Eclépens et son château

Le village d’Eclépens (canton de Vaud), adossé à la colline du Mormont, est situé sur la rive gauche de la Venoge qui vient de se tourner vers le sud.

Eclepedingus en l’an 814, Sclepens en 1147, Escleppens en 1453, nom qu’on croit être celui de quelque personne d’origine germanique.

La voie romaine de Lousona (Lausanne) à Urba (orbe) passait sur la rive gauche de la Venoge, à deux kilomètres au-dessus du village actuel.

En l’an 814, Louis le Pieux (778-840) donna à l’Eglise de Lausanne la chapelle de St-Didier et le bois de chênes du Mormont. L’Abbaye de Romainmôtier  y possédait une ferme.

Il y avait deux familles nobles : les Grasset et les milites d’Eclépens,  puis les biens passèrent aux de Gingins du château de la Sarraz. Eclépens fit partie de la baronnie de La Sarra jusqu’en 1623.

Durant l’époque bernoise (1536-1798), la justice était formée de six jurés sous la présidence du châtelain de la Sarraz.

L’église d’Eclépens, dédiée à Saint-Pierre, dont la fondation remonte probablement avant le IX ème siècle (mentionnée dans la donation de Louis le Pieux du 28 juillet 814) a été citée paroissiale en 1228 et dépendait du Chapitre de Lausanne.

En 1924, la commune adopta des armoiries e et reprit le lion des chevaliers d’Eclépens,  elle le chargea d’une fasce ondée symbolisant le canal d’Entreroches et ajouta encore un mont rappelant les hauteurs du Mormont.

(Source: www.eclepens.ch).

Les Clées et l’Orbe

La date de la fondation des Clées (canton de Vaud) n’est pas connue mais le village fut mentionné dans des documents en 814 déjà.

Le pont des Clées sur l’Orbe fut attesté en 1050. Les marchands et les pèlerins qui le traversèrent durent s’acquitter d’un péage, dénoncé comme abusif au siècle suivant. Cette exaction, commise par les occupants du château fort, conduisit le pape Innocent II vers 1130 à prier l’évêque de Lausanne de frapper d’excommunication quiconque y demeurerait.

En 1232, le château passa au comte de Genève et le 10 juin 1250, Pierre de Savoie reçut les terres des Clées en gage d’un paiement par le comte de Genève. Il fit surélever la tour, agrandir le château et améliorer les routes.

L’appropriation des profits de cette voie de communication entre la Lombardie (Italie) et les foires de Champagne (France) enrichit les comtes de Bourgogne, puis les seigneurs de Savoie à partir du milieu du XIIIème siècle jusqu’aux guerres de Bourgogne (1474-1477).

L’importance du passage des Clées est relatée dans le livre des comptes. Y ont transité : tissus, teintures, céréales, sucre, papier, lainages flamands, chevaux de race, faucons, épices et autres articles de luxe.

Les guerres de Bourgogne entre les cantons suisses et le Duc de Bourgogne Charles le Téméraire (1433-1477) marquèrent la fin de l’âge d’or du village des Clées et de son château.

Les Suisses brûlèrent le château en 1475. En 1536, les Bernois envahirent le pays de Vaud et désormais plus rien ne sera comme avant pour la petite commune autrefois prospère. Seulement 184 habitants vivent aujourd’hui aux Clées.

(Source : www.lesclees.ch)

Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice

La première et unique colonie suisse

Aymon de Gingins (1823-1893) fit ses premières armes à l’âge de 16 ans au service du roi de Naples, comme lieutenant dans le régiment de son père, le colonel Henri de Gingins, Baron de la Sarraz (1792-1874). Il revint au Château de La Sarraz, Pays de Vaud, en 1850, avant de prendre en 1853 la direction de la première et unique colonie suisse en Algérie.

L’empereur Napoléon III (1808-1873) concéda 20 000 hectares à la Compagnie Genevoise des Colonies suisses de Sétif, en Algérie pour l’implantation de dix villages aux portes de la Kabylie, région historique située dans le nord.

Le Genevois François-Auguste Sautter de Beauregard (1826-1885) fonda la compagnie en 1853. L’un de ses objectifs était d’y créer une colonie peuplée de ressortissants helvétiques. Les colons étaient notamment recrutés dans le canton de Vaud : plus de cent familles vaudoises émigrèrent à Sétif.

Au total, entre 1853 et 1858, près de 3000 personnes furent envoyées en Algérie par ce canal. Aymon de Gingins démissionna de son poste, mais la colonie suisse resta active jusqu’en 1956.

(Source et plus d’informations : Musée du Château de la Sarraz, www.chateau-lasarraz.ch; Université de Genève,  www.unige.ch).

Le Grand Tour de Suisse

L’histoire constitutionnelle, les belles villes, les villages authentiques et pittoresques, la démocratie directe et le fonctionnement des cantons autonomes font de la Suisse un pays intéressant. La grande diversité des paysages culturels sur un territoire relativement restreint est également impressionnante.

Le Grand Tour de Suisse inclut pratiquement tous les incontournables du pays. Ce circuit n’est pas destiné aux fils ou parfois aux filles des aristocrates, surtout anglais, des XVIIIème et XIXème siècles mais constitue un itinéraire touristique pour tous ceux que les roads trips – voyages d’agrément effectués sur les routes – font vibrer !

Ce trajet de 1600 kilomètres de long vous emmène à la découverte de quelques 45 attractions majeures du pays, 5 cols alpins et 22 lacs.

La Suisse compte 48 pics culminant à plus de 4 000 mètres d’altitude, de nombreux lacs (environ 1 500) et cours d’eau (environ 61 000 kilomètres) dont certains se trouvent à plusieurs centaines, voire milliers de mètres d’altitude. Les voyageurs découvrent ici des glaciers et là des promenades bordées de palmiers.

Les fascinantes gorges du Rhin ou celles de Viamala (en romanche mauvais chemin) situées dans les Grisons cèdent, dans d’autres cantons, la place aux zones agricoles vallonnées qui font partie intégrante du paysage.

Des cols de montagne avec des routes étroites déployant leurs lacets, de nombreux viaducs ferroviaires et routiers et de larges autoroutes se succèdent tour à tour. Les régions inhospitalières et l’agriculture cohabitent couramment.

Les plus anciennes abbayes se rencontrent sur la même route que les lieux dotés d’une architecture moderne et les musées.

Les jeunes aristocrates anglais après 1720 traversèrent l’Europe pour accomplir en Italie un voyage qui était l’étape ultime du perfectionnement de leur éducation, aux sources mêmes de la culture classique qui les avaient nourris.

Est-ce tout ? Non ! Selon le Jardin des glaciers (Gletschergarten) de Lucerne, la Suisse se trouvait sur le rivage d’une mer subtropicale il y a 20 millions d’années.

(Pour plus d’informations : www.myswitserland.com).

Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice.