La Lia Rumantscha 1919-2019

La Lia Rumantscha (Ligue romanche), l’organisation faîtière de toutes les associations linguistiques et culturelles romanches, a été fondée le 26 octobre 1919 à Coire (canton des Grisons).

La Lia Rumantscha soutient, promeut et coordonne les projets en faveur de la langue et de la culture romanches des associations romanches régionales, des fédérations suprarégionales et des organisations romanches hors de la région romanophone.

Ses domaines d’activité sont très variés, avec un accent particulier sur les thèmes suivants : politique (notamment fusions de communes), formation (école romanche de demain, formation des adultes), langue (promotion de la langue parlée et écrite, langue standardisée rumantsch grischun et dialectes) et culture (promotion d’artistes rétho-romanches, livres pour enfants et adolescents).

Ainsi, la Lia Rumantscha œuvre pour le maintien et le développement de la langue et de la culture romanches en famille, à l’école, à l’église et dans la vie publique. Et elle représente les intérêts romanches dans les secteurs les plus divers de la vie politique et sociale.

Le rumantsch grischun, forme unifiée et standardisée de la langue romanche, a été créé et introduit par la Lia Rumantscha en 1982.

Langue de compromis, le rumantsch grischun a été instauré à partir du plus grand dénominateur commun aux trois principaux idiomes écrits (sursilvan, surmiran, vallader), sans négliger pour autant les plus petits (sutsilvan et putèr). Ont été ciblées la simplification et l’intercompréhension de tous les idiomes mais en respectant autant que possible leurs particularités.

(Source et pour plus d’informations : www liarumantscha.ch).

Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice.

La quatrième minorité et le Ticinocentrismo

La Suisse est un pays quadrilingue (allemand, français, italien et romanche). Il y a cependant une autre minorité, la quatrième minorité.

Il s’agit des italophones du canton des Grisons, officiellement trilingue (romanche, allemand et italien) et qui compte au total 200’000 habitants. Les germanophones, au nombre de presque 128’000, y sont majoritaires. Et environ 60’000 personnes parlent aujourd’hui le romanche dans une région située au centre, au sud et au sud-est du canton des Grisons.

La minorité italienne de 25’000 personnes vit dans quatre vallées : Val Poschiavo/Puschlav, Val Bregaglia/Bergell, Val Mesolcina/Misox et Val Calanca.

Les italophones de ces vallées se considèrent comme une minorité italienne de la minorité italienne du Tessin.

La langue allemande prédomine dans l’administration cantonale et le romanche n’a plus sa place dans les régions germanophones.

L’association Pro Grigioni Italiano (Pgi), fondée en 1918, qui a pour but le maintien, la promotion de la langue italienne, la culture dans les Grisons et dans la Confédération et la défense de la minorité dans la minorité, affirme que les italophones sont défavorisés au niveau fédéral, même s’ils parlent d’autres langues.

De plus, le développement d’une conscience identitaire commune, d’une solidarité entre les italophones du Tessin (un peu plus de 352 000 habitants) et ceux des Grison fut long et difficile : le Ticinocentrismo. Ce n’est qu’à partir du XXème siècle qu’ils instaurèrent lentement des formes de collaboration plus étroites. Résider au Tessin offre de meilleurs atouts au niveau fédéral que vivre dans l’une des quatre vallées italophones des Grisons.

La solidarité entre les francophones et les italophones – la solidarité latine – est également restreinte. Ainsi, dans les Grisons, pour tracer son chemin, l’allemand reste indispensable.

Le débat était d’actualité suite à l’aboutissement de l’initiative cantonale « Une seule langue étrangère à l’école primaire », en plus de l’allemand, du romanche ou de l’italien, selon la langue parlée dans la commune où l’élève est scolarisé.

Par la suite, un recours a été interjeté à l’encontre de cette initiative auprès du Tribunal fédéral (Bundesgericht) qui a finalement jugé que le texte pouvait se prêter à une interprétation conforme à la Constitution fédérale.

Ainsi, appelés aux urnes pour se déterminer à ce sujet, les citoyens grisons ont rejeté l’initiative par 65,19 % des voix : les élèves de primaire continueront donc d’apprendre deux langues étrangères.

La plupart des écoles germanophones optent pour l’anglais, alors que la plupart des écoles italophones préfèrent l’allemand à l’anglais.

La question linguistique est d’ordre culturel et un petit pays comme la Suisse montre les limites de l’intégration européenne dans cette perspective également.

Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice.

Le modèle biennois

La coexistence de quatre langues nationales est une caractéristique fondamentale de la Suisse. Contrairement à ses voisins, elle tire son identité non pas d’une, mais de plusieurs langues : il s’agit en grande partie d’un plurilinguisme territorial. L’interpénétration linguistique n’est vécue quotidiennement qu’aux frontières linguistiques.

Bienne/Biel se distingue par son bilinguisme consensuel. Le français et l’allemand sont sur un pied d’égalité, aucune des deux langues n’a la prépondérance, les deux groupes linguistiques acceptent et respectent la langue de l’autre.

Il ressort d’une étude menée sur le bilinguisme à Bienne et à Fribourg qu’à Bienne la coexistence des langues est vécue de façon exemplaire. Et Bienne n’est pas seulement « une petite Suisse ». En effet, de par sa manière d’aborder le plurilinguisme, cette ville pourrait également créer une émulation en Suisse.

Le principe du « modèle biennois » dont on parle depuis 1980 est le suivant : la langue de communication est déterminée par la personne qui engage la conversation.

Que la langue choisie soit le français ou l’allemand, l’interlocuteur s’adapte, même s’il ne connaît pas parfaitement l’autre langue.

Réalisée par le Centre Dürrenmatt Neuchâtel, en collaboration avec le Forum Helveticum et avec le soutien du Centre de dialectologie et d’étude du français régional de l’Université de Neuchâtel, du Forum du bilinguisme, de l’Osservatorio linguistico della Svizzera italiana et du Schweizerischer Verein für die deutsche Sprache, l’exposition itinérante «Helvétismes – Spécialités linguistiques» a été présentée avec succès à Neuchâtel.

De fin 2019 à fin 2022, le Forum Helveticum et le Forum du bilinguisme s’associent pour porter l’exposition sur l’ensemble du territoire suisse en collaboration avec diverses institutions d’accueil.

(Source : www.lebendige-traditionen.ch)

Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice.

L’européanisation de la Suisse

L’Europe

L’Europe est un nom donné par les Grecs à un continent qui s’étend de l’Oural à l’est à l’Irlande à l’ouest (l’Islande se situe en Europe plus au nord-ouest que l’Irlande mais n’a pas adhéré à l’UE), et de la Scandinavie au nord à l’Italie au sud.

Les sociétés, les cultures et les langues du continent ont toujours été très différentes. Les Grecs et les Romains furent les premières civilisations à introduire la culture urbaine, écrite et dite « la haute culture ».

L’origine

Ses origines se situent au Moyen-Orient, dans la région entourant l’Iran, l’Irak, l’Égypte et la Méditerranée. Avant l’arrivée des Romains et des Grecs, l’Europe était un monde de chasse et d’agriculture.

Le Moyen Age

Après la chute de l’Empire romain (occidental) en 476, l’Europe ne sera plus jamais la même. L’Empire byzantin, appelé aussi l’Empire grec a maintenu vivante l’idée d’une Europe unie et constitua la continuation directe de l’Empire romain.

L’Europe latine a été caractérisée par une fragmentation politique, un déclin marqué du paysage urbain et la perte de la culture romaine écrite. Une élite d’aristocrates (et d’évêques) dominait la population, surtout des paysans.

Ils ont cultivé un réseau de loyauté et d’alliances qui ont servi de base aux relations de pouvoir politique. Cependant, la nouvelle classe du clergé, des moines, des évêques et des papes constituait une innovation.

Le patrimoine culturel

Tous fonctionnaient au sein d’un réseau d’institutions (abbayes bénédictines, monastères, églises, diocèses) avec le premier évêque de Rome comme successeur religieux des empereurs romains séculiers.

La réputation de Rome était, elle aussi, toute nouvelle. Les abbés, les évêques et le Pape deviendront un facteur séculier, économique, social et militaire de plus en plus important.

Le patrimoine culturel de l’Europe latine était un mélange de culture germano-franconienne et romaine, la culture latine étant la langue franque (lingua franca) de la science et de l’église et un réseau (rudimentaire) de routes, villes et réseaux commerciaux.

L’Europe latine

L’Europe latine du début du Moyen Âge (environ 400-800) était caractérisée par une faible mobilité régionale transfrontalière, bien que les réseaux commerciaux n’aient jamais complètement disparu (les commerçants frisons (païens) et scandinaves (païens), dans le nord, par exemple, et les réseaux commerciaux en Suisse, en Allemagne du Sud, en France et dans la Méditerranée).

L’Empire carolingien

L’Empire carolingien (IXème siècle) et le Saint-Empire romain (Xème-XIIème siècles) ont ouvert la voie à une société européenne intensément dynamique, y compris les territoires conquis à l’est du continent et la christianisation des peuples scandinaves aux Xème et XIème siècles.

XIIème – XIVème siècles

A partir du XIIème siècle, la population augmente rapidement, l’urbanisation et la commercialisation restructurent la vie économique et sociale, les instruments bancaires et financiers sont introduits et avec ça les crises financières.

Avec la découverte de manuscrits anciens, le mode de pensée a changé, des universités ont été créées, le système juridique s’est développé (avocats, juges, fonction et rôle de la juridiction), les représentations (Conseil des Etats, Parlement), la bureaucratie, les finances, le commerce international et les réseaux des XIIIème et XIVème siècles.

Il y avait un patrimoine culturel commun, l’art (roman, gothique), l’église, l’architecture et l’utilisation du latin ne sont que quelques exemples de cette européanisation de l’Europe.

La Suisse

La Suisse n’est pas différente des autres régions européennes. En Suisse, il y avait de nombreuses unités politiques. Les familles nobles et leur domination (Habsbourg, Kybourg, Savoie, Zähringen et de nombreux dirigeants locaux) ont disparu en trois siècles (de la fin du XIIIème siècle au début du XVIème siècle) et les citoyens des villes et des municipalités souveraines  (Landsgemeinde) étaient les principaux acteurs politiques.

La Suisse se trouvait au cœur de l’Europe latine. Il fallut des siècles après les premières alliances plus étendues aux XIIIème et XIVème siècles pour qu’en 1848, la Suisse devienne un Etat fédéral avec une Constitution, une monnaie, une politique étrangère et une armée, mais toujours avec trois, puis quatre langues, des cultures, des religions et des traditions, sans compter les nombreuses différences locales précisément sur le plan culturel.

On pourrait dire que la Suisse est européanisée et que cette unité politique montre aussi les limites de l’idée d’un continent européen politiquement, économiquement et monétairement uni.

(Source: R. Bartlett, The Making of Europe. Conquest, Colonization and Cultural Change 950-1350 (Londres 1993).

Un ancien état fédéral

La Suisse est le deuxième plus ancien Etat fédéral après les Etats-Unis. La constitution fédérale de 1848 est étroitement inspirée de celle des Etats-Unis (rédigée en 1787).

Les Cantons

Les cantons (le peuple masculin) ont décidé en 1848 de céder une partie de leur souveraineté au gouvernement fédéral.

La plupart des cantons ont une histoire qui remonte au Moyen Âge et au début du XIXe siècle. Seul le Jura (1979) a été créé au XXe siècle. Il y a 26 cantons aujourd’hui.

Les cantons de Genève, Vaud, Jura et Neuchâtel sont francophones, Berne, Valais, Fribourg sont bilingues, le Tessin (Ticino) est italophone, les Grisons compte trois langues officielles (allemand, romanche, italien) et l’Argovie, Bâle-Ville, Bâle-Campagne, Zurich, Schaffhouse, Thurgovie, Appenzell Rhodes-Extérieures et Appenzell Rhodes-Intérieures, Saint-Gall, Nidwald, Uri, Glaris, Lucerne, Obwald, Zoug, Schwyz et Soleure sont germanophones.

La carte religieuse est beaucoup plus compliquée et les divisions entre catholiques et protestants ne sont pas liées à la différenciation linguistique.

Les catholiques constituent la principale communauté confessionnelle, suivis des protestants. Les deux communautés religieuses sont reconnues de droit public, excepté dans les cantons de Genève et Neuchâtel, qui sont laïcs.

Dans les autres cantons un traitement préférentiel est donné à une Eglise (catholique chrétienne, catholique romaine, évangélique réformée).

Il y a six demi-cantons. Obwald et Nidwald, l’Appenzell protestant des Rhodes-Extérieures et l’Appenzell catholique des Rhodes-Intérieures (1597) et Bâle-Ville et Bâle-Campagne (1833). Ces cantons n’ont qu’un seul siège au Conseil d’États au lieu de deux.

Les 26 cantons ont un degré élevé d’indépendance. Chaque canton a sa propre constitution et son propre parlement, gouvernement et ses propres tribunaux.

La démocratie directe sur la place publique (Landsgemeinde) existe toujours en Appenzell Rhodes-Intérieures et à Glaris. Dans les autres cantons, le vote s’effectue – de nos jours – par correspondance, par dépôt dans une boîte ad hoc installée auprès des autorités ou à l’urne.

Au niveau local, il y a environ 2 200 municipalités, les plus petites unités politiques du pays.  Le degré d’autonomie des communes est déterminé par les différents cantons et varie d’un endroit à l’autre.

Comment peut-on gouverner un pays aussi divisé ? Le secret n’est pas seulement l’élection directe tous les quatre ans des 200 membres du Conseil fédéral et des 46 membres du Conseil des Etats.

Décentralisation, démocratie directe et Confédération

La réponse est la décentralisation, la démocratie directe, la reconnaissance constitutionnelle des langues, des cultures et la transparence des débats publics, favorisée par le système des référendums et des initiatives populaires.

Ce concept conduit à la bonne gouvernance, à la légitimation des décisions et à la participation des citoyens.

La Suisse est un pays multiculturel qui compte environ 8 400 000 habitants, dont 20 % d’étrangers.

Un bon système d’éducation, une société civile et un système juridique bien développé, une longue tradition démocratique, l’absence d’un pouvoir politique central dominant et un système social, monétaire et économique solide sont les bases de son succès.

Le pays n’est ni à l’abri ni exclu des défis (mondiaux et européens), mais ses citoyens sont toujours là pour contrôler et (re)vérifier les décisions prises par les dirigeants fédéraux, cantonaux et locaux et leurs folies, la corruption et les systèmes de patronage et clientélisme.

(Source : La Confédération en bref, Berne 2015).

Tarasp

En 1803, à la suite de l’Acte de Médiation, Napoléon Bonaparte céda le village de Tarasp au nouveau canton des Grisons.

Auparavant, la région fut la propriété de la Maison des Habsbourg. Après la Réforme, Tarasp et ses hameaux sont restés catholiques.

Les célèbres sources minérales Lucius, Emerita, Sfondraz, Bonifacius et Carola contribuèrent à la prospérité du canton des Grisons à partir des années 1860.

Les grands hôtels tels que le Kurhaus Tarasp, le Schweizerhof et le Waldhaus – qui brûla en 1989 suite à un acte intentionnel, semble-t-il – ont été édifiés entre 1864 et 1910, tout comme les autres hôtels du canton des Grisons.

Tarasp a de nombreux atouts dont un magnifique domaine skiable, un impressionnant château de 1040 qui domine la région et la maison des artistes (Künstlerhaus), située dans les bains publics de l’ancien hôtel thermal Scuol-Tarasp (espace fournit par la Fondation Nairs), où travaillent et vivent chaque mois jusqu’à dix artistes : musiciens, compositeurs, écrivains, danseurs et scientifiques du monde entier.

De plus, le Parc national suisse, situé à Zernez est l’un des premiers parcs nationaux créés en Europe. Offrant plus de 100 km de sentiers, c’est un paradis pour les randonneurs qui peuvent cheminer entre 1400 et 3200 mètres d’altitude.

(Source et Plus d’informations : www.tarasp.ch).

Le rêve du Grand Riom Palace

L’hôtel Waldhaus à Sils-Maria (canton des Grisons) a été ouvert en été 1908. De nombreux hôtels – qu’il est encore possible d’apprécier aujourd’hui – ont été construits dans de petites villages de quelques centaines d’habitants.

En revanche, les échecs et les rêves jamais réalisés sont indéniablement moins connus. Or, dans le petit village grison de Riom se tient à la villa Carisch l’exposition « Riom 1903 ».

On peut y voir la maquette et les plans de ce qu’aurait dû être le Grand Riom Palace, somptueux hôtel, qu’envisagea de construire Charles Laurent Carisch (1882-1914).

En visitant Riom aujourd’hui, il est difficile d’imaginer un palace dans ce petit village des Alpes suisses. Pourtant, Saint-Moritz, Sils ou Davos furent des villages analogues à celui de Riom avant l’expansion du tourisme.

Charles Laurent Carisch, visionnaire et fortuné, avait tout mit en œuvre pour que son rêve devienne réalité. Puis, éclata la Première Guerre mondiale au cours de laquelle, soldat français, il périt. Son glorieux projet hôtelier ne vit donc jamais le jour.

(Plus d’informations : www.origen.ch).

Aquae Helveticae ou la ville de Baden

Le vicus romain Aquae Helveticae, plus tard la ville de Baden (canton d’Argovie), doit son importance, d’une part, à sa situation stratégique et politique favorable et, d’autre part, à la Limmat, rivière qui servit de voie de transport, mais surtout à ses sources thermales, exploitées près de deux mille ans avant celles des Grisons.

L’origine du nom de Baden est étroitement liée à l’installation du camp de légionnaires à Vindonissa (Windisch) vers 15 après J.-C. Lors d’une expansion vers l’an 30 après J.-C., des thermes furent ajoutés.

Le Landvogteischloss (littéralement le château du gouverneur) est un petit château situé sur la rive droite de la Limmat. Jusqu’en 1798, il était le siège et la résidence du gouvernement fédéral de Baden.

Aujourd’hui, ce château, complété par une annexe élégante, abrite le musée historique de Baden et les archives de la ville. Y sont organisées des expositions sur l’évolution de la ville de Baden depuis les Romains jusqu’à nos jours. L’accent est porté sur l’influence des thermes et de l’industrie.

De plus, des découvertes archéologiques témoignent de la vie et des activités des premiers habitants de la région.

Ainsi, on peut y admirer des céramiques grecques, des poteries et des céramiques en terre sigillée (terra sigillata), des peintures murales, des jalons, des statues en bronze, des sculptures, des objets religieux, des monnaies, de l’artisanat, des mosaïques ainsi que de nombreuses autres antiquités et découvrir l’histoire médiévale.

(Source, H.W. Doppler, Der römische Vicus Aqua Helveticae Baden, Baden, 1976).

Savognin, la vallée de Surses et le Parc Ela

Le village de Savognin (dans le canton des Grisons) fut mentionné pour la première fois en 1154 sous le nom de Sueningin dans un document du monastère Saint-Lucius, à Coire.

Savognin, vieux village montagnard des Grisons, est situé dans la haute vallée de Surses entre le village de Tiefencastel et les cols du Julier et du Septimer – des fouilles archéologiques témoignent de l’utilisation de ces cols à l’époque romaine – et dans la région du Parc Ela, le plus grand parc naturel régional de Suisse qui propose une nature intacte, des villages romans authentiques et une culture vivante.

Le village de Savognin resta catholique lors de la Réforme protestante vers 1520 et fut même l’un des bastions de la Contre-Réforme.

Un pont de pierre à deux arches, orné d’un édicule abritant une Vierge, franchissant la rivière la Julia qui coule au milieu du village de Savognin, fut construit vers 1682 à l’initiative des capucins.

Les capucins y érigèrent aussi l’église paroissiale Notre-Dame de l’Immaculée Conception, dont les murs et voûtes sont entièrement recouverts de peintures représentant des scènes et des symboles inspirés de la vie de la Vierge, datant d’environ 1660 ainsi qu’un hospice.

Avec les églises de Saint-Michel et de Saint-Martin, Savognin possède trois églises qui sont des chefs-d’œuvre baroques.

Oberhalbstein est une vallée du canton des Grisons qui se trouve sur la commune de Surses. Cette région abrite non seulement de nombreux trésors d’arts d’importance nationale comme, par exemple, l’église Saint-Pierre à Mistail qui date de l’époque carolingienne, mais constituait déjà autrefois une voie de transit.

En effet, le col du Julier, à 2 284 mètres d’altitude, est l’un des passages alpins les plus importants depuis, au moins, l’époque romaine. Deux colonnes romaines qui bordent la route en sont les témoins silencieux.

Le col de Septimer, l’une des principales et plus attrayantes route de transit des Grisons, existait déjà à l’époque romaine d’après des vestiges découverts lors de fouilles archéologiques.

En effet, la route du col du Septimer va de Bivio dans le Val Bregaglia puis continue jusqu’en Italie, alors que les routes col du Julier et du col de la Majola mènent d’une région à l’autre du canton.

Après l’inauguration du col du Splügen et du col du Gothard au XIIIe siècle, les cols du Septimer et du Julier furent moins fréquentés.

Avec l’essor du tourisme et l’élargissement de la « route supérieure » au XIXe siècle, le col du Julier et ainsi la vallée d’Oberhalbstein gagnèrent à nouveau en importance.

De Coire, de nombreuses diligences passèrent par ce col pour se rendre en Haute-Engadine et le Post Hotel Löwe à Mulegns servit d’escale.

Cependant, avec l’ouverture du premier tunnel du Saint-Gothard en 1882 et la ligne ferroviaire de l’Albula en 1903, la route du col du Julier perdit de son importance.

A cela s’ajoute le fait que le canton des Grisons fut le dernier canton à autoriser la circulation motorisée sur ses routes jusqu’en 1925.

C’est seulement après la dixième votation populaire que les voitures ont été autorisées à circuler sur les routes grisonnes. Cette situation ne fut pas sans conséquences pour la région qui se trouvait alors hors des circuits commerciaux et touristiques.

Ainsi, jusqu’à l’essor du tourisme de masse, la vallée d’Oberhalbstein fut laissée de côté. La situation changea à partir de 1960.

Depuis Tiefencastel qui se situe à proximité du monastère carolingien de Mistail, en passant par Crap – où s’élève un rocher de 60 mètres dans lequel une faille divise la dalle jusqu’au pied et forme presque tout en haut un trou de 2 mètres – on arrive dans le magnifique parc Ela, le plus grand par naturel de Suisse, au cœur d’un paysage diversifié entourant les cols alpins de l’Albula, du Julier et du Septimer.

Marmorera

La route du col du Julier mène via Savognin et Rona, à Mulegns et au réservoir de Marmorera. Le village de Marmorea fut inondé en 1954 lors de la construction du barrage, puis fut reconstruit au-dessus du lac artificiel de Marmorera, nouvellement créé.

Cependant, de nombreux habitants ont préféré partir pour des raisons économiques et/ou émotionnelles.

Bivio constitue le point de départ pour le col du Julier. Au Moyen-Âge, Bivio s’appelait Stabulum Bivi0 (l’écurie à la croisée des chemins). Avec raison car à cet endroit s’offre à nous le choix entre le col du Septimer, le col du Julier ou le col du Stallerberg.

Bivio est au carrefour de trois cultures et langues : les Walser germanophones d’Avers, les habitants italophones du Val Bregaglia et la population romanche.

La commune de Bivio est la seule commune du versant nord des Alpes dont l’italien est la langue officielle. On y parle également l’allemand et le romanche et, de ce fait, Bivio baigne probablement dans le mélange linguistique le plus extraordinaire de toute l’Europe.

Bivio a fusionné avec les communes romanches du Val Bregaglia : Cunter, Marmorera, Mulegns, Riom-Parzons, Salouf, Savognin, Sur et Tinizong-Rona. La nouvelle commune, Surses, compte environ 2 500 habitants. Le col du Julier est la porte d’entrée de la Haute-Engadine.

(Source et plus d’informations: www.valsurses.ch)