Le monastère d’Ittingen, les trois lacs et Nussbaumen

Le monastère d’Ittingen a été fondé au XIIème siècle. Jusqu’en 1461, il s’agissait d’un monastère d’Augustins. En 1461, l’ordre des Chartreux en fait l’acquisition. Le canton de Thurgovie, fondé en 1803, l’a dissous en 1848. Ses bâtiments et tous ses biens ont été vendus à des particuliers.

En 1977, la fondation Kartause Ittingen a été créée. Aujourd’hui, le monastère est un centre culturel avec des musées, des salles de séminaires et d’évènements ainsi qu’un hôtel.

Région des trois lacs

Mais ce que les moines du XIlème siècle ne savaient pas, ou ne pouvaient pas savoir, c’est la présence de villages datant de l’époque préhistorique à proximité. Bien que la Thurgovie ne soit pas connue pour ses lacs, ce canton possède également un « Pays des Trois-Lacs« , dans la vallée du Seebach (Seebachtal).

La vallée du Seebach, avec les lacs de Hüttwil, de Hasensee et de Nussbaumen, est peuplée de chasseurs et de pêcheurs depuis le mésolithique (9500-5500 av. J.-C.). Avec le lac de Constance, la région est la plus ancienne zone habitée du canton.

 

Le niveau d’eau des lacs de Hütttwil, de Hasensee et de Nussbaumen était beaucoup plus bas en 3800 av. J.-C. À cette époque, la petite île (Inseli) du lac de Nussbaumen était également habitée. Avec la montée du niveau de l’eau, cet habitat a été inondé, mais de nombreux objets (céramique, os, bois et même des textiles) ont été retrouvés en bon état et sont exposés au musée archéologique de Frauenfeld.

La presqu’île (Halbinsel) de Horn, au bord du lac de Nussbaumen, était encore habitée à la fin de l’âge du bronze (vers 850 av. J.-C.). Lorsque le lac a continué à monter, ce village d’une centaine de maisons a lui aussi été inondé. Les maisons en bois, d’une superficie d’environ 25 m², étaient petites par rapport aux normes actuelles. De nombreux objets ont également été découverts sur ce site archéologique après que le niveau de l’eau a été abaissé en 1943 afin de gagner plus de surface agricole.

Un troisième village, datant de l’âge du fer (800-100 av. J.-C.), a ensuite été découvert le long du lac. Ce village a été abandonné vers 635 av. J.-C., mais n’a pas encore fait l’objet de recherches archéologiques.

De l’âge de fer au Moyen Âge et jusqu’au XIXe siècle, il semble y avoir un sacré pas, mais dans cette Région des Trois-Lacs, les siècles se côtoient. La villa romaine de Hüttwilen-Stutheien (IIIème siècle), la chapelle Saint-Léonard de Nussbaumen (XIème siècle), les ruines du château de Helfenberg (XIIème siècle), le château de Steinegg (XIIIème siècle, transformé en château néo-Renaissance au XIXème siècle) et la chapelle Saint-Sébastien de Buch datant du XVème siècle sont accessibles à pied.

Karl Peterli (1897-1975), la villa romaine de Hüttwilen-Stutheien, 1928, Collection: musée archéologique de Frauenfeld 

Nussbaumen, Chapelle Saint-Léonard

Les ruines du château de Helfenberg

Château de  Steinegg

Buch, chapelle Saint-Sébastien

Le paysage

Même si l’homme a beaucoup construit depuis les temps préhistoriques, la nature est toujours d’une beauté inaltérée sur les rives des trois lacs, dans les forêts et les vallées.

 

Nussbaumen

Le village de Nussbaumen mérite une attention particulière. La première mention du village remonte à l’année 857 sous le nom de Nuzpouma. Le monastère de St. Gall a acquis le village au XIIème siècle. Le château de Steinegg porte le nom de la famille qui a ensuite administré le village pendant des siècles.

Le Säntis n’est pas le seul à accompagner le village en permanence, il y a aussi une chapelle vieille de plus de 1000 ans, dédiée à saint Léonard, qui avait été abandonnée en 1524 à cause de la Réforme, mais qui a ensuite été rénovée.

En 1460, les Confédérés ont conquis la Thurgovie sur les Habsbourg. La région a ensuite été administrée en tant que territoire soumis jusqu’en 1798, notamment par la famille Steinegg en tant que baillis. Zurich l’a acquise en 1583 et l’a administrée jusqu’à la fondation de la République helvétique (1798-1803). À partir de 1803 (Acte de médiation), le village fait partie du canton de Thurgovie. Nussbaumen raconte, en bref, l’histoire du canton.

Le Club Alpin Suisse

Le Club Alpin Suisse (CAS) organise régulièrement des randonnées dans cette région et dans d’autres belles contrées du pays.

(Source et informations complémentaires : www.sac-cas.ch)

(Source et plus d’informations: Gemeinde Hüttwilen; Thurgau-Bodensee)

Du bout de ses doigts à Neuchâtel

Le duo Gabriella Iacono et Grégory Grosjean traverse – du bout de ses doigts – la renaissance comme le hip-hop, le ballet, le rock, les comédies musicales et nous fait aussi (re)découvrir Pina Bausch et Anne Teresa De Keersmaeker,  une danse défile, de Broadway à Paris, de Bruxelles à Harlem.

Filmée en direct sur grand écran avec mille détails délicats et une infinie précision, cette épopée nous immerge dans la poésie de l’infiniment petit par l’action merveilleuse de la main.

(Source et plus d’informations: Association Danse Neuchâtel, ADN)

La grandeur du Vieux Rhin et de Rheineck

La création du Vieux Rhin (der Alte Rhein) a été le résultat de la Régulation internationale du Rhin (Internationale Rheinregulierung, IRR) entre la Suisse et la double monarchie austro-hongroise en 1892.

Le Vieux Rhin

Ce traité est toujours en vigueur et a pour objectif de prévenir les inondations dans le bassin rhénan de Saint-Gall (Suisse) et du Vorarlberg (Autriche). Le bureau de l’IRR se trouve encore à St. Margrethen (canton de St. Gall).

Des inondations se produisaient régulièrement et la construction de digues de part et d’autre du Rhin, c’est-à-dire le long de la frontière autrichienne, liechtensteinoise et suisse, n’était pas une solution appropriée. La construction de deux canaux latéraux, le canal de Werdenberg et le canal intérieur de la vallée du Rhin, n’a pas non plus suffi à empêcher les inondations.

Image: Tschubby/Wikipedia

Bien que ces canaux aient recueilli l’eau de dizaines de ruisseaux, le bassin du Rhin était partiellement inondé tous les trois ans dans de vastes zones allant de Sargans au lac de Constance.

En 1906, la première canalisation du Rhin était achevée. Près de St. Margrethen, le Rhin a été dévié d’environ 8 kilomètres vers la droite. Cela a eu pour conséquence que le village de Höchst (Vorarlberg) se trouvait à gauche de la rive du Rhin.

La situation inverse se présente à Diepoldsau (canton de Saint-Gall), qui se trouve depuis lors sur la rive droite du Rhin suite à une canalisation ultérieure. Avec la majeure partie du canton de Schaffhouse, une petite partie du canton de Zurich ainsi que les communes de Riehen et Bettingen et le Petit-Bâle dans la ville de Bâle, c’est la seule région de Suisse située sur la rive droite du (vieux) Rhin.

Le Vieux Rhin doit son existence à cette intervention et il est resté la frontière entre l’Autriche et la Suisse. Le Vieux Rhin se jette toujours dans le lac de Constance, bien qu’il ait perdu beaucoup de sa grandeur.

Néanmoins, ses rives offrent toujours le spectacle d’un âge d’or. Pendant des siècles, la ville de Rheineck (canton de St. Gall) a été la ville d’entreposage et de transport de Coire en aval vers Schaffhouse et en amont via le lac de Constance.

Artiste inconnu. De Rheineck à Feldkirch et Hohenems, 1750. Collection: Ville de Rheineck

Artiste inconnu. De Rheineck à Schaffhouse, 1700, à gauche deux radeaux en bois. Collection: Ville de Rheineck

A partir de 1291, le Rhin était ce qu’on appelait une voie impériale libre (Freie Reichsstrasse), librement accessible à la navigation. De Coire, 400 à parfois 1 200 radeaux en bois partaient chaque année vers Rheineck, transportant entre autres du vin, des textiles et du riz. En amont, les bateaux partaient de Rheineck pour rejoindre Feldkirch et Hohenems.

La ville avait des droits de ville depuis 1276 et était même, jusqu’à la régulation du Rhin, le port rhénan le plus élevé avec un terrain pour les bateaux.

Les ruines du château, l’église, plusieurs maisons monumentales de marchands et des peintures témoignent de cette période de prospérité. Le sel de Salzbourg et la route nord-sud étaient à la base du commerce et de la prospérité.

L’église St. Jacob (St. Jakobskirche).

Rheineck, le Löwenhof (1746)

(Source: Bureau Internationale Rheinregulierung et la ville de Rheineck).

Le château de Wartenfels et l’évêque qui n’est pas venu

La région des cantons de Bâle-Campagne, Soleure et Argovie présente la plus forte densité de châteaux (médiévaux) et de ruines de châteaux en Europe. Cette région a longtemps été le siège, entre autres, des dynasties des Habsbourg, des Thengen, des Wartenfels, des Frohburg, des Thierstein, des Falkenstein, des Kyburg ou des Neuburg et de leurs nombreux châteaux.

Le château de Wartenfels, près du village de Lostorf (canton de Soleure), remonte lui aussi à plusieurs siècles. Les premières fondations remontent au XIIIème  siècle. L’histoire de la construction, longue de 800 ans, a naturellement donné lieu à un intérieur complexe et à de multiples facettes.

Le château a connu de nombreux propriétaires. Mais ce n’est qu’entre 1500 et 1800 que le château a pris sa forme actuelle. Trois familles ont dominé cette période, les Von Bubenhofen de Berne et les Greder et Grimm de Soleure. Elles ont reconstruit le château pour en faire ce qu’il est encore aujourd’hui. Le jardin baroque à la française date également de cette époque.

Les deux derniers propriétaires ont modernisé et rénové le château avec respect au cours du XXème siècle. L’entrepreneur bâlois George Meidinger (1867-1933) a acquis le château en 1918. Lui et ses successeurs, le professeur de droit romain Johannes Georg Fuchs (1925-1990) et son épouse Ursula Katharina-Friedrich (1923-1998), qui a vécu au château jusqu’à sa mort, ont laissé le Wartenfels dans son état actuel.

Lustre et armoiries de la famille Grimm-Gibelin, 1750

Décorations du 17ème siècle

Depuis 1999, le château est à nouveau ouvert au public. Il est géré par la fondation Schloss Warenfels avec le soutien de l’association (Verein) Freunde Schloss Wartenfels.

La cave de Slot Wartenfels (Cabernet Jura, Regent, Pinot Noir pour le vin rouge, Johanniter et Seyval Blanc pour le vin blanc

La richesse de l’histoire, la situation sur le versant du Dottenberg dans le Jura, le jardin et la viticulture, mais aussi l’intérieur sont aussi colorés que les vignes à l’automne. Les meubles et l’ameublement reflètent en partie la situation du 18e siècle.

Bien entendu, la chapelle ne manque pas dans un  château de Soleure. L’autel présente le retable d’une Vierge noire, une copie de la Mère de Dieu noire du XIIème siècle dans l’église du monastère de Montserrat à Barcelone.

L’inspiration est probablement venue lors d’une escale à Barcelone d’un de Greders, qui était au service militaire du roi de France. Soleure a été la résidence de l’ambassade de France auprès de la Confédération de 1530 à 1792, et les Greder étaient au service militaire du roi de France.

Les familles Greder et Grimm et le Balois Johannes Georg Fuchs appartenaient au patriciat.  Cependant, ils ne pouvaient pas tout organiser. Bien qu’ils aient réservé une chambre pour l’évêque de Bâle à la chapelle, celui-ci n’a, à la connaissance actuelle, jamais passé la nuit à Wartenfels.

Le Club Alpin Suisse

Le Club Alpin Suisse (CAS) organise régulièrement des randonnées dans cette région et dans d’autres belles contrées du pays.

(Source et informations complémentaires : www.sac-cas.ch)

(Source et plus d’informations: Stiftung Schloss Wartenfels; K. Zaugg, Schloss Wartenfels bei Lostorf, Gesellschaft für schweizerische Kunstgeschichte GSK, Bern 2014).

Tapisserie (XVIIe siècle), armoiries de la famille Greder, avec les deux cygnes, les deux pattes de cygne et la fleur de lys du roi de France

Tapisserie dans le hall du château avec le « Traumschloss » de Paul Guggelmann (1929-2022). Cet artiste a réalisé plusieurs œuvres sur et pour le château. Il est à l’origine du Prix Pro Wartenfels.

Œuvres de Paul Guggelmann

 

Lostorf et Bad Lostorf

Les îles de Brissago et le jardin botanique

Les îles de Brissago (Isole di Brissago), situées sur le lac Majeur (Lago Maggiore) près de Brissago et Ascona, sont uniques en leur genre. Les racines du jardin botanique exotique remontent à 1885, lorsqu’Antoinette de Saint Léger (1856-1948) et son mari, l’aristocrate irlandais Richard Fleming, ont acheté les îles.

Sur la plus grande île, l’Isola Grande, ils firent construire une maison sur les vestiges d’un monastère et aménagèrent un jardin. Ils y plantèrent des espèces rares et subtropicales du monde entier.

En 1927, l’homme d’affaires allemand Max Emden (1874-1940) acheta les îles. La maison fut remplacée par un palais. La villa Emden est composée des matériaux les plus nobles, du marbre blanc de Carrare au sol en marqueterie florentine. Max Emden a également conservé, agrandi et entretenu le jardin.

En 1949, le canton du Tessin (50%) et les communes d’Ascona (25%) et de Brissago et Ronco (25%) ont acquis les îles, la villa et le jardin botanique. Depuis 2020, le canton du Tessin est le seul propriétaire.

Avec ses 2 000 espèces de plantes subtropicales, le jardin botanique constitue un cas unique en Suisse. Sur les îles règne un climat subtropical et des espèces de plantes d’Asie, d’Australie et de Nouvelle-Zélande, d’Afrique du Sud, d’Amérique du Sud et centrale et de la région méditerranéenne s’y épanouissent.

Le jardin romain et le bain romain

En outre, un lieu montre le monde d’il y a 300 millions d’années, c’est-à-dire sans arbres, fruits ni fleurs. On peut y observer des fossiles encore vivants. Le jardin romain et le bain romain font également partie des particularités de l’île.

Le jardin est aujourd’hui une institution scientifique. La gestion du jardin botanique est conforme aux critères scientifiques du Botanic Gardens Conservation International et le jardin est membre de l’Association suisse des jardins botaniques et des collections de plantes (Hortus Botanicus Helveticus).

(Source et informations complémentaires : Iles de Brissago ; G. Maspoli, ‘Il Parco botanico delle isole di Brissago’in GSK, Art + Architecture en Suisse, Jardins botaniques, Berne, 2019, n° 3).

Révison: Lars Kophal, rédacteur et journaliste

      

 

Bosco Gurin et les Walser

Les habitants du canton du Tessin parlent italien. Tous les habitants ? Environ 70 descendants de Walser germanophones vivent dans le village de Bosco Gurin depuis 1244. Le village est mentionné pour la première fois dans des documents en 1253. Les habitants parlent principalement le dialecte allemand Ggurijnartitsch (Gurinerdeutsch).

Bosco Gurin est également le village le plus élevé du canton (1506 m) et se trouve dans une vallée latérale du Maggiagal, à l’extrémité de la Kantonsstrasse. Malgré plusieurs avalanches dévastatrices, notamment en 1695 et 1749, le village possède encore un certain nombre de maisons Walser authentiques datant de plusieurs siècles, des greniers à grains, des étables et des entrepôts à foin (Gabumdschi).

Le musée Walserhaus présente la culture et le mode de vie des Walser en Gurinerdeutsch, en italien et en Hochdeutsch. L’environnement de vie et de travail des Walser et leur émigration aux XIIIème et XIVème siècles depuis le Piémont et le Valais sont également abordés. Installé dans une maison d’habitation datant de 1386, le musée est l’un des plus anciens complexes conservés en Suisse.

En face du musée, l’organisation Pro Specie Rara gère depuis 2006 un jardin avec des cultures (en partie oubliées), des herbes et des plantes que les Walser cultivaient pour leur consommation.

L’église, dédiée aux saints Jacques et Christophe, date de 1253. Elle a subi plusieurs modifications jusqu’en 1945, mais plusieurs détails authentiques ont été conservés, notamment des fresques du XVIIème siècle.

La procession des saints patrons de l’église et de Saint Théodore, également patron du canton du Valais, a lieu chaque année le 25 juillet.

(Source et plus d’informations: Comune Bosco Gurin)

Le Jubilé de la Regio Basiliensis et sa coopération internationale

La Suisse n’est pas seulement au centre de l’Europe ; elle a toujours été étroitement liée culturellement, économiquement, religieusement, socialement et scientifiquement aux régions qui l’entourent.

Pas moins de 15 des 26 cantons suisses, la moitié de sa population et deux de ses trois plus grandes villes (Bâle et Genève) sont frontaliers avec d’autres pays (Allemagne, Autriche, Liechtenstein, Italie et France). 70 % des échanges bilatéraux de marchandises entre l’Union européenne et la Suisse proviennent de ces régions.

373 000 personnes se rendent quotidiennement dans ces cantons pour y travailler, sans compter les centaines de milliers de personnes qui ont un permis de travail et de séjour permanent en Suisse.

Les cantons frontaliers et la densité de population. Image : Regio Basiliensis (légende)

C’est ce qu’a souligné la Regio Basiliensis lors de la conférence des régions frontalières suisses (Konferenz der Schweizer Grenzregionen), le 20 octobre dernier, à l’occasion de son 60e anniversaire.

Des relations centenaires sont aujourd’hui à la base de la coopération régionale et des échanges entre les cantons et leurs régions voisines. La conférence, qui a réuni plus de 230 participants des cantons et des invités d’Allemagne, du Liechtenstein, d’Autriche, d’Italie et de France, a évoqué les 60 dernières années et s’est tournée vers l’avenir.

Les cantons

Même entre les cantons, il existe parfois des différences en matière de langue, de culture, d’économie, de fiscalité et d’éducation. Néanmoins, au fil des siècles et surtout après 1848, la coopération, les échanges et un modus vivendi se sont développés entre les cantons.

Les régions

En ce qui concerne les régions étrangères, le processus s’est déroulé plutôt dans le sens inverse : jusqu’à la formation des États-nations au XIXe siècle, la coopération, les échanges et les contacts étaient évidents.

L’Union européenne

La situation a radicalement changé après 1815, les guerres mondiales de 1914 et 1945 ayant constitué des points particulièrement bas. La coopération européenne, qui n’avait jamais complètement disparu, a commencé à reprendre de la vigueur après la création de la Communauté européenne du charbon et de l’acier (1952) puis de la Communauté économique européenne (1957), avec l’aide de la garantie de sécurité de l’OTAN et du Plan Marshall des États-Unis.

Les États démocratiques en Europe en sont le résultat. L’Union européenne actuelle (1993) a joué un rôle important dans cette évolution. L’Union européenne est essentiellement un processus d’intégration, de coopération et même de fusion des pays dans de nombreux domaines (bien qu’on ne l’appelle pas ainsi). Comme toute coopération, intégration ou fusion, elle obéit à une loi d’augmentation et de diminution des gains au fur et à mesure qu’elle se développe.

Les différences politiques, fiscales, culturelles et sociales entre les pays sont parfois si importantes que les risques d’absence de décision, ou pire, de mauvaise décision ou de mauvais compromis, augmentent également.

Cela vaut, par exemple, non seulement pour les projets scientifiques et la recherche, la migration ou la politique climatique, mais aussi pour la démocratie, le système judiciaire, le parlement et le pouvoir exécutif (le gouvernement ou la Commission européenne).

En outre, il existe encore de nombreuses barrières et différences entre les régions des pays, ce qui est en soi une indication de la complexité de la coopération au niveau de l’Union européenne et des grandes différences entre ses membres.

Regio Basiliensis

Une organisation fédérale, basée sur la subsidiarité, offre la meilleure garantie d’une coopération efficace entre les pays et d’une démocratie fonctionnelle pour l’Union européenne à long terme.

La Suisse et ses 26 cantons en sont un exemple, mais aussi certains projets régionaux, comme la Regio Basiliensis. Lors de la conférence, l’attention s’est portée non seulement sur les (nombreuses) réussites de cette coopération régionale, mais aussi sur les goulets d’étranglement actuels.

Au niveau politique le plus élevé, il s’agit bien sûr de la relation entre la Suisse et l’Union européenne et de la participation des cantons au processus décisionnel fédéral. Au niveau micro, cependant, il s’agit des préoccupations quotidiennes liées aux déplacements transfrontaliers, à l’éducation, à la fiscalité, à la recherche, aux réseaux numériques, à la logistique ou, par exemple, aux mesures environnementales.

