Tschlin et ses environs

En se rendant à Tschlin (canton des Grisons), on peut lire sur un panneau à l’entrée du village « Les plus beaux villages de Suisse » dont fait il fait partie.

Tschlin apparaît pour la première fois dans des documents au XIIe siècle.

Le village, surplombant l’Inn (En en romanche), se situe à 1 550 mètres d’altitude, à flanc de montagne, au milieu du paysage en terrasses historiques de la Basse-Engadine, près du parc national suisse avec une magnifique vue la vallée de l’Inn et les forêts environnantes.

Outre une brasserie qui fabrique une bière biologique et une initiative culturelle – Somalgors 74 – qui présente un nouveau sgraffite numérique du duo de graphistes de renommée internationale Therodina, le village a lui-même également beaucoup à offrir.

Depuis le XVème siècle, le village n’a pas toujours été du bon côté en ce qui concerne son histoire. La région frontalière avec l’Autriche fut un champ de bataille et fut pillée à plusieurs reprises.

Des incendies ravageurs réduisirent aussi le village en cendres à trois reprises. Le dernier grand incendie eut lieu en 1856. Le village a toujours été reconstruit.

La nouvelle commune de Valso, fusion des territoires communaux de Tschlin et Ramosch depuis le 31 décembre 2012, a également intégré les anciennes annexes de Tschlin : Martina (avec le poste frontière) et Vinadi (hameau frontalier avec l’Autriche et l’Altfinstermünz) Strada (avec l’église romane de San Niclà et le musée de Stamparia) et les hameaux de Chaflur et Sclamischot.

En se promenant dans les villages, on ne se contente pas de regarder que les maisons typiques de l’Engadine décorées avec des sgraffites sur les murs, mais aussi les nombreuses sources.

(Source et plus d’informations: Tschlin)

 

   

Stampa et l’ Inn

Zuort et le chef d’orchestre néerlandais Willem Mengelberg

Le village de Ramosch et ses voisins, le village de Vnà, les hameaux de Zuort, Seraplana, Griosch et Raschvella, en Basse-Engadine (canton des Grisons) se trouvent au milieu de très anciennes terrasses agricoles (voir aussi sous la rubrique nature).

Le climat sec de la région, qui enregistre les précipitations les plus faibles en Suisse, et le sol fertile ont rendu possible la culture des terres arables propices, entre autres, à l’orge, au blé et surtout au seigle. Les terrasses millénaires font désormais partie du patrimoine culturel.

L’ église de Ramosch

Ramosch est situé sur l’ancienne route de transit vers le Tyrol et le lac de Constance et sur la rive gauche de la rivière Inn.

L’importance du village est également attestée par le château de Tschanüff (nouvelle maison en romanche), érigé au XIIIème siècle et classé comme bien culturel d’importance nationale.

Ramosch

En 1256, le comte Meinhard du Tyrol (1238-1295) autorisa un certain Nannes von Ramosch à construire ce château.

En 1475, le château de Tschanüff fut dévasté par les troupes du Tyrol lors de la guerre des Poules (Hennenkrieg). Puis, le château a été reconstruit pour être à nouveau détruit pendant les Bündner Wirren (littéralement les troubles des Grisons) (1618-1639). En 1780, le château fut abandonné suite à des glissements de terrain et c’est aujourd’hui une ruine.

L’église romane Saint-Florin, à Ramosch, fut détruite en 1499 pendant la guerre de Souabe (nommée aussi guerre d’Engadine ou guerre de Suisse) et fut reconstruite en 1522 par l’architecte Bernhard von Puschlav, auquel on doit également les églises de Zuoz, Scuol, Ramosch, Tschlin et San Gaudenzio au-dessus de Casaccia,

Ramosch se libéra du joug de la maison de Habsbourg en 1652, après avoir adopté le protestantisme. Ramosch fut détruit à plusieurs reprises par des incendies. Lors du dernier incendie de 1880, presque tout le village brûla. La reconstruction a été effectuée dans un style italien, puisque réalisée essentiellement par des artisans et des architectes italiens

L’aspect du village de Vnà et des hameaux de Zuort, Seraplana, Griosch et Raschvella est caractérisé par le style engadinois et les belles fermes engadinoises.

