Le Val d´ Hérémence

Le Val (canton de Valais), abrite un patrimoine naturel (les pyramides d’Euseigne et la Grande Dixence) et humain (l’église Saint-Nicolas d’Hérémence, des chapelles et des villages) exceptionnel.

La vallée est bordée au nord par le Rhône et au sud par le plus grand barrage d’Europe et le lac des Dix. La vallée est entourée de montagnes de plus de 2 000 à 3 000 mètres.

Le village le plus important est Hérémence, qui était déjà mentionné en 515. Le village apparaît sous différents noms, dont Aremens, Herementia, Eremencia, Hermentia et, à partir de 1329, Hérémence.

Savoie a gouverné le village après 1218 jusqu’à la fin du XVe/début du XVIe siècle. Hérémence a été annexé à Sion/Sitten par la Diète des Sept Dizaines (Zenden ou Zehnden) en 1513 et gouverné comme un territoire sujet de 1524 à 1798.

L’invasion de Napoléon en 1798 mit fin au pouvoir des sept dizains du Haut-Valais, et le canton du Valais fut proclamé.

(Source : www.heremence.ch).

L’église Saint-Nicolas d’Hérémence

Le 31 octobre 1971 a été à un jour particulier à Hérémence, village situé à l’intersection du val d’Hérens et du val d’Hérémence (canton de Valais), sur la rive gauche du Rhône, près de la ville de Sion : la consécration de la nouvelle église Saint-Nicolas.

L’église d’origine datant de 1770 avait été fortement altérée par le tremblement de terre de 1946 et, devenue trop exiguë, elle fut démolie en 1946.

La première église du village date du XIème siècle. Une autre église fut construite aux XIVème et XVème siècles. L’église contemporaine de 1971 comporte des objets datant de ces époques.

Durant cette période, la construction d’une nouvelle église ne constitua pas une exception puisque, entre 1955 et 1975, plus de 250 nouvelles églises catholiques ont été édifiées en Suisse.

Des travaux ayant pris du retard, une prospérité accrue, la modernisation de l’Eglise catholique  (Concile Vatican II 1962-1965), l’influence d’une nouvelle génération d’architectes, dont Le Corbusier (1887-1965) à qui l’on doit la chapelle Notre-Dame de Ronchamp (1955) construite dans la région française de Bourgogne-Franche-Comté, l’esprit moderne de l’évêque de Sion François-Nestor Adam (1903-1990), la présence de nombreux ouvriers et de matériaux de construction, notamment le béton provenant du barrage de la Grande Dixence, le plus haut barrage-poids du monde et le plus massif d’Europe, achevé en 1965, illustre le contexte dans lequel fut édifiée cette nouvelle église.

La municipalité d’Hérémence voue au bâtiment de l’église aussi bien une fonction religieuse qu’une fonction profane puisqu’ils dispose d’une salle de gymnastique, d’une école, d’une bibliothèque, de commerces. L’évêque de Sion a souhaité offrir une place centrale aux symboles et anciens objets religieux.

L’architecte Walter Maria Föderer (1928-2006) s’est associé aux architectes Paul Morisod et Jean Kyburz pour créer l’église de Saint-Nicolas. Ce monument représente aujourd’hui un pan de l’histoire de l’architecture religieuse en Suisse. L’architecture de Walter Maria Föderer est définie comme sculpturale, ce qui est également relaté dans son livre « Kirchenbau von heute für morgen ? » (Construire une église aujourd’hui pour demain ?).

Son objectif était de concevoir un bâtiment neutre servant d’église ou d’espace séculier. Il était convaincu que la meilleure manière d’y parvenir était de réaliser une « œuvre d’art totale » (Gesamtkunstwerk).

Il souligne qu’un bâtiment d’église doit être le centre religieux et social de la communauté dont l’élan est donné par l’amalgame de la sculpture et de l’architecture modernes.

La construction de l’église Saint-Nicolas a débuté en 1968. L’édifice est un remarquable exemple de fusion entre sculpture et architecture, d’association entre bois, béton et lumière et d’attribution entre fonction religieuse et fonction laïque.

Un grand Christ en bois au-dessus de la sacristie date du XIème siècle, la pietà Saint-Théodule (patron du Valais), la statue de Saint-Nicolas (patron protecteur de l’église) et les quatre évangélistes sont des statues des XIVème et XVème siècles. De nombreux tableaux et fresques proviennent de l’église de 1770.

L’église répond à toutes les exigences de la liturgie catholique : elle a une chapelle, un autel, une sacristie, des fonts baptismaux, des sièges disposés en hémicycle autour de la chaire dans un cadre moderne. Le complexe remplit également une fonction sociale, comme mentionné ci-dessus.

La commune valaisanne d’Hérémence comporte deux des plus impressionnants ouvrages en béton de l’après-guerre en Suisse : le barrage de la Grande Dixence et l’église Saint-Nicolas.

Source : Anne-Fanny Cotting, Carole Schaub, L’église Saint-Nicolas d’Hérémence, Société pour l’histoire de l’art suisse (www.gsk.ch), également disponible en allemand et en anglais.

Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice.

Le 50ème anniversaire

Les 30 et 31 octobre 2021, a été fêté le 50ème anniversaire de l’emblématique église Saint-Nicolas d’Hérémence (canton du Valais).

Dédiée à Saint Nicolas de Myre, l’église paroissiale d’Hérémence est un chef d’œuvre de l’architecture contemporaine dont les formes découpées et irrégulières symbolisent le paysage montagneux environnant.

La remarquable et audacieuse architecture intérieure de l’édifice répond aux exigences de la liturgie en accueillant des sièges disposés en hémicycle autour de la chaire, de l’autel, des fonts baptismaux modernes et une acoustique harmonieuse.

L’utilisation du béton et la conception sculpturale, l’alliance entre le bois et la lumière, les objets religieux médiévaux et contemporains peuvent donner à l’église Saint-Nicolas une impulsion pour l’avenir.

Après tout, les bâtiments communaux adjacents à l’église abritent l’administration communale, une salle polyvalente avec bar et cuisine, plusieurs salles pour des assemblées, des réunions ou des apéritifs.

(Voir aussi sur le site Swiss Spectator, sous Commémoration, le texte du 1er novembre 2021 consacré à l’église Saint-Nicolas d’Hérémence).

Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice.

Les treize montagnes de Saas-Fee

Le plus haut sommet de montagne entièrement situé sur le sol suisse n’est pas le plus célèbre, le Cervin ( 4 478 mètres).

D’une hauteur de 4 545 mètres, la Dôme fait partie des treize montagnes de plus de 4000 mètres qui entourent le village de Saas-Fee dans le canton de Valais.

Saas-Fee est la Perle des Alpes (“Die Berggemeinde Fee, die Perle des Saastals”  Gottlieb Studer, CAS 1864), et L´une des plus belles perles des Alpes (“ Fee…..eine der schönsten Perlen der Alpenwelt” , Ivan Tschüdi, Die Tourist in der Schweiz, 1884).

(Source et plus d´informations : www.saas-fee.ch).

PeakFinder

PeakFinder affiche une vue panoramique à 360° d’un point de vue aléatoire de votre choix. Pour permettre de représenter les vues panoramiques PeakFinder utilise un modèle numérique de terrain qui est intégré dans l’application.

PeakFinder utilise la même technologie que celle des jeux vidéo. Avec cela, vous pouvez virtuellement survoler les paysages de montagne et découvrir leurs noms grâce à l’image en direct de votre appareil photo.

Une base de données avec un répertoire de sommets est également inclus. Pour ces raisons PeakFinder ne nécessite pas une connexion en ligne pour permettre de représenter la vue panoramique et fonctionne complètement hors ligne de partout dans les montagnes.

(Source et plus d’ informations: www.peakfinder.org).

 

 

La Sagne et l’industrie horlogère

Jusqu’au XIIIème siècle la vallée de La Sagne (canton de Neuchâtel) était marécageuse : sagne signifie marais. C’était une région froide et sauvage. Jean II d’Arberg (1334-1383), seigneur de Valangin, accorda l’autorisation de défricher la vallée en 1372.

Les défricheurs, installés à La Sagne, étaient au bénéfice de privilèges considérables – exonération de la majorité des redevances – ce qui leur valut le nom de francs-hébergeants.

Le village de La Sagne, qui se développa peu à peu, assit sa renommée au XIVème siècle. L’église, de style gothique, dotée d’un clocher roman, fut construite au début du XVIème siècle. Des fouilles faites lors de la restauration de 1952 ont permis de mettre à jour des vestiges d’un premier édifice, probablement ceux de la chapelle édifiée en 1351.

C’est l’une des plus anciennes églises des Montagnes neuchâteloises, elle a été classée monument historique par le Conseil d’Etat neuchâtelois en 1905. Les Sagnards, nom des habitants de La Sagne, vivaient principalement de l’agriculture et de l’élevage.

Comme ailleurs dans les Montagnes neuchâteloises, les paysans-horlogers ont participé à la prospérité et au rayonnement international du pays aux XVIIIème et XIXème siècles.

Daniel Jeanrichard (1665-1741), originaire de La Sagne, figure emblématique du génie et du savoir-faire horloger de toute une population, est considéré comme le fondateur de l’industrie horlogère dans le Jura.

La Sagne est un village-rue dont les fermes et maisons typiques s’égrènent de part et d’autre de la rue unique, ce qui permet aux familles de vivre en autarcie durant les longs mois d’hiver jurassiens.

La commune s’étire sur plusieurs kilomètres dans une vallée qui porte son nom – La Vallée de la Sagne – dominée par les montagnes de Tête-de-Ran, les Rochers Bruns et le Mont Racine.

(Source : www.lasagne.ch).

Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice.

Le Sentier des Statues, Mont Racine

Jean-Félix Vuille, propriétaire de la forêt de Mont Racine, le plus haut sommet du Jura neuchâtelois qui offre à 1439 mètres un panorama grandiose sur les lacs de Neuchâtel et de Morat et les Alpes en toile de fond, y créa un sentier dans les années 1960.

En 1979, Georges-André Favre racheta la parcelle de forêt sur laquelle s’étend le sentier actuel. Son but premier fut d’aménager un chemin pour conduire à la cabane forestière érigée au sommet de la côte dite de Marmoud.

Mais les souches et les arbres commençant à l’inspirer, il exerça, au fil des années, ses talents de sculpteur, faisant émerger du bois plus de 120 chefs d’œuvres en 35 ans.

Le point de départ du Sentier des Statues, qui revêtent des figures humaines, végétales ou animales et vous guettent silencieusement entre les sapins, se trouve à La Sagne (canton de Neuchâtel).

L’atmosphère, un brin surréaliste, de ce sentier unique et célèbre vous ravira et vous permettra de vivre un moment plein de surprise et de découverte, en cheminant vers Mont Racine.

La diversité et la richesse des œuvres ainsi que le savoir-faire et l’habileté du sculpteur font la renommée de ce parcours.

(Source : www.sentier-des-statues.ch).

Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice

La ville d’Orbe

La première installation humaine sur le plateau de Boscéaz (canton de Vaud) fut attestée dès l’époque du Néolithique (premier tiers du IVème millénaire avant J.-C.).

Du temps des Romains déjà, Urba (Orbe – canton de Vaud) fut une étape importante sur la route reliant Lausanne à Besançon (France). De cette époque lointaine, subsistent encore des vestiges de valeur : les mosaïques.

Sur le plateau de Boscéaz, à proximité immédiate de la route romaine secondaire qui joignait Urba à Yverdon, se trouvait une grande villa aux allures de palais où furent découverte des mosaïques qui comptent parmi les plus belles de Suisse.

Après une période de splendeur à l’époque romaine, la ville d’Orbe fut ruinée vers la fin du IVème siècle, par les invasions des barbares et la dissémination de ses habitants.

Dès le haut Moyen Age, période de l’histoire comprise entre l’Antiquité et le Moyen Age central, Orbe appartint successivement aux comtes de Bourgogne, aux seigneurs de Montfaucon, de Montbéliard et de Chalon (France), avant de se trouver sous la mainmise des Suisses, à l’issue des  guerres de Bourgogne (1474-1477). C’est à ce moment-là que fut détruit le château, duquel ne subsistent plus qu’un donjon circulaire et une tour d’angle.

L’incendie qui détruisit la ville haute au début du XVème siècle (1407) consuma Notre-Dame d’Orbe – la Grande Eglise – ne laissant que quatre murs et les piliers. Elle fut rebâtie au début du XVème siècle.

L’église fut à nouveau endommagée par le feu en 1475 et restaurée une première fois. En 1536, le Pays de Vaud passa sous la souveraineté bernoise et devint protestant. Notre-Dame fut encore rénovée en 1639 lorsque, suite à la Réforme, toute trace du catholicisme y fut éradiquée.

(Source : www.orbe.ch).

Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice.

La villa romaine d’Orbe-Boscéaz

La villa, située sur le territoire de l’ancienne ville romaine d’Urba (Orbe, canton de Vaud), est le plus grand domaine rural connu en Suisse à l’époque romaine.

La construction de la villa romaine d’Orbe-Boscéaz débuta au 1er siècle de notre ère et fut achevée au IIème siècle. Au Vème siècle, le domaine fut abandonné après le départ des Romains et les invasions des peuples germaniques.

La demeure avait des dimensions exceptionnelles, 230 mètres sur 90 mètres et elle était organisée autour de cinq cours, dont les deux principales étaient entourées de galeries à colonnes.

Des bains privés, équipés de bassins chauffés, étaient rattachés à cette partie résidentielle. Plusieurs pièces, de réception ou d’usage privé, étaient décorées de riches mosaïques au sol. L’ensemble était desservi par un système complet d’alimentation et d’évacuation d’eau, et certains tronçons d’égouts sont encore très bien conservés.

Le mur d’enceinte du domaine formait un carré d’environ 400 mètres de côté, et plusieurs bâtiments liés à l’exploitation du domaine y étaient accolés. A l’ouest du mur d’enceinte, un temple dédié au dieu perse Mithra a été construit au début du IIIème siècle.

Neuf mosaïques sont les seuls vestiges actuellement visibles de cet établissement. Elles sont le plus bel ensemble de mosaïques romaines connu au nord des Alpes.

Conservées à leur emplacement d’origine sous plusieurs pavillons, elles offrent une grande variété de décors comme la mythologie ou encore des compositions géométriques.

Un pavillon d’accueil présente une exposition avec une maquette de la partie résidentielle et une animation multimédia.

Pavillon 4 : mosaïque 8

Ornant une pièce de repos appartenant à l’aile thermale, cette mosaïque est l’une des plus belles et aussi l’une des mieux conservées du site.

Les divinités de la semaine (Luna, Mars, Mercure, Jupiter, Vénus, Saturne, Sol) sont représentées dans des médaillons hexagonaux, de même que différentes figures mythologiques (Tritons et Néréides, Ganymède, Narcisse).

 Pavillon 3 : mosaïques 6 et 7

Ce pavillon abrite deux mosaïques partiellement conservées qui décoraient des pièces probablement destinées à la réception des hôtes du propriétaire du domaine.

La partie conservée de la mosaïque 6, dite du Cortège rustique, représente un chariot tiré par deux bœufs et conduit par un charretier, un oiseleur tenant un pot de glu et des baguettes, un troisième personnage (berger ou chasseur) jouant de la corne.

La mosaïque 7, illustrant un décor géométrique avec des cubes en trompe-l’œil, décorait un couloir.

 Pavillon 2 : mosaïques 4 et 5

La mosaïque 5 représente le labyrinthe, de forme carrée, avec en son centre le combat de Thésée et du Minotaure. La mosaïque 4, dite du Triton, était l’une des plus grandes et aussi l’une des plus belles de la villa.

Elle fut en grande partie détruite quelques mois après sa découverte, et il n’en reste plus que quelques fragments, dont la plupart sont conservés sur place. Une lithographie, réalisée avant sa destruction, nous permet de connaître son aspect d’origine.

 Pavillon 1 : mosaïques 1, 2 et 3

Ce pavillon abrite la mosaïque 2, entièrement conservée, ainsi que les mosaïques 1 et 3 dont seuls quelques fragments sont conservés. Ces trois mosaïques ornaient des pièces de réception dans la partie résidentielle.

La pièce de la mosaïque 2 servait de vestibule pour accéder aux deux autres pièces. La mosaïque, dite « à feuilles de laurier » est composée de fuseaux et de carrés noirs et blancs. Les pièces des mosaïques 1 et 3 avaient une abside sur le côté nord et étaient très probablement des salles à manger.

La partie principale de la mosaïque 1 était composée de médaillons carrés à décor géométrique et entourée d’une bordure de guillochis.

Le décor de l’abside est uniquement connu par deux fragments de la bordure tressée. La mosaïque 3, dont il ne reste que l’angle sud-ouest, était composée de médaillons carrés avec des motifs floraux et une bordure tressée à double brin.

 ​Pavillon 5 : mosaïque 9

Cette mosaïque ornait le sol d’une salle interprétée comme une bibliothèque. Elle est composée de deux tableaux centraux entourés par trente médaillons de motifs variés. Les tableaux centraux évoquent un épisode particulier de la guerre de Troie :

Ulysse démasquant Achille sur l’île de Skyros. Dans le tableau supérieur, Ulysse portant un armement double et accompagné par un esclave jouant du tuba. Dans le tableau inférieur, Achille au milieu du gynécée, portant des armes et accompagné par sa fiancée.

(Source et plus d’informations : www.pro-urba.ch; Guide archéologiques de la Suisse 5. La villa gallo-romaine d’Orbe-Boscéaz et ses mosaïques, Orbe 1997)

Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice.