Disponible en allemand, néerlandais et anglais
Auteur/autrice : Maarten Koning
L’orgue romain au Stadtcasino Basel
Un citoyen de la ville romaine d’Augusta Raurica (aujourd’hui Augst, canton de Bâle-Campagne) ne l’aurait pas cru ses oreilles au troisième siècle de notre ère: on entendait jouer de l’orgue dans le hameau de Basilia (aujourd’hui Bâle).

Augusta Raurica et Basilia 117 ap. J.- Chr. Image: Musée Augusta Raurica
Augusta Raurica se trouvait à environ 10 km de Basilia et comptait 15 000 habitants à l’époque. Basilia était un village celte de quelques centaines d’habitants. Ce n’est qu’après le départ des Romains, les invasions des Alémaniques et l’arrivée de l’évêque d’Augusta Raurica à Basilia au Vème siècle que l’histoire suit son cours et que le 1er juin 2023, l’orgue joue à Bâle.
L’orgue est une invention grecque et a été construit par Ktésibios à Alexandrie en 246 av. J.-C. Il a ensuite trouvé son chemin vers la Grèce. Les Romains ont conquis la Grèce en 197 avant J.-C., mais la culture grecque a conquis Rome. L’orgue a aussi rapidement trouvé sa place dans la culture romaine. Les Romains ont toutefois apporté des améliorations.

Image: Dr Anne de Pury-Gysel. Stadtcasino Basel, le 10 juin 2023

Villa Nennig (Allemagne). Image: Dr Anne de Pury-Gysel. Stadtcasino Basel, le 10 juin 2023

Image: Dr Anne de Pury-Gysel. Stadtcasino Basel, le 10 juin 2023
Les orgues romains apparaissent dans une cinquantaine d’images de l’Antiquité classique. Souvent dans le contexte du théâtre ou de l’amphithéâtre (notamment lors des jeux de gladiateurs), parfois dans un cadre privé, avec ou sans d’autres instruments et chanteurs et chanteuses.
L’instrument était un produit de luxe que l’on pouvait entendre dans les villas et les palais de l’élite locale et lors des spectacles dans les amphithéâtres et les théâtres. En effet, ces édifices avaient avant tout des fonctions politiques et de propagande, et la musique faisait également partie du spectacle, de l’évergétisme et de l’autoreprésentation.
Le problème d’une représentation contemporaine de l’orgue romain est l’absence quasi-totale de partitions, l’absence d’orgues complets et le son qu’ils produisaient. Seules trois parties d’orgues romaines ont été retrouvées jusqu’à présent. A Avenches (l’Aventicum romain, canton de Vaud), à Budapest (l’Aquincum romain) et à Dion en Macédoine.

Image: Dr Anne de Pury-Gysel. Stadtcasino Basel, le 10 juin 2023
Les détails techniques des orgues romains ont été décrits dans la littérature romaine (notamment dans de architectura de Marcus Vitruvius Pollio (vers 85-20 av. J.-C.). Les découvertes archéologiques, les images et la description détaillée de Vitruve ont permis aux chercheurs de reconstituer un orgue à eau. L’orgue à eau est une combinaison ingénieuse d’air, d’eau, de jeux, de registres et de tuyaux.
En fait, cette construction remplace le souffle des instruments à vent. Lors des représentations au Stadtcasino, deux personnes situées de part et d’autre devaient actionner un levier pour maintenir la circulation de l’air. Les orgues à soufflets existaient probablement déjà dans l’Antiquité classique. L’organetto médiéval était basé sur cette technique.
Depuis lors, le principe des orgues n’a pas beaucoup changé, seul le nombre de jeux, registres, de touches et de tuyaux a énormément augmenté, comme le montre l’orgue moderne du Stadtcasino de Bâle.

