Disponible en allemand, anglais et néerlandais
Auteur/autrice : Maarten Koning
Jau sun Biosfera au Val Münster
Disponible en allemand, anglais et néerlandais
Le Wägitalersee dans le canton de Schwyz
Disponible en allemand, anglais et néerlandais
Le Rhin et 38 expositions
Le réseau des musées présente le plus grand cycle d’expositions transfrontalier sur le Rhin connu à ce jour. Entre l’automne 2022 et l’été 2023, le plus vaste cycle transfrontalier d’expositions dans 38 muées présente l’histoire du fleuve sous diverses perspectives.
Tous les quatre ans, le réseau des musées organise un cycle transfrontalier d’expositions. Y sont engagés les musées de la région du Rhin supérieur. Ceux des régions voisines peuvent également y participer.
Ces cycles d’expositions abordent un thème commun sous différentes perspectives nationales, locales et thématiques.

Les expositions se dérouleront dans le nord et le sud du pays de Bade, dans les départements du Haut-Rhin et du Bas-Rhin et dans le nord-ouest de la Suisse.
Elles mettront en lumière des approches très différentes sur le grand fleuve européen. La nature, l’écologie et la navigation sur le Rhin seront des thèmes abordés tout comme ceux de l’histoire de l’art, de la culture ou de la technologie.
Coordination et plus d’information: Musée des Trois Pays in Lörrach
Le découpage dans la région du Pays-d’Enhaut
C’est au milieu du XIXème siècle, dans le Pays-d’Enhaut, qu’est né cet art populaire, traditionnel et si fascinant, encore bien vivant dans cette région des Préalpes vaudoises : le découpage (Scherenschnitt). Johann-Jakob Hauswirth (1809-1871) et Louis Saugy (1871-1953) en sont les deux Grands Maîtres.
Facteur à Rougemont, Louis Saugy, doué pour le dessin et l’observation, admirait les œuvres de Johann-Jakob Hauswirth qu’il voyait dans les chalets lors de ses tournées et décida d’en faire autant.

A 40 ans, il vendit ses premiers découpages et devint rapidement célèbre ; il reçut chez lui des personnalités internationales. Son talent éclata dans des compositions pleines de vie et de malice, véritables chroniques du Pays-d’Enhaut. Nombre d’œuvres égaient des chalets ou sont détenues par des collectionneurs avisés.

Une très belle collection se trouve au Musée du Vieux Pays-d’Enhaut, à Château d’Oex, devenu au cours des ans l’un des principaux musées d’art populaire de Suisse.
Source et plus d’informations: www.balade-rougemont.ch
Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice.
La souveraineté de la Suisse
L’histoire de la souveraineté de la Suisse réunit beaucoup de dates, de mythes et de discussions historiques et politiques.
Saint-Empire romain
Il ne peut être contesté que le territoire de la Suisse actuelle fit encore partie du Saint-Empire romain au XVe siècle et qu’au XIXe siècle, le territoire – sauf Tarasp (1803), Rhäzuns (1819) et Neuchâtel (1856-1857) – fut souverain en 1815 et 1848.
La période entre le XVIe et le XVIIIe siècle (jusqu’en 1798, 1803, 1815) est moins claire. Le Saint-Empire romain s’étendit vers 1530 sur des territoires qui sont aujourd’hui répartis entre plus de dix états souverains (Hollande, Belgique, Luxembourg, Liechtenstein, Autriche, France (Lorraine, Franche-Comté, Haute-Savoie, Savoie, Alsace), Allemagne, République tchèque, Slovénie et des territoires en Croatie et en Pologne).
L’Espagne, la Hongrie, la Sicile et la Sardaigne étaient liées par une union personnelle. Entre 1438-1806, les empereurs étaient issus presque sans exception de la dynastie des Habsbourg.
L’Empire était officiellement une entité politique et juridique avec la Chambre impériale (Reichskammergericht) – sommet du pouvoir judiciaire – à Worms, Speyer et finalement jusqu’en 1806 à Wetzlar (en Allemagne), le Conseil de la cour (Hofrat) à Vienne et la Diète d’Empire (Reichsrat) mais en réalité il n’y eut pas d’entité politique et juridique, pourtant définie comme telle.
Mais trois facteurs étaient importants : premièrement le monopole de l’empereur sur l’usage de la force, important pour la Confédération suisse en 1415 (conquête de l’Argovie), en 1460 (conquête de la Thurgovie), en 1474-1477 les guerres de Bourgogne avec l’aval de l’empereur, deuxièmement les impôts et troisièmement le prestige de l’empire et de l’empereur.
A l’époque la Suisse n’existait pas encore, il y eut seulement des alliances locales au sein du Saint-Empire romain.
L’alliance de 1291
L’alliance de 1291 (Uri, Schwytz et Unterwald) est la plus connue, mais l’alliance politique la plus importante fut celle des villes impériales de Zurich, Berne, Lucerne, Fribourg et Soleure. La question académique à savoir que l’alliance de 1291 était basée sur l’alliance postérieure de ces villes (en 1351) ou réciproquement n’est pas à propos.
1513-1648
Le fait est qu’en 1513 existaient la Confédération des XIII cantons et ses territoires sujets. De telles fédérations étaient très répandues à l’époque, comme en Alsace le Décapole (Zehnstädtebund) ou la ligue de Souabe (Schwäbischer Bund) dans le sud de l’Allemagne. Cependant, la Confédération des XIII canton survécut et dura jusqu’en 1798, ce qui fit de la Confédération suisse une exception en Europe centrale.
Le pouvoir central du Saint-Empire romain et des nombreux royaumes (entre autres, France, Espagne, Angleterre, Pologne-Lituanie) furent les facteurs déterminants dans la constitution de l’Etat entre 1495 et 1648 (les Traités de Westphalie).
L’empire connut de nombreux dirigeants séculiers et religieux régionaux et locaux, aussi en Suisse. Les nombreuses villes impériales et les privilèges impériaux – importants – ont contribué à faire du territoire de la Suisse ce qu’il est aujourd’hui.
Les villes impériales, telles que Bâle, Berne, Zurich, Fribourg, Lucerne, Zoug, Schaffhouse, Rapperswil, Genève, Saint-Gall, Stein am Rhein et Soleure, étaient des communautés autonomes et hautement privilégiée.
Dans cette région, il y eut de nombreuses d’autres villes impériales (Besançon, Colmar, Strasbourg, Rottweil, Mulhouse, Augsbourg, Constance) et aussi des fédérations (Décapole, ligue de Souabe, Confédération). Plus de 90% de toutes les villes impériales étaient situées dans le quart sud-ouest de l’empire.
Au sein de la Confédération suisse, les villes et leurs territoires étaient parfaitement reliés entre eux, contrairement au Décapole et à la ligue de Souabe.
De plus, la Confédération suisse avec ses cols, ses fleuves et ses liaisons nord-sud, constituait une zone de commerce, de transport de personnes et de transport militaire et donc le Freistaat der Dreibünde de 1524-1798 (la ligue de la Maison-Dieu, la ligue des Dix-Juridictions, la ligue Grise jusqu’en 1524, dès 1803 de canton des Grisons) et les cantons d’Uri, Schwytz, Unterwald et Glaris exprimèrent également leur intérêt à coopérer avec ces villes.
Ces intérêts communs, surtout commerciaux, furent finalement plus importants que les nombreuses différences religieuses (depuis 1525), politiques et territoriales. Les cantons d’Uri, de Schwytz d’Unterwald, de Glaris et les Grisons, par exemple, s’intéressèrent aux territoires italiens, à Berne, Fribourg et Soleure et surtout à la conquête de la Suisse occidentale (Vaud) et même plus loin.
Les moments importants furent la conquête de l’Argovie (1415), de la Thurgovie (1460), les guerres de Bourgogne (1474-1477), la guerre de Souabe (ou la guerre de Suisse, la guerre d’Engadine, la guerre du Tyrol, selon les perspectives) de 1499, l’expansion de la Confédération à 13 cantons en 1513, la conquête de Bormio, Veltlin, Chiavenna et Tessin (1512), la conquête du Pays du Vaud (1536) et la Paix de Westphalie en 1648. Cependant, ces événements n’ont pas été décisifs pour la création de la Suisse.
1798-1848
Les 13 cantons de la Confédération sont restés souverains jusqu’en 1798 et la Confédération suisse n’était pas encore une nouvelle nation européenne, bien qu’elle fût considérée comme un état par les autres pays. Les années 1798, 1815, 1848 furent décisives pour la souveraineté du droit international.
Cependant, ses racines remontent à des siècles et 1291 (fait ou mythe ?) est pour le moins une indication, un symbole de cette évolution qui a conduit à la souveraineté de la Suisse suite à un long processus.
Le fait que les choses auraient pu être différentes n’est pas primordial. Lors d’une prochaine contribution seront traités les nombreux territoires locaux et régionaux entre 1300 et 1798, tels que les diocèses, abbayes, duchés (y compris les duchés de Souabe, des Habsbourg, de Savoie, de Kybourg, des Zähringen, les abbayes d’Einsiedeln, de Saint-Gall, de Pfäfers, de Disentis).
(Source : B. Marquardt, Die alte Eidgenossenschaft und das Heilige Römische Reich (1350-1798). Staatsbildung, Souveränität und Sonderstatus am alteuropäischen Alpenrand, Zurich 2007).
Baroque. Époque de contrastes
Le mot « baroque » a une signification différente aujourd’hui qu’il y a deux siècles. Il désigne désormais un comportement, un langage, une apparence excessifs, théâtraux ou exagérés. Le mot vient de l’italien « barocco » et caractérise une perle de forme irrégulière, qui n’est pas parfaitement ronde.
Ses origines italiennes proviennent d’un évènement survenu en Italie : le Concile de Trente (1545-1563). Ce concile était la réponse de l’Eglise catholique, la Contre-Réforme, à la Réforme protestante qui commença en Europe en 1517. Furent mises en œuvre par l’Eglise catholique un ensemble de mesures de renouveau spirituel, théologique, liturgique et la réorganisation de ses institutions. Cette évolution donna naissance à la période baroque de 1580 à 1780.

Concile de Trente (1545-1563), réproduction en 1770 d’une peinture de 1563. Collection: musée national Zurich

Détail d’une tapisserie de Charles le Brun (1619-1690), 1668, La rencontre entre le roi de France Louis XIV, le roi d’Espagne Philippe IV et la princesse héritière d’Espagne, (future épouse de Louis). Collection: Mobilier national, Paris

Versailles, 1668, l’arrivée de Louis XIV. Reproduction, Versailles en Trianon, akg-images/Jean-Claude Varga.
Plus près, l’exposition Baroque. Epoque de contraste (Barock. Zeitalter der Kontraste) qui se tient au Musée national suisse (Landesmuseum), à Zurich, jusqu’au 15 janvier 2023 met en lumière une période fascinante et place le baroque dans une perspective européenne et suisse. Thématique et chronologique, l’exposition montre également la manière dont les éléments baroques ont façonné la société jusqu’à ce jour.
Après l’entrée baroque avec une belle réplique de la lanterne spiralée très audacieuse de l’église Sant’Ivo alla Sapienza, à Rome construite de 1642 à 1660 par l’architecte Francesco Borromini, une esquisse des divisions religieuses et politiques de l’Europe est présentée à l’aide de cartes du XVIIème siècle et d’aperçus numériques.
Elle offre une idée claire des différents pouvoirs et conflits religieux et politiques en Europe, ainsi que des échanges commerciaux et des luttes de pouvoir européennes dans le Nouveau Monde, en Afrique et en Asie. Ce fut aussi la période de colonisation des autres continents.
Le titre de l’exposition est un bon choix. En effet, l’or et les paillettes des églises, le faste, la splendeur, l’éclat et la brillance inhérents à la vie de cour et à celle de la bourgeoisie, l’épanouissement de la science, des arts, de la musique, de l’architecture et des développements techniques contrastèrent fortement avec les guerres et les conflits commerciaux quasi permanents, les maladies, la faim, le froid – Petit âge glaciaire – et la pauvreté de la majorité de la population. La guerre de Trente Ans et la fuite des huguenots en sont les exemples les plus éloquents.
Le clavecin baroque. Collection: Museum für Gestaltung Zürich/Kunstgewerbesammlung/Zürcher Hochschule der Künste

La mode française à la cour de Louis XIV: Collection: Germanisches Nationalmuseum, Nurnberg
La Suisse possédait aussi une riche culture baroque, à sa manière toutefois car plus discrète que celle de ses voisins. Ses citoyens, confiseurs (Zuckerbäcker), hommes politiques, scientifiques, marchands et entrepreneurs, opérant en Europe et dans les colonies des pays européens, ont adopté et étoffé la culture baroque. Les artistes suisses ont diffusé la culture baroque non seulement dans leur pays, mais également à l’étranger.

Andrea Sacchi, Jan Miel, Filippo Gagliardi, l’ église Il Gesù Rom, 1640. Collection Nazionali d’Arte Antica di Roma. Exposition ‘Baroque. Époque de contrastes’ Musée national Zurich. Collection Nazionali d’Arte Antica di Roma.
Carlo Maderno (1556-1629), Francesco Borromini (1599-1667), Domenico Fontana (1543-1607), Giovanni Antonio Viscardi (1645-1713), Enrico Zuccalli (1642-1724) et d’autres architectes ou artistes ont été particulièrement actifs en France, dans le sud de l’Allemagne, en Autriche (Voralberg) ou en Italie (Rome), entre autres.
Dans le cadre de l’exposition Baroque. Epoques des contrastes, les principaux sujets sont passés en revue : le rôle de l’église et des jésuites, des capucins en particulier, l’architecture des églises et la piété populaire, Versailles et la France en tant qu’étalons de la mode, les jardins, les palais, la culture de la cour et de la résidence, le théâtre, la musique, la littérature et la pré-industrialisation – en Suisse, entre autres, les industries de la soie, de la laine et du textile (imprimé), l’horlogerie et la transformation des produits du thé et du café -, le rôle des citoyens et des mercenaires suisses dans les colonies européennes, la science, ainsi que les réseaux européens dans tous les domaines.

La manie des tulipes, Delft c. 1700. Collection Rijksmuseum, Amsterdam
En bref, il s’agit d’une période dynamique et contrastée. Peut-être que dans deux siècles, les gens auront la même vision de notre époque.
L’exposition montre aussi distinctement que cette période influence encore la société et la culture d’aujourd’hui. Le baroque n’est pas un mouvement du passé, mais constitue une phase importante dans le développement de la société d’aujourd’hui.
(Source et plus d’informations: Landesmuseum Zürich)
Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice.
Le Schwarzbubenland
Disponible en allemand, anglais et néerlandais
Le Jardin botanique de la ville de Genève
Le Jardin botanique de Genève, Les Conservatoire et Jardin botanique de Genève (CJBG), est le plus grand jardin botanique public de Suisse. Il fut fondé en 1817 par le botaniste genevois Augustin-Pyramus de Candolle (1778-1841).
A l’époque, le jardin botanique couvrait une superficie de 7,5 hectares. Initialement installé au majestueux Parc des Bastions, le jardin botanique dut déménager par manque de place. Les serres et l’orangerie furent transférées et reconstruites à La Console en 1908 et 1911. Entre 1954 et 1978 le jardin fut agrandi suite à l’acquisition des domaines voisins. Il compta 28 hectares.


La vocation du jardin est d’explorer le patrimoine botanique, de conserver les espèces, de rechercher et de développer les connaissances du monde végétal, de transmettre le savoir acquis par l’observation du patrimoine botanique et de protéger le monde végétal.
Situé à deux pas de la ville et du lac Léman, il occupe aujourd’hui une surface de 28 hectares. En 1971 et 1974, la collection de l’herbier et la bibliothèque ont été installées dans de nouveaux bâtiments.
La bibliothèque contient plus de 120’000 volumes, dont des ouvrages uniques des XVIème et XVIIème siècles et un remarquable ensemble de folio et de quarto botaniques du XVIIIème siècle, richement ornés de gravures et illustrés avec des dessins. Ce patrimoine exceptionnel témoigne de la longue tradition botanique de Genève.

L’herbier, avec ses quelques six millions d’échantillons, héritier d’une longue tradition botanique genevoise qui remonte au XVIIIème siècle, est l’un des plus importants au monde. Il réunit des plantes et des champignons du monde entier, mais surtout de la région méditerranéenne, du Proche et du Moyen-Orient, d’Amérique du Sud et d’Europe.
Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) a peut-être été inspiré par cet environnement lorsqu’il s’est consacré à la botanique pendant les quinze dernières années de sa vie – dont trois ans passés dans le canton de Neuchâtel entre 1762 et 1765 – laissant derrière lui de riches manuscrits et des centaines de spécimens végétaux. En tout cas, l’écrivain, le philosophe et musicien genevois a apporté une contribution scientifique importante à la botanique !

Le jardin botanique comprend plusieurs pavillons pour les plantes exotiques, médicinales et utilitaires, six chalets dans lesquels sont présentés 58 petits films – une immersion audio-visuelle – portant sur six missions à savoir explorer, conserver, rechercher, protéger et coopérer, la villa Le Chêne dans laquelle se trouvent la réception et l’information et la villa La Console qui abrite l’herbier et la bibliothèque. Ces deux maisons de maître sont inscrites comme biens culturels suisses d’importance nationale.

L´un des six châlets d´information
Le Jardin botanique de Genève, l’un des 31 jardins botaniques de Suisse, offre un parcours bien documenté dans un magnifique ensemble.
(Source et informations complémentaires : Les Conservatoire et jardin botanique de Genève).
Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice.





Aubonne et son château
Le nom Aubonne (canton de Vaud) vient du mot celte Albunna, qui signifie « eau blanche », en raison de la couleur de la rivière l’Aubonne due à l’écume qui se crée lorsque les eaux tumultueuses dévalent joyeusement de rochers en rochers. L’Aubonne prend sa source dans le massif du Jura, au pied des Monts de Bière.
L’histoire de la petite ville homonyme – Aubonne – est liée à celle du château. C’est au début du XIIème siècle que les habitants cherchèrent à se protéger en rassemblant leurs habitations au pied du château.
Le château était la résidence des Seigneurs d’Aubonne. En 1234, une charte nommée « Franchises d’Aubonne » fut établie, elle fixa les droits et devoirs du seigneur et des habitants du bourg.


Du XIIème au XVIIème siècle le château, alors simple tour, devint citadelle, puis château fort au gré de la puissance des propriétaires qui l’occupèrent, à savoir les seigneurs d’Aubonne, la maison de Savoie, les seigneurs de Grandson et les comtes de Gruyère.
Le château d’Aubonne traversa les siècles sans avoir été ébranlé par de graves évènements ou des catastrophes. Il a été épargné par le feu et les gens de guerre ne l’ont pas pillé ce qui, à l’époque, était plutôt exceptionnel. L’agriculture, la viticulture et l’artisanat suffisaient à soutenir le commerce et le niveau de vie des habitants.
L’arrivée de Jean-Baptiste Tavernier (1605-1689), diamantaire du roi de France et grand voyageur, puis celle d’Henri Duquesne, marquis (1652-1722), fils aîné de l’éminent amiral de Louis XIV (1638-1715), transformèrent le village en un centre dynamique. La fameuse tour ronde du château émana d’un souvenir de voyage de Jean-Baptiste Tavernier en Orient. Henri Duquesne construisit la cour intérieure bordée d’arcades.
Les deux huguenots, exilés de France suite à la révocation de l’Edit de Nantes en 1685, transformèrent le château d’Aubonne en une confortable et noble demeure de style baroque, imprégnée du prestige de la cour royale française.
Dès 1701, Aubonne devint le siège d’un baillage bernois et le resta jusqu’à l’invasion française en 1798. En 1536, les Bernois, protestants, avaient conquis le Pays de Vaud alors sous la domination du duc de Savoie.
La forteresse se dresse sur une colline surplombant la ville historique et ses ruelles pittoresques ainsi que le ravin de la rivière l’Aubonne.
La dernière rénovation du château d’Aubonne, aujourd’hui propriété de la commune, eut lieu en 1988. Il est actuellement inscrit comme bien culturel suisse d’importance nationale et abrite une école secondaire ainsi que plusieurs salles publiques.


L’église d’Aubonne est également un monument attrayant. Au Moyen Age, l’église paroissiale se trouvait encore à Trévelin, soit à un kilomètre vers l’ouest. Cependant en 1577, la ville d’Aubonne fit démolir l’église catholique de Trévelin sur le point de s’écrouler et utilisa les matériaux pour construire l’église actuelle – temple protestant – pourvue d’un chœur gothique et d’une nef couverte d’un plafond en bois.
(Source et plus d’informations: www.aubonne.ch)
Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice.


