Canton of Fribourg, member of the Federation since 1848. Photo: TES.

La Convention alpine

La formation d’un espace politique en Europe peut être décrite comme un processus de concentration. Au début des temps modernes (1492), il y avait environ deux cents Etats indépendants sur le continent. Peu avant 1900, il n’y en avait plus que trente.

Le processus de la région des alpes est décrit dans les encyclopédies : en 1732, Johann Heinrich Zedler (1706-1751) énuméra plus d’une douzaine d’unités politiques dans les Alpes (principalement des cantons).

Les encyclopédies de la fin du XIXe siècle ne nommèrent plus ces petites unités, mais les Etats : la monarchie autrichienne, le Royaume d’Italie, la République française et la Confédération suisse.

L’étatisation des Alpes fut un processus d’ouverture. De petits territoires se sont ainsi ouverts à de plus grands espaces administratifs.

En effet, les frontières entre les Etats-nations étaient devenues des barrières par des idéologies communautaires et une militarisation croissante.

Après la Seconde Guerre mondiale, l’évolution a pris une autre direction (en laissant de côté l’Union européenne). L’émergence du régionalisme s’était clairement manifestée dans la région alpine avec ses nombreuses frontières.

Pour pallier cette situation, a été créée tout d’abord une communauté de travail transnationales au niveau régional et le 7 novembre 1991 a été signée la Convention alpine (Alpenkonvention) qui lie les huit pays de l’arc alpin : : l’Allemagne, l’Autriche, la France, l’Italie, le Liechtenstein, Monaco, la Slovénie et la Suisse, ainsi que l’Union européenne.

Ainsi, pour la première fois de l’histoire, cette région vécut la création d’une structure politique commune. (J. Mathieu, Die Alpen. Raum, Kultur, Geschichte, Stuttgart 2015).