Coopération dans le Rhin supérieur

Le président de la Collectivité européenne d’Alsace (CeA), Frédéric Bierry, et le président du gouvernement du canton de Bâle-Ville, Beat Jans, ont signé en mars dernier une lettre d’intention visant à intensifier la coopération et les relations transfrontalières entre les deux régions.

L’accord porte sur la politique européenne, le climat et l’énergie, les soins de santé, le développement urbain, les infrastructures et la mobilité, ainsi que le bilinguisme et les dialectes régionaux.

Une déclaration d’intention similaire a déjà été signée par le Bade-Wurtemberg et le canton de Bâle-Ville en avril 2022. Ces déclarations constituent un grand pas en avant pour la coopération entre ces régions.

Elles couvrent de nombreux domaines de la coopération transfrontalière. Il s’agit notamment du développement du réseau INFOBEST en un centre de services transfrontalier et de l’intensification de la coopération dans le cadre de l’Eurodistrict Trinational de Bâle (TEB).

(Source et informations complémentaires : Regio Basiliensis)

L’école d’écriture de Sent

Le village de Basse-Engadine de Sent (canton des Grisons) est situé sur une terrasse ensoleillée au-dessus de l’Inn. Entre les fermes et les palais, des concerts y sont régulièrement organisés, ainsi que des lectures et des expositions. Le parc de sculptures de Not Vital attire également de nombreux visiteurs.

L’école d’écriture de Sent propose des cours à tous ceux qui aiment lire ou écrire. L’accent est mis sur les cours d’écriture créative. L’école permet également de jeter un coup d’œil sur le romanche (Vallader dans la Basse-Engadine et Puter dans la Haute-Engadine) dans tous les cours.

Il existe également une offre spéciale pour les personnes qui s’intéressent à la langue maternelle de la Basse-Engadine et qui souhaitent l’apprendre.

Rumantschas e rumantschs sun eir cordialmaing invidats !

(Source et informations complémentaires : www.schreibschule-sent.ch)

Les notables locaux dans les provinces romaines et la Suisse

Les notables – c’est-à-dire l’élite – comptaient parmi les acteurs majeurs du processus de romanisation, soit la diffusion dans les provinces de la civilisation romaine dont, entre autres : l’administration et les institutions, la langue, l’agriculture, l’éducation, le système monétaire, la culture, l’architecture, l’urbanisme, l’organisation sociale et économique, le droit, la religion, les infrastructures telles que les routes et les ponts, les théâtres, les amphithéâtres, les thermes, les aqueducs.

C’est manifestement sous l’empereur Auguste (27 avant J.-C. – 14 après J.-C.) que le cadre institutionnel romain s’imposa dans les provinces romaines.

Genève (Genava), habitée par le peuple celte des Allobroges, faisait déjà partie de l’Empire romain avant la guerre des Gaules (58 -52 avant J.-C.). Les Allobroges conquis par Rome entre 122-120 avant J.-C. furent incorporés à la province de la Gaule Transalpine et Genève était liée à la voie commerciale de la vallée du Rhône et Lyon (Lugdunum) et à celle de la vallée de la Saône et du Doubs.

Le plateau suisse, entre le Jura et les Alpes, fut habité par des Helvètes, des Rauriques, des tribus celtiques. Outre les années 1315, 1415, 1515 et 1815, une autre date s’avéra importante pour la Suisse :

58 avant J.-C.

En effet, en 58 avant J.-C., les Helvètes et les Rauriques se mirent en route vers la Gaule et c’est à Bibracte (Mont-Beuvray) près d’Autun (France), qu’ils furent vaincus par Jules César. Jules César décida de renvoyer les Helvètes dans leur territoire car il craignait que les Germains, qui vivaient de l’autre côté du Rhin, ne s’en emparent.

Les Helvètes s’installèrent entre le lac Léman, le Jura, le Rhin et le lac de Constance (Bodensee). Jules César fonda sur leur territoire la Colonia Julia Equestris (Nyon) et la C0lonia Augusta Raurica, (Augst).

Les provinces romaines, 150 a. J.-Chr. Source: Marco Zanoli/Wikipedia

Rome

En 25 avant J.-C., Rome s’empara du Val d’Aoste et une nouvelle agglomération fut créée, la Colonia Augusta Praetoria (Aoste). Les armées romaines lancèrent une grande opération militaire en 15 avant J.-C. sous la conduite des deux princes impériaux, Drusus et son frère Tibère, futur empereur, en direction du lac de Constance et de la Vallée du Lech.

Les quatre tribus du Valais, les Nantuates, les Seduni, les Uberi et les Veragri, furent soumises durant cette campagne – comme l’atteste le grand Trophée des Alpes (Tropaeum Alpium), monument romain commémoratif – à la Turbie, commune surplombant la principauté de Monaco et les troupes romaines infligèrent une défaite aux Rhètes, installés à l’est de la Suisse, dans le canton des Grisons.

Parallèlement, Rome affirma sa domination sur le territoire des Helvètes et des Rauriques. Dès lors, le territoire de la Suisse actuelle fut intégré à l’Empire romain et la romanisation débuta.

Colonia Augusta Raurica: Source: Musée Augusta Raurica

Les Romains

Le mode de vie des Romains conquit la population, en particulier l’élite, désireuse de l’adopter, et peu après la pacification et la conquête, des citoyens romains, hommes d’affaires, négociants, vétérans de l’armée romaine, banquiers, artisans des villes italiennes, entre autres, s’établirent au-delà des Alpes.

Les Romains menèrent une politique d’intégration réussie car, pour asseoir leur autorité, ils procurèrent de multiples avantages aux notables indigènes mais toutefois sans changements abrupts lors du passage d’une civilisation à une autre.

Tout se déroula sans faire table rase du passé, mais plutôt par « the proof of the pudding is in the eating » ce qui signifie « Ce n’est qu’en essayant qu’il sera possible de juger » et l’effet de la civilisation du vainqueur et de ses valeurs fondamentales fut plus agréable à vivre non seulement pour l’élite, mais aussi pour le reste de la population dont nous ne savons cependant pas grand-chose. Et pour les esclaves, la romanisation ne constitua pas nécessairement une amélioration.

Les provinces romaines, 395 a. J.-Chr. Source: Marco Zanoli/Wikipedia

Les régions suisses

Le rythme et l’intensité de la romanisation dépendirent beaucoup de l’urbanisation et varièrent selon les régions suisses et les circonstances : le bassin lémanique et le Bas-Valais étaient davantage imprégnés de romanité que le nord-ouest du Plateau ou que les vallées alpines, restées plus longtemps attachées à leurs traditions – la culture gallo-romaine -, tandis que les colonies romaines, Colonia Julia Equestris, (Nyon), Aventicum (Avenches) et Augusta Raurica, (Augst), mais aussi le Tessin méridional, se révélaient plus romanisés que la Suisse nord-orientale, moins peuplée et restée à l’écart des grands axes de circulation.

Les notables adoptèrent rapidement les pratiques romaines et le développement des voies de communication permit à la fois une unification des diverses tribus du pays et favorisa l’intégration de celui-ci au reste du monde romain.

(Sources : J.-P. Felber, De l’Helvétie romaine à la suisse Romande (Genève 2006), R. Fellmann, Die Römer in der Schweiz (Stuttgart 1988), B. Debatty, « Les notables locaux dans les provinces gallo-romaines’ », dans G. Garidel (Ed.) Les Gallo-Romains, Les Cahiers de l’Antiquité (Louviers).

Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice.

Reconstruction du amphithéâtre d´Augusta Raurica

Le parc naturel de Beverin, ses Langues et ses cultures

Le parc naturel de Beverin (Naturpark Beverin), dans les Grisons, est un parc naturel régional d’importance nationale.  Le parc (412 m², 11 communes, a. 3 000 habitants) se compose de quatre vallées, de gorges profondes (entre autres la Viamalaschlucht et la Rofflaschlucht), de deux zones culturelles, historiques et linguistiques différentes (Walser et Romanches/Sutsilvan) et de voies de circulation romaines-médiévales.

Les communes autour du Piz Beverin (2 998 m.) préservent le précieux patrimoine naturel et culturel et le beau paysage. Des altitudes comprises entre 600 et 3200 m caractérisent la zone du parc. Cette différence d’altitude conduit à une grande variété de types de paysages et fournit un habitat à une grande variété d’espèces animales et végétales.

 

Le Capricorne abrite également cette région. La colonie de Safien-Rheinwald compte environ 350 animaux. L’exposition du Capricorne au Centre des Capricornes de Wergenstein présente le monde de la colonie et fournit des informations sur la vie du Capricorne.

 

La liaison la plus courte entre le lac de Constance au nord et la Lombardie au sud, le passage du col du Splügen, a longtemps été importante pour le commerce et le transport de marchandises.Les voies de circulation romaines et médiévales sont partiellement préservées.

 

La diversité culturelle du Parc naturel Beverin se manifeste dans l’apparence des villages, les habitats dispersés typiques, les espaces cultivés avec ménagement ainsi que les modes d’expression des Walser – qui s’y sont établis au XIIIème siècle – et des Rhéto-romanches de jadis. Les Walser ont laissé une empreinte indélébile dans le Safiental et dans quelques villages voisins, non seulement en ce qui concerne la langue, mais aussi dans l’architecture, les voies de communication et les formes d’agriculture.

 

Fürstenau. Photo: TES

Le sutsilvan, l’un des cinq idiomes de la langue romanche, est encore utilisé dans la région de Schamserberg, entre autres dans les villages d’Andeer, de Lohn, de Pignia et de Zillis, toutefois par la moitié de la population seulement, l’autre moitié vivant dans d’autres communes s’exprime en suisse allemand (Bündnerdialekt) ou dialecte Walser (Walserdialekt).

Aujourd’hui, environ 1500 habitants de cette région parlent encore le Sutsilvan, langue commune jusqu’au XIXème siècle.

(Source et plus d’informations : www.naturpark-beverin.ch)

Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice

L’un des fondateurs de la Suisse moderne

Ignaz Paul Vital Troxler (1780-1866), l’un des pères de la Constitution fédérale de 1848, naquit à Beromünster (canton de Lucerne).

En 1798-1799, il fut secrétaire du Statthalter, gouverneur, représentant du souverain dans les États allemands, de Lucerne, au service de la République Helvétique (1798-1803). En 1799, il entama ses études de médecine, de sciences naturelles et de philosophie à l’université d’Jéna (Allemagne).

Genève, le 25 septembre 2022, le référendum fakultatif.

En 1803, il obtint son doctorat sous la direction de Karl Himly (1772-1837), chirurgien et ophtalmologue à Göttingen (Allemagne). Cependant, ses principes républicains et libéraux ne furent guère appréciés après 1815.

L’influence d’Ignaz Troxler, grand homme politique de l’histoire suisse, fut fondamentale.  En 1847, deux tendances s’affrontaient, avec d’un côté ceux qui plaidaient pour un système centralisé avec un Parlement unique incarnant toute la Suisse et, de l’autre, les partisans d’une conception fédéraliste. Or, les fédéralistes trouvèrent en lui l’un de leurs plus importants porte-parole.

Selon Ignaz Troxler, la pensée politique des citoyens doit être reconnue et pour ce faire il y a lieu d’engager un dialogue critique constant avec eux et de leur laisser le dernier mot.

C’est ainsi qu’Ignaz Troxler a contribué à façonner la démocratie directe et le style politique suisse. Et sa pensée est aujourd’hui toujours d’actualité en Suisse.

Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice

L’héritage clunisien

En l’an 1000, l’abbaye de Cluny fut un important pouvoir religieux, artistique, économique et politique jusqu’au XIIIe siècle.

Le réseau européen a transcendé les frontières politiques et linguistiques et est devenu un modèle pour la société religieuse. Cluny a laissé un héritage immense et diversifié, réparti sur des centaines de lieux.

Ces lieux (culturels) sont situés aussi en Suisse romande. Les sites sont à Bassins, Bursins, Mollens, Montcherand, Payerne,Baulmes, Bevaix, Corcelles, Douanne-Ile Saint-Pierre, Villars-les-Moines, Romainmôtier, Rüeggisberg et Rougemont.

(Source et plus d’informations: La Fédération Européenne des Sites Clunisiens (FESC), www.sitesclunisiens.org).

Le festival Bibliotopia

La Fondation Michalski à Montricher (canton du Vaud) organise la 6ème édition du festival Bibliotopia, week-end des littératures autour du monde, qui se déroulera les 31 mars, 1er et 2 avril.

Quinze écrivains et écrivaines de tous horizons vous inviteront à cheminer sur les sentiers de l’incertitude, entre méandres de la technologie et remises en question des vérités reçues, crises climatiques et ombre des guerres, poids des secrets de famille et valeur de la mémoire.

Source et plus d’informations: Fondation Jan Michalski pour l’écriture et la littérature

Octophonia et les Habsbourg

En ce lieu singulier à Ottmarsheim, en Alsace (France), à vingt kilomètres de Bâle, fut fondée vers 1030-1045 l’abbatiale Saint-Pierre et Saint-Paul, joyau de l’architecture romane, par le comte Rodolphe d’Altenbourg, frère de Radbot, tous deux ancêtres des Habsbourg. Soutenu par les Habsbourg, l’abbaye de Murbach en Alsace devient aussi importante.

L’Abbaye de Murbach

Témoins de cet héritage européen, les archiducs Hertha Margarete et Sandor Habsbourg-Lorraine assistèrent le 15 juin 2019 sur le parvis de l’abbatiale à la cérémonie de dévoilement du monument « Flamme de la paix » dans le cadre du festival européen de chants et de lumières Octophonia.

L’abbaye de Ottmarsheim et son église romane

Le monde grandit grâce et à travers la musique. Elle favorise les relations au-delà des mots et rassemble alors que tant de choses divisent. Intergénérationnelle, la musique est source d’expériences corporelles, sensorielles, sociales car l’ardeur qu’elle déploie peut être partagée avec d’autres ; elle marque aussi les étapes de la vie émotionnelle et contribue à développer nos identités individuelles. C’est le message que diffuse Octophonia.

Par son plan centré octogonal, l’église Saint-Pierre et Saint-Paul, qui date de la première moitié du XIème siècle, est inspirée de la chapelle palatine d’Aix-la-Chapelle, basilique octogonale à coupole.

Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice.

L’église d’Ottmarsheim

L’industrie de la glace

C’est en 1879, sur les rives du lac Brenet, dans la Vallée de Joux (canton de Vaud), que furent construits des hangars de 14’000 m3, avec double paroi et isolation, pouvant contenir jusqu’à 5’000 tonnes de glace. Dès lors et jusqu’en 1942, la glace naturelle y était stockée en énormes quantités chaque hiver, pour être vendue dans les grandes villes de Suisse et de France durant l’été.

La glace, qui était utilisée pour conserver les aliments, était transportée, en train à partir de 1886, jusqu’aux brasseries et autres restaurants de Paris, Lyon, Dijon et même dans le sud de la France.

Le village du Pont, situé au bord du lac, était l’une des plus grandes fabriques de glace d’Europe et le centre de l’industrie suisse de la glace. Le travail était fait à la main, par un nombre d’employés impressionnant : entre janvier et février, plus de 130 ouvriers travaillaient sur les champs de glace et dans le grand entrepôt, sciant dans le lac des morceaux de glace d’un mètre de large, qui étaient ensuite stockés dans le hangar.

La guerre et la baisse du niveau du lac de plusieurs mètres en 1942 mirent fin à cette industrie, bien avant le boom des réfrigérateurs des années 1950.

L’hôtel de la Truite, au Pont, est le plus ancien établissement de ce type dans la vallée et est mentionné dès 1662. L’un de ses plus célèbres locataires fut Edgar Rochat (1845-1929), l’initiateur de l’industrie de la glace au Pont.

(Source: et photos: La Région. Le journal de Nord Vaudois du 25 février 2015; Rémy Rochat, Edgar Rochat & Cie au Pont, Vallée de Joux, Le Pèlerin, 1999).

Révision:Lars Kophal, journaliste et rédacteur