Le sgraffite en Engadine
10 avril 2023
Surtout en Engadine, mais aussi dans d’autres régions de Suisse, les maisons sont souvent décorées de motifs géométriques, de dessins, d’animaux, de rosaces ou de dictons.
Cette technique – art du sgraffite – a été introduite par des architectes de la Renaissance en Engadine aux XVIe et XVIIe siècles. Ces artistes souhaitaient gagner de l’argent et la technique de la fresque était connue en Italie. Il s’est avéré qu’il s’agissait d’un produit d’exportation rencontrant du succès.
La technologie elle-même est universelle et peut également être admirée dans l’art africain et sur les façades des maisons en divers endroits d’Europe, par exemple en Bohême et sur l’île de Chios de la mer Egée. Le nom sgraffite est un emprunt à l’italien (gratter). En Engadine on dit sgraffito.
Le sgraffite est une technique de décoration murale – décoration retrouvée précisément dans la peinture à fresque italienne – consistant en un motif ou dessin réalisé par grattage d’un enduit blanc recouvrant un fond noir ou coloré.
Tant que la couleur n’a pas séché, des motifs peuvent être appliqués et la différence de couleur entre le blanc et le fond rend les motifs clairement visibles.
Le sgraffite est devenu un véritable art en Engadine et a même connu un renouveau dans les années 1970-1980.
De sgraffite à graffiti : ces deux modes d’expression s’appliquent sur les murs des maisons et des immeubles urbains. De manière assez subjective, l’on a tendance à apprécier les premiers et à considérer les seconds comme une « dégradation de l’espace public ».
Peut-être la grande valeur artistique des sgraffites est-elle la raison pour laquelle les graffitis sont rarement appliqués à des endroits non désirés avec de la peinture en bombe ?
(Source: A. Overath, Gebrauchsanweisung für das Engadin, München, Berlin, 2017).
