Le Carnaval de Bâle est aussi une affaire sérieuse
10 mars 2026
Le Carnaval de Bâle (la Fasnacht, du lundi 23 février à 4 h 00 au jeudi 26 février à 4 h 00), hormis les trois Bummelsonntage (dimanches de Bummel) qui prolongent encore un peu la fête, s’est refermé dans la bonne humeur et l’effervescence habituelles.




Après les événements de la période pré‑carnavalesque (Vorfasnacht) et la messe du carnaval (Fasnachtsmesse) à l’Elisabethenkirche, l’appel annuel « vorwärts, marsch » (« en avant, marche ») a retenti avec ponctualité à quatre heures du matin près de la Martinskirche, et des milliers de participants ont entamé leur procession à travers la ville donnant le coup d’envoi.

Lundi, le 23 février, 03.59



Lundi, le 23 février, 04.01
Démocratie directe, subsidiarité et fédéralisme
Chaque année, un rituel renouvelé, et pourtant à chaque fois une expérience émotionnelle différente. Non seulement la musicalité, la créativité, la discipline, l’organisation et le décor féerique caractérisent cet événement, mais aussi ses acteurs. Et c’est sans parler de la démocratie directe, de la subsidiarité et du système fédéral décentralisé qui s’y expriment vaillamment.

Les citoyennes et citoyens de la ville partagent en fait leurs préoccupations concernant les évolutions locales, nationales et internationales, expriment publiquement leurs opinions et leurs sentiments à l’attention des responsables politiques et d’autres autorités, et interpellent sur leurs décisions ou leurs manquements, non seulement dans la rue, mais aussi dans les Schnitzelbänke.

Une affaire sérieuse et la suissitude
Le carnaval est donc aussi une affaire assez sérieuse. Outre la préparation longue et intensive (musicale et créative) des participants — qu’ils soient organisés en cliques ou non — et les coûts financiers qu’elle implique, il faut considérer le choix d’un « sujet » qui fait d’ailleurs l’objet de discussions et est finalement soumis au vote, puis le choix du costume, de la lanterne (Laterne) ainsi que du masque (Larve). Tous les participants ne sont pas organisés en cliques et ne suivent pas cette procédure. Beaucoup participent en petits groupes, voire seuls, sans sujet choisi ni lanterne.

Tous partagent cependant la musicalité, la créativité, la discipline, l’organisation et le respect mutuel ainsi que le respect de leur environnement. Deux exemples : lors d’un festival d’une telle ampleur, les services de secours doivent parfois se frayer un chemin dans la foule tard dans la nuit.

Les spectateurs et les participants au carnaval s’écartent et n’entravent pas le travail du personnel médical. Ou alors, lorsqu’une grande clique de quelque 100 membres rencontre une poignée de musiciens, la priorité est spontanément accordée au petit groupe.

Il n’y a jamais de disputes, même dans les ruelles les plus étroites ou en pleine affluence.

Les spectateurs, eux aussi, se comportent (jusqu’à présent) de manière respectueuse et exemplaire, ce qui n’est pas peu dire avec cette immense foule amassée et la consommation d’alcool. Cette constatation ne constitue toutefois aucune garantie pour l’avenir.

Conclusion
Quoi qu’il en soit, la qualité et le ton sérieux du carnaval apparaissent peut‑être le plus clairement dans le musée en plein air des lanternes sur la place de la cathédrale (Münsterplatz) et dans les explications écrites distribuées par les cliques pour justifier le choix de leur sujet.





Où ailleurs peut‑on trouver, lors d’un tel événement, des discussions approfondies sur la démocratie, avec des références à des philosophes, des lauréats du prix Nobel et d’autres penseurs ? Friedrich Nietzsche, Léon Tolstoï, Thomas Paine, Albert Einstein ou encore « Tic Tac au lieu de TikTok », par exemple, faisaient à nouveau partie intégrante du carnaval cette année.

Le Carnaval de Bâle est certes un événement unique dans le canton de Bâle‑Ville, mais il exprime aussi la Swissness. Puissent Helvetia et Frau Fasnacht continuer à protéger ce pays particulier et sa démocratie unique, son système de gouvernement, sa société cosmopolite et sa qualité de vie.

Révision: Andrea Zollinger, rédactrice
Impressions du Carnaval de Bâle



























































































Und der Besenwagen




























































































Le Carnaval de Bâle 2026 entre dans l’histoire, le 15 mars 2026


The End