Photo: www.sent-online.ch

La villa Mengelberg et la chapelle, construites en 1920 à Zuort, rappellent le séjour du chef d’orchestre néerlandais Willem Mengelberg (1871-1951). La chapelle en bois a été construite par Willem Mengelberg en signe de gratitude du fait que la Suisse et la Hollande ont été épargnées par la Première Guerre mondiale.

(Source: Ramosch | Engadin)

Ramosch

Cent ans de relations diplomatiques Suisse-Danemark

La Suisse et le Danemark entretiennent des relations diplomatiques officielles depuis 1920.

Lors des cent ans de relations diplomatiques entre la Suisse et le Danemark le conseiller fédéral Ignazio Cassis, chef du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), en visite officielle à Copenhague, a notamment déclaré :

« Les deux pays défendent souvent des intérêts communs au niveau multilatéral et attachent une grande importance à des thèmes comme la démocratie, les droits de l’homme, le droit international humanitaire et la coopération au développement.

Leurs échanges bilatéraux aussi sont étroits et diversifiés, surtout dans les domaines de l’éducation, de la recherche et de l’innovation. La Suisse et le Danemark sont unis par de multiples liens, partagent de nombreuses valeurs fondamentales et peuvent ainsi atteindre des objectifs communs sur la scène internationale ».

On l’aura compris : ce qui rapproche aussi la Suisse et le Danemark est le strict respect des conventions (pacta sunt servanda), les deux pays réfutant les projets d’une ambition démesurée.

En revanche, leur histoire ne présente que peu de points communs. Comme l’a écrit Shakespeare dans « Hamlet », le Danemark est l’une des plus anciennes monarchies européennes. Pour autant que l’on sache, les Vikings n’ont jamais pénétré sur le territoire suisse.

Le Danemark n’a pas fait partie des empires romain, mérovingien et carolingien, burgonde ou du Saint-Empire romain germanique. L’aristocratie danoise joua un rôle politique et économique dominant jusqu’à la fin du XIXème siècle.

Le Groenland appartient au royaume du Danemark. Il est cependant doté d’une autonomie politique depuis 1979, renforcée en 2009 par l’attribution de nombreuses compétences exclusives, ce qui lui permet de bénéficier d’une plus ample marge de manœuvre sur l’échiquier international. La plus grande île du monde est depuis 1985, date de son retrait du marché commun, associée à l’Union européenne en tant que pays et territoire d’outre-mer.

Bordé par la mer Baltique, le Cattégatet le Skagerrak (passages maritimes) ainsi que la mer du Nord,  le Danemark est situé au nord de l’Allemagne.

L’Etat allemand de Schleswig-Holstein constitue l’unique frontière terrestre avec le Danemark. L’insularité de sa géographie n’a pas pour autant fragmenté l’unité du Danemark : elle l’a même enrichie d’une diversité naturelle et culturelle. Le pays est membre de l’Union européenne

L’explorateur suisse Alfred de Quervain (1879-1927) traversa le Groenland en 1912 pour effectuer des recherches sur les glaciers et le climat.

Les données météorologiques et glaciologiques relevées par Alfred de Quervain au cours des sept semaines d’expédition furent très précieuses pour la science et sont aujourd’hui encore utiles aux scientifiques.

La Suisse effectue toujours des études sur les glaciers du Groenland qui apportent une contribution essentielle à la recherche sur le réchauffement climatique.

Pour représenter ses intérêts commerciaux, la Suisse ouvrit à Copenhague en 1887, un consulat honoraire transformé en 1921 en consulat général et en 1945 le consulat général devient légation, élevée au rang d’ambassade suisse en 1957.

En 1918, le chargé d’affaires danois entra en fonction à Berne et en 1920, il fut accrédité en tant que ministre plénipotentiaire.

En résumé, cent ans plus tard, la Suisse et le Danemark entretiennent toujours d’excellentes relations : interviennent des échanges réguliers sur les défis et les intérêts communs en matière de formation professionnelle.

Dans le domaine de la recherche climatique au Groenland, des universités suisses et danoises ont instauré une excellente coopération portant sur le long terme.

Même les drapeaux nationaux se ressemblent.

Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice. 

Les terrasses de Basse-Engadine et la Fundaziun pro Terra Engiadina

L’une des régions agricoles particulières de la Suisse est située en Basse-Engadine Entre Ardez et Tschlin, il existe une zone des champs en terrasse.

Comme cette région est également l’une des plus sèches de Suisse, des canaux d’eau et des systèmes d’irrigation ont été développés depuis 1 300.

Ils n’ont pas été préservés, mais sont parfois encore reconnaissables dans le sol.

À Tschlin, un projet vise à installer des répliques de ces canaux d’eau et systèmes d’irrigation en bois.

(Source: Fundaziun pro Terra Engiadina).

Le Röstigraben et les frontières linguistiques

Les 26 cantons suisses ont toujours divergé tant sur les plans religieux (depuis la réforme de 1525), linguistiques qu’économiques. Cependant, en 1848, soit un an après la guerre du Sonderbund (Sonderbundskrieg) en 1847, une nouvelle constitution fédérale est votée pour définir un nouvel État fédéral.

Aujourd’hui, si la religion n’est plus un sujet de dispute politique, les frontières linguistiques constituent toujours une sérieuse ligne de démarcation, en particulier entre la Suisse romande (six cantons francophones) et la Suisse alémanique (dix-sept cantons germanophones).

La Première Guerre mondiale a été une période de tension entre ces deux régions. Divers incidents en sont la cause directe (par exemple, la nomination par le Parlement du général germanophone Ulrich Wille (1848-1925) ainsi que diverses affaires d’espionnage).

La Romandie sympathise surtout avec l’Entente (France, Angleterre, Russie, Belgique), la Suisse germanophone a des accointances avec l’Allemagne et l’Autriche.

Cela a créé un fossé linguistique (Sprachgraben) entre la Suisse romande et la Suisse alémanique. Plus tard, ce fossé a été baptisé le Röstigraben, littéralement la barrière de röstis ou le rideau de röstis, démarcation virtuelle séparant la Suisse romande de la Suisse alémanique (il faut savoir que les röstis sont des galettes de pommes de terre, un plat typique de la Suisse alémanique).

La Sarine (Saane), rivière qui traverse longitudinalement le canton de Fribourg (Freiburg) est une sorte de frontière symbolique entre francophones et germanophones. Ironie de l’histoire, le canton de Fribourg, aujourd’hui principalement francophone, était jusqu’au XVIème siècle un canton germanophone (catholique).

Le district du Lac avec son chef-lieu Morat est en principe bilingue et partagé entre protestants et catholiques. L’écrivain germanophone Carl Spitteler (1845-1924) en a été l’une des voix apaisantes en 1914. C’est l’une des raisons pour lesquelles il n’y a pas eu de rupture.

Cependant, la grève générale de novembre 1918, née du mécontentement, de la pauvreté, de la forte impression que firent les révolutions se déroulant dans d’autres pays, a apporté la réconciliation entre élites francophones et germanophones.

Des soldats francophones du canton de Vaud, par exemple, ont été déployés à Granges, commune du canton de Soleure, canton germanophone, pour enrayer la grève. En guise de remerciement, la ville a offert une généreuse prime aux Amis vaudois.

