L’art, la guerre et le jeu d’échecs


Disponible en anglais, allemand et néerlandais

Argenterie baroque d’une collection bâloise


L’exposition Trinquer avec élégance. Argenterie baroque d’une collection bâloise (Schöner Trinken. Barockes Silber aus einer Basler) présente l’une des plus importantes collections privées d’objets baroques en argent de Suisse.

Elle donne un aperçu fascinant de la diversité des récipients à boire ainsi que de leur fabrication et de leur utilisation. Malgré leurs différences, les manières de table d’il y a 300 ans présentent aussi des parallèles avec la culture actuelle de la boisson.

Des voiliers remplis de vin voguant à travers la table, des gobelets à canular surmontés de moulin à vent et de sarbacane, des coupes changeant miraculeusement l’eau en vin ainsi que des chopes à couvercle d’une contenance allant jusqu’à 2,5 litres pour la bière chaude illustrent de manière divertissante les us et coutumes en matière de boisson.

Ces récipients en argent artistiquement conçus avaient en outre une fonction importante en tant que pièces de représentation. L’installation d’un atelier d’orfèvrerie met en valeur la fabrication de ces objets d’art décoratifs.

Plus de 150 récipients en argent datant du XVIe au XVIIIe siècle, parmi ceux-ci des pièces uniques en Europe, démontrent comment le plaisir des yeux augmente le plaisir de boire. L’exposition présente ainsi un aperçu varié de la fonction des récipients baroques en argent et de l’histoire culturelle de la boisson.

Jakob Scheuchzer et le climat


Disponible en allemand, anglais et néerlandais

Baroque. Epoque des contrastes


Le baroque est bien plus qu’un style. Cette époque culturelle, qui s’étend de 1580 à 1780, se caractérise par de forts contrastes: opulence et innovation d’un côté, mort et crises de l’autre.

Les interminables guerres de religion et le commerce mondial permettent aux pays d’accroître leur puissance et aux échanges culturels de se développer, mais ils entraînent aussi des famines et de l’exploitation. La Suisse participe pleinement à cette évolution: ses architectes réalisent des œuvres importantes dans toute l’Europe, artistes et scientifiques forment des réseaux internationaux, la culture de cour française se reflète dans l’habillement et les intérieurs, et la circulation mondiale des savoirs et des biens change durablement la vie des gens.

Cette exposition présente des objets précieux de l’architecture, de la culture des jardins, de la mode et de l’art, en se concentrant sur leur contexte historique pour révéler la créativité de cette époque dans toute son ambivalence.

Niki de Saint Phalle


Niki de Saint Phalle, Nana Mosaïque Noire, 1999. Würth Collection. Foto/Photo: Archiv Würth, © 2022 Niki Charitable ArtFoundation, All rights reserved / ProLitteris,Zurich

Le Kunsthaus Zürich présente dans une rétrospective d’une centaine d’œuvres le travail créatif extraordinaire de Niki de Saint Phalle (1930-2002): assemblages des débuts de l’artiste, art action, graphisme, les «Nanas», le «Jardin des Tarots» et de grandes sculptures tardives. Elle a acquis une notoriété mondiale grâce à ses «Nanas».

De ces sculptures émane une joie de vivre en apparence insouciante qui a marqué l’image de l’artiste. Mais le travail de Niki de Saint Phalle va bien au-delà. Son œuvre surprend par ses multiples facettes – excentrique, émotionnelle, sombre et brutale, pleine d’humour, profonde, et toujours stimulante. Le spectre extrêmement large de son activité se révèle dans la peinture et le dessin, dans les assemblages, les actions et les sculptures grand format, mais aussi dans le théâtre, le cinéma et l’architecture.

Les œuvres sélectionnées pour cette rétrospective invitent à découvrir le travail complexe et intéressant de cette artiste.

C’est en 1966, au Moderna Museet de Stockholm, que Niki de Saint Phalle devient internationalement célèbre en exposant sa première sculpture dans laquelle le public peut entrer. Lors de l’Expo 1967 à Montréal, les volumineuses «Nanas» de Saint Phalle brillent aux côtés des machines de Tinguely. Pendant les décennies suivantes, les travaux collectifs continueront à avoir la prédilection de l’artiste

Quand Niki de Saint Phalle décède le 21 mai 2002  ses «Nanas» sont depuis longtemps devenues sa marque de fabrique. L’exposition montre à quel point Niki de Saint Phalle est toujours restée innovante, courageuse et indépendante.

Les pâtissiers grisons


(Deutsch) George Kuhnt, Konditorei Barth & Cloetta, Breslau, c. 1854. Ausstellung 'Die Bünder Auswanderungsgeschichte von Zuckerbäckern'. Foto: TES.

Suite à la signature de traités entre la République de Venise et les Trois Ligues (qui formeront un canton de la Confédération suisse sous le nom des Grisons dès 1803) en 1603, les migrants grisons ont obtenu divers privilèges, comme le droit de transiter et de commercer librement dans tout le territoire vénitien.

Sont nés ainsi divers métiers liés à celui de pâtissier. Quand on parle de « pâtissiers grisons », il faut comprendre ces mots au sens large. Toutes une gamme de métiers sont étroitement liés à cette activité : confiseurs, cafetiers, chocolatiers, brasseurs, vendeurs de vins et de liqueurs, distillateurs de grappa, fabricants de limonade, de sirop d’orgeat, de pâte d’amande. En échange, les Grisons s’engageaient à laisser passer les marchandises vénitiennes en direction des marchés de l’Europe du Nord.

Outre l’aspect économique, l’aspect politique et stratégique n’était pas négligeable. Grâce à leurs pays sujets italiennes, Les Trois Ligues formaient un Etat tampon entre l’Empire austro-hongrois, auquel appartenait aussi une partie de la Lombardie avec Milan, et le camp opposé constitué de Venise et de la France.

Afin de maintenir un status quo, Les trois Ligues et Venise renouvelaient régulièrement les traités. Mais ce ne fut plus le cas en 1766 avec, pour conséquence, l’expulsion immédiate de tous les Grisons.

Après l’expulsion des Grisons, beaucoup d’entre eux s’éparpillèrent dans toute l’Europe en quête de nouveaux clients. Forts de leur métier, entreprenants et organisés en clans familiaux, ils étaient dès lors prêts à affronter des voyages bien plus longs et dangereux.

Les témoignages qui nous sont parvenus proviennent principalement de ceux qui n’ont certes pas fait fortune comme les Redolfi ou les Castelmur, mais qui sont revenus sains et saufs, riches de nombreuses expériences. Le revers de la médaille est peu documenté.

La Tène et la civilisation celtique


Découvert en 1857, le site de La Tène, sur les rives du lac de Neuchâtel, est un gisement emblématique de la histoire celtique.

Des premières prospections aux dernières fouilles de contrôle, l’interprétation de La Tène a alimenté d’interminables débats scientifiques et suscite encore la perplexité des archéologues.

À travers sa nouvelle exposition (Entre deux eaux. La Tène, lieu de mémoire), le Laténium révèle les coulisses de plus d’un siècle et demi de recherches passionnées et encore inassouvies, dévoilant pour la première fois la quasi-totalité des objets archéologiques du site abrités dans ses dépôts, ainsi qu’une riche documentation historique. L’exposition mobilise les documents d’archives foisonnants conservés au Laténium.

L’exposition aborde La Tène sous l’angle de l’histoire de la réception des découvertes extraordinaires qu’on y a faites. Pour rendre ces récits accessibles à un public large, le Laténium a pris le parti de la narration alternative. Quatre films d’animation racontent ce que La Tène a produit comme émotions, attachement, interrogations et connaissances.

L’atmosphère onirique de l’exposition, suggérée par son titre, doit beaucoup à la création musicale de Marek Hunhap. Le musicien s’est inspiré de l’univers visuel de La Tène pour composer une boucle sonore qui accompagne le visiteur dans ses déambulations.

Un élément central de cette exposition est une table-vitrine longue de près de 20 mètres dans laquelle sont exposés les milliers de trouvailles de La Tène conservées au Laténium.

Ces objets sont mis en scène de façon à restituer l’atmosphère des dépôts du musée et de façon à partager avec le public l’important travail de restauration et de conditionnement mené depuis des décennies sur ce patrimoine archéologique exceptionnel.

Ce projet accompagne le renouvellement muséographique du secteur « Les Celtes de La Tène » dans l’exposition permanente.

Pour découvrir l’exposition ou explorer le site de La Tène, les archéologues du Laténium proposent des visites commentées, des balades archéologiques, des conférences et des animations. Des rendez-vous réguliers sont proposés au jeune public pour appréhender l’exposition de manière ludique.

 

Federico Fellini


Affiche allamande, de la cinema «Il bidone», 1955, après Fellini, Collection du Deutsches PlakatMuseum, Museum Folkwang, Essen© 2022, ProLitteris, Zürich

L’exposition Federico Fellini: Von der Zeichnung zum Film, au Kunsthaus de Zurich, présente près de 500 pièces qui révèlent comment le légendaire réalisateur italien créait les scènes et les caractères de ses films à partir de croquis et d’esquisses.

Federico Fellini (1920-1993) est l’un des plus grands réalisateurs de l’histoire du cinéma. Des films comme «La Strada» (1954), «La Dolce Vita» (1960), «Amarcord» (1973) et «La Cité des femmes» (1980) sont des classiques qui continuent à susciter de nombreux débats dans le monde de la culture et à enthousiasmer le public.

Leurs thèmes renvoient avec évidence à la société italienne, mais aussi aux valeurs occidentales du 20ème siècle. Toutefois, rares sont ceux qui savent que depuis son enfance, Fellini dessinait inlassablement.

Il commençait par jeter ses rêves et idées sur le papier sous forme de croquis au feutre, au stylo à bille ou au feutre à pointe fine avant de les mettre en scène sur les plateaux de cinéma, et finalement de les fixer sur pellicule.

L’exposition rassemble des dessins, des photographies de plateau et des accessoires provenant directement des tournages. A voir jusqu’au 4 septembre.

 

L’art et médicine


(English) Kiki Smith, Untitled, Graphit auf Metho-Zelluloseund handgefärbtes Nepalpa-pier, D.Daskalopoulos Collection,© Kiki Smith

Disponible en allemand, anglais et néerlandais

Bridget Riley et Paul Klee


Bridget Riley dans son atelier à Londres , 1983 Photo: Bill Warhurst. Courtesy of the Bridget Riley Archive.

Bridget Riley (1931) est l’une des représentantes les plus éminentes de la peinture abstraite d’après-guerre. Le point de départ de l’exposition Bridget Riley : Looking and Seeing, Doing and Making est un voyage que celle-ci a effectué en Égypte en 1979-1980, qui eut une influence majeure sur son utilisation de la couleur.

Bridget Riley a elle-même sélectionné les œuvres, à travers lesquelles elle revisite la période de création de vingt ans qui a suivi cette visite en Égypte. L’exposition comprend des travaux préliminaires, des dessins et des études rarement vus, qui révèlent la vie quotidienne de Riley dans son atelier et sa dynamique de la couleur, de la forme et de l’espace.

Bridget Riley et Paul Klee ont tous deux tiré leur inspiration artistique de leurs voyages en Afrique du Nord. En 1914, Klee se rend en Tunisie, où il fait l’expérience d’une « percée de la couleur ». Plus tard, lorsqu’il visite l’Égypte en 1928, il est frappé par les relations entre la lumière, la couleur et le paysage culturel de la vallée du Nil.

Bridget Riley visite l’Égypte durant l’hiver 1979-1980. Les peintures de tombes, l’architecture et le contraste entre le désert et la végétation de la vallée du Nil la marquent à jamais. Elle étudiera également la technique de la peinture égyptienne, ce qui l’amènera à développer la palette dite égyptienne, composée de sept couleurs : turquoise, bleu, rouge, jaune et vert, noir et blanc.

L’exposition commence par les peintures à rayures du début des années 1980, qui s’inspirent de la palette égyptienne, et montre comment ce tournant artistique a continué à influencer l’œuvre de Riley jusqu’au début des années 2000.

La majorité des 44 œuvres de l’exposition proviennent de la propre collection de Bridget Riley. Elles sont complétées par des œuvres provenant de la Lambrecht-Schadeberg Sammlung du Museum für Gegenwartskunst de Siegen et de la Kirkland Collection de Sheffield.

Ensemble, les 17 peintures et 27 études illustrent une période clé de son développement artistique.

Révision:Lars Kophal, journaliste et rédacteur