Isabelle de Charrière – Belle van Zuylen

Isabella Agneta Elisabeth van Tuyll van Serooskerken, surnommée dans sa jeunesse Belle van Zuylen, naquit au château de Zuylen à Oud-Zuilen près d’Utrecht (Pays-Bas) en 1740.

Lorsqu’à l’âge de 30 ans, Belle van Zuylen épousa Charles-Emmanuel de Charrière, un gentilhomme vaudois de Penthaz (1735-1808), elle quitta la maison paternelle et devint Isabelle de Charrière.

Elle s’installa avec son mari en Suisse, à Colombier – aujourd’hui commune du canton de Neuchâtel, à l’époque principauté du roi de Prusse – dans la demeure du Pontet. Elle y vécut de 1771 jusqu’à sa mort en 1805.

C’est là que débuta, en 1784, la carrière d’écrivain de cette aristocrate fascinée par la langue française, qui a fortement marqué la littérature en Suisse romande.

Eclectique, Isabelle de Charrière déploya une intense activité littéraire faite de romans, pamphlets, contes, pièces de théâtre, écrits politiques, opéras (livrets et peut-être musique) qui se sont succédés à un rythme soutenu.

Reflétant son talent et son engagement politique et social, son œuvre créée pendant les années révolutionnaires est particulièrement riche et variée.

Une partie des manuscrits originaux est conservée à la Bibliothèque publique et universitaire de Neuchâtel (BPUN), qui est également le siège de l’Association suisse Isabelle de Charrière.

(Source et plus d’informations : www.belle-van-zuylen.eu et www.charriere.nl).

Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice.

L’église et le prieuré de Baulmes

Un prieuré existait à Baulmes (canton de Vaud) dès le IVe siècle. Une église construite en bois est citée en 627. Les restes d’une chapelle rappellent son culte voué à Saint-Michel.

En 974, le prieuré est confié à l’abbaye de Payerne par roi Conrad de Bourgogne (925-993). Ce couvent, possession de la famille royale de Bourgogne (888-1032), est donné à Cluny au milieu du Xème siècle.

La plus ancienne confirmation papale des biens du monastère de Payerne est celle de Calixte II (1060-1124), du 3 avril 1123., Elle mentionne la villa de Balmis, avec son église.

En 1294, l’abbé de Cluny relie l’église au couvent de Payerne par une union perpétuelle. En 1369, Henri de Sivriez est nommé prieur de Baulmes et Payerne avant de devenir prieur de Romainmôtier.

En 1536, Berne occupe le Pays de Vaud et supprime le prieuré et le culte protestant est imposé. Le prieuré a disparu, L’église est profondément transformée en 1821 et en 1870.

(Source: www.Baulmes.ch).

L’Etang des Royes

L’Etang des Royes, aux abords duquel se trouve la Carrière des Royes (canton de Jura) sont deux sites remarquables. La carrière d’extraction de marne est issue de la collision, il y a 230 millions d’années, de plaques continentales d’Afrique et d’Europe.

Cela a donné les Alpes et le Jura, entourés de mers. Ce calcaire s’est formé par accumulation, principalement au fond des mers, à partir des coquillages et squelettes des micro-algues et animaux marins pendant des millions d’années. Des fossiles dans le calcaire témoignent de la présence des mers.

La formation de l’Etang des Royes est beaucoup plus récente. Elle a débuté à l’issue de la dernière période glaciaire, il y a plus de 10 000 ans. Les nombreuses sources d’eau du Jura ont également entraîné la formation de tourbières.

Dès 1589, l’étang des Royes était pourvu d’un moulin à céréales fonctionnant à l’énergie hydraulique. Aujourd’hui, c’est un site naturel sans activité industrielle.

 

La Région Autonome et la Ville d’Aoste

La cité d’Aoste est la capitale de la petite Région Autonome de la Vallée d’Aoste (RAVA) : elle se laisse découvrir par le voyageur provenant de Suisse.

En 1725, un historien écrivit : la Vallée d’Aoste ne doit être ni comptée, ni considérée comme une province du Piémont ou de la Savoie, mais comme un petit Etat intramontain, séparé des états voisins, avec des pouvoirs temporel et judiciaire indépendants, édictant ses lois et ayant ses propres us et coutumes.  

Histoire

La Vallée d’Aoste fut occupée par les Salasses, un peuple d’origine celtique et il fallut à la Rome antique plus d’un siècle pour vaincre ce peuple par des opérations militaires.

Les Salasses infligèrent aux Romains une défaite sanglante vers l’an 141 avant J.-C. Puis, après leur victoire, vers 25 avant J.-C., les Romains bâtirent une ville neuve, Augusta Praetoria Salassorum, aujourd’hui Aoste, sur le territoire des Salasses dominés.

Sur la place portant le nom d’Arc Auguste, l’empereur Auguste, fondateur d’Augusta Praetoria, fit ériger un arc remarquable, monument symbole de la ville d’Aoste, afin d’exposer la défaite définitive des Salasses et de célébrer la naissance d’une nouvelle colonie.

La Vallée d’Aoste fut habitée par les Wisigoths, Ostrogoths, Vandales, Burgondes, Francs, Lombards et Sarrasins après la chute de l’Empire romain en 476 et c’est encore un pays bilinque (italien et français).

La Région Autonome de la Vallée d’Aoste fut l’une des premières régions autonomes constituée au sein de la République italienne en 1948. Et la population valdôtaine fut la première minorité d’Europe à retrouver sa spécificité historique après 1945.

(Source : R. Berton, La Cité d’Aoste, Aoste 2009).

Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice.

Impressions d’Aoste

 

 

   

  

La Fondation suisse pour la photographie

Il y a 50 ans, le 4 mai 1971, naquit la Fondation suisse pour la photographie (Fotostiftung Schweiz) qui s’occupe de la conservation, de la mise en valeur et de la publication d’œuvres photographiques.

L‘idée des parties prenantes était de récupérer les archives de photographes importants, de constituer une collection et de créer une conscience du bien culturel Photographie par, entre autres, des expositions et des publications.

Une des premières expositions en 1979 dans la « Photo-Galerie » a rendu hommage à Ernst A. Heiniger (1903-1993), qui appartient aux nombreux artistes liés à la « Nouvelle Photographie », florissante à la fin des années 1920.

C‘est grâce à cet historique que la Fondation suisse pour la photographie gère aujourd‘hui les archives de Ernest A. Heiniger et qu‘elle est en mesure de présenter son œuvre dans une première rétrospective complète : Ernst A. Heiniger – Good Morning, World !

(Source et plus d’informations : www.fotostiftung.ch).

Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice.

 

 

La Journée suisse des châteaux,

La sixième édition de la Journée suisse des châteaux, qui aura lieu le dimanche 3 octobre, met cette année l’accent sur les femmes. Des attractions seront proposées dans 25 châteaux suisses.

Les femmes ont joué un rôle de premier plan depuis le début de l’histoire. Au Moyen Âge, les guerres ont créé un excédent de 15 % de femmes par rapport aux hommes. Le XVIIe siècle est marqué par le développement de l’éducation des femmes. Aux XVIIIe et XIXe siècles, la veine littéraire des femmes est de plus en plus manifeste. Après l’introduction du droit de vote des femmes au 20ième siècle, le désir d’égalité a augmenté de plus en plus.

Des femmes fortes ont marqué l’histoire à maintes reprises. Près de la moitié des 25 châteaux suisses sont également dirigés par des femmes aujourd’hui.

Les châteaux et les programmes:

Castelli di Bellinzona, Château de Chillon, Château de Grandson, Château de Gruyères, Château de Morges, Château de Prangins, Château de Romont, Château d’Yverdon, Stockalperschloss Brig-Glis, Schloss Burgdorf, Schloss Habsburg, Schloss Hallwyl, Schloss Heidegg, Schloss Hünegg, Schloss Jegenstorf, Schloss Kyburg, Schloss Landshut, Schloss Lenzburg, Schloss Oberhofen, Schloss Spiez, Schloss Thun, Schloss Waldegg, Schloss Werdenberg, Schloss Wildegg, Burg Zug.

(Source et plus’d’ informations: www.dieschweizerschloesser.ch).

De la colonia romaine Aventicum à la ville provinciale d’Avenches

Avenches se trouve au cœur du Plateau suisse, dans la région dite des Trois-Lacs. Dans l’Antiquité, la région faisait partie du territoire des Helvètes. Une zone de peuplement idéale qui servait de voie de communication du sud-ouest au nord-est entre les régions du lac Léman, du lac de Neuchâtel, du lac de Morat, du lac de Bienne, de l’Aar, du Rhône et du Rhin.

Avenches aujourd’hui

La ville romaine

L’histoire de la migration de certaines tribus celtes (Helvètes et Rauraciens) vers l’est de la France en 58 av. J.-C. est connue grâce au livre De Bello Gallico de Jules César (100-44 av. J.-C.). L’histoire qui suit la défaite de Bibracte cette année-là est cependant beaucoup moins connue.

Deux villes (colonies) ont été fondées par les Romains vers 44 av. J.-C. (Colonia Iulia Equestris (Nyon) et Augusta Raurica (Augst/Kaiseraugst). Les tribus se sont alliées aux Romains (foederati).

La Pax Romana était sur le point de commencer, à part quelques interruptions violentes (surtout dans les années 68/69 apr. J.-C.), jusqu’en 260 apr. J.-C.  La ville d’Aventicum (aujourd’hui Avenches), qui comptait environ 20 000 habitants, fut alors la capitale des Helvètes.

La plus grande partie de la ville romaine se trouvait au nord-est de la ville actuelle. La plaine plate était idéale pour l’aménagement d’une ville selon un modèle romain, avec des rues et des quartiers (insulae) disposés à angle droit.

Image: Musée romain d’Avenches

L’extension de la ville a progressé rapidement au cours des premières années du 1er siècle. Les années 68-69 après J.-C. ont été très importantes pour Avenches. Lorsque l’empereur Vespasien (9-79) arriva au pouvoir en 69, il éleva la ville au rang de colonie sous le nom de Colonia Pia Flavia Constans Emerita Helvetiorum Foederata. Confoederatio Helvetica (CH) est encore le nom actuel de la Suisse. Selon les estimations, la ville compta 20 000 habitants (4 000 aujourd’hui).

C’est à cette époque qu’a commencé la construction des remparts de la ville. Au cours des décennies suivantes, le paysage urbain s’est profondément modifié. De nombreux bâtiments publics ont été construits.

Le port et le canal

Aventicum s’est développée au milieu d’une région traversée par un réseau de voies navigables. Cet accès aux voies terrestres et fluviales a été un facteur essentiel dans le choix des conquérants romains (vers 15 av. J.-C.) de fonder ici une nouvelle ville, Aventicum.

L’accès à ces voies navigables était d’une grande importance. Les citoyens d’Aventicum construisirent vers 5 après J.-C. un port qui s’avançait dans le lac de Morat.

Le port était un promontoire de pierres et de gravier entouré d’une palissade, dans le prolongement de la route d’un kilomètre qui menait à la ville par le nord. Vers 125 après J.-C., un canal navigable (870 m de long, 7 m de large) menant au lac a également été construit à l’est du port. Un large chemin de terre longeait la rive est.

Mais pourquoi a-t-on construit une telle voie navigable à proximité immédiate d’un port ? Il s’agit probablement d’une initiative privée, comme par exemple le Pont d’Aëlim dans le Val d’Aoste.  Après le milieu du IIIème siècle, la ville commenca à se détériorer et à décliner lentement.

En tout cas, l’ancienne capitale avait encore suffisamment d’importance pour être promue au rang de siège épiscopal pendant une courte période. Mais après le VIème siècle, il n’y a plus de nouvelles d’Aventicum pendant quatre siècles.

La ville actuelle d’Avenches

Ce n’est qu’au XIème siècle que la ville d’Avenches fit à nouveau son apparition publique, lorsque l’évêque Burkhard d’Oltigen ( vers 1000-1089), fit construire une tour de défense au-dessus de l’accès ouest à l’amphithéâtre, aujourd’hui le musée romain de la ville. La renaissance de la ville a eu lieu au milieu du XIIIème siècle avec la fondation de la ville actuelle sur la colline.

Le musée romain d‘Avenches

Le passé romain est cependant en partie bien conservé, l’amphithéâtre, le théâtre et le sanctuaire, l’installation des thermes, le mur d’enceinte avec une tour et une porte orientale, le forum, les installations portuaires et les habitations, qui ne sont plus visibles aujourd’hui.

Comme dans d’autres villes de l’Empire romain, le pouvoir impérial fut omniprésent dans toute la ville. L’empereur détint le pouvoir politique, législatif, militaire et religieux. De nombreux objets en témoignent, comme par exemple le buste en or de l’empereur Marc Aurèle, découvert en 1939.

De nombreuses autres découvertes, médaillons, objets en ivoire, portraits, statues, mosaïques, symboles de pouvoir et de religion, témoignent des cérémonies du culte impérial, du culte de la famille impériale en tant que demi-dieux.

La société romaine était profondément religieuse et le temple principal faisait face aux centres de pouvoir tels que la curie, le forum et la basilique. Des statues et des monuments étaient érigés en l’honneur de la famille impériale ou des dignitaires locaux en signe de respect et de gratitude pour leur générosité dans le financement de bâtiments publics, d’événements, de distribution de nourriture, et cetera et cetera

Le musée romain d’Avenches, situé dans la tour médiévale de l’amphithéâtre romain, offre un bon aperçu de la vie dans cette ville provinciale romaine. Le complexe théâtral, y compris les vestiges du temple romain (Le Cigognier), l’amphithéâtre et d’autres vestiges, peuvent également être visités.

(Source: D. Castella (réd.), Eine römische Hauptstadt, Avenches 2015; www.aventicum.org).

Kaiserstuhl, château de Rötelen et la Chapelle de cimetière

L’imposante tour (Obertor) de Kaiserstuhl est le début de l’histoire de la ville située dans le canton d’Argovie. Vers 1260, les barons de Regensberg construisirent l’enceinte et la tour en 1260.

Elle fut portée à sa hauteur actuelle de 36 mètres après un incendie en 1360. Au début du Moyen Age, elle permit de surveiller le passage du Rhin. Surplombant la petite ville, elle est aujourd’hui tout ce qui reste des anciennes fortifications.

En 1294, la ville devint la propriété de l’évêque de Constance avec le pont et le château fort et des droits sur les villages environnants : le tout constitua une basse juridiction, qu’un bailli épiscopal résidant au château de Rötelen), administra jusqu’en 1798.

Le Rhin ne représenta alors pas un fossé de délimitation. Après l’Acte de médiation, le canton d’Argovie – dont Kaiserstuhl – rejoigna la Confédération suisse en 1803 et la même année le Rhin devint – et est toujours – sur un long tronçon une frontière nationale.

(Source et plus d’informations : www.kaiserstuhl.ch)

La Chapelle zu den Vierzehn Nothelfern

Impressions de Kaiserstuhl

 

 

 

Roche fête ses 125 ans à Bâle

Les deux tours de Roche, entreprise pharmaceutique, à Bâle correspondent non seulement aux deux clochers de la cathédrale de Bâle mais aussi, comme les deux tours de l’église, elles sont d’une hauteur différente. Simplement que les tours de la cathédrale sont là depuis plus longtemps.

Ces deux tours, à l’architecture audacieuse, affichent clairement les ambitions de la multinationale pharmaceutique. Fondée il y a 125 ans, en 1896, Roche est aujourd’hui l’une des principales entreprises mondiales du secteur.

Le site web de l’entreprise et les médias internationaux fournissent de nombreuses informations sur cet anniversaire ainsi que sur les hauts et les bas, les succès et les échecs de Roche.

Roche et Bâle ont une relation étroite. L’entreprise a toujours généreusement soutenu la ville qui lui doit le musée Tinguely, créé en 1996, à l’occasion du centenaire de l’entreprise ainsi de nombreux autres projets.

Les empreintes du 125ème anniversaire de Roche

A cette occasion, Roche – et les familles propriétaires Hoffmann, Oeri et Duschmalé – ont fait un don de 20 millions de francs suisses au Zoo de Bâle, qui consacrera ses fonds à des agrandissements et à des rénovations.

A partir du 28 septembre 2021 et quatre jours durant, le géant de la pharmacie projettera sur la Tour 1 de son siège à Bâle des animations en trois dimensions, un spectacle visuel qui sera accompagné de musique jouée par l’orchestre symphonique de la cité rhénane.

Les citoyens de la région pourront aussi soumettre des photos et des dessins, qui seront ensuite projetés sur la tour.

L’exposition spéciale  » The Cost of Life” (Le coût de la vie), commandée par Roche, se déroulera du 13 octobre au 2021 au 23 janvier 2022 au musée de la pharmacie de l’Université de Bâle qui l’a organisée en collaboration avec le musée Tinguely, à Bâle.

L’artiste britannique Paddy Hartley y explore le risque dans la médecine et la recherche, qui revêtent une importance fondamentale dans son œuvre. Son commentaire artistique à l’égard des avancées de la médecine permet de mettre en lumière les conséquences – parfois contradictoires – qu’elles engendrent pour l’humanité.

La ville fera également l’objet d’une attention particulière. Roche lui offre une application ARTour avec des œuvres d’art créées spécialement pour l’événement. La Technologie de la Réalité Augmentée (ART, Augmented Reality Technology) permettra de les visualiser.

(Source: www.roche.com, www.pharmaziemuseum.ch).

Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice.