Une pionnière Bernoise de la céramique à Zurich


Museum für Gestaltung, Toni-Areal. Margrit Linck, Gebrauchskeramik und freie Kunst, 2023 © Photo: Umberto Romito & Ivan Šuta, ZHdK

L’exposition Margrit Linck. Pionnière de la céramique (Margrit Linck. Pionierin der Keramik) présente pour la première fois l’ensemble de l’œuvre de la céramiste bernoise Margrit Linck (1897-1983).

Avec sa créativité, l’artiste a trouvé un équilibre entre l’art appliqué et l’art libre. Son exploration de la forme, de l’expression et de la technique a donné de nouvelles impulsions à la céramique et a fait d’elle une pionnière dans ce domaine.

Son répertoire comprend des métamorphoses animal-humain entre vases et sculptures, des figures peintes avec des coups de pinceau audacieux et des corps librement construits à la main.

Outre de nombreux objets datant de plus d’un demi-siècle, des dessins et des photographies témoignent d’une vie créative variée et d’une grande passion pour son métier et son artisanat.

Dans des interviews vidéo, d’autres artistes évoquent leurs collaborations et leurs expériences avec Margrit Linck. En outre, une installation cinématographique donne un aperçu de l’atelier actuel de Linck Keramik à Worblaufen, près de Berne.

À l’aide d’une vaste collection d’échantillons et de plans de travail anciens, les employés de l’atelier produisent encore des céramiques utilitaires d’après les dessins de Margrit Linck. Ils développent également de nouvelles céramiques.

Iwan Baan. Moments in Architecture


(Deutsch) Weil am Rhein, Ausstellung 'Iwan Baan. Momente der Architektur', Vitra Design Museum. Foto: TES

Iwan Baan (né 1975) est l’un des principaux photographes actuels de l’architecture et de l’environnement bâti. Les images documentent la croissance des mégapoles mondiales, explorent les structures de logement traditionnelles, et dépeignent les bâtiments d’architectes contemporains de premier plan, notamment Rem Koolhaas, Herzog & de Meuron, Kazuyo Sejima et Tatiana Bilbao.

L’exposition (Iwan Baan: Moments in Architecture) présente une grande rétrospective de l’œuvre de Baan. Elle  reflète l’étendue du champ d’action du photographe en dressant un panorama de l’architecture mondiale au début du XXIe siècle, de ses contextes urbains et sociaux, et des personnes qui l’utilisent.

Jacques Rime et la beauté de la nature


Affiche de l'exposition. La Fondation La Maison de la Rivière.

La Fondation La Maison de la Rivière montre les oeuvres du peintre naturaliste Jacques Rime pour une rétrospective (Quand Jacques Rime avec nature) d’une ampleur particulière. Plus de 60 dessins, peintures ou gravures de l’artiste seront exposés jusqu’au 24 mars 2024.

Par son art, ce complice de Robert Hainard témoigne de la beauté de notre environnement. En 2018, La Fondation avait réalisé une vaste exposition consacrée à Robert Hainard, grand artiste animalier de Genève.

Voire aussi: La Fondation Hainard

Rembrandt et la gravure divine


Le Baptême de l’eunuque 1641 © Musée d’art et d’histoire, Ville de Genève

L’ exposition Rembrandt et la Bible. Gravure divine est une collaboration du Musée d’art et d’histoire (MAH) et du Musée International de la Réforme (MIR). En tout, 72 œuvres sont réunies pour la première fois. Cet ensemble représente une grande partie des 89 scènes religieuses gravées du peintre. Car des 314 estampes créées par Rembrandt, 89 ont pour sujet la religion.

À côté des épisodes bibliques, on trouve des portraits de saint Jérôme, des Vierges à l’Enfant, des représentations de la Sainte Famille, de la mort de la Vierge et un portrait de femmes lisant la Bible. On y voit des variantes que l’artiste a composées sur un même thème.

La mise en scène tient compte du médium utilisé par Rembrandt et s’inspire entre autres des feuilles séchant dans son atelier. Le parcours épouse la chronologie de la Bible et des textes de l’Ancien et du Nouveau Testament, placés à proximité des œuvres, permettent d’observer quels épisodes de la Bible le peintre sélectionne et comment il les traite.

Les épisodes bibliques qu’il illustre sont très variées et le réalisme des personnages pourrait être interprété comme une volonté d’associer tout un chacun aux péripéties de l’histoire sainte.

Comme modèles dans ses représentations Rembrandt immortalise sa famille, ses voisins et la population qu’il croise dans l’Amsterdam du 17e siècle. Comme la plupart des gravures sont petites, la scénographie se déploie en créant de nombreux agrandissements de détails.

Plusieurs respirations animent l’exposition disposée sur cinq salles : une première évoque l’artiste et le contexte religieux à Amsterdam, suivie plus loin par un espace combinant des chronologies biographiques, historiques et artistiques.

Une presse typographique inspirée d’un modèle contemporain permet aux visiteurs d’imprimer le détail de gravures de Rembrandt exposées, alors qu’un film explique la technique de l’eau-forte mise en pratique par l’artiste.

La saison italienne à Vevey


Giorgio Ghisi (1520-1584), Les noces de Pschyché et Cupidon,1574. Musée Jenisch Vevey. Cabinet cantonal des estampes, collection de l'Etat de Vaud

Le dessin italien ancien et moderne est au coeur de l’exposition Disegno disegni. Plus de 100 feuilles issues d’une collection particulière déposée au musée depuis 2003 sont mises en lumière pour l’occasion, dans un dialogue fécond avec les propres fonds de l’institution.

Les pièces de la Renaissance au XIXème siècle invitent à voyager à travers les grands centres artistiques d’Italie, de Venise à Rome, en passant par Bologne et Florence.

Autant d’écoles à l’origine d’une production dessinée placée sous le signe de la diversité technique et matérielle. Sujets religieux et profanes, pages d’études et dessins autonomes célèbrent la pluralité qui caractérise le médium et ses multiples fonctions, entre la fin du XVe siècle et les premières décennies du XIXe siècle.

En écho à l’exposition Disegno disegni, le Pavillon de l’estampe propose une sélection de gravures produites en Italie entre le XVIe et le XVIIIe siècle à partir des collections du Cabinet cantonal des estampes.

L’exposition De Raphaël à  Piranèse met en exergue le rôle de la gravure dans la diffusion des modèles italiens, des multiples reproductions d’après Raphaël aux célèbres séries d’estampes de Piranèse. Elle révèle la variété des techniques et des sujets ayant intéressés les graveurs à travers le temps.

Les Ibères sont arrivés à Bâle


Dama de Elche, (g), Dama de Baza, (m), Dama del Cerro de los Santos, (d). Dama de Baza: collection Duran Vall-llorera; Dama de Elche et Dama del Cerro: collection Museu d'Arqueologia de Catalunya, Barcelona. Photo: TES

Les Ibères sont au centre d’une grande exposition archéologique. L’ Antikenmuseum Basel und Sammlung Ludwig, en coopération avec le Museu d’Arqueologia de Catalunya à Barcelone, présente plus de 260 objets provenant de 40 sites archéologiques témoignant de la diversité et de la beauté de ces peuples qui marquèrent l’âge du fer européen.

L’époque des Ibères commence au VIe siècle avant J.-C. et se termine environ 500 ans plus tard avec la conquête de l’ensemble de la péninsule Ibérique par Rome.

Grâce à leur haut niveau de développement social et culturel, ces peuples figurent parmi les civilisations européennes les plus importantes de l’âge du fer. Les Ibères vivaient au sud, sur les côtes de l’Andalousie, entre l’Atlantique et la Méditerranée, ainsi que sur toute la côte est de l’Espagne, jusqu’au Languedoc, dans le sud de la France.

Images: exposition ‘Ibères’, Antikenmuseum Basel und Sammlung Ludwig

Die iberische Kultur entwickelte sich aus der Verbindung lokaler Traditionen mit

Des découvertes spectaculaires, mais aussi de simples objets d’usage courant, retracent l’image d’une société principalement agricole pourvue d’une élite formant un réseau suprarégional.

La culture ibérique résulte d’un mélange de traditions locales avec des influences étrangères venues d’Orient et de Grèce. Attirés par ces ressources, les Phéniciens, puis les Grecs, fondèrent des comptoirs sur les terres ibériques. Les contacts avec les Ibères ne se limitaient pas à l’achat et à la vente de marchandises, mais donnaient également lieu à des échanges culturels

Elle se caractérise par des techniques de production très développées, par exemple dans le domaine de l’orfèvrerie en or et en argent, une langue et une écriture propres, une vénération complexe des dieux et des rituels.

La recherche sur les Ibères prit une ampleur interdisciplinaire. Les fouilles archéologiques, les études historiques, linguistiques et paléogénétiques contribuèrent à nous donner une image plus précise de ces cultures de l’âge du fer.

Les textes de l’exposition sont disponibles en anglais, allemand, catalan, castillan et français.

Matisse, Derain de Vlamincket le fauvisme


André Derain, La Femme en chemise, La danseuse, 1906. National Gallery of Denmark. : © 2023, ProLitteris, Zurich. Photo: SMK Photo/Jakob Skou-Hansen

Au début du XXe siècle, un groupe de peintres autour de Henri Matisse, André Derain et Maurice de Vlaminck s’aventure dans une expérimentation de la couleur. Le critique d’art Louis Vauxcelles les qualifie de « Fauves » dans un article de 1905.

Une manière de pointer la rupture qu’ils consomment avec les conventions académiques, à la fois par leur usage expressionniste de la couleur, par leurs associations de tons inhabituelles et souvent crues, par leur refus de restituer à l’identique les coloris de la nature.

Le fauvisme est le premier courant d’avant-garde du XXe siècle. Pendant une brève période, de 1904 à 1908, il donne le ton dans la métropole artistique qu’est Paris. Son influence va d’ailleurs se faire sentir bien plus longtemps. Georges Braque, Raoul Dufy et Kees van Dongen, entre autres, rejoignent le mouvement.

On est à la fin de la Belle Époque, à un moment où la société moderne des grandes villes se développe rapidement. La mobilité progresse, la publicité et le tourisme deviennent de véritables industries.

L’exposition  montre la vision conventionnelle que l’on a de ce courant, qui a tellement marqué l’époque moderne, mais elle est également remise en question. Une place est faite à des artistes méconnues – notamment à Émilie Charmy et Marie Laurencin – et au rôle primordial qu’a tenu la galeriste Berthe Weill dans le commerce des œuvres fauves.

Kosmos Klee et nouvelle exposition permanente


Paul Klee (1879-1940), Mit der sinkenden Sonne,1919, collection Felix Klee, Depositum im Zentrum Paul Klee, Bern

Le Zentrum Paul Klee presente la nouvelle expostion permanente Kosmos Klee. La collection (Kosmos Klee. Die Sammlung) présente la vie et l’œuvre de Paul Klee (1879-1940) sous un nouvel angle.

Le Zentrum Paul Klee possède et présente la plus vaste collection d’œuvres de l’artiste. Outre ses œuvres, le Zentrum Paul Klee abrite également les archives de l’artiste. Ces archives permettent de découvrir de multiples aspects de la vie artistique et privée de l’artiste. Son amour de la musique, par exemple. Les archives (orales) contiennent également des photographies, des lettres, la bibliothèque de Klee, un film documentaire récemment réalisé et sa vaste collection d’objets.

Le Zentrum Paul Klee est également le centre de recherche sur la vie et l’œuvre de l’artiste. L’archive permet de découvrir les différentes phases de l’œuvre et de la vie de l’artiste.

Une partie du musée est réservée à l’espace FOKUS. FOKUS accueille des expositions temporaires. Elles se concentrent sur un aspect particulier de l’œuvre de Klee ou sur un artiste qui s’y réfère.

La première exposition temporaire présente ses célèbres représentations d’anges. Les anges de Klee ne sont pas des messagers parfaits venus du ciel. Ce sont des êtres avec des traits de caractère humains entre ce monde et l’au-delà.

Dans les expositions suivantes, FOKUS présentera des artistes ayant une relation artistique particulière avec Kle et d’autres thèmes, tels que les réactions des architectes à son œuvre ou l’importance des revues d’art pour l’échange global d’idées entre les artistes dans la première moitié du 20e siècle.

Temps. De Dürer à Bonvicini


Monica Bonvicini, Time of my Life, 2020. Collection Wemhöner. Photo: Jens Ziehe. © Pro Litteris Zürich

L’exposition «Temps. De Dürer à Bonvicini» explore l’histoire de l’idée de temps, ses technologies de mesure, et le sentiment subjectif qu’on y associe. L’éventail des artistes représentés s’étend de la Renaissance à l’époque contemporaine.

Leurs démarches artistiques et esthétiques intègrent des considérations biologiques, physiques, sociales, philosophiques, politiques et économiques. Le temps est l’une des grandes énigmes de l’histoire de l’humanité et ses définitions sont nombreuses. Elles relèvent non seulement de la philosophie, de la biologie, de l’économie ou encore de la politique, mais bien entendu aussi de l’art.

Ce parcours comprend des tableaux, des films, des installations, des performances et des montres historiques. Ce sont autant de témoignages de la fugacité de la vie, des possibilités de méditation dans la peinture, du changement cyclique des saisons ou encore d’un marché financier désormais synchronisé au milliardième de seconde.

Des performances participatives et des installations immersives invitent à échanger des points de vue sur différents modèles d’avenir.

Il existe un grand nombre de concepts et d’expressions forgés autour de la notion de temps. L’exposition ne prétend pas donner des réponses unilatérales à la question de ce que «signifie» le temps, une définition par ailleurs plurielle. Les multiples pistes qu’elle propose encouragent le public à confronter les différentes facettes des notions de temps.

L’exposition est créée en collaboration avec le Musée international d’horlogerie (MIH), La Chaux-de-Fonds.

Le modulor du Corbusier


Karl Blossfeldt (1865–1932), Wurmfarm (Aspidium filix mas), Junge gerollte Blätter in vierfacher Vergrösserung, aus: Urformen der Kunst, Berlin 1928

Toute sa vie, Le Corbusier (1887–1965) poursuit sa quête de dimensions idéales et de système de proportions universellement applicable. L’exposition (le modulor-mesure et proportion) illustre ses recherches passionnées, présente ses inspirations puisées dans la nature, telles que les coquilles d’escargots ou des minéraux, et montre des références tirées de l’histoire de l’art – de l’époque gothique à aujourd’hui.

La conception et l’application du légendaire Modulor, qui relie la stature humaine à la section d’or, en constituent l’apogée. Le Corbusier perfectionne la silhouette programmatique du Modulor et ses formulations géométriques en d’innombrables versions.

À l’aide de ses séries de mesures, il a réalise des projets spectaculaires dans le domaine de la typographie, du design de meubles, de l’urbanisme et de l’architecture – dont le Pavillon de Zurich, intégralement proportionné avec le Modulor.