Cortaillod et sa fameuse industrie

La région de Cortaillod (canton de Neuchâtel) fut habitée dès la préhistoire. Les pilotis de chêne apparus lors de l’abaissement du niveau du lac provoqué par la première correction des eaux du Jura (1868-1891), sont les témoins des habitations des hommes du Néolithique et l’Age du bronze.

Le village actuel de Cortaillod (du bas latin Curtile ou Cortillum : petit jardin attenant à une ferme) a été fondé au Moyen Age par les habitants de Boudry (canton de Neuchâtel).

Le village relevait de deux ou trois seigneuries : de Gorgier, du prieuré de Bevaix et du comte de Neuchâtel. En 1503, les habitants du village obtinrent de l’évêque de Lausanne, Aimon de Montfaucon (1443-1517), l’approbation pour construire la chapelle, dédiée à saint Nicolas.

Au XVIème siècle, sous la domination de 1512 à 1529 des douze cantons qui avait fait un baillage commun de l’ancien comté de Neuchâtel – sous la dynastie d’Orléans-Longueville depuis 1504 – la commune reçut la permission d’édifier un moulin sur le Vivier.

C’est au XVIIIème siècle que Claude-Abram DuPasquier (1717-1783) et Jacques-Louis de Pourtalès (1722-1814) fondèrent et développèrent l’industrie des toiles peintes : les indiennes. Cette technique connut un grand succès et la renommée de l’indiennage neuchâtelois s’étendit à toute l’Europe.

La Fabrique-Neuve de Cortaillod fut l’une des premières et des plus importantes entreprises de sa branche. A la fin du siècle, sa production atteignit 45 000 pièces et elle employait alors plus de 700 ouvriers.

Le blocus continental, instauré par le décret français du 21 novembre 1806 – Napoléon Bonaparte ferma les ports du continent européen sous domination française au commerce avec l’Angleterre – et la loi prohibitive de l’entrée des toiles imprimées dans l’Empire français (1852-1870) accélérèrent la décadence de cette industrie.

En 1879, fut fondée à Cortaillod, une fabrique suisse de câbles électriques, nommée les Câbles de Cortaillod. Puis la société – avec siège à Cortaillod, puis à Paris et à nouveau à Cortaillod – a été active sous diverses raisons sociales.

L’entreprise a été transformée en holding en 1975. Elle a été reprise par Alcatel-Alsthom en 1994. Puis Nexans, expert mondial de l’industrie du câble, a vu le jour en 2000. La société Nexans est entrée à la bourse de Paris en 2001.

Le site de Cortaillod est aujourd’hui le siège de Nexans Suisse dont les produits font connaître le village de Cortaillod dans de nombreux pays du monde.

(Source et plus d’information : www. cortaillod.ch).

Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice.

Le village de Concise

Le village de Concise (canton de Vaud) et les villages environnants de Corcelles-près-Concise, Onnens, La Golette, Concise-sous-Colachoz n’existaient pas il y a cinq mille ans.

Situées sur la rive nord du lac de Neuchâtel, dans une ancienne baie maintenant comblée, les stations lacustres de Concise figurent parmi les sites les plus importants de l’archéologie palafittique d’Europe. Elles furent découvertes lors de la construction de la voie ferrée Yverdon-Neuchâtel en 1860.

Les fouilles ont dévoilé près de 8000 pilotis, vestiges de 25 villages préhistoriques successifs construits entre 4300 et 1570 avant J.-C., se superposant ou se recoupant partiellement.

Implantées en milieu amphibie, les maisons ont toutes un plancher surélevé. Deux de ces villages, particulièrement bien conservés, présentaient un système d’accès et de palissades unique en Suisse.

Il y a peu de preuves de l’existence de pilotis jusqu’à 4000 ans avant J.-C. Cependant, la région était déjà habitée. Cela fut attesté par des objets de rituels funéraires.

En Suisse, la période palafittique a duré de 4300 à 800 avant J.-C., comprenant ainsi le Néolithique (âge de la pierre polie), l’âge du bronze et le début de l’âge du fer.

Des traces d’habitations sur pilotis, datant du IIème siècle avant J.-C., ont été découvertes. Ce fut une période climatique relativement froide et le niveau du lac était alors plus bas. Cette tendance s’est poursuivie jusqu’en 900-800 avant J.-C. (période de Hallstatt).

