La dernière principauté de Suisse

Le 19 mai 1815, le canton de Neuchâtel entra dans la Confédération suisse, avec pleine égalité des droits, en tant que 21ème canton, alors que le roi prussien Frédéric-Guillaume III était toujours le prince souverain de Neuchâtel.

Cette histoire remonte à 1706, lorsque Marie de Nemours, de la famille française d’Orléans-Longueville, princesse souveraine de Neuchâtel et Valangin, mourut sans héritier légitime.

Cette famille a dirigé l’ancien comté indépendant de Neuchâtel entre 1504 et 1707. A la mort de la dernière héritière, le tribunal des Trois-Etats ouvrit un procès pour le choix du nouveau souverain.

Au terme de cette procédure, il fut décidé que Frédéric Ier, roi de Prusse et représentant de la maison de Hohenzollern, deviendrait à titre personnel prince de Neuchâtel.

Il est certain que la crainte de l’expansionnisme français, la confession protestante du souverain ainsi que ses promesses ont motivé ce choix.  Neuchâtel était protestante depuis 1530, les bourgeois s’étant ralliés à la Réforme et Berlin, où résidait le roi de Prusse, était beaucoup plus éloigné que Paris.

Plusieurs édifices rappellent la période prussienne. En 1806, trahissant sa promesse de ne jamais l’aliéner, le roi de Prusse, Frédéric-Guillaume III, céda Neuchâtel à Napoléon Bonaparte en échange du Hanovre.

Napoléon signa un décret attribuant au maréchal Louis-Alexandre Berthier (1753-1815), major-général de la Grande Armée, le titre de prince de Neuchâtel et Valangin. La décision de l’Empereur fit du maréchal Berthier l’un des rares dignitaires de l’Empire à bénéficier de la souveraineté d’un Etat.

Il n’en profitera pas longtemps, car après la défaite de Napoléon en 1814, le roi de Prusse récupéra Neuchâtel.

Le canton de Neuchâtel et en particulier les villes industrielles de La Chaux-de-Fonds et du Locle étaient alors des fleurons de l’industrie horlogère.

Un premier acte de rébellion contre l’autorité prussienne intervint en 1831, mais ce ne fut qu’avec la révolution du 1er mars 1848 que le canton s’intégra pleinement à la Suisse et rompit les liens avec la monarchie prussienne.

Ce fut l’indépendance neuchâteloise et la proclamation de la République et Canton de Neuchâtel. Affairé à étouffer les mouvements révolutionnaires dans son propre pays le roi de Prusse, toutefois agacé par la tournure que prenaient ces événements, n’était pas en mesure de riposter.

Le roi de Prusse reçut le soutien du patriarcat de Neuchâtel – qui tira avantage de la carrière militaire du roi et de ses relations économiques prussienne – et de la vallée de la Sagne, située dans les montagnes neuchâteloises, région qui lui demeura fidèle.

En 1856, la Confédération faillit entrer en guerre avec la Prusse. A l’origine du conflit : le canton de Neuchâtel, rattaché à la Suisse tout en appartenant au roi de Prusse.

Après un coup d’Etat raté de la part des monarchistes, le roi réagit et menaça d’envahir la Suisse pour défendre ses droits ce qui entraîna la mobilisation générale de l’armée suisse.

En 1857, le conflit fut résolu et après de longues négociations, le roi de Prusse accepta de renoncer à ses droits. En guise de compromis, le roi de Prusse conserva le titre de Prince de Neuchâtel et comte de Valangin jusqu’à sa mort en 1881. Ce fut la fin de la dernière principauté de Suisse.

Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice. 

Virtual Reality Glacier Experience

Virtual Reality Glacier Experience est une exposition organisée à Diavolezza, Pontresina (dans le canton des Grisons). Son but est de présenter le thème de la fonte des glaciers et des changements climatiques.

Des lunettes de réalité virtuelle permettent de voyager dans le temps, de 1875 jusqu’en 2100, et montrent comment le glacier de Morteratsch a évolué au fil des ans. Des panneaux d’information et sept stations virtuelles révèlent les scénarios possibles pour l’avenir.

De par sa superficie, le glacier de Morteratsch est le plus grand glacier du massif de la Bernina des Alpes grisonnes et est niché dans un imposant univers de montagne. Il y a 120 ans, le glacier de Morteratsch s’étendait de 2 kilomètres de plus vers la vallée.

Il n’a plus aujourd’hui que 6,4 kilomètres de long. Il a fondu à une vitesse d’environ 40 mètres par années. Il laisse entrevoir les effets du réchauffement climatique. De hautes moraines caractérisent le paysage et nous montrent où se trouvait le glacier en 1850.

Mais une innovation donne de l’espoir : il s’agit du projet « MortAlive » (www.mortalive.ch) dont l’objectif et d’empêcher la fonte des glaciers.  L’idée est simple : garder l’eau de fonte au sommet pour produire en hiver, sans électricité, de la neige qui protégera la glace en été.

Lors de températures négatives, des conduites d’eau suspendues saupoudreraient le glacier de neige. L’été, elle refléterait dès lors intensément la lumière du soleil et le glacier fondrait moins.

(Source et plus d’informations : www.glacierexperience.com).

Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice. 

Chenevez et la Haute-Ajoie

C’est le 1er janvier 2009 que la nouvelle commune Haute-Ajoie est née. Elle est le résultat de la fusion de quatre communes qui sont Chevenez, Damvant, Réclère, Roche d’Or. Dès le 1er janvier 2018, le village de Rocourt est venue rejoindre la nouvelle commune de Haute-Ajoie.

La Première mention historique de Chevenez Keffenach en allemand) apparaît en 814, sous le nom  de Chaviniacus. Les terres appartenaient au domaine du cloître de Saint-Ursanne.

Le village a été attribué à l’évêché de Bâle en 1474. De 1793 (invasion française) à 1813 il a appartenue à la France dans la République Rauracienne (1793), le département Mont-Terrible (1793-1800), le département Haut-Rhin (1800-1813), puis au canton de Berne (1815-1978) et, finalement (?) au canton du Jura (1979).

(Source: www.hauteajoie.ch)

La France, la Suisse et la paix perpétuelle de 1516

Les relations entre la France et la Suisse présentent de nombreuses facettes. On estime qu’aujourd’hui plus de 200 000 Français résident en Suisse auxquels s’ajoutent près de 175 000 frontaliers qui y travaillant durant la semaine. Et la plupart des Suisses de l’étranger vivent en France.

La France est le quatrième pays importateur de la Suisse, tandis que la Suisse se classe parmi les dix premiers pays partenaires économiques de la France.

En outre, il existe de nombreux contacts culturels, scientifiques, sociaux et politiques entre la France et la Suisse. Et 1,5 millions de Suisses romands parlent français.

L’histoire fournit aussi des indices sur la relation entre la France et la Suisse avec ses hauts et ses bas. Officiellement, les deux pays entretiennent d’excellentes relations d’amitié. Mais dans les faits les relations restent chargées de ressentiments et d’incompréhension.

XVème siècle

Au XVème siècle, la Suisse n’existait pas encore comme unité politique et le royaume français, beaucoup plus petit à l’époque, était affaibli militairement, culturellement et politiquement par les ducs de Bourgogne et les Habsbourg et (leur) Saint-Empire romain de la nation germanique.

L’Alsace, la Lorraine, la Franche-Comté et la Savoie ne faisaient pas (encore) partie du royaume de France. La Réforme (1517) n’avait pas encore divisé la Suisse et la France.

Pendant la guerre franco-anglaise de Cent Ans (1337-1453), éclata l’Ancienne guerre de Zurich, qui opposa le canton de Zurich, soutenu par les Habsbourg, aux sept autres cantons suisses : Uri, Schwytz, Nidwald, Obwald, Glaris, Zoug et Berne entre 1440 et 1446. Le canton de Zurich réclamait le territoire du Toggenburg qui s’étendait à l’est de Zurich, de la Thurgovie à Glaris.

Dans le cadre de l’Ancienne guerre de Zurich eut lieu en juillet 1443 la bataille de Saint-Jacques sur la Sihl près de Zurich entre les Confédérés et les Zurichois. Les troupes zurichoises furent vaincues. Un armistice intervint et dura d’août 1443 à avril 1444.

Puis, Frédéric III demanda à Charles VII d’attaquer les Confédérés anti-zurichois, ce qui engendra la bataille de la Birse, autre épisode de l’Ancienne guerre de Zurich, qui opposa les Suisses aux Français en août 1444. Ainsi, le roi de France envoya ses Écorcheurs en Suisse.  Les Suisses gagnèrent la bataille et le Dauphin décida de se retirer de Suisse

Le roi de France, impressionné par la force et la mentalité des soldats suisses décida de signer un traité de paix entre la Confédération des VIII Cantons et la France après cette bataille, nommé la paix d’Ensisheim (octobre 1444).

Un million de soldats suisses

Ce fut le début d’une relation amicale de près de 350 ans, jusqu’à l’invasion de Napoléon en 1798. D’ailleurs, près d’un million de soldats suisses – appelés des mercenaires – servirent dans l’armée française. Et ce fut le « premier produit » exporté par la Confédération pendant plusieurs siècles.

La paix perpétuelle

En 1453, entre le roi de France Charles VII (1403-1461) et les Suysses fut établi le premier traité de paix perpétuelle non plus avec chaque canton en particulier, mais avec la Confédération des VIII Cantons.

Ce traité sera respecté avec une grande régularité jusqu’en 1798.

Ainsi, l’intérêt de la France résida dans le fait de pouvoir recruter des mercenaires suisses, très appréciés à l’époque et d’avoir un voisin neutre. Et l’avantage pour la Confédération suisse était de pouvoir offrir aux commerçants suisses l’accès au marché français et de leur permettre de bénéficier d’une position privilégiée par rapport aux commerçants étrangers.

Cette alliance devint une bénédiction pour la France lorsque la Confédération suisse vainquit le puissant duc de Bourgogne en 1476 durant les batailles de Grandson et de Morat, communes qui devinrent bailliage commun de Berne et Fribourg.

Lors de la bataille de Nancy (1477), Charles le Téméraire fut tué, ce qui étouffa les ambitions du duc de Bourgogne. Maximilien de Habsbourg (1459-1519) profita, de son côté, de son mariage avec Marie de Bourgogne (1457-1482), fille de Charles le Téméraire et héritière des riches domaines bourguignons.

Ce n’est qu’au début du XVIe siècle que la paix perpétuelle a été mise à l’épreuve lorsque plusieurs cantons voulurent contrôler la vallée du Pô dans le nord de l’Italie et le duché de Milan.

La bataille de Marignan

La situation internationale compliquée entre le Pape, les Habsbourg et la France conduira à des défaites contre le roi de France en septembre et octobre 1515.

A l’issue de la bataille de Marignan le roi de France reconnut l’importance d’une bonne relation avec la Confédération suisse et un autre traité de paix perpétuelle fut signé le 29 novembre 1516 à Fribourg.

Les véritables débuts d’une alliance franco-suisse seront formalisés dans le traité de Lucerne, conclu le 5 mai 1521.

Cette bataille révéla la division des cantons suisses. Préalablement, la Confédération suisse avait vécu un succès militaire lors de la guerre de Souabe (Schwabenkrieg) contre les Habsbourg en 1499.

Du fait de sa rivalité avec les Habsbourg, la France avait tout intérêt à ce que la Confédération suisse soit neutre et stable, surtout qu’elle lui fournissait des mercenaires, d’ailleurs source importante de revenus pour les cantons suisses et leurs élites. Et les Bernois ne furent pas contrariés par la France lorsqu’ils entrèrent dans le Pays de Vaud en 1536 au détriment du duché de Savoie.

1798-1815

La Réforme compliqua la situation, mais d’une manière générale la paix perpétuelle et les bonnes relations entre la Suisse et la France durèrent jusqu’en 1798.

De nombreux habitants des cantons suisses et surtout des territoires concernés (Argovie, Grisons, St-Gall, Tessin et Thurgovie) eurent donc de la sympathie pour les « armées de libération » françaises, malgré le massacre du 10 août 1792 des gardes suisses aux Tuileries, à Paris alors qu’ils défendaient Louis XVI. (Le monument du Lion (Löwendenkmal) à Lucerne a été érigé en hommage aux gardes suisses disparus).

En effet, sous la direction française (Napoléon Bonaparte) avait pris fin la souveraineté des cantons (République helvétique 1798-1803) et suite à un acte de médiation ce fut le début de la Confédération des XIX Cantons (1803-1813), qui a finalement conduit à la création d’un Etat fédéral suisse en 1848.

La France joua également un rôle important pour la Confédération suisse qui acquit une reconnaissance internationale définitive en 1648 dans le cadre de la paix de Westphalie et le 9 février 1801 la France napoléonienne signa avec l’Autriche à Lunéville le traité qui allait définitivement séparer l’Helvétie et la maison de Habsbourg. En 1802 eut lieu l’intégration au canton d’Argovie du Fricktal territoire autrichien cédé à la France par le traité de Lunéville en 1801.

Seule la commune de Rhäzüns (canton des Grisons) resta officiellement propriété des Habsbourg jusqu’en 1819.

La période française 1798-1813, suivie du Congrès de Vienne (1814-1815) et des traités de paix ultérieurs ont jeté les bases de la neutralité suisse et de la Suisse d’aujourd’hui.

(Source: G. Miège, A.-J. Tornare, Suisse et France. Cinq cents ans de Paix Perpétuelle 1516-2016, Freiburg 2016).

Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice. 

Le canton de Nidwald

Les noms d’Unterwald, d’Obwald et de Nidwald apparurent dans des documents dès le XIIIème siècle.

Nidwald

Unterwalden signifie « inter silvas » en latin (entre la forêt). Obwald (au-dessus de la forêt) et Nidwald (au-dessous de la forêt) sont groupés sous le nom d’Unterwald.

La dénomination de Nidwald, usuelle depuis longtemps, fut officialisée par la Constitution fédérale de 1999, appelé jusqu’en 1798 Unterwalden nid dem Wald

1291-1815

En 1309, l’empereur Henri VII de Luxembourg (1273-1313) accorda l’immédiateté impériale, non reconnue par les Habsbourg, aux Waldstätten : Uri, Schwytz et Unterwald (Nidwald et Obwald).

Ces trois cantons agricoles reçurent le même privilège que certaines villes ce qui, à l’époque, fut inhabituel et montra qu’ils disposèrent déjà d’un haut degré d’indépendance et de ressources financières.

Après le départ des Habsbourg au XIVème siècle, le canton de Nidwald se développa en tant qu’Etat autonome et le nom d’Unterwald perdit de son importance.

Le canton d’Unterwald (Nidwald et Obwald) fut mentionné dans le Pacte de Brunnen de 1315 signé juste après la bataille de Morgarten.

Les cantons de Nidwald et d’Obwald durent accepter le partage d’une seule voix à la Diète fédérale (Tagsatzung) jusqu’au terme de la Confédération des XIII cantons et au début de la République helvétique en 1798. C’est seulement depuis là que chaque canton reçut une voix entière à la Diète fédérale.

C’est seulement depuis là que chaque partie reçu une voix entière à la Diète fédérale.

Les deux cantons connurent le même contexte historique : la préhistoire, les Celtes, les Romains, la culture gallo-romaine, les Alamans. Vers 900 après J.-C. la langue et la culture alémaniques avaient remplacé la culture gallo-romaine.

Le canton de Nidwald, dont le chef-lieu est Stans, suivit le développement politique, économique et culturel du canton d’Obwald.

Le monastère de Murbach (Alsace), le monastère d’Engelberg (canton d’Obwald) et, jusqu’en 1173, les comtes de Lenzbourg (canton d’Argovie) furent parmi les puissants de l’époque.

Au XIIIème siècle, la maison des Habsbourg avait intensifié son importante domination.

L’élevage et le commerce furent les principales activités économiques. Des bovins et des produits d’élevage étaient exportés en Italie et des produits agricoles étaient importés de la région du lac de Constance et d’Italie.

La Landsgemeinde fut introduite dans le canton d’Obwald au XIIIème siècle. Elle fut abandonnée en 1998.

Nidwald conquit, avec les cantons d’Uri, d’Obwald et de Schwytz, des territoires italiens situés de l’autre côté du col du Saint-Gothard, conquêtes qui s’inscrivirent dans le cadre de l’expansion des Confédérés (1403-1515) et de l’administration conjointe des territoires sujets (1515-1798).

La défaite des Confédérés lors de la bataille de Marignan (1515) marqua la fin de la politique d’expansion.

Le canton de Nidwald opposa également une forte résistance à la République helvétique (1798-1803). En effet, il fut décrété que chaque citoyen devait prêter à la République helvétique le serment prévu dans la Constitution, décision qui provoqua une insurrection à Nidwald et à Schwytz.

En 1815, seul Nidwald était encore opposé au Pacte fédéral de 1815. Une occupation fédérale força alors son ralliement à ce pacte : les troupes de la Confédération occupèrent Nidwald et le territoire du monastère d’Engelberg fut cédé à Obwald à titre de sanction.

1815-1848

Le canton de Nidwald fut un bastion catholique de la Contre-Réforme. Il fut membre de la ligue de Sarnen (Sarnerbund) (1832), formée par les cantons catholiques conservateurs, de la ligue du Sonderbund (1845) et finalement, lors de la guerre du Sonderbund (1847), il fut du côté des perdants, les séparatistes catholiques ayant dû s’incliner face à la majorité réformée libérale. Le canton accepta la Constitution fédérale de 1848.

Le drapeau du canton de Nidwald

Les éléments qui composent le drapeau du canton de Nidwald sont la clef blanche d’Obwald sur un fond coupé de rouge et de blanc et la clé blanche de Nidwald sur un fond rouge.

La clef double, aurait été inventée par Arnold am Stein, un citoyen qui s’était engagé pour l’égalité de traitement entre les Nidwaldiens et les Obwaldiens.

En 1505, le pape – belliqueux – Jules II demanda aux Confédérés de mettre à sa disposition deux-cents fantassins pour protéger le Palais apostolique et, également, sa propre personne.

En 1510 le pape Jules II, par l’intermédiaire de l’évêque de Sion, convainquit les Suisses de rallier sa cause contre une forte solde et des pensions annuelles alors que les territoires du Milanais, en mains du roi de France, continuèrent à susciter des convoitises.

En 1512 Jules II fit de la clé double un symbole quasi officiel en offrant aux Nidwaldiens un drapeau rouge à la clé double blanche, la clé étant le symbole de saint Pierre – saint patron de Stans – et comportant le motif de la Passion dans le quart supérieur gauche du drapeau.

En 1515 ce fut la bataille de Marignan – l’un des épisodes des guerres d’Italie afin de contrôler le duché de Milan – durant laquelle les Suisses furent vaincus : des milliers de Confédérés et des citoyens de Nidwald eurent alors besoin de cette clé de Saint Pierre.

(Source : B. Meier, Von Morgarten bis Marignano, Baden 2015 ; www.nidwalden.ch).

Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice.

Attisholz Aréal

Sensation de grande ville urbaine pour tous sur le site d’Attisholz, directement au bord de l’Aar, à Riedholz (canton de Soleure). La plus grande friche industrielle de Suisse reprend vie avec des concerts en plein air, des œuvres d’art colorées sur les murs et des délices culinaires à déguster.

De la zone d’usine au lieu de rencontre urbain. La cellulose a été produite industriellement sur le site d’Attisholz pendant 130 ans. Depuis la fin de l’année 2016, Halter AG collabore avec la commune et le canton pour donner à ce site, qui présente des caractéristiques d’emplacement exceptionnelles, une nouvelle affectation pour les générations futures.

En effet, l’aspect impressionnant de l’installation industrielle, dû à la taille et à la masse des bâtiments, doit être préservé et transmis à la postérité.

Le réserve

De nouveaux utilisateurs se sont déjà installés et d’autres suivront. Au cours des vingt à trente prochaines années, un quartier animé émergera progressivement, qui offrira de faire beaucoup de choses ensemble : vivre, travailler, rechercher, éduquer, s’amuser, faire de la musique, créer de l’art, se restaurer, se détendre et se rencontrer dans une zone de loisirs attrayante.

(Source: www.solothurn-city.ch; Attisholz Areal/Halter AG).

Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice. 

Les Habsbourg et la vie sauvage le long de la Reuss

La Reuss est une rivière d’environ 160 kilomètres de long. Elle est formée par la rencontre de deux rivières : la Furkareuss, qui prend naissance au col de la Furka et la Gotthardsreuss, qui prend sa source au col du Saint-Gothard.  De par sa longueur, c’est le quatrième cours d’eau suisse après le Rhin, l’Aar et le Rhône.

Elle coule dans les gorges de Schöllenen (canton d’Uri) qui, jusqu’au XIIIème siècle, constituaient un obstacle infranchissable pour la traversée du Gothard.

Mais pour les Uranais cela ne représentait pas une difficulté insurmontable. Ainsi, en 1230, un premier passage a été créé à l’aide de passerelles suspendues par des chaînes et un pont en bois. Pour l’époque ce fut une prouesse technique. Cette ouverture amorça le commerce avec l’Italie et attisa la conquête des territoires italiens.

Les Habsbourg, qui régnaient alors sur cette région, montrèrent un grand intérêt pour cette contrée inhospitalière : alors engagés des dans conflits, ils subirent une défaite contre les Confédérés lors des batailles de Morgarten en 1315 et de Sempach en 1386.

La Reuss entre dans le lac des Quatre-Cantons vers Flüelen (canton d’Uri) et le quitte à Lucerne. Lucerne se trouvait également dans la zone d’influence des Habsbourg et un intérêt économique commun – le commerce avec l’Italie, la prospérité et les succès militaires – rapprochait la ville du bord du Lac des Quatre-Cantons et les Waldstätten (Uri, Schwytz et Unterwald). De plus, un parti bourgeois de la cité souhaitait sortir du giron des Habsbourg. Ainsi, fut conclue en 1332 une alliance perpétuelle entre les trois cantons et Lucerne. Toutefois, dans l’immédiat, Lucerne resta sujette des Habsbourg. La Reuss et le lac des Quatre-Cantons étaient devenus d’importantes voies commerciales.

La Reuss poursuit son parcours vers le nord, en Argovie, région qui appartint aux Habsbourg jusqu’en 1415. Cette année-là, les Confédérés l’ont conquise et l’Argovie fut gouvernée, en tant que territoire sujet, par les huit cantons : Uri, Schwytz, Unterwald, Lucerne, Zurich, Zoug, Glaris et Berne.

Les belles villes médiévales de Bremgarten et Mellingen ainsi que les monastères, tels que ceux de Hermetschwil et de Bremgarten, témoignent encore aujourd’hui de ce passé habsbourgeois. L’ancienne porte de la ville de Mellingen, notamment, porte les armoiries de ces huit cantons, avec l’aigle bicéphale, symbole des Habsbourg, au centre.

Bien qu’au XVème siècle, la Confédération était composée de cantons et territoires indépendants et souverains, l’empereur de Habsbourg était toujours officiellement reconnu. En effet, à cette époque profondément dévote, renverser un souverain désigné, oint ou couronné constituait un blasphème. C’est aussi pour cette raison que la république des Sept Provinces-Unies soutint formellement le roi d’Espagne Philippe II après l’Union d’Utrecht (Pays-Bas) en 1581.

La Reuss, sans se soucier de ces développements, se jette dans l’Aar à Windisch (canton d’Argovie). Le sentier longeant ses rives entre Mellingen et Bremgarten vous permet non seulement de découvrir ce passé sous l’égide des Habsbourg et des Confédérés, mais aussi de beaux paysages, pleins de charme.

La plaine de la Reuss est une réserve naturelle d’importance nationale et figure à ce titre dans l’Inventaire fédéral des paysages, sites et monuments naturels (IFP). Elle s’étend jusqu’à son embouchure dans l’Aar.

Ainsi, comme le dévoilent, entre autres, le Foort, à Eggenwil, le Flachsee près d’Unterlunkhofen et de Rottenschwil ainsi que les zones marécageuses et forestières, des castors – on peut voir nombre d’arbres coupés – et des martins-pêcheurs accompagneront les randonneurs le long de la Reuss. A certains endroits, il peut même se croire dans la nature sauvage canadienne ou dans les Rocky Mountains.

Entre Mellingen et Bremgarten le faible dénivelé rend le parcours agréable. Il y a juste une colline à franchir à Melligen, ensuite le chemin est plat.

Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice. 

Le canton du Valais

Le canton du Valais devint membre de la Confédération des XXII cantons en 1815. Jusqu’à l’invasion française en janvier 1798, la République des Sept Dizains avec un drapeau à sept étoiles (Brigue, Conches, Loèche, Rarogne, Sierre, Sion et Viège) formait l’administration politique. Cette république régna également sur le Bas-Valais depuis 1476, la partie occidentale du canton actuel.

L’histoire médiévale

L’histoire du Valais remonte aux Celtes, comme cela est le cas pour tous les cantons. Nantuates, Veragerer, Seduner et Uberer habitèrent la région.

Après la domination romaine, vers 440, arriva la tribu des Burgondes, originaire de Worms (Allemagne). Préalablement, cette tribu était issue de Bornholm en mer Baltique. Les Burgondes adoptèrent la langue locale, le latin vulgaire précurseur du français et fondirent le premier royaume de Bourgogne (jusqu’en 534).

Par la suite, les Francs régnèrent jusqu’à l’effondrement de l’Empire carolingien en 888 et jusqu’en 1032 la région passa sous le contrôle du second royaume de Bourgogne.

Pendant cette période, de plus en plus d’habitants germanophones s’établirent dans le Haut-Valais, à l’est du canton. Puis, petit à petit ils s’installèrent plus à l’ouest, de sorte que le tracé de la frontière linguistique changea.

XIIIème siècle

A partir du XIIIème siècle, les Walser, qui habitaient à l’origine la vallée de Conches, émigrèrent vers l’est et le sud.  Politiquement, le comté du Valais est tombée sous le joug du Saint-Empire romain à partir de 1032.

Au sein de cet empire, les dirigeants locaux étaient reconnus et respectés. Le Valais se trouvait sous l’influence des ducs de Savoie (francophones). Les sept Dizains résistèrent à cette suprématie au cours des siècles suivants.

Lors des guerres de Bourgogne (1474-1477), la Savoie se retira définitivement du territoire. Puis la République des Sept Dizains naquit avec comme territoire sujet le Bas-Valais (francophone) jusqu’en 1798.

Sion, Salle du Grand Conseil

1798 à 1815

De 1798 à 1815, le Valais connut six formes politiques différentes. Le 5 février 1798, le Bas-Valais fut officiellement assimilé au Haut-Valais et le 16 mars 1798 fut fondée la République des Dix Dizains avec les sept communes existantes et trois nouvelles communes du Bas-Valais : Monthey, Saint-Maurice et Entremont.

Cela ne dura pas longtemps car le 6 mai suivant l’indépendance de cette république prit fin, le territoire fut rattaché à la République helvétique dut abandonner son autonomie.

Le 5 septembre 1802, cette unité politique cessa d’exister suite à la proclamation de l’indépendance de la République du Valais divisée en douze Dizains avec l’ajout de Martigny et Hérémence du Bas-Valais.

Le siège du gouvernement et parlement du canton

Le Valais devint alors une république autonome sous protectorat français. Suite à l’Acte de médiation (1803-1813), le Valais (tout comme Neuchâtel et Genève) dut attendre avant de pouvoir rejoindre la Confédération suisse.

Le 12 novembre 1810, ce fut la fin de cette république autonome et le Valais fut intégré au Premier Empire français sous le nom de département du Simplon, département instauré par un décret français (le col du Simplon et le col du Grand-Saint-Bernard étaient des voies de passage stratégiquement importantes pour Napoléon).

La défaite de Napoléon en 1813 et l’invasion des troupes autrichiennes sonna le glas du département du Simplon. En 1815, le Valais devint le vingtième canton de la Confédération suisse. Le canton était non seulement bilingue, mais aussi divisé par une frontière religieuse.

Les anciens sujets du Bas-Valais demandèrent les mêmes droits que ceux du Haut-Valais dans l’administration et le parlement du canton et ne voulurent aucunement une restauration de l’Ancien Régime.

Le Bas-Valais obtint gain de cause auprès des anciens cantons de la Confédération suisse, en partie grâce au soutien de l’Angleterre et de l’Autriche (Congrès de Vienne 1814-1815). Les anciens cantons de la Confédération furent, il est vrai, divisés sur la question. Finalement, ils se sont mis d’accord et le Valais est devenu un nouveau canton suisse.

Le drapeau

Les treize étoiles des armoiries du Valais symbolisent les treize Dizains ou districts actuels du canton, soit les sept anciens Dizains et les six nouveaux Dizains du Bas-Valais, avec en plus Conthey depuis le 4 août 1815.

(Source : G. Andrey, La Suisse Romande, une histoire à nulle autre pareille !, Pontarlier, 2012).

Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice. 

Svizra Rumantscha à Berne

L’œuvre Svizra Rumantscha de l’artiste Donat Caduff a été accrochée à la Maison des cantons à Berne. Svizra Rumantscha représente la Suisse et ses communes.

Donat Caduff y a reproduit le nom en romanche des 2200 communes suisses, noms qu’il a lui-même traduits car il n’existait aucune traduction en romanche pour la plupart d’entre eux. L’œuvre illustre l’importance du romanche pour la pluralité linguistique en Suisse.

L’exposition itinérante « Rumantsch è… » a quitté la Maison des cantons à la mi-décembre pour entamer une tournée à travers la Suisse. Elle se tient à l’hôtel de ville de Coire du 12 janvier à début mars 2022. Elle sensibilise la population au romanche dans les quatre langues nationales.

Pour en savoir plus ou visiter l’exposition en ligne, vous pouvez consulter le site www.rumantsch-e.ch.

Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice.