Fribourg, le canton et la ville bilingue
13 avril 2021
La ville de Fribourg, ville bilingue français et allemand, fut fondée en 1157 par le Duc Berthold IV de Zähringen (1125-1186).
1157-1536
Lovée dans les méandres de la rivière, la Sarine, elle est l’un des plus vastes ensembles d’architecture médiévale d’Europe.
Suite aux guerres de Bourgognes (1474 à 1477), le canton de Fribourg rejoignit en 1481 la Confédération des VIII cantons (Eidgenossenschaft).
Les relations tendues entre le Saint-Empire romain germanique dirigé par la dynastie des Habsbourg – Frédéric III (1415-1493) – et la Confédération suisse en furent l’une des conséquences.

Ce – nouveau – désaccord intervint suite à la fondation de la Ligue de Souabe, avec l’autorisation de l’empereur Frédéric III, entre plusieurs villes du sud de l’Allemagne.
Maximilien 1er (1459-1519), successeur de Frédéric III, introduisit un nouvel impôt pour financer les dépenses militaires. A cette époque, les villes suisses firent encore formellement partie du Saint-Empire romain germanique.
C’est en 1648, lors de la paix de Westphalie, qu’intervient la reconnaissance définitive de l’indépendance de la Confédération suisse, le Saint-Empire romain germanique abandonnant ses revendications.
En outre, les Habsbourg furent en conflit avec les Trois Ligues du canton des Grisons, la Ligue des Dix-Juridictions (Zehngerichtebund), la Ligue de la Maison-Dieu (Gotteshausbund) et la Ligue grise (Grauer Bund) qui s’étaient alliées à l’ancienne Confédération suisse entre le XIVème et le XVIème siècle.

La guerre de Souabe – aussi nommée guerre de Suisse ou guerre de l’Engadine selon la nationalité de l’historien – de 1499 fut une défaite pour l’empereur.
En 1501, Fribourg, Bâle, Schaffhouse et Soleure firent partie de la Confédération qui comptait alors douze membres. En 1513, Appenzell devint le treizième membre et ainsi naquit la Confédération des XIII cantons.
Après la défaite des Confédérés en 1515 lors de la bataille de Marignan, un traité de « paix perpétuelle » fut signé avec la France à Fribourg le 29 novembre 1516. Cette paix durera jusqu’à l’invasion française de 1798.

1536-1798
L’expansion du territoire et le gain de prestige de Fribourg – et bien sûr de Berne – ne se produiront que deux décennies plus tard, quand Berne conquit le Pays de Vaud en 1536. Fribourg, profitant de l’intrusion bernoise, rejoignit l’expédition plus tard et partagea cette conquête avec Berne, qui obtint toutefois la part du lion.
La conquête du Pays de Vaud – dominé par la maison de Savoie à partir du XIIIème siècle – fut la conséquence du soutien de Berne à la Genève protestante, alors menacée par la Savoie, catholique et la France.
Mais la véritable tempête vint de la Réforme protestante qui compta parmi les événements majeurs de l’histoire suisse. En effet, suite à la division entre cantons catholiques et cantons protestants, la cohésion de la Confédération vacilla.

La Réforme eut une incidence sur la construction politique de la Suisse et les choses se compliquèrent avec l’adoption de la Réforme par Berne et la décision de Fribourg de rester catholique.
Donc, le canton de Fribourg resta catholique et, avec lui, les territoires vaudois qu’il occupait. Le canton de Berne devint protestant et, avec lui, les territoires vaudois qu’il gouvernait.
Le canton de Fribourg, bien que catholique, se rallia au canton de Berne et ensemble ils convoitèrent de précieux butins dans le Pays de Vaud, ce qui desservit le canton de Fribourg.
Le canton de Fribourg devint un bastion catholique, avec notamment une importante communauté de jésuite, mais continua toutefois à soutenir Berne.
1798-1848
Après l’ère française (1798-1813), l’histoire du canton de Fribourg se poursuivit au sein de la Confédération helvétique.
(Source : H. Walter, Histoire de Fribourg, Une Ville-État pour l’éternité (XVIe-XVIIIe siècle), Tome 2, Neuchâtel 2002).
Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice.
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