Rätoromanische Inschrift an einem Haus in Trun. Foto: Adrian Michael/Wikipedia

Les langues des Grisons et Lausanne

Le canton des Grisons est en grande partie germanophone. Il compte plusieurs dialectes suisses alémaniques (Schweizerdeutsch – Schwyzerdütsch en dialecte), dont le Höchstalemannisch, le Walserdeutsch ou le Zürichdeutsch.

L’italien est la langue officielle des quatre régions du sud des Grisons qui possèdent une frontière avec le Tessin : le val Mesolcina (Misox en allemand), le val Calanca, le val Bregaglia (Bergell en allemand) et le val Poschiavo (Puschlav en allemand). Il s’agit de dialectes lombards utilisés aussi au Tessin et dans les zones voisines du nord de l’Italie.

Répartis sur un territoire morcelé, 40 000 habitants du canton des Grisons parlent régulièrement un des cinq idiomes romanches. Selon l’art. 18 de la Constitution fédérale, la liberté de la langue est garantie.

C’est une condition préalable à de nombreux droits fondamentaux telles que la liberté d’expression et d’opinion, la liberté de la presse ou la liberté artistique.

La solution pratique se trouve dans le principe de territorialité, selon l’art. 70, paragraphe 2 de la Constitution fédérale : Les cantons déterminent leurs langues officielles. Afin de préserver l’harmonie entre les communautés linguistiques, ils veillent à la répartition territoriale traditionnelle des langues et prennent en considération les minorités linguistiques autochtones.

 Pour le Tribunal fédéral de Lausanne, la liberté individuelle garantit le droit de parler aussi bien le rumantsch grischun qu’un autre idiome romanche. Lorsque cette instance statue sur un recours formé par une commune ou une personne de langue romanche contre une décision rendue par une autorité du canton des Grisons, son arrêt est rédigé en romanche, plus précisément en rumantsch grischun, la langue standard unifiée.

(Source : G. Janzing, Rätoromanisch, 4e édition (Bielefeld, 2016).

Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice.