L’art roman d’Alsace

L’Alsace a développé un art roman spécifique. Il est différent de celui des régions voisines, toutefois l’Alsace est toujours restée ouverte aux influences extérieures. Elle s’est tout naturellement inscrite dans l’espace rhénan mais, située au carrefour des mondes latins et germaniques, elle s’est aussi enrichie de multiples courants historiques et culturels qui tous ont laissé leur empreinte.

Après le partage de l’empire carolingien en 843 par le traité de Verdun, la région fut d’abord rattachée à la Lotharingie avant d’être intégrée au royaume germanique qui s’érigea rapidement en Saint-Empire romain germanique. Aux derniers carolingiens succédèrent les Ottoniens (919-1024) puis les Saliens (1024-1125) et les Hohenstaufen (1125-1250).

Le premier art roman d’Alsace, celui du XIème siècle, correspond à la fin de la renaissance ottonienne. Cette période médiévale débuta dès 950 dans le Saint-Empire romain germanique mais ne se manifesta en Alsace que 50 ans plus tard, à l’époque de la dynastie salienne.

L’art roman alsacien témoigne d’une architecture de tradition carolingienne, par exemple, à Ottmarsheim, Epfig, Saint-Ulrich d’Avolsheim, Dompeter, Altenstadt et Hohatzenheim.

Le XIIème siècle et le premier quart du XIIIème siècle correspondent à l’Age d’Or de l’art roman en Alsace. Cette apogée de l’art roman s’harmonise avec l’ascension de la lignée des Hohenstaufen – et plus spécifiquement le règne de Frédéric 1er dit Barberousse (1122-1190) – et des ducs de Souabes et d’Alsace qui devinrent empereurs du Saint-Empire romain germanique en 1138.

La Route Romane d’Alsace dévoile ce patrimoine alsacien. A travers plaines, vignobles et montagnes, l’itinéraire touristique parcourt l’ensemble du territoire régional à la découverte de plus de 120 sites.

Cette route permet d’apprécier combien l’Alsace romane a cultivé son originalité tout en demeurant profondément ouverte aux échanges avec les autres foyers artistiques tels que la Bourgogne, la Suisse, la Lombardie, la Lorraine, la Franche-Comté et la Vallée du Rhin.

(Source et plus d’informations : www.route-romane-alsace.fr)

Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice.

Le Parc naturel régional de Schaffhouse.

Au total quinze communes de la région de Schaffhouse, soit treize communes du canton et deux communes d’Allemagne, Jestetten et Lottstetten, ont uni leurs forces : ensemble, ils ont créé le Parc naturel régional de Schaffhouse (Regionaler Naturpark Schaffhausen).

Les collines, les vastes vignobles et zones agricoles, les forêts, les villages typiques et le Rhin offrent à la région un paysage de rêve et une diversité unique.

C’est le premier parc naturel transfrontalier de Suisse.

Pendant la Réforme, le parc fut un refuge pour la communauté anabaptiste, massivement persécutée aux XVIème et XVIIème siècles.

(Source et informations complémentaires : www.naturpark-schaffhausen.ch).

Eurêka à Zurich

Créée par Jean Tinguely (1925-1991) en 1964 pour l’exposition nationale suisse, Eurêka est une sculpture cinétique de grande taille construite avec des barres de fer, des roues en acier ainsi que des poêles et des tuyaux en métal.

Son titre ne manque pas d’ironie, car la sculpture est une machine inutile. Les machines sculptures de Tinguely, qui trouvent écho partout dans le monde, sont une métaphore de la société industrielle et de consommation, s’épuisant par leur rythme frénétique et pourtant finissant dans l’absurde.

Eurêka fut la première œuvre publique de Tinguely. La machine fonctionne toujours trois fois par jour pendant 8 minutes.

(Source et plus d’informations: www.zuerich.com).

 

L’association Regio Basiliensis

2023 sera une année anniversaire pour l’association Regio Basiliensis: depuis sa fondation en 1963, celle-ci s’engage pour une meilleure mise en réseau des régions du Rhin supérieur. L’association était en avance sur son temps avec un tel partenariat transfrontalier – une raison de plus de fêter dignement ses soixante ans d’existence!

Avec ses quelque 400 membres, Regio Basiliensis n’est pas seulement une pionnière de la coopération transfrontalière, elle se distingue également par son cadre politique et institutionnel.

Celui-ci se traduit par la Conférence du Rhin supérieur (Oberrheinkonferenz), le Conseil Rhénan (Oberrheinrat) et la Commission Intergouvernementale (Regierungskommission) allemande, française et suisse (pour plus d’informations : www.regbas.ch).

Assemblée générale

Le 3 mai, l’association s’est réunie pour sa 59ème assemblée générale à Bad Bellingen (Bade-Wurtemberg). Au cours de cette réunion, les participants ont longuement discuté de la numérisation, de l’intégration du marché du travail, de l’harmonisation et de la reconnaissance mutuelle des formations, ainsi que de l’évolution démographique de la région du Rhin supérieur.

La pandémie de coronavirus a montré l’importance d’une coopération étroite entre les régions transfrontalières. Le maintien et l’amélioration de l’attractivité de la région du Rhin supérieur en dépendent.

Points d’action

Une étude de l’association, lancée en collaboration avec l’Institut de recherche et de conseil en économie BAK Economics AG (das Schweizer Wirtschaftsforschungs- und Beratungsinstitut BAK Economics AG) a servi de base à la table ronde et à la discussion. Ce rapport, consacré au marché du travail dans la région du Rhin supérieur (Arbeitsmarkt am Oberrhein), est la dernière d’une série de trois études.

En particulier, la reconnaissance mutuelle des diplômes et la coordination des programmes de formation, la préparation à l’ère numérique, le développement des compétences linguistiques, les projets permettant aux habitants et surtout aux jeunes de travailler au-delà des frontières, ainsi que des transports publics de qualité, apparaissent comme les thèmes les plus importants – ceci également au vu des problèmes potentiels liés au manque croissant de main-d’œuvre, au changement climatique et à l’évolution démographique.

Différences entre les régions

Les régions suivantes du Rhin supérieur étaient représentées : l’Alsace, le Pays de Bade, la partie sud de la Rhénanie-Palatinat (Palatinat du Sud) et la Suisse du Nord-Ouest. Des régions qui se distinguent par leur développement industriel et économique, l’innovation et la recherche, le chômage, la numérisation et la (future) pénurie de main-d’œuvre.

La Suisse du Nord-Ouest (cantons de Soleure, d’Argovie, de Bâle-Ville, de Bâle-Campagne et du Jura) compte environ 1,5 million d’habitants; l’Alsace 1,8 million, le Pays de Bade 2,5 millions et le Palatinat du Sud environ 0,3 million, soit une population totale de plus de 6,1 millions d’habitants.

La Suisse du Nord-Ouest apparaît comme le moteur de l’emploi et le champion régional des brevets, de la croissance économique, de l’innovation et de la croissance des revenus – suivie de près par le Pays de Bade.

Conclusion

L’étude et les axes de l’association soulignent la valeur ajoutée que représente la région du Rhin supérieur. En même temps, les nombreuses inégalités qui subsistent au sein même de cette région montrent clairement que la réalité reste souvent plus tenace que les idéaux d’une unité indifférenciée.

Au niveau micro, la Suisse est déjà une sorte d’Union européenne, et cela est d’autant plus vrai pour la région du Rhin supérieur. La politique traditionnellement pragmatique de la Confédération, ainsi que les points d’action concrets et la méthode de travail de la Regio Basiliensis, démontrent qu’une approche ascendante est la plus efficace pour identifier les possibilités, mais aussi, analyser et tenter de résoudre les problèmes que rencontrent les citoyens et les entreprises.

(Source : www.regbas.ch ; Bak Economics AG, Arbeitsmarkt am Oberrhein, Regio Basiliensis (éditeur), Basel 2022).

La Savoie, Chambéry, la Suisse et le dernier roi italien

Qui ne connaît pas les ducs de Bourgogne ? Les guerres de Bourgogne opposèrent de de 1474 à 1477 l’ Etat bourguignon, déjà en guerre contre le royaume de France, à la Confédération suisse et au duché de Lorraine, alliés de Louis XI (1423-1483).

Le dernier duc de Bourgogne, Charles le Téméraire, (1433-1477) perdit à Grandson (canton Vaud), en 1476, le bien, sa fortune matérielle, à Morat (canton de Fribourg), en 1476, le courage, à la suite de la destruction de son armée et à Nancy (France), en 1477, sa vie.

Chambéry

La Savoie

Une autre dynastie de cette région, le duché de Savoie, est moins connue mais joua un rôle politique plus important que celui des ducs de Bourgogne et durant une période plus longue. Le nom de la Savoie est dérivé de Sapaudia. Ce terme latin, issu de la culture gallo-romaine du IVème siècle, qui signifie littéralement « pays des sapins », est à l’origine du nom moderne Savoie.

Jusqu’au XVème siècle et au début du XVIème siècle, le territoire du duché s’étendit des actuels départements de Haute-Savoie et de Savoie en France, du Pays de Vaud et du Bas-Valais en Suisse jusqu’au Piémont, à la vallée d’Aoste et à Turin en Italie. Chambéry (France) devint la résidence des ducs, la capitale et le siège du gouvernement jusqu’en 1563.

Au XVIIème siècle, le duché de Savoie étendit son territoire jusqu’au comté de Nice. Dès 1563, Turin fut la résidence des ducs et la nouvelle capitale du duché de Savoie.

Abbaye d’Hautecombe sur le lac du Bourget. Depuis le XIIe siècle, c’est la dernière demeure de la dynastie savoyarde. Le dernier roi italien Umberto II (1904-1983), descendant direct de la famille, y a également été inhumé en 1983, ainsi que son épouse Marie-Josée de Belgique (1906-2001) en 2001.

La Savoie et les pays voisins

Au XVIème siècle les comtes et les ducs étaient en conflit quasi permanent avec le roi de France, les cantons occidentaux de la Confédération – surtout Berne – la ville de Genève et les sept dizains du Haut-Valais.

Les évêques de Genève et de Sion soutenaient la Savoie. Au XVème siècle, les ducs de Bourgogne furent les alliés « naturels » de la Savoie contre le roi de France, la Confédération suisse et la ville de Genève.

La défaite des Bourguignons en 1476 et 1477 marqua le début de la fin de la présence savoyarde sur le territoire de la Suisse actuelle. Les Confédérés – surtout Berne et Fribourg – conquirent le Pays de Vaud en 1536. Et le Haut-Valais occupa le Bas-Valais.

Cette situation dura jusqu’à l’invasion française et la formation de la République helvétique (1798-1803). En 1803, le canton de Vaud entra dans la Confédération suisse qui redevint une Confédération d’Etats (1803-1813).

Le Bas-Valais fusionna avec le Haut-Valais pour former l’Etat du Valais (1802-1810), qui devint le département du Simplon, département français de Suisse, rattaché à la France par Napoléon 1er (1810-1813). En 1815 le canton du Valais adhéra à la Confédération suisse.

Champvent (canton du Vaud), carré savoyard

Le patrimoine culturel et politique

De nombreux châteaux, monastères, abbayes et villes de Suisse témoignent de la présence de la Maison de Savoie. Les châteaux de Morges, de Rolle, de Romont, d’Yverdon-les-Bains, de Champvent, de Chillon, par exemple, ont été construits selon le style « carré savoyard ».

Cette dynastie exceptionnelle, qui fut l’une des grandes dynasties d’Europe, dura plus longtemps que les Habsbourg d’Autriche, empire qui fut dissous en 1918.

Les descendants des comtes de Savoie (1029-1416) et des ducs de Savoie (1416-1713) furent rois de Sicile, de Sardaigne, de Savoie et du Piémont, avec le titre de rois de Piémont-Sardaigne (1713-1860) et de rois d’Italie (1860-1946).

Le 23 avril 1861, après la dissolution du royaume de Piémont-Sardaigne suite à la création du Royaume d’Italie en 1860, les Savoyards approuvèrent par un vote leur rattachement à l’Empire français de Napoléon III.

Bien que la Savoie ne puisse pas rivaliser avec la splendeur et la culture des ducs de Bourgogne, son château médiéval, sa belle chapelle gothique, ses monastères et ses églises, sa cathédrale, ses palais urbains et les rues de Chambéry, héritées de l’époque médiévale et les nombreuses œuvres d’art exposées au Musée Savoisien donnent un aperçu de son riche patrimoine culturel.

(Source : Thérèse et Jean-Pierre Leguay, La Savoie, Rennes, 2014)

Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice

Chambéry

Le Château de Rolle

Le château de Rolle (canton de Vaud), situé au bord du lac Léman, fut fondé par la maison de Savoie au cours du troisième quart du XIIIème siècle. La construction du premier « castrum de Ruello » de 1264 à 1269 est attestée par l’analyse dendrochronologique des pieux trouvés dans le fossé du château.

Citée pour la première fois dans des actes de 1291, la forteresse se trouvait alors en possession du comte Amédée V de Savoie. L’édifice, bâti en tuf, un calcaire local, est l’un des plus grands de son genre.

Il n’est pas possible d’expliquer de façon probante la raison pour laquelle cette forteresse présente un plan particulièrement irrégulier, surtout en ce qui concerne la partie donnant sur le lac, avec son mur d’enceinte à angle obtus et sa tour carrée.

Le reste du château, soit la tour ronde et les deux tours flanquantes semi-circulaires, est perçu comme un ouvrage inspiré du carré savoyard avec donjon rond et tours d’angle plus petites.

Le château servait à l’entrepôt de marchandises et à la défense. Il abrita même un port intérieur accessible du lac par une voûte.

En 1295, le fief passa aux mains du chevalier Jean de Greilly, dont les descendants résidèrent à Rolle jusqu’au XVème siècle.

C’est vers 1330 que les comtes de Savoie fondèrent la petite ville de Rolle, sur le terrain bas qui s’étend à l’ouest du château. Après 1400, les seigneurs de Greilly héritèrent de terres étendues en Guyenne, ancienne province située dans le sud-ouest de la France.

En 1531, le château et ses biens passèrent à Jean Amédée de Beaufort et en 1536, les Bernois, lorsqu’ils prirent possession du Pays du Vaud, se chargèrent de la suzeraineté savoyarde sur Rolle.

Mais Jean Amédée, membre de la Ligue de la Cuiller (voir le site Swiss Spectator, 5 avril 2021, La ligue des chevaliers de la Cuiller) ne daigna prêter hommage et fidélité au Conseil de Berne qu’en 1543.

Un riche patricien bernois, Jean de Steiger acquit le château de Rolle en 1558. La famille conserva le château et les droits seigneuriaux durant près de deux siècles. Le château fut racheté par la commune de Rolle le 29 mars 1799.

Aujourd’hui, le monument accueille, entre autres, une salle d’exposition et abrite la bibliothèque historique riche de 13000 ouvrages.

Le château de Rolle, forteresse médiévale, se situe au cœur d’une région touristique très prisée.

(Source et plus d’informations : www.chateauderolle.ch).

Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice.

Association Danse Neuchâtel

L’ADN (Association Danse Neuchâtel) a été créée en 1996. En été 2003, l’ADN a lancé le festival Neuchâtel Scène Ouverte qui a fait émerger la danse au cœur de la cité, au péristyle de l’Hôtel de Ville, à la place des Halles, aussi appelée place du Marché, dans les parcs et les ruelles. Avec Hiver de Danses, les compagnies étaient accueillies pendant plusieurs mois. La manifestation a permis la continuité de l’offre artistique durant toute la saison d’hiver.

Fort de son succès, Hiver de Danses a poursuivi sa transition en 2018 lors d’une saison élargie dans le haut comme dans le bas du canton, dans les villes de Neuchâtel et de La Chaux-de-Fonds.

En 2018, une collaboration est intervenue avec le Théâtre populaire romand – Centre neuchâtelois des arts vivants – pour mutualiser les intérêts communs. En 2019, le Val-de-Ruz s’est rallié à la démarche. Depuis 2020, le Val-de-Travers accueillait des artistes présents sur plusieurs sites.

Dès 2021, Hiver de Danse s’est métamorphosé en ADN – Danse Neuchâtel. La programmation de l’ADN devient ainsi un décor de danse sur une année, affirmée par la volonté de soutenir la création et le partage de la danse contemporaine dans la région.

(Source et plus d’informations : www.danse-neuchatel.ch).

 

Les randonneurs de Neuchâtel et d’ailleurs

La Suisse est un pays de randonnée. Des milliers de chemins de randonnée mènent le randonneur à travers hameaux, villages, villes, parcs, gorges, montagnes, vallées, forêts, prairies, le long de lacs, d’étangs, de ruisseaux et de rivières.

Sacs à dos, bâtons de randonnée, vêtements, outils de navigation modernes (notamment Suissemobile et Swisstopo) et provisions font partie de l’équipement standard. De nombreux amoureux de la nature disposent également d’applications pour les plantes, les arbres et les oiseaux.

Les jambes restent toutefois l’équipement le plus important. L’artiste français Tjeerd Alkema (1942) est, comme son nom l’indique, un Néerlandais d’origine (Harlingen) qui vit et travaille en France depuis 1963.

Près du port d’Auvernier, sur le lac de Neuchâtel, il a magnifiquement façonné l’outil principal du randonneur.

Cette sculpture de 2006 est un hommage aux randonneurs de Neuchâtel et d’ailleurs