Atlas historique de la Suisse

L’ atlas parcourt trois millénaires de l’histoire de la Suisse et réunit plus de cent cartes regroupées en chapitres, avec de courts textes explicatifs.

Toute histoire nationale est une construction, mais celle de la Suisse l’est plus encore, puisque le pays est longtemps resté une alliance de cantons indépendants, qui individuellement ou en commun, contrôlaient des territoires aux statuts différents, concluaient des alliances et des traités entre cantons ou avec des territoires externes à l’alliance fédérale.

La Suisse est aussi un puzzle de langues, de cultures, de religions, d’économies, de statuts territoriaux qui s’imbriquent les uns dans les autres et qui évoluent au fil du temps.

Le présent atlas historique permettra à tout un chacun de comprendre l’histoire de la Suisse et ses nuances.

(F. Walther et M. Zanoli, Atlas historique de la Suisse, Neuchâtel, 2020)

Glovelier un franc village

Le Village est situé à l’extrémité ouest de la vallée de Delémont, à l’intersection d’anciennes voies de communication: Porrentruy-Bienne par Bellelay et Pierre-Pertuis et Delémont-La Chaux-de-Fonds.

Glovelier est l’un des treize francs villages de la vallée de Delémont, seigneurie de l’évêché de Bâle. La paroisse est déjà citée au XIIe siècle.  L’église Saint-Maurice fut rebâtie en 1923-1924.

De 1793 à 1815, Glovelier a appartenu à la France, dans le département du Mont-Terrible, puis dans celui du Haut-Rhin. À la suite d’une décision du Congrès de Vienne en 1815, la commune de Glovelier a été attribuée au Canton de Berne.

Depuis 1979, la commune fait partie du canton du Jura. Le 1er janvier 2013, la commune a fusionné pour former la nouvelle commune de Haute-Sorne.

(Source: Dictionnaire historique de la Suisse, François Kohler, version 02.07.2020).

La Salle de musique et la culture de La Chaux-de-Fonds

Les villes de Zurich, Lucerne, Genève et Bâle sont connues pour leurs belles salles de concert et/ou de spectacles récemment rénovées. La Salle de musique de la Chaux-de-Fonds (canton de Neuchâtel) où sont organisés des concerts et des évènements est toutefois moins connue tant en Suisse qu’à l’étranger.

Image: L’Espace de l´urbanisme horloger

Juste après la Seconde Guerre mondiale, la bourgeoisie de La Chaux-de-Fonds voulut démontrer que la métropole horlogère était aussi une métropole culturelle. Elle décida alors de construire une salle de concert.

 La Salle de musique fut inaugurée en juin 1955 et le résultat dépassa toutes les espérances. Avec ses boiseries en noyer assemblées grâce à des procédés de lutherie, la salle de 1187 places devint rapidement une référence mondiale en raison de son acoustique parfaite.

Des artistes de musique classique de renommée internationale comme Mstislav Rostropovitch ou Arthur Rubinstein s’y sont produits et les plus grandes maisons de disques l’utilisent depuis plus de 60 ans pour y effectuer des enregistrements de prestige.

La Société de Musique de La Chaux-de-Fonds, fondée il y a 130 ans, y donne régulièrement des concerts. Cependant, la Salle de musique n’est pas un lieu d’exception que pour la musique classique, elle a également été adoptée par les sociétés de la cité ouvrière qui l’utilisent depuis sa création pour des événements de portée locale ou régionale.

En effet, il est dans la tradition de la ville non seulement de convier dans cette salle les maestros de la musique mais aussi d’offrir un espace aux organisations des employés de l’industrie horlogère qui ont fait de cette ville, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2009, la capitale de l’horlogerie depuis le XVIIIème siècle.

Le Grand Temple et Maquette de Grand Temple (1794), Dépôt de M. Pierre Steinmann. © Collection du Musée international d’horlogerie, la Chaux-de-Fonds

La Salle de musique de La Chaux-de-Fonds, ville de près de 40 000 habitants, perchée à une altitude de plus de 1000 mètres, aujourd’hui un centre d’activité industrielle, contribue à étoffer une offre culturelle privilégiée.

C’est aussi le cas, par exemple, du Musée international d’horlogerie, impressionnant et intéressant, qui raconte le temps à travers les 4000 pièces exceptionnelles exposées : cadran solaire, horloge atomique, splendides montres et horloges, bijoux d’orfèvrerie et techniques scientifiques.

Le fascinant développement de l’industrie horlogère à partir des XVIIème et XVIIIème siècles en Suisse, à Genève, Neuchâtel, Le Locle, La Chaux-de-Fonds et dans d’autres lieux, est illustré avec justesse dans l’exposition Espace de l’urbanisme horloger, à la Chaux-de-Fonds.

Le Corbusier, la maison blanche

Mais la ville de La Chaux-de-Fonds est aussi le lieu de naissance et la source d’inspiration de l’architecte Charles-Edouard Jeanneret, dit Le Corbusier (1887-1965). Il fut l’élève de Charles L’Eplattenier (1874-1946). L’œuvre de Le Corbusier, est classée au patrimoine mondial de l’UNESCO sous le titre « L’œuvre architecturale et urbaine de le Corbusier, Allemagne, Argentine, Belgique, France, Japon et Suisse ».

L’architecture de la ville est un joyau de l’Art nouveau et du style Sapin, variante régionale de l’Art nouveau, de l’Art déco et du célèbre quadrillage symétrique. Après l’incendie dévastateur de 1794, la ville a été reconstruite et adaptée à l’industrie horlogère, ses ateliers, sa logistique, ses bureaux avec des logements de qualité pour les travailleurs.

Et avec le théâtre et l’opéra, La Chaux-de-Fonds dispose d’une offre artistique importante pour une ville relativement petite, du fait de l’engagement des horlogers locaux pour leur ville. Dès l’apogée de cette industrie au début au XIXème siècle, des citoyens ont généreusement soutenu des projets intégrant des dimensions culturelle et sociale.

Néanmoins, la ville connut des troubles sociaux et une lutte des classes entre les XIXème et XXème siècles. Cependant, un compromis, spécificité de la Suisse, est intervenu permettant d’y mettre un terme.

En 1848, la révolution contre le prince de Neuchâtel, Frédéric-Guillaume IV, roi de Prusse et dernier prince de Neuchâtel (1795-1861), trouva son origine à La Chaux-de-Fonds et au Locle et connut son épilogue le 1er mars 1848 lorsque la double appartenance, canton suisse et principauté prussienne prit fin. En 1857, le roi de Prusse renonça formellement à toute prétention sur Neuchâtel.

Non seulement La Chaux-de-Fonds, ville la plus haute d’Europe, est intéressante au niveau historique, architectural, culturel et social mais le massif du Jura offre aussi des paysages fantastiques, une faune et une flore particulièrement riches.

(Source et informations complémentaires : www.musiquecdf.ch ; www.j3l.ch).

Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice. 

Napoléon Bonaparte et la Suisse

Napoléon Bonaparte (1769-1821) mourut à Sainte-Hélène, île britannique située dans l’océan Atlantique Sud.

La Confédération suisse

A ce moment-là, la Confédération composée de vingt-deux cantons, existait depuis six ans et le Congrès de Vienne (1814-1815) décréta que la neutralité perpétuelle de la Suisse était dans l’intérêt des Etats européens et garantit l’intégrité des cantons. Les grandes puissances reconnurent la Suisse comme un Etat indépendant et neutre.

En 1798, année de l’invasion française, peu de gens auraient soupçonné une telle évolution de la Confédération des XIII cantons. En outre, la France avait déjà annexé une partie du territoire jurassien de l’Evêché de Bâle en 1792.

L’ancienne Confédération, jusqu’en 1798, n’utilisait formellement que l’allemand à l’exception du canton de Fribourg (Freiburg) dont les langues officielles étaient l’allemand et le français. Les cantons/territoires francophones, italophones et romanches ou bilingues n’étaient pas membres de l’ancienne Confédération.

La République des Grisons, la République de Genève, la République des Sept Dizains (Republik der sieben Zenden), Etat qui exista sur le territoire de l’actuel canton du Valais, et la Principauté de Neuchâtel qui devint propriété du roi de Prusse, furent indépendantes.

Les cantons de Vaud, Thurgovie et du Tessin furent des territoires occupés ayant le statut de territoires sujets. Le canton du Jura n’existait pas encore : il n’a été créé qu’en 1979.

1798-1815

Après 1798, rien ne resta pareil. Napoléon Bonaparte introduisit l’Etat unitaire de la République helvétique (1798-1803), organisée sur le modèle français : les cantons, privés d’organes législatifs et dirigés chacun par une Chambre administrative de cinq membres, ne furent plus que des unités administratives et judiciaires.

Les territoires sujets eurent les mêmes droits que leurs anciens dirigeants. Les langues italienne et française eurent le même statut que l’allemand.

Après l’Acte de médiation de Napoléon Bonaparte en 1803, la Suisse fut organisée selon une Confédération d’Etats. Chacun des dix-neuf cantons disposait de sa propre Constitution et beaucoup recouvrèrent leurs droits de souveraineté de l’époque antérieure à 1798.

L’allemand, le français et l’italien devinrent langues officielles et la reconnaissance formelle de l’égalité des langues fut proclamée. Ce fut aussi la naissance de six nouveaux cantons : Vaud, Argovie, Thurgovie, Saint-Gall, Grisons, Tessin.

Ces dispositions furent confirmées par le Pacte fédéral de 1815 et la Constitution fédérale de 1848.

En 1938, la population helvétique accepta d’amender la Constitution fédérale pour faire du romanche la quatrième langue nationale. Il faudra cependant attendre 1996 pour que le romanche atteigne, à l’instar de l’allemand, du français et de l’italien, un statut de langue officielle. (Voir le site Swiss Spectator du 12 avril 2021, Le romanche comme langue officielle).

Napoléon Bonaparte a joué un rôle essentiel dans la création de la Confédération actuelle en restructurant de force la Suisse, en rééquilibrant le poids de ses différentes composantes et en établissant l’égalité de droit entre les cantons et les anciens territoires sujets ou alliés, mais il n’en est pas le fondateur.

Les racines de la Confédération et Napoléon

Les racines de la Confédération suisse remontent aux XIIIème, XIVème et XVème siècles, sans dynastie dominante, ni aristocratie, avec des cantons souverains et une démocratie directe – selon les normes de l’époque – dans huit cantons (Confédération des VIII cantons entre 1332 et 1481).

Cette structure de petits Etats souverains, reliés par un réseau d’alliance, survécut aux guerres de religions, aux tensions du multiculturalisme, à des voisins puissants et belliqueux.

Les Confédérés et les cantons suisses infligèrent à Napoléon Bonaparte sa première défaite en 1802-1803, non pas sur le plan militaire, mais sur le plan politique.

Napoléon Bonaparte l’a dit lui-même après la dissolution de la République helvétique qu’il avait instaurée en 1803 : « D’heureux événements m’ont conduit à la tête du gouvernement français, et pourtant je suis dans l’incapacité de gouverner la Suisse ».

Sans ces structures, le cours de l’histoire aurait pu amener la Suisse à devenir une monarchie et un Etat unitaire.

Conclusion

Les Tessinois l’avait déjà dit en 1797: Liberi e Svizzeri et Edward Gibbon l’avait écrit en 1767: History of the Liberty of the Swiss, en français Introduction à l’Histoire générale de la République des Suisses. La traduction allemande, publiée à Zurich en 2015, s’intitule : Die Freiheit der Schweizer.

Ce n’est pas de la nostalgie, mais le fondement de cette société démocratique, multiculturelle, innovante et décentralisée, avec une approche ascendante (bottom up/du bas vers le haut). 

Savoir comment l’histoire se serait déroulée en Suisse sans la Révolution française, Napoléon Bonaparte et le Congrès de Vienne n’est aujourd’hui pas essentiel, malgré l’énorme influence exercée sur le pays par ces différents épisodes.

Un fait qui mérite d’être rappelé deux cents ans après la mort de Napoléon Bonaparte.

(Quelle: T. Kaestli (ed.), Nach Napoleon. Die Restauration, der Wiener Kongress und die Zukunft der Schweiz 1813-1815, Baden, 2016).

Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice.

Le Château de Soyhières

C’est vers 1102 qu’il est fait mention pour la première fois du nom du Château de Soyhières – village situé dans le canton du Jura – qui rappelle plutôt une origine alémanique, sous bien des orthographes différentes et souvent plus simples que celle d’aujourd’hui :  Sogern, puis Saaugern, enfin Soyhières.

Les comtes de Soyhières, premiers propriétaires du château, avaient une origine alsacienne et étaient les vassaux des comtes de Ferrette.

En 1271, le château fut vendu à l’évêque de Bâle Henri de Neuchâtel. Il fut en partie détruit par le tremblement de terre de 1356 qui dévasta aussi une grande partie de la ville de Bâle.

Le château passa ensuite aux mains de plusieurs seigneurs successifs dont Jean de Delle, Thiébaut de Neuchâtel, Jean et Pierre de Blamont, et Henri d’Asuel-Boncourt.

Il fut incendié par une troupe impériale durant les guerres de Souabe en 1499. Le château resta dans l’Evêché de Bâle jusqu’à la Révolution française en 1789.

En 1793, il fut vendu comme bien national à Jean-Georges Quiquerez, maire de Porrentruy. Son fils, Auguste Quiquerez, historien jurassien, y fit des travaux et y installa un « cabinet d’antiquité », ancêtre du Musée jurassien.

Après la mort de ce dernier, le château passa à sa fille, Augusta Quiquerez, puis à Charles Fleury, fermier du domaine.

Il est depuis 1920 la propriété de la Société des Amis du Château de Soyhières qui y aménagea en particulier une magnifique salle des chevaliers.

En 1957, un corps de bâtiment, comprenant trois salles superposées et un grenier, fut rebâti ainsi qu’un petit oratoire. Ce château est aujourd’hui constamment entretenu.

(Source et plus d’informations : www.soyhieres.ch).

Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice.

St. Chrischona et Bettingen

L’église de Saint Chrischona sur le Dinkelsberg (commune de Bettingen, canton de Bâle-Ville) est dédiée à Saint Chrischona.

Bettingen

Selon la légende (Legenda Aurea), Chrischona et ses deux sœurs ont survécu au voyage d’Ursula et de 11 000 vierges vers Cologne. Chrischona est morte sur le site de l’église. Ses restes ont été enterrés dans l’église en 1506. La première église a été construite au septième siècle.

L’église actuelle date du XVe siècle et est restée un lieu de pèlerinage jusqu’à la Réforme. Aujourd’hui, l’église fait partie du campus de Chrischona. L’église est située sur le point le plus élevé du canton (522 mètres) et offre une vue magnifique sur le Rhin, Bâle, les Alpes, le Jura et les contreforts sud de la Forêt-Noire.

(Source et plus ‘d informations: www.chrischona-campus.ch; les communes de Riehen et Bettingen)

Chrischona