Glacier Whisky à la suisse

Le mot whisky vient du mot celtique « Uisge Beatha » et signifie eau de vie. Mais cette notion est quelque peu trompeuse en ce qui concerne le whisky car les conditions de récolte de l’orge, voire celles de l’année de distillation, n’ont aucune influence sur le résultat final.

Seul compte vraiment le temps qu’a passé le malt dans le fût. Le whisky est une boisson d’origine irlandaise et écossaise.

Le whisky doit contenir au minimum 40 % d’alcool et avoir mûri pendant au moins trois ans dans des fûts en bois d’une capacité maximale de 700 litres. L’autre ingrédient est l’eau pure.

Jusqu’à récemment, la Suisse n’était pas connue comme pays producteur de whisky. Mais cela a changé. Un whisky exclusif, fabriqué à partir d’eau de source claire et de matières premières provenant des montages, est né d’une coopération entre les Grisons et le Valais. Il est distillé en Valais, entreposé à l’air pur des Grisons et produit totalement en Suisse. La première production de ce whisky se nomme « Glacier Whisky ».

Une distillerie à Brigue-Glis (canton du Valais) et une cave dans le val Tantermozza près de Zernez (canton des Grisons) ont produit les 6 000 premiers litres, stockés dans vingt fûts en chêne du Valais.

Le premier fût a déjà atteint un degré de maturité suffisant pour être mis en bouteille et commercialisé.

La Suisse est maintenant aussi un pays de « Uisge Beatha ».

Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice.

L’Association des plus beaux villages suisses

L’Association des plus beaux villages suisses a été fondée il y a cinq ans à Lugano, au Tessin. Son but est de promouvoir, entre autres, le patrimoine rural des villages suisses.  L’association a trouvé sa première perle Poschiavo, petit village située dans le Val Poschiavo, la plus méridionale des 150 vallées des Grisons, directement à la frontière avec l’Italie.

De l’autre côté de la Suisse, à l’ouest, l’Association a déniché dans le canton de Vaud un autre trésor Grandson, grâce à son patrimoine historique – château, église et bourg médiéval – et ses rives du Lac de Neuchâtel.

Eglisau, dans le canton de Zurich, près du Rhin, a été le premier village germanophone à être élu beau village suisse.

Saint-Ursanne est le premier joyau du canton du Jura. Nichée au cœur d’une nature luxuriante sur les rives du Doubs, cette petite cité médiévale recèle des trésors.

Après 5 ans d’existence, l’association a désigné 40 belles villes et beaux villages dans 14 cantons.  Elle offre un aperçu du patrimoine rural national.

(Source et plus d’informations : www.borghisvizzera.ch).

Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice.

Vacances au cœur du patrimoine

La fondation Vacances au cœur du patrimoine loue 42 appartements monumentaux en Suisse. Les maisons sont des monuments historiques avec le confort du 21e siècle.

Le plus ancien bâtiment, la Haus Tannen à Morschach dans le canton de Schwyz, a été construit en 1341. La maison la plus récente, l’Eichhölzli à Bienne, date de 1933 et est un symbole de construction moderne. La fondation loue 42 appartements aujourd’hui.

(Source et plus d’ informations: La fondation Vacances au cœur du patrimoine)

Dalì rencontre Dante à la Fondazione Majid

En 1950, le gouvernement italien a commandé à Salvador Dalì (1904-1989) l’illustration d’une édition spéciale de la Divina Commedia, la célèbre œuvre de Dante Alighieri (1265-1321).

Dalì a réalisé une centaine de gravures sur bois à l’aquarelle au format A4. Elles représentent trente-trois aquarelles chacune pour l’Enfer, le Purgatoire et le Paradis, ainsi qu’une introduction.

Elles forment une expression originale et unique de l’imagination du maître du surréalisme. Le voyage à travers l’Enfer, le Purgatoire et le Paradis est interprété de manière métaphysique et psychologique. C’est la première fois que cette œuvre d’art peut être vue en dehors de l’Italie.

(Plus d’informations: Fondazione Majid)

Les langues des Grisons et Lausanne

Le canton des Grisons est en grande partie germanophone. Il compte plusieurs dialectes suisses alémaniques (Schweizerdeutsch – Schwyzerdütsch en dialecte), dont le Höchstalemannisch, le Walserdeutsch ou le Zürichdeutsch.

L’italien est la langue officielle des quatre régions du sud des Grisons qui possèdent une frontière avec le Tessin : le val Mesolcina (Misox en allemand), le val Calanca, le val Bregaglia (Bergell en allemand) et le val Poschiavo (Puschlav en allemand). Il s’agit de dialectes lombards utilisés aussi au Tessin et dans les zones voisines du nord de l’Italie.

Répartis sur un territoire morcelé, 40 000 habitants du canton des Grisons parlent régulièrement un des cinq idiomes romanches. Selon l’art. 18 de la Constitution fédérale, la liberté de la langue est garantie.

C’est une condition préalable à de nombreux droits fondamentaux telles que la liberté d’expression et d’opinion, la liberté de la presse ou la liberté artistique.

La solution pratique se trouve dans le principe de territorialité, selon l’art. 70, paragraphe 2 de la Constitution fédérale : Les cantons déterminent leurs langues officielles. Afin de préserver l’harmonie entre les communautés linguistiques, ils veillent à la répartition territoriale traditionnelle des langues et prennent en considération les minorités linguistiques autochtones.

 Pour le Tribunal fédéral de Lausanne, la liberté individuelle garantit le droit de parler aussi bien le rumantsch grischun qu’un autre idiome romanche. Lorsque cette instance statue sur un recours formé par une commune ou une personne de langue romanche contre une décision rendue par une autorité du canton des Grisons, son arrêt est rédigé en romanche, plus précisément en rumantsch grischun, la langue standard unifiée.

(Source : G. Janzing, Rätoromanisch, 4e édition (Bielefeld, 2016).

Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice. 

Les orchestres de chambre 1920-2020

En Suisse, il n’y a ni Wolfgang Amadeus Mozart, ni Ludwig van Beethoven, ni Frédéric Chopin. Néanmoins, le pays connut une révolution musicale – oubliée – dans les années 1920.

Ce fut le début de ce que l’on appela plus tard les Années folles, période d’intense activité artistique.

Concernant la musique classique, la période romantique s’étendit de 1820 jusqu’au début du XXème siècle : les grands orchestres romantiques furent ainsi encore à l’avant-garde.

Le compositeur et chef d’orchestre suisse Alexander Schaichet (1887-1964) fonda l’Orchestre de chambre de Zurich en 1920, premier orchestre de chambre en Suisse, de renommée mondiale, qu’il dirigea jusqu’en 1943 et avec lequel il créa de nombreuses œuvres de compositeurs suisses modernes.

L’Orchestre de chambre de Bâle, orchestre symphonique, fut formé en 1926 par Paul Sacher (1906-1999), chef d’orchestre et mécène. Bien que son répertoire comprenne des œuvres du XVIIIème siècle, il est surtout renommé pour avoir joué un rôle de premier plan dans la création et la promotion du répertoire moderne et contemporain du XXème siècle.

Paul Sacher conçut à Zurich en 1941 le Collegium Musicum qu’il dirigea jusqu’en 1992. Durant septante ans de mécénat, il a passé commande aux plus grands compositeurs, révélant d’innombrables chefs-d’œuvre, tout en finançant orchestres, écoles et musées.

La seconde moitié de la période, après la crise de 1929, fut celle de la Grande Dépression et du basculement d’une grande partie de l’Europe dans la dictature. Ainsi, dans les années 1930 et 1940 les orchestres de chambres suisses furent également un symbole de résistance à ces dictatures.

Les dictatures ont utilisé la musique – qui n’a jamais cessé de résonner – pour servir leur idéologie, l’exemple le plus connu étant l’œuvre de Richard Wagner (1813-1883).

Les orchestres de chambre, en revanche, jouaient de la musique moderne, baroque ou de la renaissance qui n’était pas tournée vers un seul pays ou une seule identité nationale.

De plus, les – petits – orchestres de chambre étaient souvent dirigés par différents chefs d’orchestre, ce qui rappelle davantage les chefs d’orchestre à l’époque de Mozart que le long règne des maestros des grands orchestres symphoniques.

Les orchestres de chambre ont gagné leurs lettres de noblesse grâce à d’enrichissantes expériences musicales et à l’apport exceptionnel des membres de l’orchestre.

Musicalement, les orchestre furent et sont encore empreints de démocratie. Ce n’est donc pas un hasard si la Suisse est le berceau des orchestres de chambre et, partant, un acteur sur la scène internationale dans ce registre.

Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice.

Le point de confluence de l’Allemagne, de la France et de la Suisse

Le point de confluence de l’Allemagne, de la France et de la Suisse constitue un carrefour unique de trois pays, trois langues et trois cultures.

Les fleurs de la paix de Sri Chinmoy se trouvent au point de rencontre des trois pays (das Dreiländereck) à Bâle, où la Suisse, l’Allemagne et la France se rencontrent.

Il s’agit de l’un des cinq cents lieux de Sri Chinmoy dans le monde. La source d’inspiration de ce monument est Albert Einstein (1879-1955), qui a vécu de nombreuses années à Berne (1902-1909). C’est dans cette ville qu’il a écrit ses célèbres théories.

Ce coin est également le début (ou la fin) du Grand Tour de Suisse.

Gersau, la plus petite république d’Europe

La Suisse compte aujourd’hui 26 cantons. Le canton des Grisons est issu d’une alliance en 1524 de trois régions: la Ligue de la Maison-Dieu (Gotteshausbund), la Ligue grise ou haute (Grauer ou Oberer Bund) et la Ligue des Dix-Juridictions (Zehngerichtebund).

Près de trois siècles plus tard (1798-1815) ces alliances s’étaient formées dans l’actuel canton des Grisons. L’histoire du village de Gersau sur le lac des Quatre-Cantons (Vierwaldstättersee ou lac de Lucerne) est encore plus remarquable. Pendant des siècles, ce village a eu le statut de plus petite république d’Europe et a été un cas unique même en Suisse.

Le village de Gersau

Gersau se trouve sur le versant sud du Rigi-Scheidegg et entre les montagnes Gersauerstock à l’ouest et Hochfluh et Zilistock à l’est. Pendant des siècles, le village ne fut accessible que par bateau et était protégé des cantons et villages environnants et des Habsbourgs.

L’histoire commença en 1064, lorsque le village de Gersau fut mentionné pour la première fois dans les documents du monastère de Muri. Ce village appartenait alors encore aux comtes de Lenzburg. Cette famille s’éteignit en 1173, après quoi les comtes des Habsbourgs en devinrent propriétaires.

La République Gersau

1359 fut une année importante pour Gersau. Cette année-là, le 31 août, Gersau s’est allié aux quatre cantons d’Uri, de Schwytz, d’Unterwald et de Lucerne qui formaient déjà une confédération. (Eidgenossenschaft).

Ce document est conservé au Musée des chartes fédérales à Schwytz. Dans cette alliance, Gersau, un village de seulement 500 habitants, fut impliqué dans la guerre contre les Habsbourgs en 1386. Les Suisses remportèrent la victoire lors de la bataille de Sempach. Gersau y a également pris part et ses soldats conquirent la bannière des comtes de Hohenzollern.

En 1390, Gersau devint un village indépendant, mais resta alliée à Uri, Schwytz, Unterwald et Lucerne. Dès lors, Gersau avait sa juridiction, sa souveraineté fiscale et son administration indépendante. Le document de l’empereur Sigismond du 31 octobre 1433 confirma ce statut. Ainsi, l’empereur lui accorda l’immédiateté impériale au sein du Saint Empire romain.

Gersau jouissait des mêmes privilèges, libertés et droits – la grande mairie exprima ce statut – que les villes de Berne, Zurich, Bâle ou Lucerne. Les citoyens masculins, âgés de plus de 14 ans, élisaient leurs dirigeants. Le gouvernement se composait du Landammann (ancien gouverneur), de son adjoint (Statthalter) et de sept membres du Conseil.

De nouvelles élections avaient lieu tous les deux ans. Les membres du Conseil réalisaient diverses tâches dans le domaine de l’administration publique et de la défense et endossaient simultanément le rôle de législateurs.

Il existait également un système judiciaire dont le Landammann était (fut?) ‘etait’ (je schrijft toch ook al eerder in de zin ‘existait’?) l’autorité judiciaire suprême. A Gersau, l’Eglise eut son importance : plusieurs églises et au moins trois chapelles y ont été édifiées. Gersau est resté catholique, même après la Réforme, tout comme Lucerne, Uri, Schwytz et Unterwald.

Cependant, jusqu’en 1730, Gersau ne différa pas économiquement des autres villages. L’industrie de la soie ne se développa qu’après 1730 et donna le ton de l’industrialisation. Ainsi, vers 1800 la population doubla et Gersau comptait alors 1000 habitants.

La République de Gersau était un petit Etat indépendant – il ne faisait partie d’aucun canton de la Confédération suisse – dans ce qui est aujourd’hui le canton de Schwytz. Cette petite république était représentée par des diplomates à la Diète fédérale (Tagsatzung).

1798-1815

Cette situation se poursuivra jusqu’à l’invasion française de 1798. Gersau fournit alors des troupes – 60 soldats – pour repousser une éventuelle invasion des soldats français. En mai 1798 l’indépendance de Gersau prit fin avec la République helvétique (1798-1803)

Suite à l’Acte de médiation (Mediationsakt) de 1803 qui donna naissance à la Confédération des 19 cantons (1803-1813) soumis au contrôle français), Gersau rejoignit le canton de Schwytz.

Après le retrait des Français en 1813, cette situation ne changea pas, malgré les efforts diplomatiques de Gersau et un petit intermède en 1814.En 1815, la Confédération des XXII cantons ne reconnut pas Gersau comme une république ou un canton indépendant, mais comme un district du canton de Schwytz.

Deux autres années de conflits juridiques et diplomatiques  suivirent entre Gersau, le canton de Schwytz et la Confédération suisse. Toutefois, le 27 décembre 1817, avec l’approbation de la Diète fédérale, le village de Gersau a été incorporé au canton de Schwytz, ce qui signifia la fin de quatre siècles de la République de Gersau.

(Source: A. Müller, Gersau, Unikum in der Schweizer Geschichte, Baden 2013)