Disponible en allemand, néerlandais et anglais
Auteur/autrice : Maarten Koning
Le Château de Gruyère
A partir du XVe siècle, le château des comtes de Gruyère s’est empêtré dans les conflits entre la Savoie, la Bourgogne, Berne et Fribourg et la France.
En 1475, la Gruyère choisit le côté de Berne et de Fribourg en raison de la guerre avec la Bourgogne (soutenue par la Savoie).
Moins connue est la prise de contrôle par Fribourg. Ce fut une banqueroute du dernier comte en 1554. Fribourg fut l’un des plus grands créanciers et reprit le château comme centre administratif.
Source et plus d´informations: Château Gruyère

Le rythme suisse de Fleurier
Les routes du Val-de-Travers, commune du canton de Neuchâtel et vallée moyenne du Jura neuchâtelois – déjà voies de transport à l’époque romaine – assurent une liaison transversale entre le Plateau suisse et la Franche-Comté (France), d’où son nom vers 1150 : Vallis traversis. Le Val-de-Travers est appelé le Vallon.
Le vallée est marquée par son histoire industrielle : depuis le XVIIIème siècle elle a vu s’épanouir l’industrie de la dentelle, les mines d’asphalte, la production d’absinthe (fée verte) et surtout l’horlogerie.
Le cœur du Val-de-Travers bat encore au rythme de l’horlogerie, surtout à Fleurier, village médiéval, où l’ouverture de la première horlogerie date de 1851.
La plus ancienne mention connue du nom de Fleurier figure sur un parchemin en 1284. Le village releva de la châtellenie du Vautravers – juridiction d’un seigneur châtelain – puis fut administré par les comtes de Neuchâtel.
En 1730, David Vaucher (1712-1786) fut considéré comme le premier horloger de Fleurier.
Edouard Bovet (1797-1849), jeune horloger de Fleurier, est engagé en 1818 par une maison d’horlogerie anglaise comme horloger à Canton, en Chine. Après quatre années de travail à Canton, il s’est initié au commerce avec les Chinois.
En 1822, il décida de se mettre à son compte et travailla avec ses frères, Frédéric et Alphonse établis à Londres et Gustave resté à Fleurier. L’affaire des Bovet, florissante, ouvra les portes de l’Empire chinois aux horlogers de Fleurier.
Le marché chinois donna une impulsion à Fleurier qui afficha une grande prospérité. De nombreux horlogers s’y installèrent : en 1750 on compta quinze horlogers à Fleurier.
Presque tous les ouvriers du village œuvrèrent alors pour la montre chinoise, pièce d’un calibre et d’un type spéciaux conçue spécialement pour le gigantesque marché chinois, très demandeur.
En 1900, le secteur de l’horlogerie employait à Fleurier plus de 2 000 personnes et la population passa ainsi de 800 habitants en 1800 à plus de 3 300 habitants vers 1900.
Après les crises des guerres napoléoniennes (1800-1813), pendant l’entre-deux-guerres (1918-1939), durant les deux guerres mondiales (1914-1945), en 1970 lors de l’apparition des montres à quartz japonaises et lors du premier choc pétrolier, le secteur de l’horlogerie suisse, blême, fit preuve d’une grande solidarité et d’innovation.
Le développement de nouveaux produits, la conquête de nouveaux marchés et le génie de certains entrepreneurs, qu’ils fussent architectes, astronomes, géomètres, mathématiciens, physiciens, ont permis à Fleurier – et à l’industrie horlogère suisse – de redresser la situation.
La présence de manufactures renommées et la certification de la Fondation Qualité Fleurier font de Fleurier un centre important de la Haute Horlogerie suisse.
Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice.
La Notre-Dame du Pont à Monthey
La première chapelle de Notre-Dame du Pont à Monthey (canton du Valais) était située sur la rive droite de la Vièze, qui coulait alors de la colline du vieux château. Fondée en 1490, elle fut démolie au printemps 1775 et entièrement reconstruite dans l’édifice actuel.
