La Guerre du Sonderbund
3 janvier 2023
L’auteur compose le portait d’une nation violente et chaotique. Laboratoire des révolutions européennes, la Confédération apparaît comme le lieu où se vident tous les conflits confessionnels, politiques ou sociaux.
Prévisible, mais irrémédiable, le conflit qui se dessine depuis la crise ouverte de juillet 1847 entre les sept cantons conservateurs ralliés au Sonderbund et les autres membres de la Confédération n’aura pourtant pas les conséquences qu’on pouvait craindre.
La Suisse ressortira en effet de la guerre plus forte qu’elle n’y était entrée. Sur le plan humain, les pertes sont relativement faibles. Certes le traumatisme est profond. Mais la magnanimité du vainqueur et la popularité de Dufour feront beaucoup pour recoller les morceaux. Et puis la Suisse sera l’un des rares pays européens où les acquis des révolutions de 1848 ne seront pas balayés.
Le nouvel Etat fédéral dispose enfin d’une capitale et d’une monnaie unique. Symboliquement, c’est un immense pas qui est franchi: dès lors, on ne trouvera plus grand monde pour remettre en question l’ordre établi en 1848.
P. de Bois, La Guerre du Sonderbund. La Suisse de 1847. Neuchâtel, 2018
