Disponible en allemand, néerlandais et anglais
Auteur/autrice : Maarten Koning
Le festival Bibliotopia
La Fondation Michalski à Montricher (canton du Vaud) organise la 6ème édition du festival Bibliotopia, week-end des littératures autour du monde, qui se déroulera les 31 mars, 1er et 2 avril.
Quinze écrivains et écrivaines de tous horizons vous inviteront à cheminer sur les sentiers de l’incertitude, entre méandres de la technologie et remises en question des vérités reçues, crises climatiques et ombre des guerres, poids des secrets de famille et valeur de la mémoire.
Source et plus d’informations: Fondation Jan Michalski pour l’écriture et la littérature
Octophonia et les Habsbourg
En ce lieu singulier à Ottmarsheim, en Alsace (France), à vingt kilomètres de Bâle, fut fondée vers 1030-1045 l’abbatiale Saint-Pierre et Saint-Paul, joyau de l’architecture romane, par le comte Rodolphe d’Altenbourg, frère de Radbot, tous deux ancêtres des Habsbourg. Soutenu par les Habsbourg, l’abbaye de Murbach en Alsace devient aussi importante.


L’Abbaye de Murbach
Témoins de cet héritage européen, les archiducs Hertha Margarete et Sandor Habsbourg-Lorraine assistèrent le 15 juin 2019 sur le parvis de l’abbatiale à la cérémonie de dévoilement du monument « Flamme de la paix » dans le cadre du festival européen de chants et de lumières Octophonia.


L’abbaye de Ottmarsheim et son église romane
Le monde grandit grâce et à travers la musique. Elle favorise les relations au-delà des mots et rassemble alors que tant de choses divisent. Intergénérationnelle, la musique est source d’expériences corporelles, sensorielles, sociales car l’ardeur qu’elle déploie peut être partagée avec d’autres ; elle marque aussi les étapes de la vie émotionnelle et contribue à développer nos identités individuelles. C’est le message que diffuse Octophonia.
Par son plan centré octogonal, l’église Saint-Pierre et Saint-Paul, qui date de la première moitié du XIème siècle, est inspirée de la chapelle palatine d’Aix-la-Chapelle, basilique octogonale à coupole.
Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice.

L’église d’Ottmarsheim
L’industrie de la glace
C’est en 1879, sur les rives du lac Brenet, dans la Vallée de Joux (canton de Vaud), que furent construits des hangars de 14’000 m3, avec double paroi et isolation, pouvant contenir jusqu’à 5’000 tonnes de glace. Dès lors et jusqu’en 1942, la glace naturelle y était stockée en énormes quantités chaque hiver, pour être vendue dans les grandes villes de Suisse et de France durant l’été.

La glace, qui était utilisée pour conserver les aliments, était transportée, en train à partir de 1886, jusqu’aux brasseries et autres restaurants de Paris, Lyon, Dijon et même dans le sud de la France.
Le village du Pont, situé au bord du lac, était l’une des plus grandes fabriques de glace d’Europe et le centre de l’industrie suisse de la glace. Le travail était fait à la main, par un nombre d’employés impressionnant : entre janvier et février, plus de 130 ouvriers travaillaient sur les champs de glace et dans le grand entrepôt, sciant dans le lac des morceaux de glace d’un mètre de large, qui étaient ensuite stockés dans le hangar.

La guerre et la baisse du niveau du lac de plusieurs mètres en 1942 mirent fin à cette industrie, bien avant le boom des réfrigérateurs des années 1950.
L’hôtel de la Truite, au Pont, est le plus ancien établissement de ce type dans la vallée et est mentionné dès 1662. L’un de ses plus célèbres locataires fut Edgar Rochat (1845-1929), l’initiateur de l’industrie de la glace au Pont.
(Source: et photos: La Région. Le journal de Nord Vaudois du 25 février 2015; Rémy Rochat, Edgar Rochat & Cie au Pont, Vallée de Joux, Le Pèlerin, 1999).
Révision:Lars Kophal, journaliste et rédacteur

L’éléfant de l’ombre en romanche
Soit une masse bleue énorme, de dos, de face, de profil, couchée, assise, avec juste ce qu’il faut d’ombres grises et d’orteils au bout des pattes pour dessiner les rondeurs d’un éléphant. c’est lui, l’éléphant de l’ombre, lui et son chagrin immense ! Comment le sortir de cette peine incompréhensible ?
Les animaux de la jungle tentent de l’extraire de cette situation en « racontant une histoire rigolote »… C’est le singe qui essaie le premier. Exit le singe, arrivent les sœurs autruches en troupe ordonnée. Les sœurs autruches, la mine basse, s’en retournent et laissent la place au crocodile, grand commis avec son allure de maître d’hôtel qui, après la rigolade, tente la gourmandise. Un instant, on croit que l’éléphant va se laisser tenter mais, le plat renversé, le crocodile repart et l’éléphant nous présente son dos. On le sent pesant, désolé, inconsolé.
C’est alors qu’arrive une petite souris. Dans un tête-à-tête d’abord muet s’installe un dialogue. L’album, silencieux jusqu’ici, laisse toute la place à la tristesse de la souris. Miracle, l’éléphant est touché par son histoire, on perçoit son intérêt : il s’est redressé, il regarde la petite et le jeu entre les tailles, la symétrie des personnages, font naître l’émotion.
Lorsqu’ils partent ensemble dans la confiance de l’amitié, le comique des situations précédentes fond devant la présence forte et fragile du lien noué. Un bel album sur l’amitié, graphiquement fort dans le jeu des couleurs et des formes, une composition magistrale des images et une histoire qui entraîne une réflexion sur les liens interpersonnels et les inclinations du cœur.
(Nadine Robert (Texte), Valerio Vidali (Illustrations), l’éléfant de l’ombre, Lausanne 2020)
Une uniun rumantscha à Bâle
La Confédération suisse soutient les cantons des Grisons et du Tessin dans la préservation et la promotion des langues et des cultures romanches et italiennes.
Environ 40 % des quelque 60’000 romanchophones vivent en dehors de leur région linguistique, à savoir le canton des Grisons. Ainsi, la préservation et la transmission de la langue et de la culture aux générations futures constituent un grand défi pour les Romanches qui vivent en « diaspora ».
L’Office fédéral de la culture (OFC) fait, également en dehors de l’aire linguistique romanche, une priorité de la promotion de la langue et de la culture romanches. En collaboration avec la Lia Rumantscha, l’OFC soutient à ce titre des projets qui privilégient l’apprentissage et le renforcement du romanche hors du canton des Grisons.
Dès lors, la création d’associations et d’organisations romanches à l’extérieur des Grisons constitue un projet réussi. Aujourd’hui, de telles uniuns/cumünanzas existent à Winterthur, Zurich, Saint-Gall, Appenzell Rhodes-Extérieures, Appenzell Rhodes-Intérieures, Berne et Lucerne. Leur objectif est d’être présentes dans toutes les grandes villes de Suisse et, partant, de contribuer au maintien de la quatrième langue nationale.
Le 18 mars 2023, une nouvelle uniun/cumünanza Rumantscha sera fondée à Bâle. Et qui sait, cette initiative pourrait peut-être bientôt faire des émules en Suisse romande et au Tessin !
(Source et informations complémentaires : Lia Rumantscha et www.bak.admin.ch)
Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice.
Le carnaval de Bâle
Disponible en allemand et néerlandais
La Suisse multilingue
« Les langues ne sont pas neutres. Elles incarnent des cultures, elles imprègnent les mentalités, elles engendrent des affinités, elles aiguisent des susceptibilités, elles expriment des sensibilités, elles traduisent des manières de raisonner, de penser, de vivre et elles influencent et déterminent même la conception que les citoyens ont du rôle de l’Etat par rapport aux individus et à la société » (José Ribeaud, La Suisse plurilingue se déglingue. Plaidoyer pour les quatre langues nationales suisses, Neuchâtel, 2002).
Les Quatre Langues
La Suisse est le seul pays d’Europe qui a quatre langues nationales : l’allemand, le français, l’italien et le romanche. L’allemand, le français et l’italien sont les langues officielles de la Confédération suisse et de ce fait les lois et les documents doivent être disponibles dans ces trois langues.
Dans ses rapports spécifiques avec les Rhéto-Romanches – dans ce cas uniquement – l’État considère également le Romanche comme une langue officielle.
Dans le labyrinthe européen des langues et des cultures, la Suisse occupe une position unique avec sa petite superficie (41 000 kilomètres carrés).
Il y a plus de 5 millions de germanophones en Suisse alémanique avec leurs nombreux dialectes –uniquement parlés – regroupés sous le terme générique de Schwyzertütsch – la langue écrite étant le Hochdeutsch, presque 2 millions de francophones en Suisse romande et dans les cantons bilingues de Berne, de Fribourg et du Valais, presque 400 000 italophones au Tessin et dans les Grisons et plus de 60 000 romanches dans cinq régions des Grisons. A cela s’ajoutent de nombreuses autres langues parlées par les étrangers vivant en Suisse.
En Suisse, trois langues – l’allemand, le français et l’italien – ont été reconnues comme langues officielles dans la Constitution fédérale de 1848. Le romanche a été ajouté à cette liste en 1938 : il est partiellement officiel. L’allemand, le français, l’italien et le romanche sont les quatre langues nationales parlées sur le territoire.
Le rôle des Langues au niveau fédéral
Jusqu’au plus haut niveau fédéral et dans l’élection des membres du gouvernement, les langues jouent un rôle dans les nominations, les débats et les apparitions publiques.
En général, les fonctionnaires au niveau fédéral maîtrisent au moins deux des trois langues officielles (allemand, français, italien). Les délibérations du Conseil national (Nationalrat) font l’objet d’une traduction simultanée dans les trois langues officielles. Les députés au Conseil des États – il représente les cantons suisses – s’expriment depuis leur place. Contrairement au Conseil national, il n’y a pas de traduction simultanée.
Les documents sont distribués en allemand et français, mais les rapports oraux des commissions s’effectuent le plus souvent en une seule langue. Les textes officiels de la Confédération, notamment les lois, les ordonnances, les messages, les rapports et les communiqués de presse, doivent toujours être publiés simultanément dans les trois langues officielles.
Pour les cantons plurilingues, il n’y a pas de garantie constitutionnelle que chacune des langues puisse être représentée par un député au Parlement fédéral : ainsi, le canton de Berne, qui est bilingue, est représenté exclusivement par des membres germanophones au Parlement fédéral, par exemple.
En revanche, l’égalité des langues exige que tous les actes du Parlement soient publiés dans les trois langues officielles et cette publication trilingue doit avoir lieu simultanément. Les textes d’une importance particulière ainsi que la documentation sur les votations et les élections fédérales sont également publiés en romanche.
Aujourd’hui, il y a lieu de constater qu’en général les jeunes citoyens suisses ont de la peine à maîtriser une seconde langue nationale.
L’anglais
L’anglais devient parfois la langue commune. Les échanges d’étudiants, d’apprentis se font principalement entre la Suisse alémanique et la Suisse romande et peu avec le Tessin.
Dans les divers cantons, les discussions relatives à l’enseignement des langues sont nourries. L’anglais est-il plus important que le français dans les cantons germanophones et l’allemand dans les cantons francophones ?
La question de l’italien est plus rarement abordée. Cela vaut aussi, par exemple, pour les régions des Grisons où le romanche est la langue principale : l’allemand est toujours obligatoire comme deuxième langue.
Deux langues étrangères au moins sont enseignées en Suisse au cours des premières années de scolarité. Alors ?
Conclusion
On arrive à la conclusion que, même dans une Suisse traditionnellement multilingue, la coexistence et l’intégration harmonieuses ne vont pas de soi. Les structures constitutionnelles, éducatives, locales et la question de la mentalité doivent toujours faire l’objet d’une attention soutenue.
Mais efforts et attention en valent la peine. Ils font de la Suisse l’un des pays les plus diversifiés et les plus intéressants d’Europe. Et malgré sa (multi)diversité culturelle, linguistique, religieuse et politique, il est aussi le pays le plus prospère et le plus démocratique du continent européen.
Sur les traces de Suchard à Neuchâtel
Durant 164 ans, les senteurs cacaotées ont embaumé le vallon de Serrières (commune de Neuchâtel). Le guide est une invitation à (re)découvrir l’histoire de la célèbre chocolaterie neuchâteloise et de partir explorer le vallon de Serrières à Neuchâtel.
Ce sont la couleur violette et la vache Milka que l’oeil associe à une tablette de chocolat au lait, les publicitaires du début du XXe siècle ayant réussi à fixer ladite marque au-delà de toute espérance.
De la petite entreprise familiale à la multinationale, l’existence de la chocolaterie est ponctuée de hauts et de bas, de stratégies visionnaires et d’occasions manquées, mais elle constitut un pan d’histoire industrielle de première importance qui a fait la renommée de Neuchâtel à l’échelle planétaire, au même titre que l’horlogerie.

Boudry. Geboortehuis Suchard
Dès 1989, on ne fabrique plus de chocolat à Serrières et en 1996, Suchard quitte définitivement le site.Il reste aujourd’hui de Suchard un nom, une marque, des produits, de riches archives, et un site industriel d’importance.
(Claire Piquet, Un parfum de chocolat, sur les traces de Suchard à Neuchâtel, Neuchâtel, 2022)
Association Danse Neuchâtel 2023
L’ADN (Association Danse Neuchâtel) a été créée en 1996. Elle accueille aussi en 2023 des spectacles enthousiastes et sincères qui n’ont pas peur de tout requestionner, qu’il s’agisse de l’amitié, des ressources du corps, du destin féminin, de la quête du sacré, ou encore de retrouver le goût du faire ensemble afin de réinventer nos vieilles sociétés.
Cette année est aussi jalonnée d’événements sur tout le territoire (ateliers, rencontres, conférences). 2023, c’est aussi une année de coopération avec le secteur éducatif régional, amenant à (re)découvrir la danse et le sens du corps à l’école.
(Source et plus d’informations: Association Danse Neuchâtel)
