L’Aar, La Reuss, La Limmat, le Rhin et Coblence en Suisse

Le village de Coblence (Koblenz en allemand), situé dans le canton d’Argovie, est le point de confluence de l’Aar et du Rhin.

La Suisse est le château d’eau de l’Europe. La région dans le triangle de Brugg, Turgi et Klingnau, où les trois rivières Aare, Reuss et Limmat se rejoignent dans l’Aare au district de Vogelsang à Gebenstorf, est appelée le château d’eau (Wasserschloss) de la Suisse

L’Aar est le plus grand affluent du Rhin, avec un débit en mètres cubes d’eau par seconde (m3/s) plus important que celui de la Moselle à Coblence en Allemagne. Le Rhin et la Reuss prennent leur source dans le massif du Saint-Gothard. La Limmat est un affluent du lac de Zurich.

L’Aar provient du glacier de l’Oberaar dans les Alpes bernoises orientales. Il traverse ensuite les lacs de Brienz et de Thoune, s’achemine vers Berne, capitale de la Suisse, et sillonne à travers la ville de Soleure, belle ville baroque. La Limmat est un affluent du lac de Zurich.

Lors de la correction des eaux du Jura aux XIXème et XXème siècles, l’Aar, qui a été canalisé jusqu’au lac de Bienne, entre dans le Rhin via le lac de Bienne, passe devant les villes d’Olten et d’Aarau puis se dirige vers Brugg où il est rejoint par la Reuss et la Limmat, deux grands fleuves, pour finalement se jeter dans le Rhin à Coblence. Avec ses 295 kilomètres, l’Aar est le plus long fleuve, qui coule exclusivement sur le territoire suisse.

Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice.

L’entrée des Gorges de l’Aar (Aareschlucht) près Meiringen

La fin des Gorges de l’Aar (Aareschlucht) près Meiringen

Meiringen, Sherlock Holmes et James Moriarty

L’ Aar près Solothurn

L’Aar, le Rhin et la Reuss près Coblence

Le Rhin près Kaiseraugst

Deux empires dans la région de Brugg-Windisch

 Deux empires ont marqué la région de Brugg-Windisch (canton d’Argovie). Le parc légionnaire de Vindonissa (Windisch) et la ville de Brugg ont été d’importants sites militaires et administratifs de l’Empire romain, puis de l’Empire des Habsbourg.

L’Empire romain

Le camp militaire d’une légion romaine (environ 5 000 soldats et officiers) était construit autour de la frontière (Limes) avec les tribus germaniques. De nombreux vestiges de bâtiments rappellent le séjour de plusieurs siècles des Romains. En outre, plusieurs complexes ont été partiellement ou entièrement reconstruits ou rénovés sous forme de répliques.

Dans le parc des légionnaires, la Contuberna (quartier des soldats) et les villas des officiers supérieurs et du commandant ont été reconstruites. Les murs, les tours et les portes d’entrée (la porta principalis (porte ouest), la porta praetoria (porte sud) et la porta decumana (porte nord), le balneum (établissement de bains), le valetudinarium (lazaret) et l’aqueduc, entre autres, peuvent être visités.

Le plus ancien amphithéâtre de Suisse (11 000 spectateurs) se trouve à l’extérieur du camp. Par ailleurs, les Romains ont introduit la viticulture. Dans quatre villages, on pratique aujourd’hui la viticulture selon la méthode romaine (die römischen Rebberge).

Le musée de Vindonissa retrace la présence romaine grâce à de nombreuses découvertes archéologiques et à une vaste documentation.

 Les Habsbourg

Les Habsbourg ont construit leur château Havichsburg, devenu Habsburg, à quelques kilomètres de Brugg. Après que ce château a perdu son importance stratégique au 13e siècle, l’importance de Brugg s’est accrue. Les Habsbourg furent les premiers seigneurs bâtisseurs de la ville.

Sur le site de l’ancien camp de légionnaires, la reine Élisabeth (1285-1353), veuve du roi Albert Ier assassiné en 1308, fonda également deux monastères et construisit l’église du monastère de Königsfelden en mémoire du roi Albert Ier. Albert Ier (1255-1308) est toujours enterré dans la cathédrale de Spire, mais jusqu’en 1528, les descendants des Habsbourg y étaient enterrés et commémorés par les moines franciscains et les sœurs de l’ordre des Clarisses.

Les magnifiques vitraux gothiques datent des années 1330-1350. En outre, l’église a servi de mémorial aux chevaliers tués à la bataille de Sempach en 1386.

Les deux monastères ont été dissous en 1528 et le monastère franciscain a été démoli par la suite. Aujourd’hui, les bâtiments restants servent d’hôpitaux (psychiatriques) et d’archives.

Brugg

Le chateau de Habsbourg et le nouveau pouvoir mondial

L’une des sources les plus instructives sur les premiers Habsbourg sont les Acta Murensia sur la fondation du monastère de Muri en 1027. Les premiers Habsbourg sont probablement issus d’une famille alsacienne. Le château des Habsbourg a été construit vers 1030. (Voir aussi le dernier Habsbourg à Bâle).

