Disponible en allemand, néerlandais et anglais
Auteur/autrice : Maarten Koning
Olladunum et Olten
Disponible en allemand et néerlandais
Le Pays et l’histoire de l’absinthe
Le Pays de l’absinthe – qu’on appelle aussi la fée verte, en raison de sa couleur – réunit le Val-de-Travers, dans le canton de Neuchâtel, et la région française de Pontarlier. Cette boisson alcoolisée est fabriquée à partir de grande absinthe (Artemisia absinthium est le nom latin), d’anis, de fenouil et, selon la préparation locale, de quelques autres herbes.
L’absinthe apparait pour la première fois au milieu du XVIIIème siècle à Couvet, dans le Val-de-Travers. Elle reste une boisson locale jusqu’au milieu du XIXème siècle. Les villages de Môtiers, Couvet et Fleurier en sont alors les principaux sites de production.

Photo: Lars Kophal
Sa popularité explose à partir du XIXème siècle, après que des intellectuels et des écrivains européens et américains l’aient découverte. James Joyce, Marcel Proust, Ernest Hemingway, Pablo Picasso et Edgar Allen Poe ne sont que quelques exemples des nombreux buveurs d’absinthe célèbres. En bref, l’absinthe est en vogue, surtout à Paris. La région de Pontarlier commence également à produire de l’absinthe pour cette raison.
Cependant, comme toute boisson alcoolisée, elle a un inconvénient : elle contient de l’alcool, et beaucoup, de 50 à 90 %. En outre, sa composition libère de la thuyone, un produit chimique pouvant provoquer des symptômes psychotiques et des hallucinations, du moins c’est ce que pensaient les médecins, les autorités et les scientifiques à l’époque.
Bien que l’absinthe se boive généralement mélangée à de l’eau, la boisson acquiert de plus en plus la réputation d’être nocive pour la santé et de provoquer l’abus d’alcool.

Maison de l’absinthe. Photo: TES
Vers 1910, la boisson est interdite dans presque toute l’Europe et l’Amérique et commence alors sa légendaire période de contrebande et d’illégalité, comparable, bien qu’à une échelle beaucoup plus pacifique, à la prohibition américaine (The Prohibition, 1920-1933).
En Suisse, la prohibition de l’absinthe a été le résultat de deux référendums en 1908. Le Röstigraben a joué un rôle à cet égard: la Suisse romande (principal lieu de production) ne souhaitait pas d’interdiction, tandis qu’une grande majorité de citoyens et de cantons germanophones souhaitaient son bannissement.
La Maison de l’absinthe de Môtiers dépeint cet épisode en mots et en images. Entre-temps, l’interdiction de l’absinthe a été levée après un nouveau référendum et des recherches supplémentaires sur l’effet des substances nocives.

Photo: Maison de l’absinthe
La boisson n’est pas dangereuse pour la santé humaine en raison de la thuyone (pour autant que son taux ne dépasse pas certaines limites, strictement contrôlées), ce qui n’enlève bien sûr rien à sa forte teneur en alcool.
La Route de l’absinthe est un itinéraire de randonnée ou de cyclisme de 48 km entre Pontarlier, en France, et Noiraigue, dans le canton de Neuchâtel. L’itinéraire traverse les gorges, les forêts, les prairies, les ruisseaux et les montagnes du Jura.
Les villes et villages les plus liés à l’absinthe sont visités. Vous pouvez également déguster une spécialité de jambon cuit dans l’asphalte avec un verre d’absinthe au musée d’asphalte de Travers !
Le site Jura et les Trois Lacs (https://www.j3l.ch); Maison de l’Absinthe – Le lieu incontournable de l’absinthe (maison-absinthe.ch)
Révision:Lars Kophal, journaliste et rédacteur (www.larskophal.ch).
Le Mundaneum et la ville mondiale
Quel est le rapport entre Google, le Mundaneum et la construction de la ville mondiale près de Genève dans les années 1930 ?
Le Mundaneum
L’histoire commença à la fin du XIXème siècle en Belgique. Paul Otlet (1868-1944) et Henri La Fontaine (1854-1943) voulurent fonder une bibliothèque internationale recelant, entre autres, des collections de livres, d’écrits, d’iconographies, de journaux, de revues.
Cette bibliothèque vit le jour en 1920 sous le nom de Mundaneum. Créer un immense répertoire bibliographique fut, bien sûr, un projet gigantesque. Le Mundaneum était installé dans le parc du Cinquantenaire à Bruxelles où six kilomètres de papier y occupaient une centaine de salles.
Le financement et l’organisation ne sont pas abordés ici. L’important est que cette bibliothèque existe toujours et qu’elle est devenue un centre bibliographique universel.

Mundaneum à Mons. Photo: www.Mundaneum.be
En 2013, le Mundaneum était officiellement enregistré au Registre Mémoire du Monde de l’UNESCO. Son siège se trouve à Mons (Belgique) dans un espace muséal et est ouvert au public depuis 1998.
Le Mundaneum, précurseur des moteurs de recherches Google, est à juste titre appelé « Internet de papier ». Afin d’honorer et de promouvoir le Mundaneum, dans le cadre d’un partenariat, Google a soutenu financièrement une série de conférences et une exposition sur l’histoire de l’accès aux connaissances.
Le Mundaneum figure sur la liste des sites distingués par la Commission européenne pour leur contribution au patrimoine culturel européen.
Le sculpteur, peintre et urbaniste Hendrik C. Anderson (1872-1940) et l’architecte, urbaniste et archéologue Ernest Hébrard (1875-1933) ont élaboré en 1913 un plan visant à construire une cité mondiale, suite à une idée développée par Paul Otlet et Henri La Fontaine.
Cette nouvelle ville devait réunir les peuples du monde entier pour les amener à communiquer et à partager leur savoir afin de favoriser la paix universelle. La région des Trois Lacs (les lacs de Neuchâtel, de Bienne et de Morat) en Suisse et la ville de Bruxelles en Belgique constituaient des options sérieuses pour accueillir la ville.
Mais après le 1er août 1914, début de la Première Guerre mondiale (1914-1918), le plan n’était plus d’actualité. Cependant, la création de la Société des Nations en 1920, avec son siège à Genève, donna un nouvel espoir pour la concrétisation du projet à l’issue de cette guerre.

L’entrée de la ville. Musée du Château, Nidau. Photo: TES.
Genève
En 1927, Paul Otlet demanda à l’architecte Le Corbusier, né Charles-Edouard Jeanneret (1887-1965), qui s’était déjà fait un nom, de créer un projet pour cette cité, reliée à la planète entière dont le centre serait à Genève. Puis ce fut le krach boursier de 1929 et les crises et tensions économiques et politiques sans précédent qui s’en suivirent.
La ville mondiale resta un projet sur papier. L’entrée de la métropole planifiée portait les marques stylistiques de son époque. La ville, conçue de manière symétrique selon un quadrillage méticuleux – comme les villes de la Chaux-de-Fonds et du Locle dans le canton de Neuchâtel – avait pour point d’orgue une tour de 320 mètres, qui symbolisait le progrès.
Cependant, elle prit l’allure d’une tour de Babel, endroit où règnent le bruit, la confusion où les gens ne se comprennent pas, en raison des deux guerres mondiales suivies de la guerre froide. Après 1945 et la mort des fondateurs du Mundaneum, le projet de métropole fut abandonné.
(Source : www.mundaneum.org/ Schlossmuseum Nidau)
Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice
Les lacs de Suisse
La Suisse est un pays qui compte plus de 1500 lacs, grands et petits, des lacs de montagne, et près de 200 barrages (réservoirs). Le site indiqué dans la source ci-dessous – rédigé en allemand – donne un aperçu des plus beaux lacs, lacs de montagne et barrages du pays.
Les lacs de montagne, souvent d’une beauté époustouflante, enchâssés dans des prairies alpines ou des paysages montagneux escarpés, cachés au milieu de forêts d’épicéas ou situés à flanc de montagne, présentent des eaux vertes, bleues, turquoises ou noires, avec des reflets changeants.

Lac de Neuchâtel
Juger les lacs de montagne suisses sur leur beauté est quelque peu subjectif. Toutefois, le site internet propose une liste des 50 plus beaux d’entre eux, en indiquant leur localisation, le canton dans lesquels ils se trouvent et leur altitude. Il existe bien sûr des centaines d’autres lacs de montagne qui ne figurent pas sur cette liste.
Les 50 plus grands lacs, dont la superficie peut surprendre, sont également répertoriés sur le site. Seules les dimensions des lacs situés en Suisse sont prises en compte.

Lac Morat

Lac des Quatre Cantons

Lac Léman
Le site contient également une liste des plus grands barrages. La liste comprend non seulement la superficie des étendues d’eau, mais aussi l’altitude au-dessus du niveau de la mer, la profondeur maximale, le type de lac, les zones et les pays riverains.


Le Lungerersee
Le lac de Hallwil se trouve sur les territoires des cantons d’Argovie et de Lucerne, la partie argovienne étant la plus grande. Autour du lac se trouvent les communes de Beinwil am See, Birrwil, Boniswil, Fahrwangen, Meisterschwanden et Seengen dans le canton d’Argovie, avec le château de Hallwyl situé sur deux îles de la rivière Aabach, au nord du lac également en Argovie ainsi que Schwarzenbach, Mosen et Aesch du côté lucernois.
Le lac se trouve à une altitude de 449 mètres au-dessus du niveau de la mer, au cœur du Seetal. La longueur du lac de Hallwil est de près de 8,5 kilomètres, tandis que sa largeur maximale est d’un kilomètre et demi. Le principal affluent du lac est l’Aabach en provenance du lac Baldegg, qui quitte le lac d’Hallwil au nord, près de Seengen.
(Source: Alle Seen der Schweiz: schweizersee.ch)
Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice
L’église de Winsingen
Disponible en allemand, néerlandais et anglais
Le choix de Genève en 1815
Le 30 décembre 1813, l’entrée du comte Ferdinand von Bubna-Littiz, général autrichien, (1768-1825) met un terme à 15 ans de domination française à Genève.
La ville avait accueilli avec enthousiasme les troupes révolutionnaires françaises en 1798. Après 15 ans d’annexion françaises, la petite Genève protestante se trouva en minorité dans un grand département français et à un carrefour déterminant de ses 2000 ans d’existence.
Le 31 décembre 1813, les Genevois reprirent possession de leur territoire. Le 1er janvier 1814, un gouvernement provisoire fut constitué et la restauration de la République de Genève fut proclamée.

Suite aux décisions prises par les grandes puissances lors du Congrès de Vienne (1814-1815) et malgré la résistance de certains cantons catholiques, Genève rejoignit la Confédération le 19 mai 1815, en qualité de 22ème canton suisse.
L’accord a été ratifié lors des traités internationaux de 1815 (Paris) et 1816 (Turin). La Suisse a obtenu ses frontières définitives, inchangées jusqu’à aujourd’hui, sa neutralité perpétuelle et sa souveraineté.
Le protestantisme de la République de Genève était un héritage qu’elle partageait avec d’autres cantons suisses. Il y eut également des enjeux politiques et économiques liés à différents territoires suisses, à l’époque du royaume de Bourgogne au Moyen Age et des siècles d’ennemis communs, par exemple les ducs de Savoie, mais la ville a toujours conservé son indépendance politique.
Jusqu’en 1798, Genève n’avait jamais été annexée par la France et cette situation ne s’est jamais reproduite.
Ce fut un bon choix, si ce n’est le meilleur choix. Genève n’a pas subi les affres des deux guerres mondiales et a échappé au centralisme français. Le canton de Genève était alors un Etat fédéral, multiculturel, décentralisé et démocratique.
Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice.
Le Château Hallwyl
Disponible en anglais, allemand et néerlandais.
La ville romaine d’Avenches
L’histoire de la migration de certaines tribus celtes (les Helvètes et les Rauraci) vers l’est de la France en 58 avant J.-C. est relaté dans le livre De Bello gallico (la guerre des Gaules) de Jules César (100-44 avant J.-C.).
Les Romains et les Helvètes
La bataille de Bibracte, cette même année, mit fin à la migration des Helvètes au début de la Guerre des Gaules après leur défaite. Mais, en dehors de la Suisse d’aujourd’hui, cet événement est beaucoup moins connu.
Deux colonies furent installées par les Romains vers 44 av. J.-C., Colonia Julia Equestris (Nyon) et Colonia Augusta Raurica (Augst). Ces colons furent les alliés de Rome (foederati).
La Pax Romana (paix romaine) fut sur le point de commencer et se poursuivit avec toutefois quelques crises violentes, surtout durant les années 68/69 jusqu’en 260.
Aventicum
La ville d’Aventicum (aujourd’hui Avenches) était devenue à cette époque la capitale de l’Helvétie avec, à son apogée, près de 20.000 habitants.
Tout comme dans les autres villes de l’Empire romain, l’empreinte du pouvoir impérial fut également présente à Avenches. L’empereur détenait les pouvoirs politiques, législatifs, militaires et religieux.
De nombreux objets trouvés à Avenches en témoignent, par exemple le buste en or de l’empereur Marc Aurèle, découvert en 1939. Seuls les membres de la famille impériale pouvaient être représentés en or.
De nombreuses autres découvertes, telles que médaillons, objets en ivoire, portraits, statues, mosaïques, symboles du pouvoir, de la religion et des mythes attestent de cérémonies de culte impérial à Aventicum, le culte des empereurs romains et des membres de leur famille considérés comme des demi-dieux.
Le Cigognier d’Avenches fut un sanctuaire (temple) dédié au culte impérial, le théâtre accueillit des représentations – des tragédies et surtout des comédies – très prisées par la société romaine et dans l’arène de l’amphithéâtre se déroulèrent des combats d’animaux ou de gladiateurs, des chasses reconstituées, sous le regard du peuple tout entier.
Le théâtre était le lieu à voir et à faire voir. C’était un lieu public, important vecteur de propagande et d’autoreprésentation.
Dans les théâtres, le public était réparti sur les gradins par rang et hiérarchie sociale, ce qui était également le cas dans l’amphithéâtre d’Aventicum, plus grand que le théâtre.
Le financement de ces précieux bâtiments et des spectacles fut principalement assuré par les notables de la cité, cœur de l’élite locale (ordo decurionum).
Le culte impérial était l’apogée de chaque spectacle, tout comme les processions et les sacrifices.
L’amphithéâtre d’Avenches, édifié au début du IIème siècle, devint particulièrement populaire après que le Colisée de Rome (de 70 à 80 après J.-C.) soit devenu le modèle du mode de vie de la société romaine.
La société romaine était profondément religieuse et le temple principal était proche de la curia, du forum et de la basilique (basilica) qui concentrèrent l’essence même du pouvoir romain.
Des statues et des monuments furent érigés en l’honneur de la famille impériale ou des dignitaires locaux en signe de respect et de gratitude pour leur générosité : ils financèrent, entre autres, des bâtiments publics, des spectacles et la distribution de nourriture.
Le musée romain d’Avenches, installé dans la tour médiévale construite sur l’amphithéâtre, offre un bon aperçu de la vie des habitants de cette ville romaine.
Le théâtre, qui fait partie d’un complexe architectural l’unissant au temple du Cigognier, l’amphitéatre et quelques autres vestiges peuvent aujourd’hui être visités.
(Source et plus d’informations: www.aventicum.org).
Les bornes frontalières
La Suisse n’est pas seulement le pays des montagnes, du fromage, du chocolat et des sonnailles de vaches – c’est aussi le pays des bornes frontalières. Des milliers de pierres, de barrières et d’autres marques indicatrices de limites anciennes jalonnent son territoire.
Son histoire, avec ses nombreux (petits) cantons, ses territoires sujets (Untertanengebiete, soit des terres occupées et administrées par la Confédération ou par certains cantons, surtout germanophones), ses alliés (Zugewandte Orte) et ses corrections de frontières, s’y donne a lire de manière évidente.

Chevenez (Canton du Jura)

Le musée du village (Heimatmuseum) de Reinach (canton de Bâle-Campagne) présente par exemple des bornes-frontières du canton de Bâle et de l’ancien Evêché de Bâle (999-1815). Une situation qui se complique encore en 1831, lorsque Bâle-Campagne se sépare de Bâle-Ville.

Image: Musée des Trois Pays Lörrach
Dans la commune de Bettingen (canton de Bâle-Ville), des dizaines de pierres le long d’un chemin sablonneux traversant la forêt près de la montagne Chrischona marquent l’ancienne frontière du Grand-Duché de Bade, officiellement jusqu’en 1918: d’un côté, le champ jaune a bande rouge de Baden, de l’autre la crosse noire de Bâle.
À la Saalhöhe, dans l’actuel canton d’Argovie, près du Fricktal, on trouve encore des bornes-frontières gravées aux armes des Habsburg (jusqu’en 1803), de Berne (jusqu’en 1798), d’Argovie (après 1803) ainsi que de Bâle-Campagne (depuis 1831).

Chevenez
Le chemin de randonnée près de Chevenez (canton du Jura) présente des centaines de bornes avec l’ours de Berne (jusqu’en 1979) et les initiales RF (République Française).
Chaque canton a ainsi acquis, déplacé ou perdu ses propres repères frontaliers au cours des siècles. En revanche, les limites extérieures du pays sont restées étonnamment stables depuis 1515, hormis la perte de territoires italiens occupés par les cantons (Untertanengebiete) dans la Valteline (Veltlin), intégrés par Napoléon à la République cisalpine en 1797.
Révision:Lars Kophal, journaliste et rédacteur (www.larskophal.ch).

Heimatmuseum Reinach

Mariastein (canton de Soleure)





