Der heilige Fridolin. Wappen des Kantons Glarus.

Le canton de Glaris

Glaris (Glarus en allemand) fut mentionné pour la première fois au début du IXème siècle sous le nom latin de Clarona.

Le canton a pour patron saint Fridolin, moine évangélisateur irlandais du début du VIème siècle qui convertit Glaris au christianisme.

500-1352

Saint Fridolin séjourna à Poitiers (France), dans le sud de l’Allemagne et en Suisse. Il fut l’un des compagnons de saint Gall, aussi nommé Gall de Suisse (540-615) qui avec saint Colomban (540-615) et d’autres moines irlandais évangélisèrent la Francie et la Germanie.

Saint Fridolin fonda le monastère de Bad Säckingen, sur une île du Rhin entre la Forêt-Noire et le Jura et devint le saint patron de Glaris en raison des liens étroits qui existèrent entre le canton et le monastère. Au XIII siècle Glaris appartint au couvent de Säckingen.

La première apparition du drapeau – avec l’image de saint Fridolin – fut la bannière de 1388 ayant rassemblé les Glaronnais lors de leur victoire avec les Confédérés contre les Autrichiens lors de la bataille de Näfels.

A partir du VIème siècle, Glaris appartint au royaume franc des Mérovingiens, puis des Carolingiens. Au cours de cette période, la langue allemande des Alamans (l’alémanique) remplaça la langue romane des Gallo-Romains. La région fit partie du Saint-Empire romain germanique dès le Xème siècle.

Les comtes de Lenzbourg (jusqu’en 1173) et de Kybourg (jusqu’en 1264) furent les plus importants souverains séculiers, puis vint la domination de la maison de Habsbourg.

Cependant, le canton de Glaris résista aux Habsbourg et, en 1352, forma une alliance avec la Confédération. Toutefois, après quelques semaines, les Confédérés durent rendre le territoire de Glaris à la maison de Habsbourg, toujours une puissance dominante. Les Confédérés ne récupérèrent finalement Glaris qu’en 1388.

Après les batailles de Sempach (1386) et de Näfels (1388) cela changea puisque les Confédérés remportèrent ces batailles au détriment des Habsbourg. Le canton de Glaris se libéra des Habsbourg et du monastère de Bad Säckingen, qui leur appartenait.

   

1352-1798

Glaris obtint l’immédiateté impériale (Reichsunmittelbarkeit), le statut de ville impériale libre du Saint-Empire romain germanique en 1415.

Glaris introduisit la Landsgemeinde, institution de démocratie directe, en 1387. Petit canton montagnard, Glaris pratique encore aujourd’hui la Landsgemeinde, réunion populaire en plein air, durant laquelle les décisions politiques sont prises à main levée par la population.

L’une des décisions les plus importantes à prendre porta sur la question de la religion pendant la Réforme. En 1529, la Landsgemeinde donna force de loi à la Réforme protestante.

Pendant les guerres de Kappel en 1529 et 1531, premières guerres de religion en Europe, le canton de Glaris resta neutre. La Landsgemeinde en 1531 rétablit la messe à Glaris et à Schwanden, qui purent toutefois garder leurs prédicants réformés.

Le premier concordat de Glaris (Landesvertrag) du 21 novembre 1532, qui donna des garanties aux minorités catholiques, mit fin au conflit religieux pour quelque vingt-cinq ans.

 

La paix religieuse

Cela fut exceptionnel en Europe et possible seulement dans les cantons suisses : le canton de Glaris voulut dès lors résoudre les antagonismes religieux par le biais d’accords et de compromis.

Cette démarche ne fut pas toujours couronnée de succès et le risque de guerre civile exista également en Suisse. Mais là aussi, l’entente prévalut et des paroisses mixtes dans lesquelles le lieu de culte eut lieu à tour de rôle par les différentes communautés (simultaneum) furent instaurées.

En 1586 fut signée la Ligue d’Or, une alliance conclue entre les sept cantons catholiques, soit cinq cantons intérieurs Uri, Schwytz, Obwald, Nidwald, Lucerne ainsi que Fribourg et Soleure, pour le maintien de la confession catholique dans la Confédération. La partie catholique du canton de Glaris adhéra à la Ligue d’Or en 1655.

Catholiques et protestants se partagèrent l’administration du canton de Glaris.

La victoire des protestants sur les catholiques lors de la seconde bataille de Villmergen en 1712 – la première bataille eut lieu en 1656 – mit un terme à l’hégémonie catholique sur le territoire suisse après la signature de la Paix d’Aarau, la même année. Ce traité amena la paix religieuse au sein de la Confédération suisse.

1798-1848

Le canton de Glaris fit partie de la République helvétique (1798-1803), accepta l’Acte de médiation de 1803, signa le Pacte fédéral en 1815 et approuva la Constitution fédérale en 1848.

Lors des débats portant sur le Pacte fédéral, le canton de Glaris soutint les efforts de révision dès les années 1830. Ses troupes participèrent en 1847 à la guerre contre le Sonderbund.

Le drapeau du canton de Glaris

Le drapeau et l’armoirie du canton de Glaris représentent l’évangélisateur Fridolin de Säckingen paré de son auréole d’or, de sa crosse et de son livre sur fond rouge. L’armoirie glaronnaise est la seule armoirie cantonale, qui représente un être humain.

Le moine irlandais saint Fridolin est l’emblème du canton de Glaris depuis le Moyen Age.

(Source : Dictionnaire historique de la Suisse, canton de Glaris, https://hls-dhs-dss.ch/fr/articles/007374/2017-05-30).

Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice