Disponible en néerlandais, anglais et allemand.
Auteur/autrice : Maarten Koning
La Villa Patumbah et Sumatra
Carl Fürchtegott Grob-Zundel (1830-1893) fit construire la Villa Patumbah, chef-d’œuvre de l’historicisme, dans le quartier de Seefeld, à Zurich en 1883-1885.
Le parc, espace vert municipal ouvert toute l’année durant au public, a été dessiné en 1890-1891 par l’architecte paysagiste Evariste Mertens.
Conçu dans le style de jardin à l’anglaise, qui allie au paysage naturel des éléments géométriques ornementaux, il est agrémenté d’un bassin avec une fontaine, d’un parterre de fleurs, de sculptures et d’un pavillon. De 1911 à 1976, la Villa Patumbah fut une résidence pour personnes âgées.

La Villa Patumbah abrite aujourd’hui la première Maison du patrimoine en Suisse (Heimatschutzzentrum). Elle organise des expositions consacrées à la culture architecturale sous trois angles différents : les modifications du paysage, le patrimoine historique et la pratique artisanale.
L’exposition temporaire « De Patumbah à Sumatra » présente les origines de l’extraordinaire Villa Patumbha et aborde les relations de Carl Fürchtegott Grob-Zundel avec l’ancienne colonie néerlandaise. Les textes des expositions sont disponibles en allemand, français, italien et anglais.
La Villa Patumbah porte le nom d’une plantation de tabac, à Sumatra où Carl Fürchtegott Grob-Zundel a fait fortune en tant que propriétaire de plantations. L’exposition montre aussi l’implication des Suisses dans l’histoire coloniale.
(Source et plus d´informations: www.heimatschutzzentrum.ch).
Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice.
L’abbaye de tous-les-saints
Disponible en anglais, allemand et néerlandais.
Le jardin chinois de Zurich
Disponible en néerlandais, anglais et allemand.
Cinq siècles de patrimoine horloger
Le Patek Philippe Museum de Genève, inauguré en novembre 2001, réunit aujourd’hui l’une des plus importantes et prestigieuses collections horlogères au monde.
En quelque 2500 montres, automates, objets précieux et portraits miniatures sur émail, il propose un voyage à travers cinq siècles d’art horloger genevois, suisse et européen, ainsi qu’un panorama très complet de la production de Patek Philippe depuis 1839.
Le musée n’est pas seulement consacré à une marque, il permet aussi de découvrir un patrimoine horloger de précisément 500 ans, ainsi qu’un reflet de tous les arts décoratifs traditionnellement liés à l’horlogerie, comme, par exemple, la gravure, l’émaillage, le sertissage, le guillochage.
Ses collections s’articulent en effet autour de deux volets : un voyage à travers l’histoire de la montre mécanique portative, des origines – du XVIème siècle au début du XIXème siècle – et un tour d’horizon des plus belles créations de Patek Philippe de 1839 à 2000.
Une bibliothèque de plus de 8000 livres est consacrée à l’horlogerie et aux branches annexes.
(Source et plus d´informations : www.patek.com/museum).
Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice.
L’art roman d’Alsace
L’Alsace a développé un art roman spécifique. Il est différent de celui des régions voisines, toutefois l’Alsace est toujours restée ouverte aux influences extérieures. Elle s’est tout naturellement inscrite dans l’espace rhénan mais, située au carrefour des mondes latins et germaniques, elle s’est aussi enrichie de multiples courants historiques et culturels qui tous ont laissé leur empreinte.
Après le partage de l’empire carolingien en 843 par le traité de Verdun, la région fut d’abord rattachée à la Lotharingie avant d’être intégrée au royaume germanique qui s’érigea rapidement en Saint-Empire romain germanique. Aux derniers carolingiens succédèrent les Ottoniens (919-1024) puis les Saliens (1024-1125) et les Hohenstaufen (1125-1250).
Le premier art roman d’Alsace, celui du XIème siècle, correspond à la fin de la renaissance ottonienne. Cette période médiévale débuta dès 950 dans le Saint-Empire romain germanique mais ne se manifesta en Alsace que 50 ans plus tard, à l’époque de la dynastie salienne.
L’art roman alsacien témoigne d’une architecture de tradition carolingienne, par exemple, à Ottmarsheim, Epfig, Saint-Ulrich d’Avolsheim, Dompeter, Altenstadt et Hohatzenheim.
Le XIIème siècle et le premier quart du XIIIème siècle correspondent à l’Age d’Or de l’art roman en Alsace. Cette apogée de l’art roman s’harmonise avec l’ascension de la lignée des Hohenstaufen – et plus spécifiquement le règne de Frédéric 1er dit Barberousse (1122-1190) – et des ducs de Souabes et d’Alsace qui devinrent empereurs du Saint-Empire romain germanique en 1138.
La Route Romane d’Alsace dévoile ce patrimoine alsacien. A travers plaines, vignobles et montagnes, l’itinéraire touristique parcourt l’ensemble du territoire régional à la découverte de plus de 120 sites.
Cette route permet d’apprécier combien l’Alsace romane a cultivé son originalité tout en demeurant profondément ouverte aux échanges avec les autres foyers artistiques tels que la Bourgogne, la Suisse, la Lombardie, la Lorraine, la Franche-Comté et la Vallée du Rhin.
(Source et plus d’informations : www.route-romane-alsace.fr)
Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice.
Le Parc naturel régional de Schaffhouse.
Au total quinze communes de la région de Schaffhouse, soit treize communes du canton et deux communes d’Allemagne, Jestetten et Lottstetten, ont uni leurs forces : ensemble, ils ont créé le Parc naturel régional de Schaffhouse (Regionaler Naturpark Schaffhausen).
Les collines, les vastes vignobles et zones agricoles, les forêts, les villages typiques et le Rhin offrent à la région un paysage de rêve et une diversité unique.

C’est le premier parc naturel transfrontalier de Suisse.
Pendant la Réforme, le parc fut un refuge pour la communauté anabaptiste, massivement persécutée aux XVIème et XVIIème siècles.
(Source et informations complémentaires : www.naturpark-schaffhausen.ch).





Eurêka à Zurich
Créée par Jean Tinguely (1925-1991) en 1964 pour l’exposition nationale suisse, Eurêka est une sculpture cinétique de grande taille construite avec des barres de fer, des roues en acier ainsi que des poêles et des tuyaux en métal.
Son titre ne manque pas d’ironie, car la sculpture est une machine inutile. Les machines sculptures de Tinguely, qui trouvent écho partout dans le monde, sont une métaphore de la société industrielle et de consommation, s’épuisant par leur rythme frénétique et pourtant finissant dans l’absurde.
Eurêka fut la première œuvre publique de Tinguely. La machine fonctionne toujours trois fois par jour pendant 8 minutes.
(Source et plus d’informations: www.zuerich.com).
L’association Regio Basiliensis
2023 sera une année anniversaire pour l’association Regio Basiliensis: depuis sa fondation en 1963, celle-ci s’engage pour une meilleure mise en réseau des régions du Rhin supérieur. L’association était en avance sur son temps avec un tel partenariat transfrontalier – une raison de plus de fêter dignement ses soixante ans d’existence!
Avec ses quelque 400 membres, Regio Basiliensis n’est pas seulement une pionnière de la coopération transfrontalière, elle se distingue également par son cadre politique et institutionnel.
Celui-ci se traduit par la Conférence du Rhin supérieur (Oberrheinkonferenz), le Conseil Rhénan (Oberrheinrat) et la Commission Intergouvernementale (Regierungskommission) allemande, française et suisse (pour plus d’informations : www.regbas.ch).
Assemblée générale
Le 3 mai, l’association s’est réunie pour sa 59ème assemblée générale à Bad Bellingen (Bade-Wurtemberg). Au cours de cette réunion, les participants ont longuement discuté de la numérisation, de l’intégration du marché du travail, de l’harmonisation et de la reconnaissance mutuelle des formations, ainsi que de l’évolution démographique de la région du Rhin supérieur.
La pandémie de coronavirus a montré l’importance d’une coopération étroite entre les régions transfrontalières. Le maintien et l’amélioration de l’attractivité de la région du Rhin supérieur en dépendent.
Points d’action
Une étude de l’association, lancée en collaboration avec l’Institut de recherche et de conseil en économie BAK Economics AG (das Schweizer Wirtschaftsforschungs- und Beratungsinstitut BAK Economics AG) a servi de base à la table ronde et à la discussion. Ce rapport, consacré au marché du travail dans la région du Rhin supérieur (Arbeitsmarkt am Oberrhein), est la dernière d’une série de trois études.
En particulier, la reconnaissance mutuelle des diplômes et la coordination des programmes de formation, la préparation à l’ère numérique, le développement des compétences linguistiques, les projets permettant aux habitants et surtout aux jeunes de travailler au-delà des frontières, ainsi que des transports publics de qualité, apparaissent comme les thèmes les plus importants – ceci également au vu des problèmes potentiels liés au manque croissant de main-d’œuvre, au changement climatique et à l’évolution démographique.
Différences entre les régions
Les régions suivantes du Rhin supérieur étaient représentées : l’Alsace, le Pays de Bade, la partie sud de la Rhénanie-Palatinat (Palatinat du Sud) et la Suisse du Nord-Ouest. Des régions qui se distinguent par leur développement industriel et économique, l’innovation et la recherche, le chômage, la numérisation et la (future) pénurie de main-d’œuvre.
La Suisse du Nord-Ouest (cantons de Soleure, d’Argovie, de Bâle-Ville, de Bâle-Campagne et du Jura) compte environ 1,5 million d’habitants; l’Alsace 1,8 million, le Pays de Bade 2,5 millions et le Palatinat du Sud environ 0,3 million, soit une population totale de plus de 6,1 millions d’habitants.
La Suisse du Nord-Ouest apparaît comme le moteur de l’emploi et le champion régional des brevets, de la croissance économique, de l’innovation et de la croissance des revenus – suivie de près par le Pays de Bade.
Conclusion
L’étude et les axes de l’association soulignent la valeur ajoutée que représente la région du Rhin supérieur. En même temps, les nombreuses inégalités qui subsistent au sein même de cette région montrent clairement que la réalité reste souvent plus tenace que les idéaux d’une unité indifférenciée.
Au niveau micro, la Suisse est déjà une sorte d’Union européenne, et cela est d’autant plus vrai pour la région du Rhin supérieur. La politique traditionnellement pragmatique de la Confédération, ainsi que les points d’action concrets et la méthode de travail de la Regio Basiliensis, démontrent qu’une approche ascendante est la plus efficace pour identifier les possibilités, mais aussi, analyser et tenter de résoudre les problèmes que rencontrent les citoyens et les entreprises.
(Source : www.regbas.ch ; Bak Economics AG, Arbeitsmarkt am Oberrhein, Regio Basiliensis (éditeur), Basel 2022).
La Savoie, Chambéry, la Suisse et le dernier roi italien
Qui ne connaît pas les ducs de Bourgogne ? Les guerres de Bourgogne opposèrent de de 1474 à 1477 l’ Etat bourguignon, déjà en guerre contre le royaume de France, à la Confédération suisse et au duché de Lorraine, alliés de Louis XI (1423-1483).
Le dernier duc de Bourgogne, Charles le Téméraire, (1433-1477) perdit à Grandson (canton Vaud), en 1476, le bien, sa fortune matérielle, à Morat (canton de Fribourg), en 1476, le courage, à la suite de la destruction de son armée et à Nancy (France), en 1477, sa vie.

Chambéry
La Savoie
Une autre dynastie de cette région, le duché de Savoie, est moins connue mais joua un rôle politique plus important que celui des ducs de Bourgogne et durant une période plus longue. Le nom de la Savoie est dérivé de Sapaudia. Ce terme latin, issu de la culture gallo-romaine du IVème siècle, qui signifie littéralement « pays des sapins », est à l’origine du nom moderne Savoie.
Jusqu’au XVème siècle et au début du XVIème siècle, le territoire du duché s’étendit des actuels départements de Haute-Savoie et de Savoie en France, du Pays de Vaud et du Bas-Valais en Suisse jusqu’au Piémont, à la vallée d’Aoste et à Turin en Italie. Chambéry (France) devint la résidence des ducs, la capitale et le siège du gouvernement jusqu’en 1563.
Au XVIIème siècle, le duché de Savoie étendit son territoire jusqu’au comté de Nice. Dès 1563, Turin fut la résidence des ducs et la nouvelle capitale du duché de Savoie.


Abbaye d’Hautecombe sur le lac du Bourget. Depuis le XIIe siècle, c’est la dernière demeure de la dynastie savoyarde. Le dernier roi italien Umberto II (1904-1983), descendant direct de la famille, y a également été inhumé en 1983, ainsi que son épouse Marie-Josée de Belgique (1906-2001) en 2001.
La Savoie et les pays voisins
Au XVIème siècle les comtes et les ducs étaient en conflit quasi permanent avec le roi de France, les cantons occidentaux de la Confédération – surtout Berne – la ville de Genève et les sept dizains du Haut-Valais.
Les évêques de Genève et de Sion soutenaient la Savoie. Au XVème siècle, les ducs de Bourgogne furent les alliés « naturels » de la Savoie contre le roi de France, la Confédération suisse et la ville de Genève.
La défaite des Bourguignons en 1476 et 1477 marqua le début de la fin de la présence savoyarde sur le territoire de la Suisse actuelle. Les Confédérés – surtout Berne et Fribourg – conquirent le Pays de Vaud en 1536. Et le Haut-Valais occupa le Bas-Valais.
Cette situation dura jusqu’à l’invasion française et la formation de la République helvétique (1798-1803). En 1803, le canton de Vaud entra dans la Confédération suisse qui redevint une Confédération d’Etats (1803-1813).
Le Bas-Valais fusionna avec le Haut-Valais pour former l’Etat du Valais (1802-1810), qui devint le département du Simplon, département français de Suisse, rattaché à la France par Napoléon 1er (1810-1813). En 1815 le canton du Valais adhéra à la Confédération suisse.

Champvent (canton du Vaud), carré savoyard
Le patrimoine culturel et politique
De nombreux châteaux, monastères, abbayes et villes de Suisse témoignent de la présence de la Maison de Savoie. Les châteaux de Morges, de Rolle, de Romont, d’Yverdon-les-Bains, de Champvent, de Chillon, par exemple, ont été construits selon le style « carré savoyard ».
Cette dynastie exceptionnelle, qui fut l’une des grandes dynasties d’Europe, dura plus longtemps que les Habsbourg d’Autriche, empire qui fut dissous en 1918.
Les descendants des comtes de Savoie (1029-1416) et des ducs de Savoie (1416-1713) furent rois de Sicile, de Sardaigne, de Savoie et du Piémont, avec le titre de rois de Piémont-Sardaigne (1713-1860) et de rois d’Italie (1860-1946).
Le 23 avril 1861, après la dissolution du royaume de Piémont-Sardaigne suite à la création du Royaume d’Italie en 1860, les Savoyards approuvèrent par un vote leur rattachement à l’Empire français de Napoléon III.
Bien que la Savoie ne puisse pas rivaliser avec la splendeur et la culture des ducs de Bourgogne, son château médiéval, sa belle chapelle gothique, ses monastères et ses églises, sa cathédrale, ses palais urbains et les rues de Chambéry, héritées de l’époque médiévale et les nombreuses œuvres d’art exposées au Musée Savoisien donnent un aperçu de son riche patrimoine culturel.
(Source : Thérèse et Jean-Pierre Leguay, La Savoie, Rennes, 2014)
Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice

Chambéry
