Le canton de Saint-Gall

Le canton de Saint-Gall, l’abbaye, la ville, le canton et le diocèse doivent leur nom à Gall de Suisse (en latin Gallus), moine irlandais, né vers 550, fondateur de l’abbaye de Saint-Gall, abbaye bénédictine du VIIème siècle qui fut à une époque, avec sa riche bibliothèque, l’un des monastères les plus importants d’Europe.

La situation géographique

Gall s’est établi dans la vallée de Steinach, où il n’y avait aucune ville, ni aucun monastère. Il y construisit une chapelle où il vécut pendant plusieurs décennies. Il mourut aux alentours de 640 et fut enterré à l’endroit de la chapelle. Plus tard, un monastère fut construit autour de sa tombe.

Le canton de Saint-Gall, situé en Suisse orientale, a de nombreux voisins. Il encercle les cantons d’Appenzell Rhodes-Extérieures et d’Appenzell Rhodes-Intérieures.

A l’est, il est limitrophe de la principauté du Liechtenstein et de l’Autriche (Land du Vorarlberg), dont il est séparé par le Rhin ou le Vieux-Rhin.

Au nord, il confine avec l’Allemagne (Länder de Bavière et de Bade-Wurtemberg), le lac de Constance étant la frontière. A l’ouest et au sud, se trouvent les cantons de Thurgovie, de Zurich, de Schwytz, de Glaris et des Grisons.

En raison de ces frontières, l’histoire à l’origine du canton de Saint-Gall, créé en 1803 suite à l’Acte de médiation, ne fut pas des plus simples.

Les Rhètes, les Romains, les Francs, les Alamans, les Victorides

Après quatre siècles de domination romaine (15 avant J.-C- à 410 après J.C.), la Rhétie devint une société gallo-romaine.

Les Alamans introduisirent leur culture et leur langue germanique. Dans la partie méridionale, cependant, le gallo-romain resta la langue principale jusqu’au Moyen Age.

La partie nord de la Rhétie fut attribuée à l’évêché de Constance (à partir de 843 archevêché de Mayence). Les Ostrogoths jusqu’en 536, les Alamans et les Francs dominèrent cette région.

La partie sud de la Rhétie appartint à l’évêché de Coire (jusqu’en 843 archevêché de Milan, à partir de 843 archevêché de Mayence). Les Victorides exercèrent le pouvoir en tant qu’évêques de Coire et dirigeants séculiers.

L’abbaye de Saint-Gall et le monastère de Pfäfers

Les propriétaires les plus puissants furent les abbayes de Saint-Gall et de Pfäfers.

Les invasions des Hongrois en 926 et des Sarrasins en 935 furent une période sombre de l’histoire de ces abbayes.

Jusqu’à l’extinction de la dynastie en 1268, le duc de Souabe joua un rôle de premier plan dans la destinée des deux abbayes. Ils furent suppléés par les comtes de Kybourg, les Habsbourg, les comtes de Toggenbourg, Monfort, Werdenberg, Rapperswil et Vaz ainsi que les barons de Sax.

L’abbaye de Saint-Gall était étroitement liée aux Habsbourg. Les nombreuses parties et états indépendants de la région et leurs relations complexes ne permirent pas que le territoire de Saint-Gall devienne un canton de plein droit avant 1803 (Acte de médiation).

L’abbaye de Saint-Gall fut, sous le contrôle des Habsbourg, l’un des plus grands propriétaires fonciers. Au XVème siècle, les citoyens de Saint-Gall s’organisèrent de plus en plus. En 1415, la ville de Saint-Gall obtint l’immédiateté impériale et fut également indépendante de l’abbaye.

En 1454, la ville impériale de Saint-Gall signa un traité d’association avec Schwytz, Lucerne, Zurich. Glaris, Zoug et Berne.

Cependant, à la fin du XVème siècle, l’abbaye de Saint-Gall fut encore l’un des plus grands propriétaires fonciers. La principauté abbatiale devint pays allié de la Confédération en 1451 et la ville de Saint-Gall en 1454.

Douze Etats

À l’époque, le territoire du futur canton actuel se composa de douze états autonomes ou sujets, relativement petits aux régimes politiques différents : les abbayes de Saint-Gall et de Pfäfers, les villes de Rapperswil et de Saint-Gall, la seigneurie de Sax-Forstegg ainsi que les territoires sujets de Sargans, Werdenberg, Rheintal, le comté d’Uznach, Gaster, Weesen et Gams.

Pendant la Réforme, certaines régions restèrent catholiques et d’autres régions, dont la ville de Saint-Gall, devinrent protestantes.

1798-1848

L’instauration de la République helvétique (1798-1803), Etat centralisé et unitaire, mit fin à cette fragmentation politique.

Suite à l’Acte de médiation de 1803, Saint-Gall, qui compta huit districts, entra dans la Confédération suisse. Le canton de Saint-Gall signa le Pacte fédéral en 1815 et approuva la Constitution fédérale en 1848. L’abbaye de Saint-Gall fut dissoute en 1805.

Le diocèse de Saint-Gall fut fondé en 1847. L’abbaye de Saint-Gall fut rendue à l’ordre des bénédictins. L’abbaye de Saint-Gall, sa bibliothèque, qui abrite l’une des plus grandes et précieuses collections de manuscrits originaux datant du Haut Moyen Age, et les bâtiments conventuels ont été inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1983.

Le drapeau du canton de Saint-Gall

Le drapeau du canton de Saint-Gall, qui date de 1803, comporte une hache blanche entourée d’un faisceau de licteur blanc (verges entourant une hache, symbole de l’autorité des magistrats romains) sur fond vert.  

Il faut imaginer le faisceau de licteur en trois dimensions afin de comprendre qu’il est composé de huit verges (trois d’entre elles sont cachées sur une représentation en deux dimensions) évoquant les huit districts lors de la création du nouveau canton en 1803.

Les rubans verts incarnent la solidarité. La hache représente la force et la puissance des uns et des autres mis ensemble. Le vert, couleur des libéraux de l’époque, fut repris du drapeau de la République helvétique, symbolisant la liberté.

Source : Dictionnaire historique de la Suisse, canton de Saint-Gall, https://hls-dhs-dss.ch/fr/articles/007390/2017-05-11).

Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice.

Le canton de Thurgovie

Le canton de Thurgovie (Thurgau) doit son nom à la rivière de la Thur. En 1460, la superficie du territoire du canton était pratiquement celle d’aujourd’hui.

À cette époque, Frauenfeld – le chef-lieu du canton de Thurgovie – était déjà devenu un centre administratif.

Les Romains, les Mérovingiens et les Carolingiens

Après le départ des Romains au Vème siècle, la région fut intégrée au royaume des Burgondes et des Ostrogoths, à la dynastie des Mérovingiens et des Carolingiens. Les ducs alamans détinrent un réel pouvoir en tant qu’émissaires des rois francs jusqu’à leur défaite face aux Francs en 746.

Au IXème siècle, ce fut l’âge d’or de l’abbaye de Saint-Gall qui acquit de nombreuses terres dans cette région. Après les Carolingiens, la Thurgovie fit partie du Saint-Empire romain germanique.

Les Kybourg et les Habsbourg

Les comtes de Dillingen puis de Kybourg – les Dilligen portèrent dès 1006 le titre de comte de Kybourg du nom du village de Kybourg près de Winterthur avec le château familial – furent les souverains de la région jusqu’en 1264.

Après la disparition de cette dynastie, les Habsbourg dirigèrent la région en 1264. Au XIVème siècle, les Habsbourg furent les souverains les plus puissants.

Cela changea avec les défaites des Habsbourg contre les Confédérés suisses lors des batailles de Morgarten en 1315, de Sempach en 1386 et de Näfels en 1388. Les Confédérés gagnèrent de l’influence et, en 1460, ils contrôlèrent toute la Thurgovie.

1460-1798

Le bailliage (Vogtei) commun de Thurgovie fut l’un des bailliages des cantons de Glaris, Lucerne, Schwytz, Unterwald, Uri, Zoug et Zurich, auxquels s’ajouta Berne en 1712. Ce bailliage devint canton de Thurgovie en 1798.

Durant la Réforme protestante, les deux religions – protestante et catholique – cherchèrent à s’étendre, y compris en Thurgovie. A la suite de tensions, la liberté de croyance fut proclamée en 1528 lors d’une landsgemeinde thurgovienne.

Les protestants gardèrent le droit de célébrer leur culte officiellement, mais il fut garanti aux catholiques la possibilité de répandre leur confession sans entrave. Ainsi fut trouvé un compromis : dans 27 communes du canton, l’église servit aux deux confessions (simultaneum).

Il y eut bien sûr des discordes et des conflits, des guerres et des batailles – civiles – de religion : au XVIème siècle, les guerres de Kappel en 1529 et 1531 et aux XVIIème et XVIIIème siècles, les batailles de Villmergen en 1656 et 1712.

Finalement, en Thurgovie, la raison et le compromis l’emportèrent sur le dogme et en 1712, l’égalité des droits entre les deux confessions en matière de religion fut officiellement confirmée.

1798-1848

De 1798 à 1803, la Thurgovie fit partie de la République helvétique. Suite à l’Acte de médiation de 1803, la Thurgovie entra dans la Confédération suisse. Le canton de Thurgovie signa le Pacte fédéral en 1815 et approuva la Constitution fédérale en 1848.

Le drapeau du canton de Thurgovie

 Les armoiries du canton de Thurgovie, créées en 1803, représentent deux lions jaunes en mouvement divisés transversalement sur fond blanc et vert.

Le drapeau tire ses origines des armoiries de la Maison de Kybourg qui régna sur les lieux du XIème siècle à 1263.

En 1803 furent adoptés pour le drapeau du canton de Thurgovie – comme pour les drapeaux des cantons de Saint-Gall et de Vaud – le vert et le blanc, couleurs révolutionnaires représentant la liberté et l’espérance en syncrétisme (système philosophique ou religieux basé sur le mélange de plusieurs doctrines différentes) avec le blanc qui symbolise l’innocence.

(Source: Dictionnaire historique de la Suisse, canton de Thurgovie, https://hls-dhs-dss.ch/fr/articles/007393/2017-05-22)

Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice.

Le canton d’Argovie

 Le canton d’Argovie et son chef-lieu Aarau tirent leur nom de la rivière l’Aar. Les trois grandes rivières de la région, l’Aar, la Reuss et la Limmat, furent d’importantes artères fluviales.

Cela se reflète également dans le drapeau du canton d’Argovie adopté en 1803, peu après l’Acte de médiation. Avant cela, la région connut de nombreux souverains.

L’époque romaine

À l’époque romaine, les voies argoviennes menèrent au nord vers la Gaule (Gallia), la Belgique (Belgica) et la Germanie (Germania) par Augst (Augusta Raurica), à l’est par Zurich (Turicum) et les cols des Grisons (Rhétie/Raetia), à l’ouest par la région des Trois-Lacs autour de l’ancienne capitale provinciale de l’Helvétie romaine Avenches (Aventicum) et au sud par le col du Grand-Saint-Bernard (Summus Poeninus).

Après avoir vaincu les tribus celtes des Helvètes et des Rauraques en 58 avant J.-C. à Bibracte et à Autun (département de Saône-et-Loire, France), Jules César fonda la ville romaine de Colonia Augusta Raurica (Augst).

Au début du premier siècle, les Romains construisirent le camp légionnaire de Vindonissa (Windisch) pour six mille soldats, ce qui représente une légion. Le Rhin constitua la frontière – le limes – avec le Germanie.

Le camp où furent stationnés autant de soldats ainsi que la position stratégique de Vindonissa conduisirent à la fondation d’autres villes, dont Baden (Aquae Helveticae), Lenzbourg (peut-être dérivé de l’ancien nom de rivière européen Lentia) avec les vestiges d’un ancien théâtre romain et Bad Zurzach (Tenedo).

410-919

Au VIème siècle, Windisch fut un évêché. A la même époque, suite à l’invasion des Alamans, le siège épiscopal fut transféré à Avenches puis à Lausanne.

Après la domination franque (534-843) et une période de domination bourguignonne (888-919), le duc de Souabe fut le protagoniste le plus puissant. L’abbaye de Beromünster fut également fondée en ce temps-là.

Les Habsbourg

Les comtes de Lenzbourg régnèrent aux XIème et XIIème siècles. La dynastie des Habsbourg, originaire d’Alsace, construisit le château de Habsbourg (Habichtsburg) près de Brugg en 1020-1030. Ensuite, la commune de Habsburg (en allemand) vit le jour. La forteresse initiale n’a été que partiellement préservée.

La dynastie des Habsbourg fonda l’abbaye de Muri (canton d’Argovie) en 1027, qui abrite les plus anciens tombeaux de Habsbourg, après la création des monastères de Murbach (727 après J.-C) et d’Ottmarsheim (1049 après J.-C.) en Alsace.

Après l’extinction de la famille de Lenzbourg en 1173 et de celle de Kybourg – qui lui avait succédé – en 1264, les Habsbourg devinrent la dynastie la plus puissante.

Le couvent de Königsfelden, à Windisch fut érigé par les Habsbourg à la mémoire d’Albert 1er de Habsbourg, né en 1255 à Rheinfelden et assassiné en 1308 à Windisch. La famille des Habsbourg semble s’être établie en Argovie au Xème siècle déjà.

Les Habsbourg perdirent l’Argovie en 1415. L’empereur Sigismond 1er (1368-1437), en bisbille avec Frédéric IV de Habsbourg, incita les Confédérés à conquérir l’Argovie autrichienne (sauf le Fricktal) du fait que le concile de Constance (1414-1418) proclama, dans le décret Haec sancta, sa suprématie sur le pape.

Le canton d’Argovie fut administré par les Confédérés en tant que territoire sujet (Untertanengebiet) jusqu’en 1798.

La Réforme protestante

La Réforme protestante (1520-1530) entraîna de grands bouleversements au sein de la Confédération suisse, donc également dans le canton d’Argovie.

Les territoires gouvernés par des cantons protestants devinrent protestants, tandis que les territoires gouvernés par des cantons catholiques restèrent catholiques.

Dans le canton d’Argovie aussi un compromis fut trouvé : des paroisses mixtes dans lesquelles le lieu de culte était utilisé à tour de rôle par les différentes communautés (simultaneum).

Suite à l’Acte de médiation de 1803, l’Argovie entra dans la Confédération suisse. Le canton d’Argovie signa le Pacte fédéral en 1815 et approuva la Constitution fédérale en 1848.

Le drapeau du canton d’Argovie

 Les armoiries du canton d’Argovie sont divisées en deux couleurs : noir et bleu. La rivière blanche stylisée sur fond noir représente l’Aar qui arrose cette fertile contrée.

Les deux petites vagues noires sont les affluents de l’Aar, à savoir la Reuss et la Limmat. Les trois étoiles indiquent les nouveaux territoires associés à la Basse-Argovie pour former le nouveau canton soit Baden, le Fricktal et une partie des anciens baillages communs ayant existé jusqu’en 1798 (Freie Ämter/bailliages libres).

(Source : Dictionnaire historique de la Suisse, Canton d’Argovie, https://hls-dhs-dss.ch/fr/articles/007392/2018-02-06).

Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice.

L’église d’Allschwil

Le pittoresque village d’Allschwil (canton de Bâle-Campagne) et ses maisons à colombages, ne renie pas sa proximité avec l’Alsace.

Il est donc traversé depuis 1815 par la frontière franco-suisse, comme c’est le cas entre Bâle et Saint-Louis (frontière française) et Bâle et Weil am Rhein (frontière allmenade (et le Rhin entre les deux).

L’église a été construite dans le style roman et est mentionnée dans des documents sur Almeswilre dès 1118. La petite église du village a ensuite subi de nombreuses transformations.

Au 19ème siècle, Jodok Friedrich Wilhelm (1797-1843) a rénové l’église dans le style néoclassique. L’intérieur a été restauré dans son ancienne gloire en 1985.

La nouvelle église St Pierre et Paul remplace son prédécesseur médiéval. L’église est aujourd’hui un monument national.

Le pays d’Appenzell

Le canton d’Appenzell s’est séparé en deux demi-cantons en 1597 pour des questions religieuses : Appenzell Rhodes-Intérieures (partie catholique et Appenzell Rhodes-Extérieures (partie protestante).

Le pays d’Appenzell (das Appenzellerland) est situé au cœur d’un extraordinaire paysage vallonné et verdoyant dans les préalpes appenzelloises comprenant, entre autres, le massif de l’Alpstein dont font partie le Hoher Kasten et le Säntis (2 502 m.), point culminant du massif de l’Alpstein, qui révèlent une vue éblouissante sur le delta du Rhin, les montagnes environnantes de Suisse, d’Allemagne, d’Autriche et le lac de Constance.

Les Appenzellois ont une histoire unique (voir le site Swiss Spectator du 11 avril 2021, Les Appenzellois). Le Witzwanderweg (littéralement le chemin des histoires drôles) est une attraction connue, habilement réalisée, empreinte de cet humour appenzellois, malicieux. Les méandres du chemin vous emmènent dans les paysages de rêve du pays d’Appenzell.

Le relief doucement vallonné, avec ses forêts et ses prairies bien vertes, ses rivières et ruisseaux, dont l’Urnäsch, le Sitter, le Rotbach et le Goldach, ses fermes typiques, ses maisons colorées aux façades peintes et ses villages pittoresques, se prête bien aux randonnées et aux balades à vélo.

Une promenade inoubliable en bateau sur le lac de Constance, une excursion en train à crémaillère, une visite des musées, une escapade dans des villages avec des maisons à l’architecture unique ou la découverte d’atmosphères variées au milieu des contreforts des alpes, parsemés de pâturages et de fermes isolées, voilà quelques atouts qu’offrent ces deux petits cantons.

(Plus d’informations : www.appenzellerland.ch).

Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice. 

Le canton e la ville de Zurich

 Le nom romain, peut-être celtique du canton de Zurich est Turicum.

750-1351

Aux XVIIIème et XIXème siècles, la ville de Zurich fut un centre politique, économique et religieux de l’empire carolingien.

Les églises Grossmünster (littéralement grande abbaye) et Fraumünster – jadis un couvent créé pour accueillir les femmes de l’aristocratie européenne – datent de cette époque.

En ce temps-là, le duché de Souabe fut la puissance politique la plus importante. Ce fut également le cas lorsqu’il fit partie du Saint-Empire romain germanique.

En 1098, lors d’un arrangement entre les ducs de Souabe et les Zähringen, les droits impériaux sur Zurich revinrent aux ducs de Zähringen. Les comtes de Lenzbourg furent confirmés comme baillis. Après leur extinction en 1173, les Zähringen furent, jusqu’en 1218, les uniques seigneurs de la ville de Zurich.

En 1218, Zurich obtint l’immédiateté impériale (Reichsunmittelbarkeit) et fut déclarée ville libre d’Empire. Au cours de ce siècle, la noblesse fut évincée par les patriciens de la ville.

Après l‘ouverture du col du Saint- Gothard en 1230, Zurich devint une ville prospère et puissante grâce au commerce avec le sud de l’Allemagne et les territoires italiens.

La Confédération 1351-1918

Le canton de Zurich rejoignit la Confédération suisse en 1351. En 1523, Ulrich Zwingli (1484-1531) parvint à faire adopter la Réforme protestante par le canton de Zurich, à la manière suisse, en prônant le dialogue et le compromis avec le gouvernement de la ville.

Deux conflits suivirent : les guerres de Kappel en 1529 et 1531 qui opposèrent les cantons catholiques aux cantons protestants. Les troupes zurichoises furent vaincues lors de la bataille de 1531 durant laquelle Ulrich Zwingli perdit la vie.

Le canton de Zurich participa également aux batailles de Villmergen qui opposèrent les cantons protestants aux cantons catholiques de la Confédération des XIII cantons en 1656 et 1712 et à la guerre  du Sonderbund en 1847 lors de laquelle le Sonderbund – ligue sécessionniste, regroupant sept cantons catholiques conservateurs – fut vaincu.

La ville de Zurich n’avait pas de Landsgemeinde. La structure politique était basée sur l’affiliation aux guildes, au Grand Conseil et au Petit Conseil.  Il s’agissait en fait d’une oligarchie dynastique.

La croissance économique survint après l’approbation de la Constitution fédérale de 1848 – qui transforma la Suisse en un Etat fédéral – au niveau des chemins de fer, des finances et des assurances, de l’ingénierie, de l’éducation (université, école polytechnique fédérale de Zurich), des industries du textile, du coton, de la soie et du commerce.

Les conséquences sociales, culturelles et politiques de la Première Guerre mondiale laissèrent des traces sur la ville de Zurich.

Le mouvement international Dada regroupant des artistes dont les expressions et interprétations artistiques bouleversèrent le tout Zurich et qui, finalement, inspira et continue d’inspirer le monde de l’art jusqu’à nos jours, la grève générale de 1918 qui amena le pays au bord de la guerre civile et l’influence politique de personnalités issues de l’un des plus importants cantons – Zurich est aujourd’hui le centre économique et financier international majeur du pays – attirèrent l’attention sur la ville.

 Le drapeau de Zurich

Le drapeau du canton de Zurich est tranché de bleu et blanc, couleurs décelées pour la première fois sur un sceau de la Cour de Zurich au XIVème siècle. L’origine des couleurs pourrait provenir des armoiries du tribunal de la Cour de Rottweil, situé dans l’actuel Bade-Wurtemberg, probablement du fait que la Cour de Zurich fut créée sur le modèle de celui-ci. Les couleurs pourraient aussi provenir des comtes de Lenzbourg.

(Source : Lexicon historique de la Suisse, canton de Zurich, https://hls-dhs-dss.ch/fr/articles/007381/2017-08-24).

Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice

Le théâtre Herzbaracke 

L’ écrivain Gottfried Keller (1819-1890)

 

Le canton de Glaris

Glaris (Glarus en allemand) fut mentionné pour la première fois au début du IXème siècle sous le nom latin de Clarona.

Le canton a pour patron saint Fridolin, moine évangélisateur irlandais du début du VIème siècle qui convertit Glaris au christianisme.

500-1352

Saint Fridolin séjourna à Poitiers (France), dans le sud de l’Allemagne et en Suisse. Il fut l’un des compagnons de saint Gall, aussi nommé Gall de Suisse (540-615) qui avec saint Colomban (540-615) et d’autres moines irlandais évangélisèrent la Francie et la Germanie.

Saint Fridolin fonda le monastère de Bad Säckingen, sur une île du Rhin entre la Forêt-Noire et le Jura et devint le saint patron de Glaris en raison des liens étroits qui existèrent entre le canton et le monastère. Au XIII siècle Glaris appartint au couvent de Säckingen.

La première apparition du drapeau – avec l’image de saint Fridolin – fut la bannière de 1388 ayant rassemblé les Glaronnais lors de leur victoire avec les Confédérés contre les Autrichiens lors de la bataille de Näfels.

A partir du VIème siècle, Glaris appartint au royaume franc des Mérovingiens, puis des Carolingiens. Au cours de cette période, la langue allemande des Alamans (l’alémanique) remplaça la langue romane des Gallo-Romains. La région fit partie du Saint-Empire romain germanique dès le Xème siècle.

Les comtes de Lenzbourg (jusqu’en 1173) et de Kybourg (jusqu’en 1264) furent les plus importants souverains séculiers, puis vint la domination de la maison de Habsbourg.

Cependant, le canton de Glaris résista aux Habsbourg et, en 1352, forma une alliance avec la Confédération. Toutefois, après quelques semaines, les Confédérés durent rendre le territoire de Glaris à la maison de Habsbourg, toujours une puissance dominante. Les Confédérés ne récupérèrent finalement Glaris qu’en 1388.

Après les batailles de Sempach (1386) et de Näfels (1388) cela changea puisque les Confédérés remportèrent ces batailles au détriment des Habsbourg. Le canton de Glaris se libéra des Habsbourg et du monastère de Bad Säckingen, qui leur appartenait.

   

1352-1798

Glaris obtint l’immédiateté impériale (Reichsunmittelbarkeit), le statut de ville impériale libre du Saint-Empire romain germanique en 1415.

Glaris introduisit la Landsgemeinde, institution de démocratie directe, en 1387. Petit canton montagnard, Glaris pratique encore aujourd’hui la Landsgemeinde, réunion populaire en plein air, durant laquelle les décisions politiques sont prises à main levée par la population.

L’une des décisions les plus importantes à prendre porta sur la question de la religion pendant la Réforme. En 1529, la Landsgemeinde donna force de loi à la Réforme protestante.

Pendant les guerres de Kappel en 1529 et 1531, premières guerres de religion en Europe, le canton de Glaris resta neutre. La Landsgemeinde en 1531 rétablit la messe à Glaris et à Schwanden, qui purent toutefois garder leurs prédicants réformés.

Le premier concordat de Glaris (Landesvertrag) du 21 novembre 1532, qui donna des garanties aux minorités catholiques, mit fin au conflit religieux pour quelque vingt-cinq ans.

 

La paix religieuse

Cela fut exceptionnel en Europe et possible seulement dans les cantons suisses : le canton de Glaris voulut dès lors résoudre les antagonismes religieux par le biais d’accords et de compromis.

Cette démarche ne fut pas toujours couronnée de succès et le risque de guerre civile exista également en Suisse. Mais là aussi, l’entente prévalut et des paroisses mixtes dans lesquelles le lieu de culte eut lieu à tour de rôle par les différentes communautés (simultaneum) furent instaurées.

En 1586 fut signée la Ligue d’Or, une alliance conclue entre les sept cantons catholiques, soit cinq cantons intérieurs Uri, Schwytz, Obwald, Nidwald, Lucerne ainsi que Fribourg et Soleure, pour le maintien de la confession catholique dans la Confédération. La partie catholique du canton de Glaris adhéra à la Ligue d’Or en 1655.

Catholiques et protestants se partagèrent l’administration du canton de Glaris.

La victoire des protestants sur les catholiques lors de la seconde bataille de Villmergen en 1712 – la première bataille eut lieu en 1656 – mit un terme à l’hégémonie catholique sur le territoire suisse après la signature de la Paix d’Aarau, la même année. Ce traité amena la paix religieuse au sein de la Confédération suisse.

1798-1848

Le canton de Glaris fit partie de la République helvétique (1798-1803), accepta l’Acte de médiation de 1803, signa le Pacte fédéral en 1815 et approuva la Constitution fédérale en 1848.

Lors des débats portant sur le Pacte fédéral, le canton de Glaris soutint les efforts de révision dès les années 1830. Ses troupes participèrent en 1847 à la guerre contre le Sonderbund.

Le drapeau du canton de Glaris

Le drapeau et l’armoirie du canton de Glaris représentent l’évangélisateur Fridolin de Säckingen paré de son auréole d’or, de sa crosse et de son livre sur fond rouge. L’armoirie glaronnaise est la seule armoirie cantonale, qui représente un être humain.

Le moine irlandais saint Fridolin est l’emblème du canton de Glaris depuis le Moyen Age.

(Source : Dictionnaire historique de la Suisse, canton de Glaris, https://hls-dhs-dss.ch/fr/articles/007374/2017-05-30).

Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice

Le canton du Tessin

Le Tessin (Ticino) est le seul canton de Suisse situé entièrement au sud de l’arc alpin, à l’exception de quelques kilomètres carrés au nord du col du Gothard, aux sources de la Reuss.

La situation géographique

Le canton comprend deux régions géographiques principales séparées par le Monte Ceneri : le Sopraceneri qui possède des caractéristiques essentiellement alpines et le Sottoceneri – dans la plaine du Pô – qui est de nature préalpine, le relief ne dépassant pas, à l’exception du Camoghé et du Gazzirola, les 2000 mètres d’altitude.

Le canton porte le nom de la rivière homonyme, Ticino. Le canton du Tessin est bordé par le lac Majeur et le lac de Lugano. Il côtoie au nord les cantons du Valais et d’Uri, au nord-ouest et à l’ouest le canton des Grisons et au sud il est frontalier avec la Lombardie (provinces de Varèse et de Côme, Italie) et le Piémont (Italie). Il est également le seul canton dont l’unique langue officielle est l’italien.

L’époque romaine

À l ’époque romaine le Tessin fut déjà une importante voie de transit. Les cols du Grand-Saint-Bernard, du Julier, du Septimer et du Splügen, reliaient le Tessin, région lacustre, à la vallée du Rhône, au lac de Constance, au Rhin, au Danube et aux provinces romaines, situées au nord.

La région fit partie de la Gaule Transpadane (Gallia Transpadana) – partie septentrionale de la Gaule cisalpine, établie sur la rive gauche du Pô – nommée plus tard Regio XI Transpadana car elle était située au-delà (trans-) du Pô (Padus) du point de vue des Romains.

Les Lombards, les Francs,le Saint-Empire romain germanique, le duc de Milan

Les Lombards conquirent la région aux Vème et VIème siècles. Charlemagne vainquit les Lombards dans le nord de l’Italie en 774, l’évêque de Côme et le duc de Milan devinrent les souverains du royaume des Francs et du Tessin.

Au XIIIème siècle, des communautés relativement autonomes se développèrent dans la région. En 1164, Frédéric 1er Barberousse (1194-1250) octroya un nouveau privilège de marché à Locarno et, en 1186, accorda l’immédiateté impériale à ses habitants.

En revanche, les bourgs de Bellinzone (Bellinzona), actuel chef-lieu du canton du Tessin, Locarno et Lugano n’acquirent pas le statut juridique de ville, mais jouissaient de privilèges analogues : ils possédaient le droit de marché et concentraient les activités artisanales et commerciales.

Le col du Saint-Gothard

Dès son ouverture vers 1220-1230, le col du Saint-Gothard devint une liaison importante pour le commerce international, les pèlerins et joua un rôle politique et économique considérable pour la Confédération.

Cette évolution est comparable à celle observée dans les régions situées de l’autre côté du col du Saint-Gothard. Peut-être les développements réalisés au Tessin ont-ils inspiré les premiers Confédérés de 1230 ?

Au XIVème siècle, le Tessin passa aux mains des ducs de Milan, les Visconti. A partir de 1403, Uri, Schwytz et Unterwald pénétrèrent dans cette région pour contrôler le col du Saint-Gothard.

1494-1798

En 1494, Milan forma une alliance avec la France contre les Confédérés et le Pape. Le Tessin fut constitué par les territoires que les Suisses avaient pris à l’Italie entre la moitié du XIVème et le début du XVème siècle.

A l’issue de la bataille de Marignan en 1515, bien que les Suisses fussent vaincus, François 1er reconnut leur valeur militaire et entendit dès lors conclure avec eux une paix durable. Ainsi, un traité instaurant la paix perpétuelle fut signé le 29 novembre 1516 à Fribourg entre la France et la Confédération des XIII cantons suisses.

Le Tessin, territoire assujetti, fut administré par divers cantons avec un bailli comme représentant de l’autorité souveraine.

1798-1848

Mais sous la République helvétique (1798-1803), le Tessin fut divisé en districts. La plupart des habitants ne souhaitant pas faire partie de la République cisalpine créée en 1797 par Napoléon Bonaparte voulurent rester avec la Suisse : Liberi e Svizzeri (Libres et Suisses), telle est la devise de l’identité tessinoise.  

Suite à l’Acte de médiation de 1803, le Tessin entra dans la Confédération suisse et l’italien fut reconnu comme langue officielle. Le canton du Tessin signa le Pacte fédéral en 1815 et approuva la Constitution fédérale en 1848.

L’irrédentisme

L’unification de l’Italie en 1861 engendra de nouveaux troubles avec la naissance de l’irrédentisme (Irredentismo), une doctrine politique énoncée en 1870 revendiquant l’annexion de l’ensemble des territoires italophones qui appartinrent à l’Italie.

L’irrédentisme, porté à un niveau nationaliste extrême, fut au centre de la politique de Benito Mussolini (1883-1945), qui régna sur l’Italie de 1922 à 1943. Il fut ensuite chef de l’Etat de la République sociale italienne (RSI) ou la République de Salò jusqu’en 1945.

Les Tessinois craignirent vivement les conséquences de cette doctrine. En 1884 le Conseil fédéral expulsa le consul italien de Lugano en raison de desseins irrédentistes sur le Tessin.

L’influence italienne, et surtout lombarde, fut et reste indéniable comme en témoignent la langue, l’architecture, les monastères, les châteaux, l’art et le patrimoine culturel.

Les tunnels ferroviaires du Saint-Gothard

Le premier tunnel ferroviaire du Saint-Gothard, ouvert en 1882 et le nouveau tunnel de base du Saint-Gothard de 2016 rapprochent le Tessin du reste de la Suisse et réciproquement.

La crise du coronavirus a engagé de nombreux Suisses alémaniques et Suisse romands à découvrir ce magnifique canton.

Le drapeau et l’emblème du Tessin

 Le drapeau du canton du Tessin est différent de ses armoiries. Après l’Acte de médiation de 1803, le canton devint indépendant et souverain et adopta de nouvelles armoiries et un drapeau. Les couleurs du canton, dont l’origine est inconnue, sont le rouge et le bleu.

Le drapeau du canton comporte deux bandes horizontales et les armoiries deux bandes verticales. On n’en connaît pas la raison.

Source : Dictionnaire historique de la Suisse, canton du Tessin, https://hls-dhs-dss.ch, 24.10.2022).

Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice.

Le canton et la ville de Berne

1191-1798

Tout commença avec la fondation de la ville par le duc Berthold V de Zähringen (1160-1218) en 1191. Dès 1218, la ville obtint l’immédiateté impériale et devint une ville libre du Saint-Empire romain germanique.

Le Nydeggkirche (1346) 

et le duc Berthold V de Zähringen (1160-1218)

Par la suite, l’expansion de la ville s’est faite rapidement. Ses principaux adversaires furent les Habsbourg, la ville de Fribourg, fondée en 1157, les Kybourg et la Savoie.

Monument d’Erlach, Rudolf von Erlach (1299-1360)

Aux XIIIème et XIVème siècles, le canton de Berne chercha à se rapprocher des Waldstätten avec lesquels il signa une alliance perpétuelle et adhéra en 1353 à la Confédération, qui comptait alors huit membres : Uri, Schwytz, Obwald, Nidwald, Lucerne, Zurich, Zoug, Berne.

La Cathédrale et le Münsterplatz 

Le Ländtetor 

Le canton de Berne gagna de l’influence et son territoire ne cessa de s’étendre par achat, conquête, héritage ou suite à sa politique d’expansion : notamment dans la région de Berne, au sud du Jura (territoires de la Principauté de Bâle et du Comté de Neuchâtel), en Argovie, en Thurgovie et dans le canton de Vaud (1474 -1477 et 1536).

Jusqu’en 1798, Berne fut le plus puissant des treize cantons de la Confédération suisse. Son territoire occupa environ un tiers de la Suisse d’alors. En firent partie, les actuels cantons du Jura (1815-1979), d’Argovie (1415-1803), de Vaud (1536-1803) ainsi que d’autres petits territoires. La Thurgovie (1460-1803), le Tessin (1512-1798) et d’autres régions furent gérés conjointement par plusieurs cantons (bailliage commun).

Autre événement drastique : le canton de Berne adopta la Réforme et insuffla le protestantisme aux territoires conquis sous son administration. Le canton de Berne prit part aux conflits religieux : guerres de Kappel (1529 et 1531), batailles de Villmergen (1656 et 1712). La guerre du Sonderbund (1847) fut aussi, en partie, due à des tensions religieuses.

Berne n’avait ni Landsgemeinde, ni démocratie directe. La ville et le canton furent dirigés par une oligarchie de régents au sein du Grand Conseil et du Petit Conseil.

Ce système politique suscita des résistances et entacha fortement les relations entre Berne et les petites communautés de la campagne. La guerre des Paysans en 1653, une révolte populaire durant la Confédération des XIII cantons, ne fut qu’un incident parmi tant d’autres.

A l’époque, Berne fut la plus vaste république d’Europe au nord des Alpes et fut étroitement impliquée dans la politique internationale des puissances européennes.

Alors qu’avant la Réforme, la Confédération suisse n’était ni une unité politique, ni une unité économique, elle ne fut pas épargnée par les conflits religieux après la Réforme.

Les intérêts géographiques divergèrent. Berne souhaita avant tout s’étendre au nord (Principauté de Bâle, Argovie, Thurgovie) et à l’ouest (canton de Vaud, Pays de Gex (France), Chablais), alors que les cantons de Suisse centrale furent principalement intéressés par une expansion vers les territoires italiens au sud du col du Saint-Gothard, jusqu’en 1515 (bataille de Marignan).

1798-1848

Suite à l’Acte de médiation de 1803, les cantons d’Argovie et de Vaud entrèrent dans la Confédération suisse, mais le Congrès de Vienne décida d’attribuer la majeure partie du territoire de l’ancien Evêché de Bâle au canton de Berne.

Cette région – à l’exception de quelques districts francophone du sud du Jura, dont la ville de Moutier – devint le canton du Jura en 1979.

Le 21 mars 2021, suite à un référendum, les habitants de Moutier se sont prononcés pour le rattachement de Moutier au canton du Jura.

En 1798, l’invasion française mit fin à la domination bernoise au sein de la Confédération. La République helvétique (1798-1803) fut suivie par la Confédération des XIX cantons, tous égaux (1803-1813), par l’Acte de médiation de Napoléon Bonaparte (1803) et par la nouvelle Confédération des XXII cantons en 1815.

Les sept maisons du Conseil fédéral

Après la Restauration (1815-1830) – le Pacte fédéral de 1815 marqua un retour quasi-total à l’Ancien Régime, celui d’avant la Révolution française – ce fut la Régénération (1830-1848), période durant laquelle les cantons firent progressivement des concessions démocratiques, telles que, entre autres, l’égalité de droits pour tous les habitants, la séparation des pouvoirs, la liberté de la presse, du commerce et de l’industrie. En 1848 suivit la nouvelle Constitution fédérale adoptée par les vingt-deux cantons.

Le Rosengarten

Le drapeau du canton de Berne

 Le drapeau du canton de Berne comporte un ours noir sur fond jaune et rouge, qui sont les couleurs des Zähringen. Les armoiries du canton et de la ville de Berne sont identiques.

(Source : Dictionnaire historique de la Suisse, canton de Berne, https://hls-dhs-dss.ch, 09.03.2023).

Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice.

Banque Nationale Suisse (Bundesplatz)

Le Münster, son jardin et le mur de la collègiale

Wöschhüsi

La Nydeggtreppe 

La plus ancienne tour de la ville

La Burgtreppe du Zähringer château (1190), detruit en 1270

La Gerberngasse

Centre ville

Monument pour l´UPU ( l’Union Postale Universelle)  de 1874 

Musée d’histoire

Einsteinhaus (Maison d’Einstein)

Hôtel de Ville (Rathaus)

Musée d’art

Undervelier (canton du Jura), Bronze Art SA

Le canton de Schaffhouse

Schaffhouse est le seul canton presque entièrement établi sur la rive droite du Rhin.

La situation géeographique

Les communes de Riehen et de Bettingen (canton de Bâle-Ville), une partie de la ville de Bâle (Petit-Bâle) et un petit territoire du canton Zurich se trouvent également sur la rive droite du Rhin.

La ville moyenâgeuse de Stein am Rhein et les villages de Hemishofen et Ramsen, sur la rive gauche du Rhin, furent attribués au canton de Schaffhouse en 1798 (République helvétique 1798-1803).

La ville de Schaffhouse

Il reçut aussi de Zurich le village de Dörflingen en échange de celui d’Ellikon am Rhein.

Le canton de Schaffhouse comprend trois territoires séparés : la partie principale avec la ville de Schaffhouse, la partie orientale ou supérieure (enclave de Stein am Rhein) et la partie méridionale ou inférieure (enclave de Rüdlingen-Buchberg).

Cette situation particulière n’est pas sans rappeler celle de la région du Pays des Trois-Lacs qui entoure les lacs de Neuchâtel, Bienne et Morat, située dans les cantons de Berne, Fribourg, Neuchâtel et Vaud.

Canton de Zurich et le Rhin

L’histoire

Schaffhouse existait déjà au VIIème siècle. Sa progression commença alors que le comte Eberhard von Nellenburg reconnut l’importance commerciale de la localité, en fit une ville et y fonda en 1049 le monastère bénédictin d’Allerheiligen (Tous-les-Saints).

En 1007, l’empereur Henri II avait déjà transféré le monastère bénédictin de Saint-Georges de Singen (Allemagne) à Stein am Rhein.

Les Nellenburg. Le monastère d’Allerheiligen

Les monastères d’Allerheiligen et de Saint-Georges furent les plus gros propriétaires fonciers. En outre, les monastères de Saint-Gall, Saint-Blaise (Allemagne) Saint-Georges, Reichenau (Allemagne), Rheinau, Petershausen (Allemagne), le couvent d’Öhningen (Allemagne) et l’évêque de Constance (Allemagne) acquirent au fil du temps de plus en plus de terres.

L’église St. Jean (St. Johann), XIème siècle 

Le duc Berchtold V de Zähringen (1160-1218) régna sur la ville de Schaffhouse de 1197 à 1218. Elle fut, par la suite, cédée aux Habsbourg.

La ville devint prospère et les guildes jouèrent un rôle de plus en plus important, ce qui entraîna des conflits avec les administrateurs des Habsbourg.

Aux XVème et XVIème siècles, dans la région de Schaffhouse, cependant, la question des frontières entre les villes et les villages fut encore plus compliquée du fait de divisions religieuses et de discordes entre francophones et germanophones.

En cause, l’expansion du canton de Berne, protestant et du canton de Fribourg, catholique et majoritairement francophone. La ville de Schaffhouse, homonyme du canton, constitua son territoire par achats et acquisitions, surtout à partir du XVIème siècle.

Altes Zeughaus, 1617

Schaffhouse, la maison zum Ritter

1411-1798

Dès lors, en 1411, fut introduite la Constitution de la guilde. Le régime dit corporatif ramena le calme en donnant une représentation égale à la société des seigneurs, à celle des marchands et à chacune des dix corporations d’artisans, au sein des Grand et Petit Conseils, largement responsables des affaires intérieures et extérieures de la ville.

Le pouvoir des Habsbourg et de la noblesse, leur alliée, fut sérieusement réduit.

En 1415, la ville de Schaffhouse obtint l’immédiateté impériale (Reichsunmittelbarkeit) et ainsi le statut de ville impériale libre du Saint-Empire romain germanique.

Tellen- ou Schumacherbrunnen (1522) et les maisons  Zur Wasserquelle et Zur Zieglerburg (1738)

La ville mena également – après avoir gagné son indépendance – une politique internationale et contracta des alliances avec d’autres villes, notamment Saint-Gall, Constance, Zurich, et les villes du Haut Rhin et du sud de la Forêt-Noire.

En 1454, la ville de Schaffhouse conclut une alliance défensive, de durée limitée, avec les Confédérés, dont les clauses la forceront à participer aux guerres de Bourgogne, notamment à la bataille de Grandson.

La campagne schaffhousoise souffrit beaucoup des combats de la guerre de Souabe (1499). En 1501, Schaffhouse rejoignit la Confédération suisse dont elle devint le douzième canton.

Schaffhouse adopta officiellement la Réforme en 1529, ce qui entraîna une expansion territoriale et l’expropriation des monastères qui furent transformés en vue d’autres usages.

C’est l’une des raisons des frontières actuelles du canton. Les autres monastères situés sur le territoire allemand sont restés catholiques.

territoire schaffhousois se divisait en dix bailliages, chacun administré par un bailli. Les communes disposèrent d’une grande autonomie.

Contrairement aux autres villes de la Confédération suisse, à savoir Bâle, Soleure, Lucerne, Zoug, Berne, Zurich et Fribourg, Schaffhouse n’était pas soumise à un pouvoir oligarchique, l’élément démocrate et républicain restant prédominant.

La Schifflände

1798-1848

A Schaffhouse, les citoyens eurent un rôle politique important : la Constitution démocratique acceptée en 1876 introduisit l’élection du gouvernement par le peuple et des conseillers aux Etats, le référendum législatif et financier facultatif, ainsi que l’initiative populaire.

Schaffhouse fut un canton de la Confédération de 1501 à 1798 et ensuite de la République helvétique de 1798 à 1803. Le canton de Schaffhouse signa le Pacte fédéral en 1815 et approuva la Constitution fédérale en 1848.

Le drapeau

 Le bélier des armoiries de Schaffhouse représente le nom de la ville et du canton (Schaf-Hausen / brebis – maison). Selon le blason officiel, les éléments du drapeau sont un bélier noir sautant dans l’or (en héraldique or désigne le jaune) avec une langue rouge, une couronne, des cornes et des sabots dorés.

En 1180 des deniers frappés par le monastère d’Allerheiligen comportaient un bélier.

Des gravures du premier quart du XVIème siècle rapportent que le bélier se trouvait déjà sur le drapeau du canton.

Le bélier fut autrefois considéré comme un symbole de virilité et de force. Le choix des couleurs jaune et noir remonte aux couleurs des armoiries des Hohenstaufen du Saint-Empire romain germanique et du duché de Souabe, qui ont, toutes deux, eu une influence significative sur l’histoire du canton de Schaffhouse.

Lorsque la Ville-Etat se scinda afin de créer une égalité entre ville et campagne par le biais de la nouvelle Constitution de 1831, le chef-lieu garda le blason du bélier sortant de la maison et le canton maintint le bélier couronné sur fond jaune.

Source : www.stadt-schaffhausen.ch; Dictionnaire Historique de la Suisse, canton de Schaffhouse, https://hls-dhs-dss.ch/fr/articles/007388/2017-05-11 ; K. Schib, Geschichte der Stadt und Landschaft Schaffhausen, Schaffhausen, 1972).

Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice.

La maison zum Steinbock

(Source: www.stadt-schaffhausen.ch; Historisches Lexikon der Schweiz, Kanton Schaffhausen, https://hls-dhs-dss.ch/de/articles/007388/2017-05-11; K. Schib, Geschichte der Stadt und Landschaft Schaffhausen, Schaffhausen, 1972).

 

Le pont du Rhin (1755)  de Hans Ulrich Grubenmann (1709-1783), detruit en 1799. Collection Museum Zu Allerheiligen, Schaffhouse 

L’Obertorturm, 1273. 

Le Engelbrechtstor.  Johann Jacob Mentzinger (1604-1668), 1644.