St. Gall).

Jusqu’à l’industrialisation vers 1820, la population de St. Georgen était majoritairement catholique. L’immigration d’ouvriers protestants a fait passer la population d’environ 4 400 en 1850 à plus de 12 000 en 1900, ce qui a conduit à la construction d’écoles catholiques et protestantes séparées et à l’installation de boulangers, bouchers, épiciers, médecins et autres prestataires de services catholiques et protestants.

L’ L’école Bachschulhaus vers 1900

St. Georgen devint également le centre du Kulturkampf (combat pour la civilisation) en Suisse. Plusieurs bâtiments (dont des écoles) de St. Georgen rappellent encore aujourd’hui cette période de forte croissance industrielle et de division religieuse.

Bien que la division religieuse en Suisse n’ait pas conduit aux excès de violence des autres pays européens (à l’exception de quelques conflits en 1529, 1531, 1656, 1712 et 1847), elle a été une réalité politique jusqu’en 1848 et une réalité sociale jusque dans les années 1960.

Le couvent de Notkersegg

Le couvent de femmes Notkersegg, fondé en 1381 et situé à proximité, n’a pratiquement pas été touché par ces développements. Au début, il ne s’agissait pas formellement d’un couvent, mais d’un lieu de résidence pour béguines.

Jusqu’en 1602, le nombre de béguines était si important que les béguines rejoignirent formellement l’ordre des capucins (une scission de l’ordre franciscain) en tant que capucines.

Le complexe comprenait alors plusieurs bâtiments et l’église de 1453, mais la puissante abbaye bénédictine de Saint-Gall n’était jamais très loin et en prit même la garde en 1610.

1727 et 1757 furent des années importantes pour le monastère. En raison du dogme vatican de la clôture pour les nonnes, le monastère construisit un mur pour isoler les nonnes du (mauvais) monde extérieur.

Ce mur existe encore aujourd’hui. En 1757, le monastère reçut un cadeau d’Italie : une statue de la « Madonna di buon consiglio ». Depuis, le monastère porte le nom de « Marie du bon conseil »

Le monastère existe et fonctionne toujours, malgré les années difficiles qui ont suivi la dissolution de l’abbaye en 1805, le Kulturkampf et le peu d’enthousiasme actuel pour l’adhésion. Le monastère compte encore six religieuses et vit entre autres de l’agriculture.

(Source et plus d’ informations: St. Georgen; klooster Notkersegg)

La petite ville multiculturelle de Vevey en pleine action

Les Celtes et les Romains ont habité la région de la ville de Vevey (canton de Vaud) il y a déjà plus de 2000 ans. Crédeyles, une sépulture celtique près de l’église (médiévale) de Saint-Martin, et les toponymes romains Vibiscum ou Viviscum (dans la Tabula Peutingeriana) témoignent de leur présence. Le lieu se situe à l’embouchure de la Veveyse et de l’Ognonaz.

Une inscription romaine

La localité était idéalement située sur les voies romaines en direction et en provenance du Grand-Saint-Bernard et de Martigny (Octodurus), de Lausanne (Lousonna) et d’Avenches (Aventicum). Le lac Léman (lac lemanus) était également une voie d’eau très fréquentée à l’époque romaine.

L’ église St. Martin

Il faut ensuite attendre le XIIème siècle pour que Vevey réapparaisse dans les documents. Les évêques de Sion et de Lausanne, l’abbaye de Saint-Maurice, les comtes de Genève, les comtes de Gruyère et les ducs de Savoie jouaient alors un rôle pendant des siècles. La Savoie accorda à la ville des droits de cité au XIVème siècle. Le duc fonda également le couvent de Sainte-Claire en 1422.

Ancien couvent Sainte-Claire, supprimé en 1536

Berne conquit Vevey en 1536 et a régné sur la ville jusqu’en 1798. Le château de Chillon fut la résidence du bailli bernois. La ville n’a pas eu d’indépendance politique, mais a connu un développement économique prospère.

Sur les rives de la Veveyse et de l’Ognonaz, de nombreuses entreprises fonctionnaient grâce à l’énergie hydraulique des moulins. Sa situation au bord du lac Léman et les routes vers toutes les régions de la Confédération des 13 cantons et les pays voisins favorisent également le commerce.

De plus, Vevey, comme le reste du pays, a toujours été une ville cosmopolite (commerçante). Huguenots français, Russes, Anglais ou Allemands ne sont que quelques-unes des nombreuses et anciennes nationalités présentes dans la ville.

Artiste anonyme, Vevey au XVIIe siècle. Collection : Musée historique de Vevey

Juste avant l’invasion française de 1798 et la fondation de la République helvétique (1798-1803), Vevey organisa la première édition de la Fête des Vignerons. Cette tradition, qui a donné lieu à une Fête en 2019, témoigne de l’importance séculaire de la viticulture dans cette région et dans le Lavaux.

Représentation de la Fête des Vignerons au XIXème siècle. Collection : Musée de la Confrérie des Vignerons

La Fête des Vignerons n’est peut-être pas très connue en dehors de la Suisse, mais une autre organisation importante l’est. La plus grande multinationale alimentaire du monde a son siège à Vevey.

Siège de Nestlé

La « fourche » dans le lac est un monument remarquable, tout comme l’Alimentarium est un musée culinaire et scientifique qui témoigne de la présence de Nestlé. D’ailleurs, le chocolat est lui aussi étroitement lié à Vevey.

(Source et plus d’informations: Ville de Vevey)

Impressions de Vevey 

Grand Hotel du Lac

Musée Jenisch

La Grenette

L’église russe St. Barbara (1878)

All Saints Church (1882)

La tour-de-Peilz et le musée suisse du jeu

Le Grütli au bord du lac d’Uri, un serment et une destitution

La Voie suisse (der Weg der Schweiz) est une route historique qui longe le lac d’Uri, le bras le plus méridional du lac des Quatre-Cantons. Divisé en 26 étapes pour les 26 cantons, l’itinéraire s’étire sur environ 35 kilomètres.

L’ordre des étapes est déterminé par l’année d’adhésion des cantons dans la Confédération. La longueur des étapes est fonction du nombre d’habitants d’un canton en 1991, la longueur par habitant étant de 5 mm.

En raison de ce concept, il n’est pas surprenant que le Grütli, au bord du lac d’Uri, soit la première étape de cet itinéraire. Peu importe si c’est à cet endroit précis, qu’en 1291 les trois premiers membres, Uri, Schwyz et Unterwald (Obwald et Nidwald), prêtèrent serment pour ratifier leur alliance. En tout cas, c’est une belle histoire qui s’inscrit dans le contexte politique et historique de l’époque. Il en va de même pour Guillaume Tell.

Le ‘Schwurplatz’, le serment de Grütli

À la fin du Moyen Âge, les alliances entre villes étaient nombreuses dans cette partie de l’Europe. Mais seule la Confédération suisse l’a pratiqué jusqu’au XIXème siècle. Et « si » … que se serait-il passé… n’est pas une question historique intéressante.

Le fait est qu’un document authentique datant de 1315 confirme une alliance entre ces villes. S’en est suivi un long processus de formation d’un État souverain, partant d’une simple confédération de lieux et de villes de plus en plus nombreuses (le mot canton date du 16e siècle) à la Confédération moderne de 1848. Mais en 1291 ou 1309, les Confédérés ne pensaient pas encore à fonder leur propre État.

S’opposer au souverain, en l’occurrence aux Habsbourg et leurs baillis, était toutefois un péché mortel en ces temps religieux. Il fallait donc trouver une justification et c’est tout le contexte de l’histoire de Guillaume Tell. Après tout, le souverain (et le bailli Gessler) était un tyran.

l »Acte van Verlatinghe, 1581. pHoto: Wikipedia

Un cas similaire s’est produit aux Pays-Bas en 1579 avec la création de l’Union d’Utrecht (une confédération de sept provinces souveraines (cantons) avec une Staten-Generaal (Diète).

L’Acte de Verlatinghe (1581) qui s’ensuivit permit de démettre le roi d’Espagne en tant que souverain. La motivation profonde et religieuse était la même que dans l’histoire de Guillaume Tell : le souverain est un tyran et c’est pourquoi la destitution est justifiée et seulement pour cela.

Il est donc d’autant plus étonnant qu’en Suisse, certains cercles académiques dépensent autant d’énergie, de livres, d’articles et de recherches (scientifiques) pour rejeter le « serment » de 1291 ou l’histoire de Guillaume Tell, les traitant comme des absurdités.

Image: Musée de Grütli 

Le fait est que cette Confédération, malgré des voisins puissants et généralement agressifs, en dépit de la Réforme, faisant fi des différences économiques, linguistiques et culturelles, possède aujourd’hui le moins mauvais système démocratique d’Europe et peut-être même du monde.

De plus, l’économie, la politique monétaire, la société multiculturelle et internationale, la culture, la science et la recherche ainsi que le respect et la gestion de la nature répondent aux standards les plus hauts.

Le Grütli, situé au pied du village de Seelisberg (canton d’Uri), est un lieu symbolique que l’on apprécie à juste titre. Une randonnée de Seelisberg au Grütli dure environ une heure en descente.

Le sentier Seelisberg-Grütli

C’est, pour paraphraser les mots de Neil Amstrong (1930-1982) le 21 juillet 1969 (premier alunissage), « un petit pas pour un homme, mais un bond de géant pour l’humanité » »(« That’s one small step for [a] man, one giant leap for mankind »).

En d’autres termes, une promenade de Seelsberg au Grütli est un petit pas en avant, mais ce qui a commencé dans cette région il y a plus de 700 ans a été un bond de géant pour la création de la Confédération actuelle.

(Source et plus d’imformations: Waldstätterweg)

Révision: Andrea Zollinger, rédactrice

Le Grand et le Petit Mythe (canton de Schwytz) et le village de Brunnen au bord du lac (canton d’Uri) et Schwyz

Sisikon

Musée Grütli

La prairie de Grütli