Guillaume Tell

L’histoire de Guillaume Tell (Wilhelm Tell) est connue. S’agit-il d’une légende ou a-t-elle existé ? Pourquoi se poser la question ?

Doit-on aussi croire à la légende de Romulus et Rémus, les jumeaux fondateurs de Rome ou à celle d’Athéna, à la fois déesse de la guerre et de la défense de la cité d’Athènes ?

L’histoire de Guillaume Tell est pertinente d’après les faits historiques ayant trait aux communautés paysannes des Alpes qui ont défendu leurs intérêts et travaillé ensemble.

On ne peut nier aujourd’hui que la Confoederatio Helvetica a existé et que ses racines remontent aux communautés agricoles et aux villes médiévales. Alors se demander « Et si ? », question entachée d’anachronisme, n’est pas plus à-propos que la vérité de l’histoire.

Sans doute, Guillaume Tell a-t-il exercé une influence importante sur l’histoire de la Suisse et d’autres pays. Il a été célébré à la fin du XVIIIème siècle comme défenseur des droits de l’homme et symbole universel de la lutte pour l’indépendance.

Le musée Tell à Bürglen (Uri), village natal de Guillaume Tell, raconte son histoire en détail. A Altdorf (Uri), où il faisait son marché, est érigée une statue de Guillaume Tell qui porte une arbalète et pose un bras protecteur sur l’épaule de son fils.

(Source et informations complémentaires : www.uri.info.ch).

Les Romains, les Alemanni et les Italiens-Suisses à Oensingen

Le château de Neu-Bechburg, construit au XIIIème sur une corniche et   situé sur la commune soleuroise d’Oensingen, témoigne de l’importance de l’ancienne route commerciale.

A l’époque romaine, cet endroit fut un important carrefour. Le col du Grand-Saint-Bernard était alors un passage d’une importance majeure, tant pour le trafic des personnes que des marchandises.

En relation avec la conquête de la Grande-Bretagne qu’il entreprit au début de son règne, l’empereur Claude (10 avant J.-C. – 54 après J.-C.) a rendu ce col accessible en 43 après J.-C.

Cette route menait de Martigny (Forum Claudii Vallensium) à Avenches (Aventicum ) via Oensingen (nom romain inconnu) et d’Avenches à Windisch (Vindonissa). Une autre route menait d’Oensingen à Kaiseraugst (Augusta Raurica) via Langenbruck.

Après Olten et Soleure (Salodurum), Oensingen était le plus grand village romain de cette région de l’actuel canton de Soleure. Les vestiges de plusieurs villas romaines et de nombreux autres objets archéologiques ont été découverts près d’Oensingen.

Les Celtes (la tribu des Helvètes) et leurs prédécesseurs s’étaient déjà installés dans cette région avant l’époque romaine. Le nom de « Oensingen » a une origine alémanique. Après le retrait des Romains, progressivement dès 401 après J.-C., les Alamans s’installèrent sur le territoire de la Suisse actuelle.

L’église de Saint-Georges, au centre du village, a probablement été construite sur des fondations romaines. La première mention de cette église date de 968.

On en sait peu sur l’histoire de cette construction médiévale, romane et gothique. Soleure est restée catholique pendant la Réforme.

L’église actuelle a été construite au milieu du XVIe siècle. En 1643, il fut décidé d’agrandir le chœur. Ces travaux furent achevés en 1648.

Des rénovations du choeur en 1726, puis de la nef en 1773 furent entreprises sous la direction de l’architecte suisse Paolo Antonio Pisoni (1738-1804).

L’église Saint-Ours à Soleure fut construite de 1762 à 1773 selon les plans de Gaetano Matteo Pisoni d’Ascona (Tessin) et la construction fut achevée sous la direction de son neveu, Paolo Antonio Pisoni.

Cela explique aussi la similitude au niveau de la construction entre l’église Saint-Georges d’Oensigen et l’église de Saint-Ours à Soleure.

Le centre du village et les belles maisons des XVIIème et XVIIIème siècles montrent également la prospérité et l’importance de ce village.

Le Seeland et le Grand Marais

Le Seeland est une région de Suisse majoritairement située dans le canton de Berne. Elle a été habitée par les Celtes, leurs prédécesseurs et leurs successeurs, les Romains, les Bourguignons et les Germains.

La région connut les deux royaumes de Bourgogne (443-534 et 888-1032), les dominations franque et carolingienne, puis la domination des souverains locaux du Saint-Empire romain.

  

Après les comtes francophones de Neuchâtel, la région passa sous la domination du duché francophone de Savoie et des comtes de Châlons à partir de 1375. Cela explique également la frontière linguistique entre francophones et alémaniques dans cette région.

La conquête de la Seigneurie de Cerlier (Erlach) par les Bernois en 1474 lors des guerres de Bourgogne (1474-1477) fit passer la région sous la domination définitive du canton de Berne, germanophone.

Pendant la Réforme, le territoire passa à l’Eglise protestante et partagea l’histoire du canton de Berne lors de l’invasion française de 1798.

La République helvétique (1798-1803) était un Etat unitaire centralisé avec une nouvelle structure administrative du pays basée sur le modèle français. La Confédération des XIX cantons (1803-1813) naquit suite à l’Acte de médiation de 1803.

En 1815, le territoire fut définitivement attribué au canton de Berne, ce qui sera confirmé en 1848. A partir de la seconde moitié du XIXème siècle, les villages et les villes ont bénéficié des lignes de chemin de fer commerciales qui permirent de se rendre de Berne à Neuchâtel et de Bienne à Morat.

La correction des eaux du Jura, vaste entreprise d’aménagements hydrauliques dans la région des trois lacs (Neuchâtel, Morat et Bienne), y réalisa des assainissements et détournements de cours d’eau.

La première correction des eaux du Jura, avec la création du canal de la Thielle et du canal de la Broye, eut lieu de 1868 à 1891. La deuxième correction qui constitua, entre autres, à élargir et à approfondir les canaux existants se déroula de 1962 à 1973.

Grâce à ces améliorations, le Seeland est devenu la plus importante région de production de légumes de Suisse. On y cultive aussi des fruits, des céréales, des betteraves sucrières et de la vigne.

Le Grand Marais, zone de bas-marais formée par des inondations régulières, a également été asséché lors des corrections des eaux du Jura. Ainsi, les sols et prairies, très fertiles conviennent parfaitement à la culture maraîchère, ce qui a apporté au XXème siècle une nouvelle prospérité à la région.

Les châteaux, les églises et les bâtiments fascinants des villes et des villages du Seeland témoignent de leur riche passé et des influences françaises et germaniques.

Le Creux du Van

Le Creux du Van est une réserve naturelle protégée dans le Jura, sur les rives du lac de Neuchâtel. Montagnes jusqu’à 1 400 mètres, forêts, prairies, rivières, gorges et falaises imposantes caractérisent la région.

C’est non seulement un endroit idéal pour la randonnée, mais il offre également de bonnes possibilités de sports d’hiver, notamment pour la raquette et le ski de fond.

C’est aussi une région idéale pour la flore et la faune, avec beaucoup de précipitations, mais aussi beaucoup de soleil et un sol fertile.

La faune et les prédateurs étaient abondants jusqu’à la colonisation aux XVIe et XVIIe siècles.

Le dernier ours du Creux du Van a été abattu en 1757. Au début du XXe siècle, il ne restait plus beaucoup d’animaux et les grands prédateurs ont été exterminés.

Aujourd’hui, cependant, les cerfs, les chamois, Chevreuils, Lynx et des petits animaux sont à nouveau présents.

L’homme n’a cependant jamais affecté les rocheux et les gorges. Celles-ci sont d’une grande beauté sauvage.

Le Martinsloch et l’arène tectonique de Sardona

Les cathédrales suisses de Genève, Lausanne, Zurich, Bâle, Sion ou, par exemple, Coire (l’un des plus anciens diocèses au nord des Alpes) en valent la peine par leur hauteur, mais les montagnes sont les véritables gratte-ciel du pays.

Il y a des millions d’années,  la collision des plaques d’Afrique et d’Europe a entraîné la formation des Alpes.

Dans l’arène tectonique de Sardona, divisée par le canton de Glaris, Saint-Gall et les Grisons, on peut voir le résultat de ces processus.

La région offre un aperçu de la formation des puissantes montagnes.

Juste en dessous de la crête du Tschingelhörner, à 2600 mètres d’altitude, s’ouvre le Martinsloch. Cette ouverture presque triangulaire, d’un diamètre d’environ 18 mètres, a été formée par l’érosion accélérée d’une partie de la roche.

Deux fois par an, le soleil levant brille à travers le trou et illumine le clocher de l’église du village d’Elm pendant 2 minutes. Puis il disparaît derrière la paroi rocheuse avant de s’élever au-dessus de la crête environ 15 minutes plus tard.

En 2008, l’UNESCO a reconnu ces montagnes comme sites du patrimoine mondial (source : www.whes.ch).

La Brévine, la Sibérie de la Suisse

En 1604, les habitants de La Chaux-des-Taillères n’eurent aucune idée que leur village – situé dans les Montagnes neuchâteloises – s’appellerait La Brévine, trois siècles plus tard.

Les habitants, protestants, devaient se rendre à Môtiers, au Locle ou à Travers pour assister au culte, ce qui était loin du fait des moyens de déplacement de l’époque.

Catherine de Gonzague de Nevers (1568-1629), épouse d’Henri I d’Orléans-Longueville (1568-1595), régente de Neuchâtel durant seize ans et le Conseil d’Etat neuchâtelois autorisèrent la construction d’une église (temple) à La Brévine.

Ainsi, cette église – dont l’intérieur en bois est bien conservé – fut édifiée le 2 décembre 1604.

Elle a été rénovée à plusieurs reprises au cours des derniers siècles. En 2004, l’église a été pourvue d’un autel en marbre et de quatre nouveaux vitraux pour marquer le quadricentenaire de sa construction.

Le 12 janvier 1987, la station météorologique de La Brévine indiquait une température de – 41.8 C°. Ce record absolu mesuré officiellement par MétéoSuisse vaut au village de La Brévine son surnom de Sibérie de la Suisse et l’a rendu célèbre dans tout le pays.

Pour marquer cet événement, l’emblématique Fête du froid, qui attire jusqu’à 5000 visiteurs, est organisée chaque année depuis 2012 à la Brévine sauf durant la pandémie de coronavirus.

Sibérie de la Suisse ! La Brévine avait-elle déjà une telle réputation en 1604 ? En tous les cas, la promenade didactique de La Brévine au temps passé, élaborée à partir de souvenirs et d’anecdotes des habitants, retrace la vie et les activités d’autrefois.

Ancienne église de Saint-Martin

L’ancienne église paroissiale de Saint-Martin, dans la commune de Cressier (canton de Neuchâtel), est située à côté du château de Jeanjaquet.

L’origine de l’église remonte aux VIe et VIIe siècles. Des spolia (matériaux) provenant d’un ancien temple romain ont été utilisés dans les murs latéraux de l’église. Il est probable qu’un temple romain soit le prédécesseur de l’église.  Les Romains ont quitté cette région au début du cinquième siècle.

La première ville épiscopale de cette région fut Aventicum (Avenches), Lausanne devint la nouvelle ville épiscopale au cours du sixième siècle.

En 1180, l’évêque de Lausanne fit don de l’église, de ses vignes, forêts, lieux de pêche et prairies à l’abbaye de Fontaine-André (à Neuchâtel-La Coudre).

Après la construction de la nouvelle église Saint-Martin à Cressier, M. Jean Jaquet achèta l’église en 1872.

Château Jeanjaquet

Dans le canton de Neuchâtel, un randonneur rencontre souvent une surprise après l’autre.

Au-dessus du village de Cressier, dans la forêt et près des vignes, se dresse le château de Jeanjaquet. Le château est une propriété privée et n’est pas ouvert au public. La promenade entre les vignobles et la forêt vaut déjà la peine. Avant et à l’époque celtique, ce lieu était déjà habité.

Des découvertes romaines dans l’église Saint-Martin montrent qu’il y avait un temple romain à cet endroit pendant la domination romaine.

La vallée de la Sagne

La vallée de la Sagne est située à l’ouest du canton de Neuchâtel. La vallée s’étend dans les montagnes du Jura avec le Mont-Racine à une altitude de 1449 mètres comme point culminant.

Les villages les plus importants sont les Ponts-de-Martel et La Sagne. Les pentes sont couvertes de forêts denses, de prairies et de fermes.

En été, c’est une vallée idéale pour la randonnée, l’équitation et le cyclisme, en hiver, c’est un endroit pour le ski, les raquettes et quelques petites pistes de ski.

L’industrie horlogère n’est plus un secteur important dans la vallée. Toutefois, de nombreuses autres petites et moyennes entreprises ont pris cette place en plus du secteur agricole qui reste important.