Conclusion

La Cour de justice de l’Union européenne est parfois qualifiée de « moteur de l’intégration européenne » (ce qui invite à la prudence s’agissant d’une institution non élue). La Régio Basiliensis, l’une des plus anciennes organisations dans son domaine, est  sans doute un moteur de la coopération régionale.

(Source et plus d’informations: Regio Basiliensis)

Révision: Lars Kophal, rédacteur et journaliste

Lausanne, une ville cosmopolite d’art, d’histoire et de Pierre de Coubertin

Les premières traces d’occupation humaine à Lausanne remontent à environ 6 000 à 8 000 ans. Aux alentours de 4000 av. J.-C., des communautés s’établissent sur les rives du lac Léman et fondent des villages lacustres. Toutefois, entre 1000 et 800 av. J.-C., l’attrait du site diminue. Ce n’est qu’avec l’arrivée des Gallo-Romains que la région connaît un nouvel essor.

En l’an 15 av. J.-C., les populations celtes établies dans la région de Lausanne passent sous la domination romaine. C’est à cette époque que les Romains fondent le vicus  (oppidum) de Lousonna (nom celtique).

Image: Musée Historique de Lausanne

La ville accueille rapidement plus de 1’500 habitants. Un port facilite les échanges commerciaux lacustres. À la fin du Ier siècle après J.-C., le dynamisme de Lousonna se traduit par la présence d’un théâtre, d’un forum avec une basilique et un temple. La population quitte massivement le lac au cours du IVe siècle pour se réfugier sur la colline de la Cité.

Le château de l’évêque 

L’évêque s’installe dans la cité à la fin du VIe siècle. Soutenu par les rois de Bourgogne (888-1032), l’évêque – prince de l’Empire dès 1032 – renforce son pouvoir temporel. Au XIIe siècle, le lac est au cœur de l’activité marchande régionale grâce au port d’Ouchy.

Le château d’Ouchy 

Au XIIIe siècle, Lausanne connaît un véritable essor démographique, avec près de 9 000 habitants. Cette période marque l’apogée de la cité, illustrée par la consécration de sa cathédrale gothique en 1275.

Berne investit le pays de Vaud en 1536. Au XVIIIe siècle, les familles les plus favorisées de Lausanne mènent une vie de salon et participent à l’esprit cosmopolite autour des philosophes et écrivains comme Voltaire (1694-1778), Edward Gibbon (1737-1794) et Samuel Auguste Tissot (1728-1797).

David Buttet (1587-1657), Lausanna Civitas Equestris, 1638. Image: Musée Historique de Lausanne

S’ensuit la proclamation du 24 janvier 1798, qui, en instaurant l’éphémère République lémanique, marque la fin de l’ancien régime. Le canton de Vaud voit le jour en 1803, à la suite de l’Acte de Médiation.

Image: la cathédrale de Lausanne

Le développement urbain de Lausanne est intense dès le début du XXe siècle. Le premier gratte-ciel de Suisse est construit à Bel Air (1931).

Le parc Mon-Repos

L’Hermitage

Aujourd’hui, la ville compte 140 000 habitants et offre de nombreuses attractions, notamment une vue imprenable sur les Alpes et le lac Léman, Plateforme 10, Palais de Rumine, Musée Romain de Lausanne-Vidy ainsi que plusieurs parcs magnifiques, dont l’Hermitage et son musée, le parc Sauvabelin, le parc de l’Élysée, le parc Olympique, le Jardin botanique, le parc Mon-Repos, le parc Louis Bourget et le parc Denantou.

Le lac de Sauvabelin

Siège du Comité international olympique depuis 1915, Lausanne reçoit le titre de capitale olympique en 1993. Lausanne est également le siège du Tribunal fédéral et l’ EPFL.

La Maison olympique

(Source et plus d’informations: www.lausanne-tourisme.ch).

Impressions de la Ville

La cathédrale de Lausanne

Image: Musée Historique de Lausanne

Grand Hotel Beau-Rivage Palace

Esplanade de Montbenon

La Belgique reconnaisante témoigne de l’action de la femme lausannoise Mary Widmer-Curtat (1860-1947). Le 1er octobre 1915 à l’initiative de Mary, se constitua le Comité suisse de secours aux réfugiés belges 

Le Jardin botanique

 

            

Cimetière du Bois-de-Vaux