The Dufour map and the European Union Die Dufourkarte im Bundeshaus. Foto/Photo: TES

La carte de carte Dufour et l’Union Européenne

La carte topographique de la Suisse à l’échelle 1:100 000, mieux connue sous le nom de carte Dufour, offre encore aujourd’hui de nombreux points de repère historiques, culturels et politiques. Le créateur de cette carte, Guillaume-Henri Dufour (1787-1875), fut général lors de la guerre du Sonderbund (1847) et membre du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) lors de sa fondation (1863).

 La carte Dufour

Cette carte constitue une source intéressante sur les plans culturel, historique et politique, car elle montre pour la première fois la coopération fédéraliste entre les différents cantons du pays. Elle est un symbole de l’émergence de l’État-nation suisse moderne, fondé en 1848.

La carte Dufour au Palais fédéral à Berne symbolise la fondation de la Confoederatio Helvetica. La symbolique du serment du Grütli et la carte illustrent la longue histoire de sa formation, depuis la fin du Moyen Âge jusqu’à l’époque moderne.

La carte ne montre pas seulement les régions et les frontières avec les pays voisins. Elle renvoie également à la structure politique de la Confédération suisse, composée des cantons, dont les représentants élus par le peuple siègent au Conseil national et au Conseil des États et gouvernent le pays dans ce bâtiment.

En outre, cette carte symbolise aussi des valeurs telles que l’exactitude, la précision et les réalisations pionnières de la Suisse, et, dans un sens plus large, la tradition, l’intégration et la coexistence au sein d’une société cosmopolite, multiculturelle et multilingue.

 Le réalisable et la diversité

Cette carte et la Suisse démontrent aussi ce qui est éminemment réalisable pour une démocratie directe qui fonctionne bien, fondée sur la subsidiarité, la décentralisation et le fédéralisme.

Si un très jeune membre du parlement (peut-être même le président du Conseil national en 2027) aspire à davantage de variété et de diversité, cela témoigne surtout d’un manque de connaissance, de compréhension et d’intelligence de la Suisse.

À quel point un pays peut-il être divers avec quatre langues, 26 cantons souverains, des dialectes et des cultures, de nombreux mariages mixtes et immigrés, différentes religions et une grande variété de paysages ? Apparemment, l’objectif serait de transformer la Suisse, déjà très diverse, en une société tribale composée de nombreuses petites communautés sans trop de « Swissness », ayant peu ou rien en commun les unes avec les autres.

 L’Union européenne

L’idéologie, aujourd’hui appelée « fédéralisme européen plutôt que socialisme européen », menace le modèle décentralisé, fédéral, démocratique direct et fondé sur la subsidiarité.

Même un nombre (trop) important de membres de la génération de la nouvelle Confédération de 1848, dont le peuple et les cantons sont les fondateurs, poursuit cet objectif. La peur des sanctions de l’Union européenne, le dénigrement systématique de la Suisse ainsi que des motifs géopolitiques (temporaires, incertains et instables) en sont les principaux moteurs.

En réalité, peu d’éléments plaident en faveur de l’abandon du modèle suisse et d’une adhésion (pour l’instant limitée) à l’Union européenne. Un transfert de compétences constitutionnelles, exécutives, judiciaires et législatives à l’UE implique évidemment l’adhésion à l’UE.

La situation politique, sociétale, sociale, démocratique et monétaire instable en Allemagne, en France, en Belgique, en Italie et aux Pays-Bas constitue un avertissement, sans même parler du modèle bureaucratique, technocratique, antidémocratique et surtout fondé sur les subventions de l’UE.

 Conclusion

La Suisse mise sur la mondialisation, la qualité et le modèle innovant ascendant, tandis que l’UE se fonde sur la quantité, le protectionnisme, les subventions descendantes, des projets mégalomanes, toujours plus de dettes et de compétences (fiscales), ainsi que des mesures uniformes appliquées à un nombre croissant de domaines.

Une chose est sûre, la carte Dufour devrait être retirée du Palais fédéral si les cantons étaient ignorés, dans un coup d’État à la suisse, par des membres du parlement, en violation de la lettre et de l’esprit de la Constitution de 1848.

L’idéologie dogmatique, les vœux pieux et le besoin d’« en faire partie » remplacent le pragmatisme suisse, le réalisme, le sens du réalisable et le souci du détail. Les grandes lignes comme les détails, de même que les nombreuses conséquences, prévisibles ou non, du nouveau traité envisagé avec l’UE, ne laissent guère présager d’issues favorables pour la Suisse.

(Source et plus d’informations: www.swisstopo.ch/dufour)