Les Acta Murensia citent les Habsbourg Radbot et Werner de Strasbourg comme bâtisseurs. Vers 1100, Otto II fut le premier Habsbourg à se faire appeler comte de Habsbourg. Ce titre fait référence à la charge comtale en Alsace.

Les Habsbourg profitèrent de l’extinction d’autres dynasties de la région (dont les comtes de Lenzbourg et plus tard de Kybourg) et acquièrent des comtés dans le sud du Zürichgau, dans le Frickgau et, vers 1200, en Argovie.

En 1273, les électeurs du Saint Empire Romain Germanique élurent le comte Rodolphe IV (1218-1291) comme roi d’Allemagne Rodolphe Ier (1218-1291). Le château de Habsbourg n’était alors plus adapté comme résidence et les Habsbourg déménagèrent à Brugg, Bremgarten ou Laufenburg.

Le château fut ensuite occupé par des nobles au service des Habsbourg jusqu’à la conquête de l’Argovie par la Confédération suisse en 1415. En 1469, le château a passé aux mains du monastère de Königsfelden à Brugg.

Lors de la dissolution du monastère en 1528, le château passa aux mains de Berne. En 1804, le nouveau canton d’Argovie en devint propriétaire.  Aujourd’hui, le château est un monument national.

Une petite exposition présente l’histoire de la construction du château et l’ascension des Habsbourg vers une puissance mondiale.

(Source et plus d’informations: Via Habsburg; P. Frey, M. Hartmann, E. Mauer, die Habsburg, Bern 1999; Museum Aargau)

La Suisse orientale est un pays du textile

La Suisse orientale est un pays du textile. Elle a longtemps compté parmi les plus importantes et les plus grandes régions d’exportation de produits de broderie au monde.

Dès l’année 825, les moines du monastère de Saint-Gall fabriquaient les premiers vêtements et autres textiles. Le commerce international et la production ont pris son essor au XVème siècle avec la fondation de la première corporation de tisserands à Saint-Gall.

Vers 1910, plus de la moitié de la production mondiale provenait de Suisse orientale et la broderie constituait, avec une part d’environ un cinquième, la plus grande branche d’exportation de toute l’économie suisse.

La Première Guerre mondiale (1914-1918) a mis fin à cette apogée. Pourtant, le commerce et la fabrication de textiles ont eu une influence décisive (concernant l’emploi, l’industrie, la créativité et les réseaux internationaux) sur la Suisse orientale.

Bien avant que la ville de Saint-Gall ne devienne célèbre pour ses broderies exquises au 19e siècle, des commerçants de Saint-Gall et d’Appenzell avaient déjà fait du commerce avec succès en Europe et dans le monde entier avec des tissus de lin produits en Suisse orientale.

Au XVIIème siècle, le village et la région de Herisau (canton d’Appenzell Rhodes-Extérieures) faisaient non seulement partie des zones les plus densément peuplées d’Europe, mais étaient également à la pointe de la production de lin. Au 18e siècle, Trogen (canton d’Appenzell Rhodes-Extérieures) a repris ce rôle. Teufen était un autre lieu important pour la production textile internationale et le commerce.

L’industrie du lin et le commerce international du lin ont prospéré jusqu’au milieu du 18e siècle. À partir de 1750, le lin fut de plus en plus remplacé par le coton. Avec l’invention de la machine à broder manuelle en 1828 par Josua Heilmann (1796-1848), la broderie a progressivement supplanté la production de coton. Isaak Groebli (1822-1917) a ensuite inventé la machine à broder Schiffli en 1863 et l’industrie textile a atteint son apogée.

Dès 1830, l’industrie textile suisse représentait une concurrence sérieuse pour l’industrie britannique. Le gouvernement britannique envoya même une délégation en Suisse pour enquêter sur ce « miracle économique« . Le parlementaire John Bowring (1792-1872) rédigea le rapport « The Report on the Commerce and Manufactures of Switzerland » qui, d’une certaine manière, est toujours d’actualité !

La Première Guerre mondiale a toutefois mis fin à cette période de croissance. Mais même pendant les années difficiles de l’Interbellum (1918-1939) et de la Seconde Guerre mondiale (1939-1945), le commerce et la production de textiles n’ont pas disparu. Ils occupent toujours une place (économique) importante en Suisse orientale.

St. Gall et le musée du textile (Textilmuseum)

Aujourd’hui, les méthodes de production textile (high-tech) marquent également les innovations dans d’autres domaines, par exemple dans la fabrication de matières plastiques, de filtres ou de conducteurs, et pour la broderie, la broderie saint-galloise est toujours considérée comme pionnière dans le monde entier.

(Source and further information: Textilland Ostschweiz; Musée du textile de Saint-Gall; Musée d’Herisau; Jahrhundert der Zellweger; Textildorf Rehetobel).

Herisau

Les huguenots à Berne

Cette année, il y aura 400 ans que des cultes en français sont célébrés dans l’ancienne église des Dominicains, connue dès lors comme l’église française de Berne.

Le jubilé revient sur le rôle de la minorité francophone à Berne hier et aujourd’hui. Une histoire peu connue mais toujours d’actualité, celui de faire se rencontrer des langues et des cultures.

Les festivités auront lieu du dimanche 27 août au dimanche 1er octobre 2023. Les activités visent à la rencontre des cultures et donneront une place au français et à l’allemand.

(Source et plus d’informations: l’église française de Berne)

(Voire aussi: la Fondation VIA sur les pas des Huguenots et des Vaudois du Piémont)

L’église française de Berne

L’église Wallonne d’Amsterdam

Altenrhein, le vieux Rhin et Hundertwasser

Altenrhein est une ville frontalière avec l’Autriche, située dans la commune de Thal, dans le canton de Saint-Gall. Altenrhein se trouve au bord du lac de Constance (Bodensee), à l’extrémité d’un promontoire situé entre les bras de l’ancien delta du vieux Rhin.

En 983, l’évêque de Constance a fait don d’Altenrhein au monastère de Petershausen à Constance. Le village est mentionné sous le nom de Rinisgemünde. Depuis le XVIIe siècle, le village s’appelle Altenrhein.

Le vieux Rhin 

À la fin du Moyen Âge, c’est l’abbaye de Saint-Gall qui en est la propriétaire. En 1803 (fondation du canton de Saint-Gall), Altenrhein a été rattaché à la commune de Thal.

La population vivait principalement du Rhin et du lac de Constance. Depuis 1900, le cours du Rhin près d’Altenrhein n’est plus alimenté que par le canal intérieur de la vallée du Rhin. Depuis 1973, les rives sont une réserve naturelle et Altenrhein est aujourd’hui une zone de sports nautiques, de tourisme et de loisirs.

Entre 1926 et 1927, l’aéroport a été construit et l’usine d’avions Dornier Altenrhein a vu le jour, transformée en Flug- und Fahrzeugwerke Altenrhein (FFA) en 1949.

Aujourd’hui, le village est connu pour l’aéroport de Saint-Gall-Altenrhein, l’ancienne Flug- und Fahrzeugwerke Altenrhein, le Fliegermuseum et le projet architectural de Hundertwasser (Die Markthalle-Altenrhein) au bord du lac de Constance.

(Source et plus d’ informations: Bodensee Kultur.info)

Die Markthalle -Altenrhein

Découvrir le patrimoine suisse

La devise des 30ème Journées européennes du patrimoine est Découvrir le patrimoine. Une nouvelle plateforme en ligne présente de manière claire et moderne toutes les manifestations dans tous les cantons des 9 et 10 septembre 2023.

Le thème illustre les possibilités de conserver l’ancienne splendeur du patrimoine culturel tout en ménageant les ressources.

Sur le site www.découvrir-le-patrimoine.ch, le Centre national d’information sur le patrimoine culturel (NIKE) présente de manière numérique les manifestations des Journées européennes du patrimoine dans tous les cantons: centaines de visites guidées, conférences, ateliers ou expositions.

L’agenda numérique remplace l’ancienne brochure nationale du programme, mais les brochures régionales restent disponibles auprès des services cantonaux de conservation des monuments historiques et d’archéologie.

(Source et plus d´informations: Centre national d’information sur le patrimoine culturel)

Le monastère de Wonnenstein

Le monastère de Wonnenstein revêt une importance culturelle et historique particulière pour les deux cantons d’Appenzell, l’abbaye de Saint-Gall et l’ancien diocèse de Constance.

Situé près du village de Niederteufen (Appenzell Rhodes-Extérieures), le monastère relie les deux cantons d’Appenzell depuis 1597: les bâtiments du monastère appartiennent toutefois à Appenzell Rhodes-Intérieures, les terres agricoles à Appenzell Rhodes-Extérieures.

Au début du XIIIème siècle, Wonnenstein était une communauté de béguines. Vers 1379, à la veille des guerres d’Appenzell, l’abbé Kuno von Stoffeln de l’abbaye de Saint-Gall fonda le monastère.

En 1524, la ville de Saint-Gall introduisit la Réforme. Celle-ci sera étroitement liée à l’histoire du canton d’Appenzell durant la seconde moitié du XVIème siècle (devenu membre de la Confédération (die Eidgenossenschaft) depuis 1513).

Le 8 septembre 1597, la scission entre le canton protestant d’Appenzell Rhodes-Extérieures et le canton catholique d’Appenzell Rhodes-Intérieures est prononcée à la suite d’une votation. Au XVIIème siècle, le monastère atteint son apogée sur le plan économique, culturel et financier.

En 1938, le couvent comptait encore 47 religieuses. Mais depuis 1964, aucune nouvelle sœur ne s’est inscrite. En 2010, le couvent en comptait encore cinq et plus qu’une seule  aujourd’hui. Les terres agricoles sont louées depuis 1980.

Depuis 2014, l’association Kloster Maria Rosengarten Wonnenstein est le successeur juridique du couvent.

Révision: Lars Kophal, redacteur et journaliste

(Source et plus d’ informations: Verein Kloster Maria Rosengarten Wonnenstein)