L’un des villages les plus célèbres se trouvait à Grandson-Corcelettes (canton de Vaud), au bord du lac de Neuchâtel.

Il était composé de deux sites : le premier, peu important, datant de l’âge de la pierre et un second, bien plus intéressant et mis à jour en 1876, datant de l’âge du bronze.

L’histoire de Concise continue avec la période celtique (la Tène), la carrière de la Favarge à l’époque romaine, dont la pierre jaune fut utilisée pour la construction des murs de la ville romaine d’Aventicum, aujourd’hui Avenches, le christianisme, le premier royaume des Burgondes (443-534), les Mérovingiens et la Carolingiens (534-888), le second royaume des Burgondes (888-1032), les rois allemands et les empereurs du Saint-Empire romain germanique, les comtes et ducs de Savoie (1207-1536), la ville de Berne (1536 et la Réforme), la République helvétique (1798-1803), l’Acte de médiation (1803-1813), l’entrée du canton de Vaud dans la Confédération suisse (1803), le Pacte fédéral (1815) la Constitution fédérale (1848).

Source : O. Meuwly et al, Histoire Vaudoise, Lausanne 2015

Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice.

St. Jean-Baptiste à Concise

L’histoire du village de Concise (canton de Vaud) commença avec les Lacustres, entre 4300 et 1570 ans avant J.-C. Le site de Concise compta vingt-huit villages lacustres construits les uns après les autres aux mêmes emplacements.

Le village posséda une carrière romaine, qui fournissait en pierre calcaire les constructeurs romains d’Avenches (Aventicum). Au temps des romains, le village de Concise fut connu sous le nom latin de Conciza, qui signifie coupe de bois, forêt coupée.

Dès l’an 1050 environ, Concise fut administré par la famille de Grandson. Dépendant du prieuré de Grandson jusqu’à la Réforme en 1536, l’église romane de Saint Jean-Baptiste date de la fin du XIème siècle.

Les deux chapelles qui forment le transept – nef transversale qui coupe la nef principale d’une église constituant ainsi une croix – sont gothiques.

La nef ne fut édifiée qu’en 1677 dans un style gothique tardif. La façade occidentale est percée d’une fenêtre à bandeau néo-romane typique du XIXème siècle.

(Source et plus d’informations : https://concise.ch).

Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice.

La Grande Béroche et Saint-Aubin

Le village de Saint Aubin (canton de Neuchâtel) fut déjà habité durant le néolithique (4000 avant J.-C.). Puis, les Celtes, les Romains, les Bourguignons et les Francs colonisèrent successivement la région à partir de 900 avant J.-C.

En 1176, l’évêque de Lausanne fit don de l’église – dédiée à Saint-Aubin – à l’abbaye de Saint Maurice. Elle resta sa propriété jusqu’à la Réforme de 1531.

L’abbé Guillaume (mort en 1198) rénova ensuite l’église en 1180 dans le style roman. L’église de Saint-Aubin constitua le cœur spirituel du territoire appelé aujourd’hui encore la Béroche, région qui s’étend de la commune de Bevaix (canton de Neuchâtel) à la frontière vaudoise et jusqu’au Creux-du-Van.

Au milieu du XIIIème siècle, Gorgier était considéré comme une châtellenie relevant essentiellement de la puissante famille d’Estavayer.

En 1433, la châtellenie de Gorgier-Saint-Aubin fut rachetée par Jean 1er de Neuchâtel, seigneur de Vaumarcus (1374-1466). Dès cette date, elle fut seigneurerie et propriété des comtes de Neuchâtel-Vaumarcus.

Aujourd’hui, Saint-Aubin, qui forme une seule commune avec Sauges depuis 1888, constitue le village le plus important de la Béroche. En 2016, la population des communes de Bevaix, Fresens, Gorgier, Montalchez, Saint-Aubin-Sauges et Vaumarcus a accepté de fusionner pour former la commune de la Grande Béroche, qui a ainsi vu le jour le 1er janvier 2018.

(Source et informations complémentaires : www.saint-aubin-sauges.ch).

Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice. 

Dialogue avec le paysage

 Avec son panorama d’exception, La Vue-des-Alpes est un site attractif pour cette région située sur le col entre Neuchâtel et La Chaux-de-Fonds.

A quelques pas de là, le panorama sur les géants alpins fait place à d’autres paysages fabuleux façonnés par l’homme, au cœur desquels s’érigent des murs de pierres sèches, signatures de l’Arc jurassien.

Entre 2014 et 2020, le Chemin des Pionniers a fait l’objet d’un vaste projet de revalorisation paysagère entre La Vue-des-Alpes et Les Vieux-Prés, sur la commune de Val-de-Ruz.

Des équipes ont été chaque année mobilisées pour reconstruire, pierre après pierre, les murs de pâturages érigés au cours des siècles.

Quelque 1300 mètres ont été restaurés en sept ans, tant par des professionnels de la maçonnerie en pierre sèche que par des bénévoles, requérants d’asile ou personnes en réinsertion professionnelle.

Autant d’hommes et de femmes qui contribuent ainsi activement à la sauvegarde paysagère de la région.

Art-en-Vue est un festival qui nous emmène à la découverte des paysages de La Vue-des-Alpes qui, avec son panorama d’exception, constitue un site touristique d’importance cantonale.

Le panorama sur les géants alpins fait place à d’autres paysages fabuleux façonnés par l’homme, au cœur desquels s’érigent des murs de pierres sèches, pâturages boisés, chalets d’alpage, activités agricole et pastorale.

Il y a un parcours d’installations artistiques en plein air, une présentation des 13 œuvres monumentales créées par Jean-Paul Zimmermann, Emmanuel DuPasquier, dit Paxon, et Ruben Pensa.

(Source et plus d’information : www.artenvue.ch).

Le vallon de l’Ermitage à Neuchâtel

Le vallon de l’Ermitage est un havre de paix au cœur d’une nature préservée et verdoyante avec un panorama exceptionnel sur la ville de Neuchâtel, le lac et les Alpes.

On peut y découvrir le monde végétal du Jardin botanique et l’univers du Centre Dürrenmatt grâce aux diverses expositions et activités, ainsi que de nombreuses excursions dans la forêt.

Le bucolique Jardin botanique de Neuchâtel propose une biodiversité exceptionnelle. Une balade à travers les sentiers passe des côtes alpines à la Méditerranée, de la sécheresse de la serre désertique à la chaleur de la serre tropicale, en s’attardant sur des plantes exotiques et carnivores.

Des expositions et de nombreuses animations relatent le lien des hommes à leur environnement. C’est ici que Friedrich Dürrenmatt (1921-1990), né à Konolfingen (canton de Berne), écrivain, auteur de romans policiers, dramaturge et peintre, de langue allemande, a trouvé calme et sérénité pour réaliser son œuvre.

La maison de Friedrich Dürrenmatt a été incorporée au bâtiment construit par Mario Botta (1943), architecte tessinois, et fait partie du Centre Dürrenmatt Neuchâtel (CDN) inauguré en 2000.

Le Centre Dürrenmatt, qui rassemble, conserve et diffuse l’œuvre du célèbre écrivain et peintre présente ses tableaux en lien avec son œuvre littéraire et organise des expositions et des manifestations.

En 2021, le Centre Dürrenmatt Neuchâtel célèbre le 100ème anniversaire de la naissance de Friedrich Dürrenmatt (1921–1990) avec de nombreuses nouveautés.

Le dialogue entre son œuvre picturale et son œuvre littéraire est tout particulièrement mis en valeur. A quelques enjambées de là se trouve l’étang aux grenouilles de Combacervey, réputé pour accueillir une grande population de grenouilles.

En dessus de la Coudre, se détache l’Abbaye de Fontaine-André, datant du XIIème siècle, qu’entourent de magnifiques jardins. Elle fut fondée par des moines, fils de seigneurs de Neuchâtel, autour de la source de Fontaine-André.

C’est un lieu privé depuis 2013 et son propriétaire s’applique à faire rénover l’abbaye afin de lui redonner l’allure qu’elle avait au XIXème siècle.

Un funiculaire relie La Coudre à Chaumont où une tour panoramique de 1912 dévoile une vue spectaculaire sur les Trois-Lacs, le Plateau et par temps clair, sur les sommets des Alpes : l’Eiger, le Mönch, la Jungfrau et le Mont Blanc.

Depuis Chaumont, le Sentier du Temps (4,5 km) descend dans la forêt jusque dans les hauteurs de Neuchâtel. Le long d’un chemin, parfois escarpé, dix-sept sculptures permettent de remonter le temps, du Big Bang – origine et évolution de l’Univers – à l’apparition de l’homme.

(Source et plus d’informations: www.vallonermitage.ch)

Les palafittiques préhistoriques autour des Alpes

En 2021, les “sites palafittiques préhistoriques autour des Alpes” fêtent le 10ème anniversaire de leur inscription sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.

Les vestiges d’établissements préhistoriques palafittiques (sur pilotis), datant d’environ 5000 à 500 ans avant J.-C., sont situés au bord des lacs, des rivières, des marais des Alpes et de l’arc alpin.

Ils ont révélé des éléments qui donnent un aperçu de la vie quotidienne dans l’Europe alpine du Néolithique et de l’âge de bronze, ainsi que des informations sur la façon dont les communautés interféraient avec leur environnement.

Ce bien transnational en série du patrimoine mondial, comporte 111 sites localisés en Allemagne, en Autriche, en France, en Italie, en Slovénie, en Suisse où se trouvent 56 sites, représentant plus de 1000 villages palafittiques connus.

Nous avions prévu nombre d’événements en 2021, mais la pandémie de Coronavirus, toujours présente, nous oblige à revoir régulièrement le calendrier des dates des manifestations.

Pour l’ensemble des évènements, en raison de l’évolution constante de la situation, nous vous recommandons de vérifier la teneur des informations auprès des organisateurs quelque peu avant les dates projetées.

(Source et plus d’informations : www.palafittes.org).

Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice.

Les châteaux suisses à 360°

La Société d’histoire de l’art en Suisse – SHAS (www.gsk.ch) vous invite à découvrir et à admirer neuf châteaux suisses.

Vous pouvez apprécier les châteaux de Berthoud, Hallwyl, Romont, Wildegg, Stockalper à partir de maintenant.

Les châteaux de Spiez, Waldegg, Zoug et Werdenberg font, quant à eux, partie de l’offre fondatrice du site 360° Swiss Heritage de la Société d’histoire de l’art en Suisse.

Le projet 360° Swiss Heritage était destiné aux casques de réalité virtuelle. Il peut être découvert sous cette forme dans plusieurs châteaux ainsi que dans plusieurs offices du tourisme en Suisse.

Pour les mobiles, il est possible d’activer le gyroscope, ce qui permet de faire la visite 360° en déplaçant la tablette tout autour de soi.

(Source et plus d’informations : www.360-swiss-heritage.ch)

Sur les pas des Huguenots et des Vaudois

En 1598, le roi de France Henri IV (1553-1610) signa l’édit de Nantes, qui mit fin à 36 ans de guerres de religion, et instaura, pour la première fois dans l’histoire de son pays, la coexistence de deux confessions : l’une catholique et l’autre protestante. Cela fut un échec et en 1685, Louis XIV (1638-1715) révoqua l’édit de Nantes.

Sous la pression de la France, le duc de Savoie Victor Amédée II (1666-1732) ordonna la cessation immédiate de toute forme de culte, la démolition des temples, l’éloignement des pasteurs et des enseignants ainsi que le baptême catholique pour les nouveau-nés vaudois. Les troupes du duc, avec le renfort de celles du roi de France, envahirent alors les vallées vaudoises du Piémont.

La révocation de l’édit de Nantes entraîna l’exil de plus de 150 000 huguenots – protestants du royaume de France – par voie maritime ou terrestre. Ils se mirent en route vers la Suisse, l’Allemagne, l’Angleterre ou les Pays-Bas où le protestantisme s’était déjà largement développé.

L’édit de Fontainebleau, le 18 octobre 1685, révoquant l’édit de Nantes 

Cet exode considérable s’étendit sur plusieurs décennies. Environ 80’000 huguenots choisirent Genève et la Confédération helvétique. La situation géographique de la Suisse, sa structure politique confédérale, bi-confessionnelle depuis la Réformation et sa tolérance religieuse la prédestinait à être une terre d’asile.

Les réfugiés traversèrent les forêts austères du Jura vers Neuchâtel et le Pays de Vaud ou alors franchirent les Alpes par le Grand Saint-Bernard, d’autres visèrent Coire par les cols des Grisons.

Parmi les itinéraires parcourus par les huguenots, deux voies principales furent établies entre Genève et Schaffhouse. Concernant le transport et l’aide aux réfugiés huguenots, Genève et Berne jouèrent un rôle essentiel. La ville d’Aarberg (Berne) fut un relais important sur la voie d’eau entre Berne et Brugg (Argovie).

(Source et plus d’informations :  Fondation Via, www.via-huguenots.ch).

Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice.