Le canton de Saint-Gall, l’abbaye, la ville, le canton et le diocèse doivent leur nom à Gall de Suisse (en latin Gallus), moine irlandais, né vers 550, fondateur de l’abbaye de Saint-Gall, abbaye bénédictine du VIIème siècle qui fut à une époque, avec sa riche bibliothèque, l’un des monastères les plus importants d’Europe.
La situation géographique
Gall s’est établi dans la vallée de Steinach, où il n’y avait aucune ville, ni aucun monastère. Il y construisit une chapelle où il vécut pendant plusieurs décennies. Il mourut aux alentours de 640 et fut enterré à l’endroit de la chapelle. Plus tard, un monastère fut construit autour de sa tombe.
Le canton de Saint-Gall, situé en Suisse orientale, a de nombreux voisins. Il encercle les cantons d’Appenzell Rhodes-Extérieures et d’Appenzell Rhodes-Intérieures.
A l’est, il est limitrophe de la principauté du Liechtenstein et de l’Autriche (Land du Vorarlberg), dont il est séparé par le Rhin ou le Vieux-Rhin.
Au nord, il confine avec l’Allemagne (Länder de Bavière et de Bade-Wurtemberg), le lac de Constance étant la frontière. A l’ouest et au sud, se trouvent les cantons de Thurgovie, de Zurich, de Schwytz, de Glaris et des Grisons.
En raison de ces frontières, l’histoire à l’origine du canton de Saint-Gall, créé en 1803 suite à l’Acte de médiation, ne fut pas des plus simples.
Les Rhètes, les Romains, les Francs, les Alamans, les Victorides
Après quatre siècles de domination romaine (15 avant J.-C- à 410 après J.C.), la Rhétie devint une société gallo-romaine.
Les Alamans introduisirent leur culture et leur langue germanique. Dans la partie méridionale, cependant, le gallo-romain resta la langue principale jusqu’au Moyen Age.
La partie nord de la Rhétie fut attribuée à l’évêché de Constance (à partir de 843 archevêché de Mayence). Les Ostrogoths jusqu’en 536, les Alamans et les Francs dominèrent cette région.
La partie sud de la Rhétie appartint à l’évêché de Coire (jusqu’en 843 archevêché de Milan, à partir de 843 archevêché de Mayence). Les Victorides exercèrent le pouvoir en tant qu’évêques de Coire et dirigeants séculiers.
L’abbaye de Saint-Gall et le monastère de Pfäfers
Les propriétaires les plus puissants furent les abbayes de Saint-Gall et de Pfäfers.
Les invasions des Hongrois en 926 et des Sarrasins en 935 furent une période sombre de l’histoire de ces abbayes.
Jusqu’à l’extinction de la dynastie en 1268, le duc de Souabe joua un rôle de premier plan dans la destinée des deux abbayes. Ils furent suppléés par les comtes de Kybourg, les Habsbourg, les comtes de Toggenbourg, Monfort, Werdenberg, Rapperswil et Vaz ainsi que les barons de Sax.
L’abbaye de Saint-Gall était étroitement liée aux Habsbourg. Les nombreuses parties et états indépendants de la région et leurs relations complexes ne permirent pas que le territoire de Saint-Gall devienne un canton de plein droit avant 1803 (Acte de médiation).
L’abbaye de Saint-Gall fut, sous le contrôle des Habsbourg, l’un des plus grands propriétaires fonciers. Au XVème siècle, les citoyens de Saint-Gall s’organisèrent de plus en plus. En 1415, la ville de Saint-Gall obtint l’immédiateté impériale et fut également indépendante de l’abbaye.
En 1454, la ville impériale de Saint-Gall signa un traité d’association avec Schwytz, Lucerne, Zurich. Glaris, Zoug et Berne.
Cependant, à la fin du XVème siècle, l’abbaye de Saint-Gall fut encore l’un des plus grands propriétaires fonciers. La principauté abbatiale devint pays allié de la Confédération en 1451 et la ville de Saint-Gall en 1454.
Douze Etats
À l’époque, le territoire du futur canton actuel se composa de douze états autonomes ou sujets, relativement petits aux régimes politiques différents : les abbayes de Saint-Gall et de Pfäfers, les villes de Rapperswil et de Saint-Gall, la seigneurie de Sax-Forstegg ainsi que les territoires sujets de Sargans, Werdenberg, Rheintal, le comté d’Uznach, Gaster, Weesen et Gams.
Pendant la Réforme, certaines régions restèrent catholiques et d’autres régions, dont la ville de Saint-Gall, devinrent protestantes.
1798-1848
L’instauration de la République helvétique (1798-1803), Etat centralisé et unitaire, mit fin à cette fragmentation politique.
Suite à l’Acte de médiation de 1803, Saint-Gall, qui compta huit districts, entra dans la Confédération suisse. Le canton de Saint-Gall signa le Pacte fédéral en 1815 et approuva la Constitution fédérale en 1848. L’abbaye de Saint-Gall fut dissoute en 1805.
Le diocèse de Saint-Gall fut fondé en 1847. L’abbaye de Saint-Gall fut rendue à l’ordre des bénédictins. L’abbaye de Saint-Gall, sa bibliothèque, qui abrite l’une des plus grandes et précieuses collections de manuscrits originaux datant du Haut Moyen Age, et les bâtiments conventuels ont été inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1983.
Le drapeau du canton de Saint-Gall
Le drapeau du canton de Saint-Gall, qui date de 1803, comporte une hache blanche entourée d’un faisceau de licteur blanc (verges entourant une hache, symbole de l’autorité des magistrats romains) sur fond vert.
Il faut imaginer le faisceau de licteur en trois dimensions afin de comprendre qu’il est composé de huit verges (trois d’entre elles sont cachées sur une représentation en deux dimensions) évoquant les huit districts lors de la création du nouveau canton en 1803.
Les rubans verts incarnent la solidarité. La hache représente la force et la puissance des uns et des autres mis ensemble. Le vert, couleur des libéraux de l’époque, fut repris du drapeau de la République helvétique, symbolisant la liberté.
Source : Dictionnaire historique de la Suisse, canton de Saint-Gall, https://hls-dhs-dss.ch/fr/articles/007390/2017-05-11).
Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice.










































































