La chapelle a résisté aux inondations de 1726. Seules les fondations ont été touchées. Sur la façade ouest, on peut lire l’inscription suivante :
La Vièze a débordé le 6 juillet 1726. Le 15 août de la même année, on commença les travaux d’une nouvelle fondation sous l’hospice de la Bienheureuse Vierge Marie, qui fut achevée en 1728. (La Vièze a débordé le 6 juillet 1726. Un nouveau lit a été commencé sous la hospice de la Bienheureuse vierge Marie le 15 août de la même année et achevé en 1728).
Vers 1900, une ferme et deux granges se trouvaient encore à proximité de la chapelle. La chapelle est un véritable chef-d’œuvre de l’architecture baroque des chapelles. Ce type d’architecture se retrouve dans la vallée de Saas (Haut-Valais).
Monthey dépendait du diocèse de Sion (Sitten) dans le Haut-Valais. Monthey se trouvait dans le Bas-Valais et fut occupée par le Haut-Valais ou République des sept Dizains jusqu’en 1798, voir aussi Suisse 26.01.2021 sous histoire locale.
L’ église et le clocher de Champéry
La première église en pierre de Champéry date de 1725. Elle a remplacé la chapelle dédiée à Saint-Théodule, patron depuis 1219 du diocèse de Sion (Sitten), auquel Champéry appartient.
L’église a été rénovée en 1857 et en 1898, mais en raison d’un glissement de terrain, elle a été démolie en 1966 et reconstruite 20 mètres plus loin. Cependant, le clocher baroque de 1725 se dresse toujours fièrement et constitue un monument. Le carillon est composé de huit cloches.
(Source : et plus d’informations : www.patrimoinechamperolain.ch).
Champéry
Pery (Champ à Péry, Champ Péry et Champéry) fut apparemment le premier habitant de la vallée au Moyen Âge. Le village fit partie du deuxième royaume de Bourgogne (888-1032) et a été gouverné par les ducs de Savoie jusqu’en 1536.
En 1536, les Sept-Dizains (die Sieben Zenden) du Haut-Valais envahissent le Bas-Valais. La vallée et Champéry font partie de la ville de Monthey, la principale ville du Bas-Valais, jusqu’en 1798.
Les habitants vivaient principalement de l’agriculture, de l’élevage et du commerce du bois. Le service militaire pour des puissances étrangères (mercenaires) était également une source importante de revenus jusqu’au milieu du 19e siècle. En 1848, la constitution fédérale interdit ce commerce.

En 1839, le canton du Valais accorde à Champéry l’indépendance communale. Le village se sépare du Val d’Illiez. La seconde moitié du XIXe siècle est marquée par l’émigration de nombreuses familles (notamment vers l’Argentine). A cette époque, les premières routes sont construites et le tourisme est en plein essor.
Champéry devient progressivement une destination touristique. En 1908, le chemin de fer est mis en service. En 1959, le premier téléski est construit. Le village a conservé son caractère rural malgré le tourisme, comme en témoignent les vieux chalets et les nombreux mazots (petits entrepôts en bois pour le foin et le grain).
(Source et plus d’informations : www.patrimoinechamperolain.ch).
Chexbres, Balcon du Léman
La découverte de vestiges romains laisse supposer que les origines de Chexbres (commune de la région de Lavaux, canton de Vaud) sont anciennes.
Après cette époque, le village dépendit de l’abbaye de Saint-Maurice. De 978 jusqu’en 1079, Chexbres passa au Royaume de Bourgogne (978-1032) et au Saint-Empire romain (1032-1079).
En 1080, le village fut donné à l’évêque de Lausanne par l’empereur Henri IV (1050-1106). Dès lors, on le compta au nombre des biens de l’évêché. Pendant cette période les moines exercèrent leur influence sur la contrée. Sur les coteaux surplombant le lac, les vignes apparurent.
En 1536, le Pays de Vaud est occupé par les Bernois. L’évêque est remplacé par un bailli et la Réforme est imposée.
En 1808, Chexbres se détacha de la grande commune paroissiale de St-Saphorin pour former une commune autonome dans le canton de Vaud, entré dans la Confédération suisse en 1803.
Un des plus anciens édifices de Chexbres est le Château de Crousaz, plusieurs fois incendié et reconstruit de 1603 à 1607. La maison Wyttenbach, bâtiment à l’architecture harmonieuse, date du XVIIIème siècle.
Chexbres, village situé à proximité des villes de Montreux, Vevey et Lausanne, est appelé Balcon du Léman grâce à la vue offerte sur le lac Léman, les Alpes et les vignes, cultivées sur d’étroites terrasses soutenues par des murs en pierre.
(Source: www.chexbres.ch).
Le Prieuré de Pully
La tradition viticole de Pully s’est épanouie au Moyen Âge. Les meilleurs raisins poussaient sur le domaine du prieuré.
Le prieuré était la propriété de l’abbaye clunisienne de Payerne. Les rois de Bourgogne (Royaume de Bourgogne 888-1032) ont fait don du prieuré à l’abbaye de Payerne au Xe siècle. Les rois étaient couronnés à Payerne.
Le lieu est cultivé depuis plus de deux mille ans. Au début, il y avait une grande villa romaine. La première église en bois date de l’époque des Mérovingiens (6e ou 7e siècle). Au 9e siècle, une église carolingienne en pierre a été construite.
Au 13e siècle, l’église est agrandie et reconstruite dans le style gothique. L’église devient un temple protestant après la conquête du Pays de Vaud par Berne en 1536.
Le temple a subi plusieurs rénovations et restaurations par la suite, la dernière en 2001 après un incendie. Aujourd’hui, le prieuré est un restaurant.
L’abbaye de Bevaix
L’abbaye de Cluny n’est jamais très loin en Suisse.Derrière les murs d’une grande ferme à Bevaix (canton de Neuchâtel), par exemple, se cache une histoire.
A près de 500 mètres d’altitude et entouré de vignobles se trouve un grand complexe agricole, qui fut une abbaye jusqu’à la Réforme en 1531.
En 998, Rodolphe III (966/70-1032), le dernier roi du Royaume de Bourgogne, donna à Cluny une petite église, dix domaines agricoles et quarante serfs avec leurs familles.
L’église romane á été construite à la fin du 12e siècle. L’abbaye fut demantelé au cours de 17e siècle et l’église remplacée par la grange. Elle comporte aujourd’hui encore quelques pans de mur des bâtiments originels.
Le village a construit en 1604 un temple avec des éléments de l’église. Un temple protestant avec des symboles catholiques: la frise romane, la clé avec un agneau de Dieu, le choeur et le tabernacle.
(Source: Chr. Voros, Sites clunisiens en Europe, Cluny, 2013).
Vallée de la Brévine
Le lac des Taillères est situé à 1039 mètres d’altitude dans la « Sibérie de la Suisse », dans la vallée de la Brévine (canton de Neuchâtel).
En hiver, le lac et ses environs sont un paradis de neige et de glace, comme le suggère le nom « Sibérie ». La température la plus froide du monde habité de la Suisse a été mesurée à La Brévine, par le Service météorologique fédéral en 1987 : – 41,8 C. En été, cependant, la vallée est plus chaude que les régions similaires.
C’est un microclimat dû à l’altitude, aux montagnes, à la végétation et aux conditions du sol. Le paysage est constitué de forêts, de prairies, de villages (la Brévine, La Chaux-du-Milieu), de fermes et de ruisseaux, dont la Brevena, d’où la vallée et le village tirent leur nom.
La galerie d’art Ferme du Grand-Chachot-de-Vent est également située dans la vallée. Un véritable paradis pour les amoureux de la nature et des sports d’été et d’hiver, avec neige garantie, même si rien n’est sûr aujourd’hui.