L’ orgue romain à eau (reconstruction)

L’ orgue romain à eau (reconstruction)

Justus Willberg (orgue romain à eau) et Aline de Pasquier (soprano)

Corina Marti (organetto) et Aline de Pasquier (soprano)

Thilo Muster (Metzler-Klahre orgue)
Les sons d’une réplique d’un orgue à eau romain du IIIème siècle après J.-C. par l’organiste Justus Willberg dans une exécution conjointe avec un Organetto (organiste Corina Marti) de la fin du Moyen Âge (1300-1500), un orgue de Metzler-Klahre (organiste Thilo Muster), accompagné de compositions et de chants contemporains (par la soprano Aline de Pasquier), une déclamation en latin de l’inscription sur le sacrophage pour l’organiste romaine Aelia Sabina (IIIème siècle après J.-C.) et la première de la composition « Canzona » du compositeur bâlois Hans-Martin Linde constituent une première mondiale.
L’organiste Justus Willberg a d’ailleurs interpreté son exécution sur deux des rares fragments de compositions de l’Antiquité classique.
Cette représentation spéciale d’orgues et de compositions romaines, médiévales et contemporaines a été organisée par l’Alliance française de Bâle, la Société d’études françaises de Bâle et les Freunde Alter Musik Basel, en collaboration avec le Dr Anne de Pury-Gysel, ancienne directrice du Musée romain d’Avenches et du site archéologique romain d’Aventicum.
Le mot de la fin du évenement était juste : sans connaissance du passé, il n’y a pas de compréhension du présent et pas de regard sur l’avenir. Sans les inventions grecques, les adaptations romaines et l’avènement du christianisme, pas de Jean-Sébastien Bach et pas de concerts Bach sur l’orgue Silbermann du XVIIIe siècle de la cathédrale d’Arlesheim. Un autre festival d’orgue est d’ailleurs organisé au Stadtcasino de Bâle du 1er au 16 septembre.
(Source: F. Jacob, M. Leuthard, A.C. Voûte. A. Hochuli-Gysel, Die römische Orgel aus Avenches/Aventicum, Avenches 2000; Von der römischen Wasserorgel bis zur modernen Orgel, Stadtcasino Basel, 10.06.2023).
Révision: Patrick van Zinnicq Bergmann, correcteur d’orthographe et grammaire française.

Image: Dr Anne de Pury-Gysel. Stadtcasino Basel le 10 juin 2023


Deux fragments de compositions de l’antiquité. Images: Justus Willberg. Stadtcasino Basel, le 10 juin 2023
Reichenau en Arenenberg
Disponible en allemand, néerlandais et anglais
Société d’histoire de l’art
Le 3 juin, la 143e assemblée annuelle de la Société d’histoire de l’art en Suisse (SHAS) s’est tenue au Pfalzkeller au cœur du patrimoine culturel mondial de Saint-Gall avec le monastère et la bibliothèque légendaire.

Compte tenu de l’histoire impressionnante de cette société vieille de près de 150 ans, voici un bref aperçu de ses principales activités et publications, avec un accent particulier sur ses publications numériques et applicatives.
La SHAS est une société privée d’utilité publique. Ses buts essentiels sont de répertorier, étudier et faire connaître le patrimoine architectural de la Suisse.
La SHAS a été fondée en 1880 sous le nom de Société patriotique pour la conservation des monuments historiques.
Les publications
En 1925, la SHAS pouvait entreprendre l’édition de l’inventaire national des Monuments d’art et d’histoire de la Suisse (MAH), en collaboration avec les cantons.
Le premier volume parut en 1927. Depuis lors, 145 volumes de cette collection ont été publiés. Ils furent complétés entre 1982 et 2004 par l’Inventaire suisse d’architecture 1850-1920. Depuis 2012, tous les nouveaux tomes de la série ont également été publiés sous forme numérique.
La SHAS édite aussi des Guides de monuments suisses, série lancée en 1935, des guides régionaux ou cantonaux et des ouvrages hors séries touchant à des sujets spécifiques liés à l’histoire de l’art et de l’architecture,
De plus, la SHAS publie la revue trimestrielle Art+Architecture en Suisse.
Les activités numériques et applicatives
Depuis 2010, la SHAS mise de plus en plus sur les nouveaux médias et les réseaux sociaux. Voici un résumé des principales activités numériques et applicatives.
Swiss Art to Go
L’application Swiss Art To Go a été conçue pour être l’assistant personnel spécialisé dans l’architecture suisse.
EuropeArt To Go
EuropeArt To Go est une App gratuite pour les découvertes dans la région trinationale du Rhin supérieur. L’application synthétise des informations sur les bâtiments importants de la région du Rhin supérieur, du Moyen Âge à nos jours. Elle peut être installée sur tous les smartphones ou tablettes.
Péristyle
Péristyle est un référentiel documentaire thématique, une publication d’articles simplifiée et une revue personnalisée. Elle est à la fois bibliothèque virtuelle et outil d’édition, elle transforme en quelques clics de souris des fichiers Word en eBooks adaptés aux périphériques mobiles, et permet la création et l’impression de revues à la demande.
MAH-online
Les 145 volumes des Monuments d’art et d’histoire de la Suisse (MAH) retracent l’évolution historique des bâtiments construits entre la fin de l’Antiquité et le 20e siècle en Suisse et dans le Principauté du Liechtenstein.
360° Swiss Heritage
360° Swiss Heritage permet des visites en réalité virtuelle de manière 3-D de châteaux suisses.
Swiss Art in Sounds
Depuis 2022, la SHAS organise le projet pilote Swiss Art in Sounds. Elle enrichit les petits guides de pistes audio. Ces pistes correspondent à des textes sur mesure consacrés à 4 ou 5 points d’intérêt particuliers des bâtiments traités. Elles sont disponibles en allemand, anglais, français et italien. Le projet est également conçu pour les personnes malvoyantes (livres à écouter).
Sciences-Arts
Le portail interdisciplinaire Sciences-Arts propose une bonne vue d’ensemble des disciplines scientifiques dans le domaine de l’art, de la musique et du théâtre en Suisse. Le portail rassemble différentes activités scientifiques et culturelles, que ce soit des manifestations sur la politique culturelle et scientifique ou des informations concrètes sur les formations et les carrières professionnelles.
Le portail est un projet regroupant huit sociétés membres de l’Académie suisse des sciences humaines et sociales. Ils s’occupent de l’ensemble de la plateforme. La SHAS est responsable quant à elle de la gestion du site et du contenu.
(Source et plus d’informations: la Société d’histoire de l’art en Suisse)

Le Pfalzkeller. Photo: SHAS


Le Pfalzkeller. Photos: TES
Le monastère de Werd
Disponible en allemand, néerlandais et anglais
Regio Basiliensis depuis 1963
En 2023, l’association Regio Basiliensis fête ses 60 ans d’existence. L’association a été fondée en 1963 à Bâle par des représentants de l’économie et de la science.
Son objectif était de planifier et de promouvoir du côté suisse le développement économique, politique et culturel de la région et d’éliminer les obstacles frontaliers entre les différentes parties de la région du Rhin supérieur.
Elle donne des impulsions pour le développement de l’espace du Rhin supérieur en une région frontalière européenne cohérente et participe à sa réalisation.
La Regio Basiliensis est aussi le centre de compétences de premier choix pour promouvoir la coopération transfrontalière. Elle est ainsi au service de la politique, des autorités, de l’économie, de la science, des organisations et des citoyens.
Depuis sa création, elle a marqué de manière décisive la coopération régionale et a apporté une contribution essentielle à la plupart des réalisations trinationales.
(Source et plus d’informations: Regio Basiliensis).
Le musée national Zurich 125 ans
Le Musée national Zurich, ouvert en 1898, fête ses 125 ans d’existence en 2023. Cet anniversaire est l’occasion de revenir sur des épisodes marquants de la vie du musée, tout en se projetant dans l’avenir. Le week-end anniversaire, les 10 et 11 juin, avec un programme spécial proposé au public, sera le moment fort des festivités.

