Château de Bursinel, Photo/Foto: Wikipedia

La ligue des chevaliers de la Cuiller

La situation fut critique en ce début du XVIème siècle dans le Pays de Vaud. Le duc de Savoie, Charles III (1486-1553) convoitait la ville de Genève, mais les Genevois ne l’entendirent pas de cette oreille.

En 1526, ils réussirent à conclure un traité avec Fribourg et Berne. Bloquée par les terres, la ville ne communiqua plus avec les Suisses, ses alliés, que par le lac.

Dans la ville de Genève même, il y eut deux partis à cette époque, celui des Eidgenots (ou les Eidguenots) qui aspiraient à une alliance avec les Suisses et celui des Mamelous (ou Mammelus) qui désiraient, au contraire, une soumission à la Savoie.

Réunis en octobre 1527 dans la salle des chevaliers du château de Bursinel, les gentilshommes firent bonne chère quand l’un d’eux levant sa cuiller en l’air s’écria : « Aussi vrai que je la tiens nous avalerons Genève. »

Les années suivantes furent celles d’une lutte sans pitié entre la ligue des chevaliers de la Cuiller et Genève. La ligue était fortement organisée avec statuts et fonctionnaires, abbés, prieurs et bannerets. Pour en faire partie, il fallait être gentilhomme, sujet du duc de Savoie et porter constamment au cou une cuiller d’or ou d’argent.

Devenue rapidement puissante la ligue molesta de plus en plus Genève. En 1530 la ligue assiégea Genève. La ville fit alors appel à Berne et à Fribourg. Et les Suisses traversèrent le Pays de Vaud en brûlant tous les châteaux des gentilshommes de la Cuiller. Les seigneurs de la Cuiller se vengèrent en continuant à harceler les Genevois.

Mais le roi de France François 1er (1494-1547), brouillé avec la Savoie, voulut à son tour venir au secours de Genève, ville courageuse et tant convoitée.

Les Bernois se décidèrent à agir une fois encore pour sauver Genève et une armée bernoise envahit le Pays de Vaud en 1536. Cette situation donna aux Bernois le prétexte – espéré – pour s’emparer du Pays de Vaud qu’ils administrèrent de 1536 à 1798, soit durant plus de deux siècles.

(Source: www.swisscastles.ch).

Rédaction et révision: Marianne Wyss, écrivain public et traductrice.