Le Pays du Vaud en 1848
De 1798 à 1845, les Vaudois, comme les Suisses et les Européens en général, vécurent une succession rapide de régimes politiques. De l´Ancien Régime disparu en 1798, on arriva en 1848 à la Suisse politique moderne, l´exécutif acceptant de plus en plus de partager le pouvoir avec le législatif, représentant le peuple souverain. Le personnel politique se maintint toutefois à travers les divers regimes, permettant ainsi la continuité dans la réalisation des grands projets économiques et sociaux. (L. Hubler, Histoire de Vaud, Lausanne 1991).
Les romains et le territoire vaudois
Avec l’époque romaine, le territoire vaudois vit un moment clé de son histoire. Comme d’autres régions celtiques, il est fécondé durant cinq siècles par de muliples apports méditerranéens, qui transforment la société, le quotidien et le paysage. Avec des socles aussi essentiels que l’écriture, le droit et la religion, ce méttisage fonde largement l’identité culturelle d’aujourd’hui. Mutation agricole, technologique, architecturale, religieuse, linguistique, la période romaine laisse des traces profondes dans la vie locale, tout est en dessinant l’essentiel de la géographie des villes et des villages actuels. (L. Flutsch, ´Les romains s´invitent chez les Hèlvetes´, dans ´Histoire Vaudoise, Lausanne 2015)
Les secrets de la réussite suisse
Entre 1291 et 1798, la Suisse prend forme. Au fil d´un long processus, des régions appartenant à quatre aires linguistiques se retrouvent rassemblées dans une entité politique. En 1848, la Suisse devient un État fédéral. Quels sont les secrets de cette réussite ? La façon dont le pays s´est formé constitue la base. La lenteur du processus, le fédéralisme, les groups et regions linguistiques ne forment pas des blocs homogènes, la carte politique, réligieuse et linguistique montre un chassé-croisé qui fait que la majorité est parfois minoritaire et la minorité majoritaire, la réussite économique et l´absence de fortes disparités économiques entre les regions.
Au centre de l´Europe
Depuis 600 ans, au centre de l´Europe, au milieu d´une nature sévère, sous l´œil d´une providence bienveillance, ces grands montagnards, dignes fils des grandes montagnes, graves, froids et sereins comme elles, soumis à la nécessité, jaloux de leur indépendence, en présence des monarchies absolues, des aristocracies oisives et des démocracies envieuses, vivent de la forte vie populaire, pratiquant à la fois le premier des droits, la liberté, et le premier des devoirs, le travail. Ce people accomplit sa destinée entre les quatre colosses du continent, ferme, solide, impénétrable, nœud de civilisation, refuge de la pensée, obstacle aux envahissements , point d´appui aux résistances légitimes.(Victor Hugo (1802-1885), Le Rhin, 1839-1842).
Une ouverture sur le monde
A tout prendre, l´image d´un pays frontière impénétrable ne montre qu´un volet de la réalité historique. Le coeur des Alpes est aussi le carrefour des grands cols européens. Ses habitants s´affairent avec zèle au commerce entre les pôles d´attraction du nord et du sud. On discerne une étonnante ouverture sur le monde qui entraîne très tôt le côtoiement de courants culturels à l´avant garde de l´époque. La notion d´ouverture ne doit pas se cantonner au réseau de routes étroites franchissant les cols alpestres. Les grands fleuves sont, en l´occurence, les véritables voies culturelles de l´Europe d´antan. (K. Speich, H. Schläpfer, Eglises et monastères suisses, Zurich 1979).
1848
Bien que la petite Confédération ne représente pas une bien grande menace pour les puissances européennes, ce bastion libéral les incommode néanmoins. Comme le souligne l’envoyé special des États Unis en Europe, la Suisse fournit un exemple de libéralisme pragmatique dont peuvent s’inspirer tous les libéraux: elle tient le rôle d’un cheval de Troie dans la fortresse réactionnaire. “La République des États Unis a de quoi être fière de sa soeur. La Suisse confère le plus haut degré de crédit au système de démocratie. Elle est aujourd’hui la nation la plus ordonnée et la plus prospère d’Europe, elle est un example pour le monde européen”. ( C. Humair, 1848. Naissance de la Suisse moderne, Lausanne 2009).
La démocratie directe
Cette relative unité de vues entre public et privé est d’autant plus préciseuse que la Suisse ne peut se contenter de gérer ses affaires dans le seul rayon économique. Le souci politique est omnipresent, sur le plan international et national. La Suisse doit se créer et s’affirmer dans un context européen pour le main troublé. La Suisse ne devait avoir peur de personne et qu’elle pouvait imposer sa ligne politique à des puissances étrangères de premier rang, sans déroger à ses valeurs fondamentales. Les structures du pouvoir ont précisément été inventées pour répondre à la diversité helvétique. (O. Meuwly, 19 avril 1874. L’audace de la démocratie directe, Lausanne 2013).
Les grandes foires d’Europe
Dès la fin du XIe siècle, avec la renaissance des villes et l’épanouissement du grand commerce international, les premières grandes foires se développent dans le nord de l’Europe. Les foires de Genève ne se réduisent pourtant pas à un simple marché international. Au cours du XVe siècle, la ville devient aussi une véritable place financière où se réalisent d’importantes opérations monétaires et de crédit. Plusieurs grandes enterprises au rayonnement européen ont une filiale genevoise. (M. Caesar, Histoire de Genève, tome I, Neuchâtel, 2014).
Le Pays de Genève
Quand les Romains annexèrent ce qui représentait à peu près notre Suisse d’aujourd’hui, les Helvétes, les Gaulois et les Celtes, qui s’étaitent établis dans la région, ne connaissaient qu’une seule civilisation et ne parlaient qu’une seule langue, le latin. Il a fallu que viennent les barbares, d’abord les Alamans, les Burgondes, puis les Huns et les Lombards, pour que soit compromise une civilisation florissante. C’est a cause d’eux que tu es aujourd’hui contraint d’apprendre trois langues pour comprendre tous les Suisses. Notre Confédération est, à elle seule, une petite Europe. Elle pourrait devenir le germe exemplaire d’une Europe fédérative. (M. Denuzière, Helvétie (Roman), Paris 2010).
Neuchâtel
Les origines médiévales de l’actuel territoire neuchâtelois plongent leurs racines dans des périodes bien plus anciennes que celles de la fondation même de Neuchâtel. Le début du XVIe siècle est une période de changements profonds, avec l’abandon de la foi catholique, mais également parce qu’il coïncide avec la première intégration forte de Neuchâtel à la Suisse et avec des évolutions institutionnelles importantes. Mais nous aurions aussi pu aller jusqu’en 1848. C’est avec l’instauration de la République en 1848 que meurent les institutions médiévales. ( J. Bujard e.a., Histoire du canton de Neuchâtel, Neuchâtel, 1996).