Depuis 125 ans, le Musée national suisse conserve, étudie et transmet des objets de l’histoire suisse. Pourquoi le musée national a-t-il été construit précisément à Zurich ? Comment des armes, un métier à tisser et du sucre en morceaux peuvent-ils raconter ce qu’était et ce qu’est la Suisse ?

À l’occasion de cet anniversaire, une visite divertissante, rythmée par des anecdotes et des histoires de fond et portant un regard sur l’avenir, attend les visiteuses et visiteurs.
(Source et plus d’informations: Le Musée national Zurich)
Johann Peter Hebel. Ses histoires de calendrier
Disponible en allemand.
(Réalisation: Chantal Duocommun, Johann Peter Hebel. Kalendergeschichten in Comics & Illustrationen, Schwabe AG, Bâle 2010)
La Maison des cantons
L’ouverture à Berne de la Maison des cantons en 2008 a marqué une étape importante dans la coopération entre les 26 cantons de la Confédération.
Il s’agit d’un lieu de réunion qui concentre les connaissances et fournit une infrastructure centrale au service de la communication.
Il facilite également la coopération entre les cantons et la Confédération au niveau national (départements et parlement) et encourage la coopération (concrète), le dialogue, la communication et l’échange d’informations entre les cantons et la Confédération.
Conférences des gouvernements cantonaux
Les gouvernements des 26 cantons coordonnent leurs intérêts (parfois divergents) au niveau fédéral par les conférences des gouvernements cantonaux (CdC).
Elle s’occupe principalement du renouvellement et du développement du fédéralisme, de la répartition des tâches entre la Confédération et les cantons, de la prise de décision au sein de la Confédération, de l’exécution des tâches fédérales par les cantons et de la communication (en temps utile) sur la politique étrangère et européenne.
Conférences des directeurs
Les conférences des directeurs couvrent les tâches cantonales (finances, éducation et culture, documentation, éducation, santé, justice et police, politique sociale, forêts, nature, paysage et climat, construction, planification et environnement, transports publics, économie, énergie et agriculture).
La subsidiarité
En 1848, seuls des pouvoirs minimaux ont été accordés à la Confédération. Ce principe est notamment exprimé dans l’art. 3 de la Constitution : la subsidiarité exige que toutes les tâches publiques qui ne sont pas explicitement attribuées à la Confédération relèvent de la compétence des cantons, qui, de leur côté, les délèguent en partie aux communes.
Dans la plupart des cas, les cantons sont également responsables de la mise en œuvre de la politique et de la législation fédérales.
Ce n’est que dans le domaine des relations internationales (européennes), de la défense et des finances et de la fiscalité que la totalité ou la plupart des responsabilités incombent encore à la Confédération, telles qu’exprimées dans le budget.
Mais c’est précisément à ce moment-là que le Conseil d’États (la représentation parlementaire des cantons au niveau fédéral) et le référendum cantonal peuvent influencer les décisions fédérales.
Raison d’être
Dans de nombreux autres domaines, la situation est diffuse, mais la répartition des tâches entre la Confédération et les cantons (et les communes) a changé depuis 1848, et des compétences considérables ont été transférées à la Confédération.
Cependant, les cantons ont également changé à bien des égards depuis 1848, tant sur le plan économique, religieux et social qu’en termes de densité de population ou de développement urbain/rural.
La Maison des Cantons trouve sa raison d’être dans ces développements. (Source et plus d’informations: Haus der Kantone; A. Vatter, Das politische System der Schweiz, Baden-Baden, 2016).
Le Munot de Schaffhouse
Disponible en anglais, allemand et néerlandais.
