Un ancien état fédéral
14 avril 2019
La Suisse est le deuxième plus ancien Etat fédéral après les Etats-Unis. La constitution fédérale de 1848 est étroitement inspirée de celle des Etats-Unis (rédigée en 1787).
Les Cantons
Les cantons (le peuple masculin) ont décidé en 1848 de céder une partie de leur souveraineté au gouvernement fédéral.
La plupart des cantons ont une histoire qui remonte au Moyen Âge et au début du XIXe siècle. Seul le Jura (1979) a été créé au XXe siècle. Il y a 26 cantons aujourd’hui.
Les cantons de Genève, Vaud, Jura et Neuchâtel sont francophones, Berne, Valais, Fribourg sont bilingues, le Tessin (Ticino) est italophone, les Grisons compte trois langues officielles (allemand, romanche, italien) et l’Argovie, Bâle-Ville, Bâle-Campagne, Zurich, Schaffhouse, Thurgovie, Appenzell Rhodes-Extérieures et Appenzell Rhodes-Intérieures, Saint-Gall, Nidwald, Uri, Glaris, Lucerne, Obwald, Zoug, Schwyz et Soleure sont germanophones.
La carte religieuse est beaucoup plus compliquée et les divisions entre catholiques et protestants ne sont pas liées à la différenciation linguistique.
Les catholiques constituent la principale communauté confessionnelle, suivis des protestants. Les deux communautés religieuses sont reconnues de droit public, excepté dans les cantons de Genève et Neuchâtel, qui sont laïcs.
Dans les autres cantons un traitement préférentiel est donné à une Eglise (catholique chrétienne, catholique romaine, évangélique réformée).
Il y a six demi-cantons. Obwald et Nidwald, l’Appenzell protestant des Rhodes-Extérieures et l’Appenzell catholique des Rhodes-Intérieures (1597) et Bâle-Ville et Bâle-Campagne (1833). Ces cantons n’ont qu’un seul siège au Conseil d’États au lieu de deux.
Les 26 cantons ont un degré élevé d’indépendance. Chaque canton a sa propre constitution et son propre parlement, gouvernement et ses propres tribunaux.
La démocratie directe sur la place publique (Landsgemeinde) existe toujours en Appenzell Rhodes-Intérieures et à Glaris. Dans les autres cantons, le vote s’effectue – de nos jours – par correspondance, par dépôt dans une boîte ad hoc installée auprès des autorités ou à l’urne.
Au niveau local, il y a environ 2 200 municipalités, les plus petites unités politiques du pays. Le degré d’autonomie des communes est déterminé par les différents cantons et varie d’un endroit à l’autre.
Comment peut-on gouverner un pays aussi divisé ? Le secret n’est pas seulement l’élection directe tous les quatre ans des 200 membres du Conseil fédéral et des 46 membres du Conseil des Etats.
Décentralisation, démocratie directe et Confédération
La réponse est la décentralisation, la démocratie directe, la reconnaissance constitutionnelle des langues, des cultures et la transparence des débats publics, favorisée par le système des référendums et des initiatives populaires.
Ce concept conduit à la bonne gouvernance, à la légitimation des décisions et à la participation des citoyens.
La Suisse est un pays multiculturel qui compte environ 8 400 000 habitants, dont 20 % d’étrangers.
Un bon système d’éducation, une société civile et un système juridique bien développé, une longue tradition démocratique, l’absence d’un pouvoir politique central dominant et un système social, monétaire et économique solide sont les bases de son succès.
Le pays n’est ni à l’abri ni exclu des défis (mondiaux et européens), mais ses citoyens sont toujours là pour contrôler et (re)vérifier les décisions prises par les dirigeants fédéraux, cantonaux et locaux et leurs folies, la corruption et les systèmes de patronage et clientélisme.
(Source : La Confédération en bref, Berne 2015).
