Le yodel unit les villes, la campagne et la Suisse 1924–2026
5 février 2026
Dans le numéro actuel de NZZ-Geschichte (n° 62, février 2026), l’évolution économique, sociale et politique des paysans en Suisse est abordée en détail. Au XIXème siècle, la moitié de la population travaillait encore dans ce secteur, mais n’était pas représentée politiquement.


Fasnacht 2026
Dans ce contexte, il est également question de la guerre des paysans de 1653, aujourd’hui presque oubliée, contrairement à la guerre des paysans allemands de 1525, À cette époque, 80 % de la population œuvrait dans ce domaine, mais ce sont les élites urbaines qui décidaient de la politique pour leurs « sujets ». Un fossé ville-campagne avant la lettre, même si la perspective politique est aujourd’hui inversée: conservatrice à la campagne, révolutionnaire dans les villes.

L’industrialisation aux XIX ème et XX ème siècles y est pour beaucoup. De moins en moins de personnes travaillaient dans l’agriculture et beaucoup ont migré vers les villes et leurs industries naissantes, y compris à Bâle.
Avec l’introduction du système proportionnel pour les élections au parlement national, sa composition a également changé. Rudolf Minger (1881–1955) fut le premier fils de paysan au parlement. Il était membre de l’ancienne Union suisse des Paysans, Artisans et Indépendants (PAI), aujourd’hui l’UDC.

Les traditions rurales ont également gagné les villes. De nombreux migrants venus de régions rurales ont, par exemple, apporté le yodel à Bâle. Le nombre de sociétés de yodel était si important qu’en 1924, le premier festival fédéral de yodel a eu lieu à Bâle. Après la Première Guerre mondiale (1914–1918) et les années agitées qui ont suivi, il y avait un besoin d’unité et de cohésion. Le yodel, typiquement suisse, a rapproché ville et campagne.
Il est donc hautement symbolique qu’un siècle plus tard, Bâle soit à nouveau la ville hôte de la Fête fédérale de yodel. Cette manifestation unit toujours la ville et la campagne et, en 2026, également les cantons de Bâle-Ville et de Bâle-Campagne.
Bien que le yodel existe aussi dans d’autres pays alpins, c’est en Suisse qu’il atteint le plus haut niveau musical en termes de nombre de pratiquants, de sociétés, de qualité et d’interprétations (modernes). En décembre 2025, l’UNESCO a inscrit le yodel suisse sur la Liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

La Fête fédérale de yodel aura lieu du 26 au 28 juin à Bâle, avec plus de 12 000 participants : yodleurs, lanceurs de drapeaux, joueurs de cor des Alpes et, bien sûr, des piccolos et des tambourins de Bâle. L’ouverture de l’« année suisse du yodel » a eu lieu le 5 février à Bâle, auprès – comment pourrait-il en être autrement – de l’Helvetia assise.

(Source et plus d’informations: 32. Eidgenössisches Jodlerfest)