Mais le Röstigraben n’a pas disparu pour autant, il est toujours là. Cela est apparu très clairement lorsque la Suisse est entrée à la Société des Nations en 1920. Les cantons et les citoyens germanophones étaient beaucoup moins enthousiastes que les cantons et les citoyens de la Suisse romande. Le refus par le peuple suisse de l’adhésion de la Suisse à l’Espace économique européen en 1992 allait également dans ce sens.

Ainsi, l’initiative populaire « Oui à l’Europe » a été rejetée par le peuple et les cantons en 2001. En 2002, le peuple et les cantons suisses se sont prononcés, lors d’un référendum, en faveur de l’adhésion de la Suisse à l’Organisation des Nations Unies (ONU). En 1920, les citoyens suisses avaient accepté l’adhésion de la Suisse à la Société des Nations, précurseur de l’ONU.

Au début de la Seconde Guerre mondiale, cependant, les deux régions étaient unies dans leur soutien aux Alliés. La nomination du général vaudois Henri Guisan (1874-1960) y a certainement contribué.

Aujourd’hui, les lignes de démarcation politiques ne se situent plus tant le long du Röstigraben, mais plutôt dans un « fossé » entre les zones rurales et urbaines des deux régions. Cela ne signifie pas qu’il n’y a plus de « fossé ».

D’ailleurs, les cantons germanophones et francophones ne constituent pas une unité, chacun ayant sa spécificité. Par exemple, en Suisse alémanique, les gens parlent le Schwyzertütsch, une langue qui regroupe une grande variété de dialectes.

Avec la mondialisation, Le Röstigraben existe encore, mais il cède progressivement la place à l’uniformisation.

Source: José Ribeaud, La Suisse plurilingue se délingue, Neuchâtel, 2010.

Révision: Andrea Zollinger, rédactrice

Parc naturel régional Chasseral

Le Parc  (387 km2 ) se situe dans un triangle formé par Neuchâtel, La Chaux-de-Fonds et Bienne et compte 21 communes  (18 bernoises et 3 neuchâteloises) réparties sur les cantons de Berne et de Neuchâtel.

Le Parc est à la croisée des cultures: alémanique et romande, industrielle et artisanale, urbaine et rurale.

Le Chasseral

Son point le plus haut est le sommet du Chasseral de 1606 mètres. Le parc offre des paysages très variés comme les tourbières, les falaises ou des pâturages boisés secs.

Les localités sont marquées par l’agriculture et l’industrie. L’horlogerie est aujourd’hui encore très florissante.

(Source et plus d informations: www.parcchasseral.ch). 

Le romanche et les Grisons

Le romanche (romontsch ou rumantsch dans les Grisons, romanisch pour le reste de la Suisse alémanique) n’est parlé que dans le canton des Grisons, d’où l’emploi fréquent du terme bündnerromanisch.

La langue romanche est issue du latin populaire et la langue rhétique (telle qu’elle était parlée avant et pendant la domination romaine jusqu’au Vème siècle). Puis, il y eut les influences françaises et italiennes ainsi que celles mues par des dialectes lombards et par l’imposition de la langue alémanique et l’immigration des Walser.

Dans le nord des Grisons, la langue romanche a presque disparu. L’ouverture des Grisons au tourisme, aux médias et l’accès au réseau ferroviaires, aux autoroutes depuis le milieu du XIXème siècle a également fait de l’allemand la langue de communication dans d’autres régions du canton.

Néanmoins, le romanche a été reconnu comme quatrième langue officielle de la Suisse en 1938 par une large majorité (91.6%) du peuple.

La pression des pays germanophones et italophones voisins en avait été la cause immédiate. Le gouvernement et les citoyens suisses avaient clairement fait savoir que la Suisse était une et indivisible, quelle que soit la langue, et qu’il n’y avait pas de place pour une quelconque annexion de la Suisse alémanique et du Tessin, pas plus que pour une légitimation du « Heim ins Reich » allemand ou de « irredentismo italiano » italien.

Aujourd’hui, le romanche est la langue maternelle d’environ 60 000 habitants, l’allemand et italien sont les deux autres langues officielles du canton des Grisons, seul canton trilingue de la Suisse.

Le romanche a une longue tradition de langue orale qui remonte au début du Moyen Âge. Dans un contexte religieux, la première traduction partielle en romanche d’une partie d’un prêche en latin date des Xème-XIème siècles.

Le romanche est attesté sous une forme écrite à partir du XVIème siècle : en 1527, Juan Travers, homme d’Etat et de guerre, écrivait une sorte de chanson de geste mais ce n’est qu’au XIXe siècle – alors qu’apparut le romantisme – que la langue romanche commença à gagner en importance et à être utilisée régulièrement dans les domaines de la littérature et du journalisme.

L’une des ballades les plus célèbres reste al pievel romontsch (au peuple romanche) de Giachen Caspar Muoth (1844-1906) :

Stai si, defenda Romontsch, tiu vegl lungatg, Risguard pretenda, Per tiu patratg !

Levez-vous peuple romanche, défendez votre langue ancienne, exigez le respect de votre patrimoine !

La langue romanche se compose de cinq dialectes régionaux. Sursilvan se trouve dans la vallée du Rhin antérieur à Rhäzuns et Trin, Sutsilvan dans la région du Rhin postérieur, Surmiran dans la vallée de l’Albula, Vaz/Obervaz et le Val Ferrera, Putèr en Haute-Engadine et Bergün et Vallader en Basse-Engadine et dans le val Müstair. Il existe également des dialectes apparentés en Lombardie (le ladin et le frioulan).

Romanche grison

Une initiative a conduit à la création d’une langue romanche écrite, unifiée et standardisée, le rumantsch grischun (romanche grison) pouvant être utilisée par les autorités fédérales et cantonales.

Elle est également employée par les médias et dans le domaine littéraire. Il n’est ainsi pas nécessaire de publier les textes dans les cinq dialectes.

Bien que le romanche soit parlé par de moins en moins de personnes, la langue s’est également établie dans le monde entier. Par exemple, le mot glacier vient de gletscher ou de gletsch.

Diverses organisations s’engagent à préserver la langue et la culture romanches et à les rendre accessibles aux personnes de l’extérieur.

Deux exemples peuvent être trouvés sur les pages www.romontsch.ch et www.liarumantscha.ch.

La chapelle de la Sainte-Famille

La chapelle de la Sainte-Famille à Saint-Gingolph (canton du Valais) date de 1677 et était la chapelle du château (1588) et de la maison de Rivaz.

Elle a été construite par le seigneur du château Jacques von Rietmatten. Sa décoration et ses arcades rappellent la période baroque.

St. Gingolph  était gouvernée durant cette période par la République des Sept-Dizains du Haut-Valais (1628-1798): Brique, Sion, Sierre, Conge, Loèche, Rarogne et Viège.

Pour cette raison, la chapelle est très similaire à la chapelle de Saint-Georges à Sion de 1672.

La Danse macabre de Coire

Depuis 2020, les 25 images intactes de la Danse macabre (Totentanz) de 1543, mondialement connues, sont exposées dans la cave à vin du palais. Ces images ont été créées à partir de gravures sur bois de Hans Holbein le Jeune (1498-1543).

Ces peintures, qui furent accrochées jusqu’en 1882 dans une salle obscure du palais épiscopal, ont ensuite été déplacées au Musée rhétique de Coire (Räthisches Museum, Chur) où elles sont restées jusqu’en 1976. Depuis lors, elles n’avaient plus été montrées au public et aujourd’hui, elles sont à nouveau visibles (voire aussi, la dance macabre de Bâle et Loège).

(Source et plus d’informations: www.bistum-chur.ch/kathedrale/domschatz).

La Ville de Morat

L’existence de Morat remonte à l’époque celtique, bien qu’il n’existe aucune preuve archéologique ou écrite. Cependant, le nom de Mori-dûnum est issu de la langue celtique et signifie forteresse au bord du lac.

On détient peu d’information jusqu’en l’an 1000, alors que la ville faisait partie du royaume de Bourgogne. Après la dissolution de ce royaume en 1032, les ducs de Zähringen fondèrent vers 1170 la ville actuelle sur la rive sud du Lac de Morat.

Mais là aussi, l’avènement de la fondation est difficile à définir, faute de témoignage daté faisant référence à cet événement. Après l’extinction de la maison de Zähringen en 1218, Morat obtint l’immédiateté impériale et devint une ville libre du Saint-Empire romain.

Collection: Musée de Morat

Cela fut cependant de courte durée car en 1255 Morat se mit sous la protection du Comte Pierre de Savoie. Durant les guerres de Bourgogne (1474-1477), Morat jura fidélité (1475) aux villes de Fribourg et Berne.

Après les batailles de Grandson et de Morat en 1476, Fribourg et Berne gouvernèrent la ville jusqu’en 1798 en changeant d’administration tous les cinq ans.

Le célèbre panorama de la bataille de Morat, qui se déroula le 22 juin 1476, mesure environ 100 mètres de long pour 10 mètres de haut.

Lors d’Expo.02, le panorama est montré au public dans le monolithe de l’architecte Jean Nouvel érigé sur l’arteplage construit sur le lac Morat. Depuis, on peut en faire une visite sur internet car la toile se trouve dans dépôt militaire depuis 17 ans.

A l’instigation de Berne, Morat adopta la réforme en 1530. En 1803, Napoléon attribua Morat, ville protestante, au canton catholique de Fribourg. En effet, le canton a choisi de conserver le catholicisme lors de la réforme. Cependant une partie du canton de Fribourg, dont Morat, est restée protestante.

le Régiment extérieur. Collection: Musée de Morat

Morat fut à l’origine une ville germanophone et elle l’est aujourd’hui encore en majorité, bien qu’elle constitue l’un des liens entre la Suisse alémanique et la Suisse romande. De nombreux francophones y vivent également et donc des habitants militent actuellement pour une officialisation du statut bilingue de la ville.

Dans une certaine mesure, Morat a subi un développement similaire à celui de la ville de Fribourg qui, à l’origine germanophone, est devenue francophone.

Le caractère multiculturel, bilingue, protestant et catholique – une église catholique y est aussi érigée – de la ville est omniprésent, preuve en sont : les églises allemande et française, les langues allemandes (dialecte suisse alémanique) et françaises, les bâtiments d’origine savoyarde, allemande, française, bernoise, neuchâteloise, fribourgeoise et leurs styles d’époques différentes (gothique, renaissance, baroque et architecture et décoration du XIXe siècle).

L’ancienne zone portuaire, appelée quartier du Ryf, fut un important point de transbordement pour le trafic maritime à partir du Moyen Âge.

Les artisans pratiquaient leur métier. Il y avait alors des moulins, des auberges, des postes de douane, des entrepôts, des installations portuaires et des maisons avec de hautes pièces de stockage au rez-de-chaussée, situés directement sur le bord du lac.

Entre 1868 et 1890, un vaste réseau de petits canaux de drainage fut creusé dans la zone des trois lacs (lac de Neuchâtel, lac de Bienne et lac de Morat), ce qui a entraîné une baisse du niveau du lac de Morat d’environ 5 mètres, d’où l’extension de la zone riveraine.

La construction du port actuel avec ses quais dans les années 1893-1895 a également changé le visage du quartier du Ryf, qui est aujourd’hui exclusivement destiné aux loisirs.

(Source et informations complémentaires) : M.F. Rubli, Murten. Ein städtebaulicher Rundgang Morat, 1992)